Découvrir, et démolir, la démarche de recherche en sciences humaines

Par XTof, du 25/08/2011 au 25/11/2011

    [Lecture très personnelle du livre "La démarche d'une recherche en sciences humaines. De la question de départ à la communication des résultats" par François DÉPELTEAU, éditions de boeck, 2e édition, Québec-Bruxelles 2003-2010]

    Dans un magazine, ce livre était signalé comme présentant de judicieuses objections au faillibilisme de Karl Popper qui a conduit à rejeter la psychanalyse. Mon frère l’a acheté, puis me l’a prêté. Là, je le lis en prenant des notes, critiques (contre-critiques donc peut-être). L’approche de Popper (dont j’ai lu « le principe de la découverte scientifique » quand j’avais dix-sept ans) m’avait plu en ce sens qu’elle m’avait convaincu – et accessoirement fourni les arguments qui m’ont conduit à la note de 17/20 en Philo au Bac (ce qui était très rare à l'époque, en 1981), une explication d’un texte grec antique m’amenant à objecter (en sens inverse de ma formation scientifique) : « même si une science avait pile raison, par chance ou autre, elle ne pourrait pas démontrer qu’elle détient la vérité (éternelle) ».
    Lecture, donc.
Introduction dans le livre
Corps du livre
1- (les fondements des sciences humaines)
2- (le sujet de la recherche)
3- (la problématique)
4- (la préparation du test ermpirique)
5- (la collecte et l'analyse des données)
6- (la communication des résultats)
Bilan de lecture
Introduction dans le livre
Introduction générale : « Ce livre est écrit dans le but de transmettre un savoir et d'accroître ainsi le pouvoir et l'autonomie de ses lecteurs. »
--> Ça commence mal, c'est là une faute méthodologique doublée d'une faute en logique pure et une faute morale (au sens de morale altruiste)... De quel droit cet auteur nous jette-t-il à la face que ses opinions constituent un savoir (comme un maoïste ou islamiste) ? S'il entend le transmettre et non le faire découvrir ou le justifier, c'est une insulte à l'intelligence critique, et le pouvoir de conviction sera totalement nul. Certes, cela permet de s'allier aux puissants dominants pour conquérir le pouvoir, mais c'est l'exact contraire d'une autonomie vis à vis de cette domination (domination injuste, a priori, en attendant libre débat contradictoire). La 4e page de coucerture du livre dit que l'auteur est docteur en science politique de l'Université Laval à Québec, et qu'il a enseigné la science politique et la méthodologie de la recherche en classes terminales, alors effectivement je comprends mieux le contexte : il s'agit de parachuter la prétendue Vérité (déclarée telle par les célébrités d'ici maintenant) à des auditeurs considérés comme "petits cons" et les mépriser davantage encore s'ils rechignent à réciter ou osent objecter. Je vais (essayer de) lire ce livre, mais a priori, il semble reposer sur une faute lourde (faute contre l'honnêteté intellectuelle, propagande relevant de l'endoctrinement écraseur dit éducatif). Le président français Sarkozy l'a hélas claironné : l'autorité doit primer sur l'intelligence. Je préfère l'intelligence, moi, et je m'apprête à invalider/massacrer ce trop fier auteur à la moindre faille, voire au moindre choix subjectif s'il n'a pas lui-même invalidé les alternatives qu'il prétend écraser par son "pouvoir". Certes, le but écraseur final peut se situer en aval d'un livre d'établissement argumenté, dans ce cas, il s'agirait seulement de mots immensément maladroits en début d'introduction. Certes encore, c'est de la haute tradition cartésienne en la matière: René Descartes disait "je prouve ici l'existence de Dieu", avant de donner 10 arguments ; moi j'ai démoli par la logique ces 10 arguments, et je le classe comme malhonnête prétentieux intellectuellement nul, qui aurait dû dire "je vais essayer de démontrer l'existence de Dieu, avec 10 arguments, si vous en démolissez un (cas séquentiel) ou si vous les démolissez tous (cas parallèle), j'ai raté, je l'admettrai, je contre-objecterai, je ré-essaierai".

Introduction générale suite : « L'objectif de ce livre » (…) Fable (résumée) : une catastrophe survient et restent 3 humains seulement sur la planète, un professeur universitaire d'histoire, macho, une jolie jeune fille, une religieuse ; le professeur explique (avec succès) qu'il va commander, se faire servir, et engrosser la jeune fille (récalcitrante au départ) "parce que" ça a toujours été comme ça, voulu ainsi par Dieu, que les hommes sont rationnels et les femmes sont émotives inaptes aux responsabilités, que les sources historiques sont irréfutables, qu'être très savant donne raison, que les connaissances justifient la puissance. « Revenons à la réalité. Ce livre est un manuel scolaire (...) en diffusant un certain savoir, nous espérons aider les lecteurs à acquérir un pouvoir que n'avait pas la jeune fille de la fable. »
--> Je ne suis pas d'accord du tout, surtout pour un livre traitant dit-il de méthodologie (des sciences humaines). Je n'ai jamais fait de sciences humaines, mais je peux casser le personnage méchant de la fable par tout le contraire de ses propres armes professorales, invalides : par la logique pure et la simple morale altruiste.
- Si on a la possibilité matérielle de repartir à zéro, les horreurs passées ne justifient en rien des horreurs présentes ; le dogme français sur le « devoir de mémoire » (ignorer le passé, c’est être conduits à en répéter les horreurs) est logiquement invalide, ignorant que possibilité n’est pas obligation, et interdisant les arguments opposés valides (la vendetta peut faire plus de mal éternel que la réconciliation dans l’oubli).
- Les contes religieux bibliques (esclavagistes) sont criminels, irrecevables, ils ont été imposés par loi du plus fort (en tuant sans débat honnête les opposants) puis vote des endoctrinés-dès-la-naissance
- Les sources historiques sont intégralement réfutables, sauf dictature opprimant injustement la liberté d'opinion ; jusqu'à preuve du contraire, le monde présent est peut-être un cauchemar, ces détails n'ayant nulle valeur de vérité, le doute étant alors la seule lucidité
- Il n'est pas rationnel d'affirmer vrai ce qui est douteux, avoir été diplômé et supérieurement payé pour cela constitue un vol de salaire invalidant la haute valeur prétendue du personnage en question
- Il n'est pas rationnel d'écraser en exigeant d'être aimé (le masochisme n'est pas du tout une règle générale)
- L'acte sexuel contraint sans sentiment de tendresse est une forme de viol, de crime
- Être savant sans intelligence critique est une forme de handicap intellectuel, intoxiqué de fausses certitudes
- La connaissance de théories ("savoir") ne justifie en rien l'oppression
- La puissance matérielle n'est (je pense, en première analyse) utile que face à un danger ou dans une course au luxe, il convient de réfléchir avant de décréter cela nécessaire, ici le danger immédiat semble l'oppression et le viol, donc il est auto-contradictoire de dire que cela justifie la puissance
- La situation de cette fable, compte tenu de nos valeurs démocratiques, donnerait peut-être tort à la jeune fille rebelle: deux voix contre une, majorité, elle sera violée - mais c'est presque une parodie, c'est la dictature de la majorité opprimant les minorités. Ce principe "dictature de la majorité", qui autorisait l'assassinat des opposants minoritaires, est moralement atroce (principe moral altruiste : ne pas faire ce qu’on n’aimerait pas subir), donc la jeune fille est moralement en droit de résister, voire assommer et attacher son bourreau stupide méchant s'il passe à l'acte (d’agression sexuelle).
- Il manque une réflexion commune sur le caractère bienvenu ou malvenu de faire des enfants pour perpétuer l’espèce humaine (hors dogme biblique de la stupide religieuse inapte à réfléchir par elle-même). L’interdit sur l’inceste est-il levé ? (pour que l’espèce redémarre, il faudrait que soit le père engrosse ses filles, soit les frères engrossent leurs sœurs). L’extinction paisible est-elle exclue ? (c’est le nirvana, le paradis au sens bouddhiste : profiter de sa vie humaine pour arrêter de vouloir et de souffrir en n’obtenant pas – ce prof d’université a moins de culture que n’avait le plus ignare des méprisés Chinois). Les survivants n’ont pas le preuve d’absence d’autres humains sur l’immense planète Terre, donc recréer un foyer de population où ils sont serait recommencer la logique tribale (bestialité de fourmilières) qui a généré tant de guerres, de viols, d’exterminations (ou qui risque cela s’il s’agit de racontars légendaires), il serait peut-être préférable de consacrer cette vie a explorer le reste de la Terre (continents et îles) à la recherche de l’homme idéal dont rêve la jeune fille, même s’il n’y a aucun succès et qu’elle meure en chemin – dans un monde en paix, sans guerre. Si les bouddhistes ou certains sceptiques ont raison, peut-être renaîtrait-elle dans un autre monde, rien n’est sûr, l’avenir le dira, éventuellement.
- Si l'auteur Dépelteau était lucide il ne dirait pas "revenons à la réalité", mais "arrêtons cette rêverie et revenons au monde autour de moi, Réalité ou cauchemar ça pourrait se discuter, et il n'y a peut-être même pas de conclusion tranchant la question".
- Dire que c'est un manuel scolaire (officiel?), compte tenu des erreurs que je viens de citer, semble indiquer que c'est un élément d'endoctrinement à la stupidité injuste. Outch. Ça part mal...

Introduction générale suite : Page 25-26, figure la solution de l’auteur à la fable des pages 2-3 : la jolie jeune fille est là étudiante en anthropologie, elle conteste l’objectivité du machiste et affirme que tels auteurs célèbres ont démontré dans des livres classiques l’existence de contre-exemples lointains aux affirmations faussement universelles de l’historien. Hommes et femmes se partagent alors chasse, pêche, tâches ménagères et éducation des enfants.
--> Attention :
- C’est se donner le beau rôle : il est assez facile de nier une affirmation universelle, mais ce n’est pas ce qui permettra à l’aspirante anthropologue d’affirmer à son tour ses lois, à la façon scientifique qui est théoriquement l’objet de ce livre.
- Je dénie la démonstration d’ « existence », qui relève d’un total manque d’esprit critique : où a été invalidée l’hypothèse du rêve-cauchemar ? Donc les prétendues démonstrations sont invalides, déniables (j’y crois pas) si ce n’est à titre de possible (en théorie, ou imaginaire). Idem moins en amont, sous hypothèse de réel : la modernité Internet a donné la parole à des dizaines de milliers de faux historiens inventant l’Histoire imaginaire qu’ils auraient aimé lire (Histoire « what-if », « et si jamais… »), parfois sans introduction humoristique mais en parodie de sérieux, le fait que tel racontar soit écrit avec immense sérieux ne prouve nullement sa véracité, même avec comité de lecture (potentiellement crédule ou incompétent), c’est pareil en science.
- Sur le principe, c’est une totale erreur de méthode, réservant aux étudiants bouffeurs de prétendues vérités la contestation de la dictature. Alors que le doute élémentaire parvenait au même résultat, et conteste pareillement la pertinence des bases de l’étudiante.
- Concernant le prétendu machisme de non-égalité, la fable est malhonnête : j’en vis le total contre-exemple, invalidant les stupidités de cette anthropologue aveugle – en vivant quinze ans tout seul, je me suis désintéressé du ménage (si la poussière me laissait tranquille je la laissais tranquille, un coup de balai une fois par an me suffisait, je me contrefiche des plis aux vêtements), et je n’ai aucun désir d’enfant ; puis, drogué par les antipsychotiques imposés, j’épouse une femme qui ne tolère pas le moindre soupçon de poussière, le moindre vêtement plissé, et tient à avoir un enfant plus qu’à moi : pourquoi serais-je astreint tel un esclave à effectuer la moitié des tâches qu’elle exige de voir effectuées ? Je fais un effort, d’accord, car participer à « minimiser ce qu’elle juge inconfort » me semble correct, mais exiger la stricte égalité des actions me paraît injuste dans la mesure où cela répond à des exigences totalement asymétriques. Et je ne me base sur aucune tradition de mon entourage (puisque j’ai inventé – ou réinventé – le non-ménage), je me contrefous de ce qu’ont décrit (ou imaginé) les historiens ou anthropologues célèbres concernant les coutumes ici ou ailleurs, là n’est nullement la question.

Corps du livre
1- les fondements des sciences humaines
1.1.1 – Rejetant les autorités spécifiques (arguments d’autorité) de divers religieux ou maîtres, la science se fonde en principe sur une autorité générale, d’individus rationnels et égaux.
--> Ça ne correspond pas à la Science 1900-2011 je crois, ou en tout cas 1975-2011 que j’ai connue en enseignement secondaire/supérieur/métier « scientifique » (ou « technologique », en fait technique) :
- Les professeurs imposent au nom de l’autorité, en balayant/interdisant les objections rationnelles (« on n’a pas le temps de discutailler, il faut avaler tout le programme, à marche forcée »).
- Les textes réglementaires faisant loi industrielle/publique s’imposent en étouffant les démonstrations d’erreurs mathématiques ou logiques en eux (démonstration par le quidam non investi d’autorité que je suis).
- Dans les commissions d’experts, font la loi les « leaders d’opinion » ayant beaucoup de supporters et disciples, la rationalité est totalement hors sujet. La situation vécue de l’intérieur correspond bien plutôt à l’épistémologie anarchisante de Feyerabend (un n’importe quoi sur le contenu, tout au moins, même si les décisions victorieuses relèvent de la dictature, de l’oligarchie, du machiavélisme).
- Réserver la parole aux diplômés (« supérieurs ») revient à exiger une attitude de mouton répéteur-manipuleur comme préambule à l’énoncé d’objection, ce n’est pas liberté rationnelle mais hiérarchie militaire. Comme la démocratie (gouvernement par le peuple) a été pervertie par la république (oligocratie prétendant représenter le peuple), la science a été pervertie en pratique, espérons que ce soit admis plus loin, avec des solutions à cela, sans se prétendre au pays des bizounours.

1.1.1 suite : alors que la page 19 avait cité « dans certaines disciplines des sciences humaines : en histoire, par exemple », le tableau de la page 36 distingue 1/ l’autorité spécifique (non scientifique) avec Pouvoir, oppression, textes sacrés, dogmes, discours officiels, directives d’un parti politique, ordres des dirigeants, etc. qui donnent impositions de vérités indiscutables ; 2/ l’autorité générale (scientifique) avec Discussions libres et rationnelles entre des participants égaux, qui donnent une recherche de vérités toujours discutables.
--> L’expérience montre que les Sciences humaines sont alors non-scientifiques. Quand est parue en France la loi Gayssot, interdisant le doute sur la Shoah sous peine de lourde amende et prison, des Historiens se sont certes offusqués, mais avant de retourner leur veste pour interdire toute loi mémorielle à l’exception de celle sur la Shoah, dogme officiel approuvé (les Amérindiens étant exclus, les Israélites étant couverts d'honneurs, avec force courbettes de « l'Elite » unanime). Cette alliance à la force du dogme partisan n’empêche nullement ces imposteurs de se prétendre historiens, scientifiques, comme les savants confrères de Gallilée souriaient de voir leur hérétique confrère condamné au bûcher pour hérésie. Rien n’a changé, la science est une imposture comme une autre, pour faire du fric en se prétendant savant, et le bla-bla prétendant le contraire devra prouver par les actes sa crédibilité : l’expérience démontre a priori la supercherie – si toutefois une louable intention de principe est posée, il faudra montrer imparables les garde-fous qui préviennent le contournement malhonnête au nom de l'autorité. A priori, Dépelteau a déjà raté le coche, par sa faute méthodologique de réserver le doute aux chercheurs diplômés, approbateurs serviles, en interdisant le doute logique qui conteste l'enseignement.

1.1.2 : Le but de la science serait la découverte collective de la vérité
--> C’est là une lourde faute méthodologique, une bêtise épistémologique : par principe, la vérité scientifique n’en est pas une, il s’agit d’hypothèses en attente de contradiction future éventuelle (« en instance de réfutation »). Pourquoi se prétendre « professeur expliquant » si on n’a rien compris ? Un étudiant se levant dans l’amphi et mettant le prof le nez dans son caca logique est-il exclu du cours, magistral par principe (écrasant les objections au nom de l’autorité) ? Ça suffit à contredire la prétention à la discussion prétendue capitale plus haut dans l’ouvrage. J’ai grandement envie de refermer ce livre nul, d’un imposteur. Je continue encore un peu, mais c’est irrecevable.

1.1.2 suite : Le symbole de l’honnêteté est dit être la soumission objective au réel, avec l’exemple de reconnaître fausse l’affirmation que « tous les corbeaux sont noirs » si on en trouve un blanc.
--> Dépelteau oublie simplement de réfléchir :
- Des alcooliques voient de manière répétée des éléphants roses (ou des corbeaux blancs), et alors ? On ne fait pas l’économie d’une réflexion philosophique sur le Réel, et l’hypothèse de l’illusion. Mais le Réel existe-t-il ? l’objectivité existe-t-elle ? autrui existe-t-il ? Tout n’est-il pas qu’une suite de mes cauchemars ? Dépelteau ne se pose pas la question ! Ça aide à prétendre à la vérité, certes ! Interdire les objections, les chasser, en rire ou les punir. C’est simplement nul intellectuellement.
- L’exemple des corbeaux est particulièrement auto-destructeur : invalide même pour les réalistes dogmatiques – si le taxon « corbeau » est défini entre autres par la couleur, un enfant de corbeau qui serait blanc pourrait être dit « mutant corlaid et pas corbeau », c’est totalement artificiel, c’est du verbiage.

1.1.3 Explication de l’expérience comme rencontre entre nos sens et la réalité.
--> Ça n’est pas exhaustif et cela change tout : je peux voir des corbeaux, mais ceux que je vois en rêve-cauchemar (ensuite ? selon l’interprétation usuelle) ne se distinguent en rien de ceux dits réels, il manque un critère de réalité pour cerner ce qui est admis ou non de l’expérience individuelle ressentie, au moins partiellement onirique. Oublier l’objection, ce n’est pas expliquer, c’est guider malhonnêtement. Dépelteau fait le savant, l’érudit, à citer les célébrités Bacon, Locke et Hume, avec les dates de naissance et tout, il oublie seulement de réfléchir et de répondre à une question enfantine, interdite. C’est presque une parodie, de nullité absolue, super fière, à tort, complet. Les étudiants, broyés par l’autorité, ont été heureusement adoucis, habitués à gober sans réfléchir, vénérer les savants érudits. Avec un peu de recul, c’est affligeant.

1.1.3 suite : L’expérience dirigée (démarche scientifique hypothético-déductive) se fonde sur notre raison, sur la rationalité.
--> Faux, erreur de logique. Page 40, le texte disait « les vérités scientifiques sont des lois découvertes grâce à des expériences empiriques faites dans un univers déterministe », or… oublier l’hypothèse du rêve n’est pas rationnel, généraliser à une loi universelle à partir d’un exemple ponctuel d’application apparente n’est pas rationnel. Il s’agit de généralisation abusive, de type animal ou infantile, ignorant l’objection logique selon laquelle l’inconnu reste inconnu, l’hypothèse reste hypothèse même si elle est ponctuellement utile ou efficace. Prétendre à la logique alors qu’on l’interdit à son encontre est de la bêtise (imposée par la force d’autorité) ou de la malhonnêteté (séduisant habilement par tromperie). C’est intellectuellement nul, en se prétendant intellectuellement très fort imparable, c’est une auto-contradiction encore.

1.1.4 La science se fonde sur le déterminisme, une même cause entraînant toujours le même effet ; une expérience contredisant la loi invalide la loi.
--> C’est faux :
- A l’école en classe scientifique, en travaux pratiques, quand un élève ne reproduit pas le phénomène attendu, il reçoit une mauvaise note, et l’intouchabilité de la loi triomphe. Certes, une loi vraie mais testée par expérience biaisée, perturbée par phénomènes parasites mal maîtrisés, paraîtrait contredite à tort. Ici, il n’y a pas examen mais dogme, seuls les hauts diplômés (en récitation servile) étant autorisés à contester la loi.
- Par ailleurs, de manière reproductible, mon expérience a contesté certaines lois prétendues inviolables, mais le professeur a ricané : « ça se passait dans un rêve, pas ici ! ». A la question « comment reconnaît-on le Réel ? », il a pouffé de rire, évité le sujet. Il aurait pu citer à tort les principes cartésiens, que j’ai cassés par la logique.
- Les prétendues lois peuvent être des approximations partielles passant à côté des mécanismes éventuels et prétendant à tort à l’incontestabilité. Si le chien de Pavlov avait un cerveau humain scientifique (pas logique), il aurait pu croire prouver que la cloche sonnait (depuis toujours et pour toujours) un quart de seconde ± 10% avant la fourniture de nourriture, sauf un jour sur sept où le délai était doublé, et avec allongement de 1 milliseconde tous les cent jours, faisant remonter le début de l’Univers à 25.000 jours en arrière. C’est simplement faux : cette loi n’existait pas avant le début de l’expérience il y a quinze jours, la dérive s’interrompra quand on remplacera l’horloge usée, et le décalage de week-end interviendra deux jours sur sept au lieu d’un si l’employeur s’organise autrement. Le canin scientifique n’a rigoureusement rien compris à la situation, a prétendu à tort à l’intelligence. A très court terme, cela pouvait être efficace, mais prétendre savoir plutôt que croire était une erreur, que n’aurait pas commis un logicien, conscient que la généralisation risque l’erreur complète, à terme ou tout de suite.
- La mécanique newtonienne a ainsi été « prouvée », avant que l’énoncé de modèle relativiste propose des expériences les départageant, et il s’est avéré que les lois newtoniennes, prétendues « vérités prouvées » étaient fausses, depuis le début (peut-être). F = mm’/d² était à lire en remplaçant le signe égal par « environ égal », et avec une incertitude inconnue, dépendant des situations. J’ajoute que le futur pourra transformer ce « égal » en « est maintenant devenu complètement différent de ». Et par ailleurs, les réfutations répétées en rêve sont exclues, alors qu’il n’y a pas l’ombre d’un critère crédible de Réel non onirique. Appeler méthodologie le fait de foncer tête baissée en refusant les objections est un abus de langage, une faute méthodologique, précisément. Il manque l’énoncé de deux axiomes, récusables : le professeur a raison ; suivre le professeur conduit à la richesse juste ou au professorat légitime. Socialement, cela a du succès, c’est l’alliance au fric et au dogme ; mais intellectuellement, c’est nul en intelligence critique.

1.1.5 Les sciences se fondent sur les mathématiques, neutres, et visent le pouvoir de prédire la Nature, donc la contrôler.
--> Je ne suis pas d’accord :
- Sur le caractère neutre des mathématiques : elles sont simplement pures, en ceci qu’elles posent en clair leurs axiomes (librement récusables si on ne veut pas y entrer) et glorifient le principe de non-contradiction (contradiction qui conduit au n’importe quoi, à la bestiale loi du plus fort actuel). Dans mon expérience, peut-être onirique, j’ai mesuré de manière répétée que le rapport circonférence/diamètre d’un rond faisait entre 2,8 et 3,0 au lieu du 3,14 appris en cours de mathématiques, qui a raison et pourquoi ? puisque l’on ne m’a jamais convaincu de la nécessité du 3,14 (sauf bâton et carotte scolaires de récitation)… Avec le recul, je refuserais le cours élémentaire de calcul : « un croissant à 2 Euros + un croissant à 2 Euros, ça fait forcément un total de 4 Euros », il fallait répondre « Non, c’est pas vrai : s’il y a promotion ça fait 3 Euros ou gratuit, et s’il y a pénurie ça fait 5 ou 12 Euros ». On applique des recettes, en Maths, qui baignent l’esprit, en ayant oublié de douter au départ. C’est extrêmement suspect d’endoctrinement aveugle, type religieux.
- Le pouvoir de dominer la Nature est hérétique selon certaines cultures amérindiennes ai-je entendu dire, affirmer bibliquement que « cela est juste et bon » devrait être reconnu contestable. Certes la médecine scientifique a réduit la mortalité (ce qui pourrait être décrété « preuve de Bien »), mais en engendrant l'explosion démographique qui peut générer misère et violence, était-ce tant incontestable ?
- Grâce aux sciences humaines pourrait être atteint l’idéal capitalisto-démocratique : « le mensonge 100% efficace », assurant vente-élection, et je ne trouve pas ça honorable du tout. C’est plutôt de l’efficacité (à courte vue) au service du mal. Et la nullité de tous les politiciens que j’ai entendus, totalement inaptes à me convaincre de leur donner mandat de me représenter, me fait penser a priori que les prétendus déterminismes humains sont des erreurs d’interprétation, généralisantes à tort dans un contexte de liberté individuelle incontrôlable, si ce n’est par la force brute, bestiale, certes organisée.

1.1.5 suite : « Il suffit de découvrir les "lois de la nature" (…) Si j’énonce la loi : "L’eau bout à 100 degrés", j’énonce en fait une généralisation (…) tant que la chaleur n’atteindra pas 100 degrés, elle ne bouillira pas. »
--> Erreur complète :
- A Chamonix, l’eau ne bout pas à 100°C mais à 97°C (et 92°C à Mexico), le professeur qui déclare incontestable le 100°C (sans préciser « à 1013 millibars avec eau contenant des gaz dissous ») est un âne (ou un mouton réciteur, à la Dépelteau), il a moins de pertinence qu’une aïeule illettrée disant « en montagne, y faut faire cuire les œufs à la coque une minute de plus, c’est comme ça, crévindiou ! ». Qu’il dise à ses élèves « vérifiez, vous verrez bien » est une erreur logique : un contre-exemple suffit à invalider une loi prétendue universelle, mais cent répétitions ici et maintenant ne prouvent nullement qu’il s’agit d’une loi universelle. Et l’affirmation que l’eau bouillait à 100°C avant l’invention du thermomètre relève de la contrafactualité, que l’on est logiquement en droit de refuser (sauf à pratiquer le jeu de mot : « par définition de l’échelle centigrade, l’eau bouille éternellement à 100,0000°C, même si ça correspondait peut-être à une grande agitation thermique autrefois, bien plus qu’aujourd’hui »).
- Les élèves qui vont vérifier le dire professoral sont en droit de demander « Msieur, comment on sait que le thermomètre dit vrai ? », réponse cinglante : « il a été calibré, prouvé exact », mais là, des objections vont le casser, l’amener à hurler « taisez vous, faites s’que j’dis, merde, bande de ptits cons ! C’est moi qui détiens le savoir ! ». Ces objections sont : « avec quelle incertitude ? quelle référence ? pourquoi "égale" et pas "environ égale" ? », « qu’est-ce qu’on fera demain si la nouvelle vérification du thermomètre montre qu’il était faux depuis un temps indéterminé ? » et surtout « vous avez calibré pour que l’eau bouillante affiche 100°C, donc si on le constate maintenant on pourrait se tromper si l’eau bouillait en fait à 104°C (au moment du calibrage et maintenant), votre validation circulaire est invalide, "j’ai raison puisque j’ai raison", ça prouve pas que j’ai raison ». Logique : 1, science : 0 ; autorité : 0, humble rébellion : 1… mais comme l’arbitre est payé par l’autorité, il refusera le but rebelle et donnera un penalty sans goal à l’autorité… « Bravo, Dépelteau, quel brillante victoire ! un but magnifique, parfait ! Victoire de la raison ? S’il le dit, c’est que c’est vrai, éh, c’est lui l’autorité ! » Moi, je pleure de honte en lisant ça déguisé, camouflé.

1.2.1 L’induction est expliquée sans la moindre objection, sauf en petite note hors-texte en bas de page 58 : « ces énoncés généraux deviennent des hypothèses, des théories puis des lois scientifiques » (les corbeaux sont noirs, les corbeaux volent, les corbeaux sont charognards).
--> Cela contredit l’idée que les lois scientifiques sont la vérité, ou bien avec un sens non-logique au mot « vérité » (autorisant l’auto-contradiction et les jeux de mots). Exemple : un bébé de corbeaux né malformé sans ailes n’est-il pas un corbeau ? un oiseau mort ne peut-il plus être identifié corbeau ? un corbeau élevé en captivité en mangeant du maïs n’est-il plus un corbeau ? Un corbeau nourri exclusivement de farine depuis la naissance ne pourrait-il pas s’avérer devenir blanc ou gris avec l’âge ? Le bla-bla autorise certes à affirmer n’importe quoi, au nom de la définition intouchable, mais prétendre à La vérité n’est pas juste, puisque d’autres conventions verbales aboutiraient ailleurs. A mon avis, il fallait partir exactement à l’inverse, en disant que la logique enseigne que l’induction vaut erreur possible, n’est invoquée comme accès à la vérité qu’abusivement, ça change absolument tout au mot de Dépelteau « en sciences humaines, la démarche inductive est souvent utilisée de nos jours ». Erreur méthodologique, encore une fois : il s’agit de faire admettre l’inadmissible (en réservant aux diplômés la prise de recul éventuel ultérieur), au lieu de le réfuter dès son énoncé, en parlant de diplômes volés, de fausse supériorité des réciteurs.

1.2.2 « La déduction », autre volet (dit mineur) des sciences humaines, est un chapitre cartésien brut. Je pense donc je suis donc j’existe etc.
--> C’est nul, j’ai cassé ça facilement ailleurs, mais cet auteur n’écoute que ses professeurs cartésiens, il n’emploie nullement sa raison, ça ne l’empêche nullement de prétendre incarner la raison, au contraire, puisque la logique est humble envisageant sa propre erreur (et reconnaissant insoluble le piège de l’auto-référence « cette phrase est fausse »)… Pour le « je pense donc je suis donc j’existe », c’est simplement faux de prétendre que cela constitue une vérité absolue ou même relativement solide. La vraie réflexion, honnête, est toute autre : « 1/ Le mot Je désigne ce qui ressent la douleur souvent dans le paysage, sauf anesthésie bizarre, ce qui obéit souvent aux vœux actifs, sauf crampe bizarre. Il y a des formes semblables à ce corps qui sont dites autrui, et qui font comme si elles ressentaient la douleur aussi, commandaient leurs mouvements. Sans douleur et sans bouger, "l’idée qui observe cela" est aussi dite "Je" (moi), qui pense, et autrui prétend aussi avoir un Je qui pense sans que mon Je y ait accès. 2/ Le mot être désigne une saveur du monde mal définie, par opposition au non-être dit rêve ou cauchemar, ce n’est pas clair et aucun critère ne paraît crédible pour reconnaître ces deux modes. Si le Je qui pense est dans un cauchemar, il n’est pas. Une pensée raconte que le "Je qui est" souvent s’assoupit, en s’amusant à créer le paysage comme Je veux, et puis il devient un Je qui n’est pas, avant de revenir un Je qui est, sans expliquer comment on sait si le Je est ou n’est pas. 3/ Le mot existence fait double-emploi avec être, c’est du bla-bla, le problème reste entier pour savoir si ici est cauchemar ou non. » Voilà où mène la déduction juste, totalement à l’inverse des imposteurs cartésiens, interdisant le doute logique. René Descartes s’en sort par une pirouette religieuse (Dieu n’est pas trompeur), mettant l’humilité logique à la poubelle, le temps de faussement gagner puis de triompher en aval de cela, pour affirmer n’importe quoi au nom de la déduction (la circulation sanguine a une origine thermique, etc., croire fermement vaut vérité – et il est interdit aux musulmans ou amérindiens de dire pareil !). Un logicien honnête refuserait cet abus de pouvoir en fait oppressif et auto-contradictoire. Dépelteau n’est pas logique du tout, il fait acte d’autorité...

1.2.3 La « démarche hypothético-déductive » est dite le fondement des sciences : une hypothèse est formulée (par induction ou déduction) puis est vérifiée empiriquement (ou amendée ou rejetée, s’il y a échec du test).
--> C’est invalide : ça résulte d’un manque de pertinence de l’analyse, simplifiée en Vrai sûr et Faux sûr, en oubliant le point central (du bon sens populaire) « ptêt’bien que Oui, ptêt’ bien que Non », qui est (en logique aussi) la vraie conclusion du test, dans tous les cas, y compris : concordance partielle qui sera démentie en re-test ultérieur ou ailleurs, discordance à cause d’un tiers facteur faussant le test.

1.2.3 suite : un exemple s’attache à l’hypothèse « La perte d’emploi est une cause de suicide », expliquant les tests de pareille hypothèse, pour la valider ou rejeter.
--> Dépelteau, discrètement, a fait basculer tout à fait ailleurs, des lois physiques « une cause entraîne toujours les mêmes effets » au flou des prétendues sciences humaines, loi de causalité y valant « il n’y a pas totale absence de lien entre… », règne des statistiques que j’ai cassées par ailleurs mathématiquement. Il n’y a plu’ du tout déterminisme, les contre-exemples sont très multiples, mais il y a prétention à « facteur de risque », « causalité partielle »… Si le lecteur a gobé ça, Dépelteau a gagné, moi je ne suis pas d’accord avec ce glissement et je dis Stop ! La liberté humaine a été niée en oubliant toutes les objections. Une corrélation peut être liée à un tiers-facteur (par exemple géographique : les gens du Nord seraient déprimés par le froid, et indépendamment : il se trouve que le charbon est situé chez nous dans le Nord, son épuisement ayant causé la ruine locale), à une cause commune (un déficit d’hormone H entraîne une instabilité comportementale qui conduit d’une part au renvoi, d’autre part au suicide, sans lien entre les deux), à une causalité inverse (quand quelqu’un est triste, suicidaire, alors il est renvoyé), à un phénomène ultra-mineur (aggravant un petit peu, quand l’essentiel du problème est situé totalement ailleurs, politiquement intouchable, genre encouragement artisto-médiatique au jeu de séduction, incitation scolaire à la débauche sexuelle, catastrophisme médiatique faisant suspecter chaque ex d’être un monstre tueur), etc.

1.3.1 Dépelteau explique enfin que Karl Popper a montré logiquement invalide l’induction, tant brute que probabiliste. Dépelteau est néanmoins d’avis d’utiliser les méthodes qui ont donné des résultats.
--> C’est là oublier de renier les prétentions précédentes à la vérité et à la raison. La science serait une foi crédule en la régularité du futur semblable au passé, en disant crotte aux objections de la raison expliquant qu’on n’en sait rien de rien. Ça ressemble chez Dépelteau a un discours rhétorique mensonger, qu’il croit de haut vol, à tort : « 1/ imposer l’idée que l’on détient la raison, en refusant toute objection ; 2/ parler de ses succès et techniques détaillées ; 3/ envisager une objection, mais la rejeter parce qu’on est quand même du côté de la raison ! » Eh bien non, il suffisait d’énoncer l’objection au moment de l’énoncé 1 pour tout casser. Deux remarques par ailleurs : a) la grande cause « ça marche » est un principe bestial, puisque le chien de Pavlov concluait ainsi que la cloche cause l’arrivée de nourriture ; b) encore une fois, le « ça marche » scientifique exclut quantité de contre-exemples, classés oniriques sans critère ni réflexion (si on me dit que ce qui marchait « là-bas » ne marche pas ici, j’en conclus qu’ici est temporaire et je ne crois pas davantage au « ça marche et ça marchera toujours » des scientifiques).

1.3.2 Le principe de la falsification paraît convainquant : une théorie ne peut être scientifique que si elle émet des prédictions en risquant d’être invalidée par la fausseté de celles-ci.
--> Je suis intéressé par le caractère d’antériorité, qui me semble ruiner les pseudo-sciences histoire et économie, nulles à prédire l’avenir mais super-fières d’expliquer a posteriori le passé, par du bla-bla sans risque. Toutefois, je le répète, un test peut être faussé par des tiers-facteurs et la réfutation est aussi incertaine (risque de preuve erronée) que la confirmation (en simple possible).

1.3.2 suite : Le but de la science serait de réfuter de fausses lois non d’en établir de vraies, il s’agirait d’explorer à l’infini des problèmes nouveaux et de tester des hypothèses toujours provisoires.
--> D’accord sur le principe (confirmant ma révolte mathématique contre les mensonges statistiques de « validation » par non-significativité à faible risque de première espèce), mais cela ruine le discours initial (sur La Vérité) qui a été clamé pour obtenir les fonds publics au nom de l’intérêt général. A titre de loisir bénévole, oui, la science pourquoi pas ? Mais Dépelteau volerait son salaire, ça ne sera bien sûr pas sa conclusion.

1.3.3 « nos lois scientifiques seront sûrement, tôt ou tard, réfutées par les faits car elles sont aussi imparfaites que les humains qui les ont faites ».
--> Erreur partielle, double : 1/ Il fallait pour Dépelteau conclure « je n’aurais jamais dû dire au chapitre précédent que la science conduisait à la vérité, sachant que j’allais dire ça ensuite, j’aurais du écrire autrement, sans mépriser l’intelligence critique des lecteurs lucides. S’ils étaient intelligents avant de me lire, je ne sers à rien finalement. Je vais rembourser mes salaires. » 2/ Les mathématiques humaines ne sont pas imparfaites, elles sont parfaites, elles avouent simplement se baser sur des axiomes librement récusables, honnêteté qui ferait tomber les fiers professeurs de sciences expérimentales, humaines notamment.

1.4.1 « Un être humain est soumis à des besoins physiologiques (manger, se reproduire…) »
--> Ce n’est pas vrai, ou je ne suis pas humain. Le désir de « manger n’importe quoi même immonde » m’est inconnu : j’étais classé anorexique étant enfant, et si j’ai le choix entre manger du caca supplémenté en nutriments ou rien, je préfère manger rien, quitte à m’affaiblir et à m’éteindre – ce ne sont que le goût positif (l’envie de plaisir du bon) et la pression sociale (éviter colère parentale ou l’effondrement sur poste enflammé ou l’abandon d’épouse) qui conduisent à manger. De la même manière, je ne connais absolument pas le désir d’enfant/grossesse, irrépressible chez d’autres personnes. Les prétendus besoins-vérités de l’auteur sont une arnaque de plus, affirmant indiscutable le bla-bla auquel il croît, ou qu’il a lu chez de célèbres pistonnés. Au café du commerce, ça me paraîtrait bénin, mais avec blouse blanche et haut salaire, ça me paraît du vol. Ceci dit : je connais un besoin irrépressible (si j’en crois mes souvenirs présents) : celui de boire, quelque chose comme une fois par jour au moins, mais pourquoi bois-je si je ressens le malaise pénible « soif » ? éh bien, il faut reconnaître que c’est par induction, parce que j’ai le souvenir que, quand je ressentais ce malaise, boire m’en soulageait, d’où généralisation infantile gravée dans les bases ; c’est une erreur crédule, et l’expérience de boire de l’eau très salée le révèle, ne diminuant en rien le malaise. Boire est donc une erreur logique façon chien de Pavlov, un mouvement de crédulité bestiale, généralisant à tort.

1.4.1 suite : « la modestie s’avère donc de mise en sciences humaines ! »
--> Dépelteau a-t-il un salaire modeste ? Et quand on entend à la télévision des étudiants chômeurs, Sociologie Bac+5, s’offusquer de ne pas trouver de travail digne de leurs connaissances, les faisant refuser le travail de peine (ménager ou agricole) au service d’autrui… Je suis choqué par ce manque de modestie criant. Pire : le gouvernement recase ces étudiants excédentaires en créant des postes inutiles opprimant la population (réquisitionnée pour les payer), comme pour les obstacles artificiels aux procédures d’adoption, avec nombreux « experts » appliquant fièrement leur pouvoir de nuire, de casser des gens, du haut de leurs fausses certitudes valant droit oppressif. Il s’agit de fausses supériorités, les sciences humaines ne semblent absolument en rien une école d’humilité, au contraire (puisque le résultat d’expérience est en sciences humaines genre psychanalyse : contournable par bla-bla sans perdre le dogme). Scandale. Dépelteau complice actif semble dénué d’intelligence critique.

1.4.2 Les difficultés de l’objectivité ne sont pas incontournables : un chercheur « peut » s’efforcer d’oublier ses préférences pour se centrer sur les faits.
--> C’est mal illustré par Dépelteau, qui jaloux de l’aura de vérité mathématique prétend pareillement débusquer des vérités ou immenses probabilités. Le désir l’emporte sur la raison, là. Je note aussi qu’il s’agit de « possibilité » et pas d’obligation : soit le chercheur préfère les faits à ses préférences, soit il préfère ses préférences aux faits, sans cesser de clamer expliquer le monde grâce à sa connaissance de la vérité…

1.4.3 Au sujet de la liberté humaine : « Un citoyen peut toujours, à toutes les époques et dans toutes les cultures, refuser de prendre les armes pour son pays et en subir les conséquences (…) on ne verra jamais une planète refuser consciemment de respecter la loi de la gravitation universelle ! »
--> Faux : le « pour son pays » cache une dictature de dominants nationalistes menant une guerre de fourmis, et il y a peut-être des fourmis récalcitrantes comme moi qui se font tuer par les concitoyennes, où est la preuve d’impossibilité à cela ? Non, le bla-bla interprétera ça autrement, c’est du bla-bla, à valeur de vérité objective : nulle. Quant aux étoiles jouant dans le ciel à faire n’importe quoi, je l’ai vu, de mes yeux vu, après l’avoir lu dans un livre de science-fiction, d’après mes souvenirs, et ça peut se reproduire la nuit prochaine, même si c’est un rêve d’après les astronomes ici présents, qui n’ont pas la moindre ébauche d’argument pour prouver que le rêve n’est pas ici. L’affirmation de Dépelteau est donc erronée, dogmatique sans argument, autre que l’autorité.

1.4.4 Les sciences humaines se distinguent des autres sciences en étant moins explicatives et plus compréhensives.
--> Ça me semble la porte ouverte au bla-bla, quelque chose pouvant se comprendre de diverse manières, a posteriori. C’est perdre la prétention à la vérité, à la loi déterministe, tant mieux peut-être mais requérir le noble chapeau de Science est usurpé. L’explication prétend (à tort peut-être) que la même cause produit les mêmes effets, elle est donc prédictive, risque l’erreur, l’invalidation, alors que la compréhension ne semble a priori pas posséder ces propriétés, ne reste que le bla-bla flou ou affirmatif a posteriori.

Questions de synthèse sur le chapitre 1
--> Il s’agit de 19 questions appelant à répéter les « enseignements » du chapitre 1, comme si cette digestion là serait notée en excellence (répétition à la façon de chacun) ou mauvaise (refusant de répéter, ou osant contester le cours). C’est à peu près aussi intelligent et objectif qu’une école coranique ou un contrôle d’admission au rang de prêtre dans la secte du Mandarom (exterminant par la prière les méchants extraterrestres rêvés chaque nuit par le Gourou…). Lamentable. Absolument tout était contestable, dans ce premier chapitre. J’ai le sentiment d’avoir tout détruit et j’en serais puni ? L’inquisition a changé de camp. Cela vaut autodestruction des sciences humaines (crime logique d’auto-contradiction généralisée).

2- le sujet de la recherche
2.1 « Les premières questions qu’un chercheur devrait se poser avant de déterminer sur quoi il va travailler sont donc Sur quoi ai-je le goût de travailler ? Quel sujet m’intéresse plus que les autres ? Qu’est-ce qui me passionne le plus ? »
--> Je suis en total désaccord avec cet esprit d’enfant gâté. Si ceci est compréhensible pour une recherche bénévole, ou de retraité, il me paraît inadmissible d’exiger un salaire pour faire ce que l’on veut, surtout qu’il s’agit de très haut salaire au titre de savant, payé par des contribuables réquisitionnés sous menace policière (et interdit de contester au tribunal l’autorité des « experts scientifiques », à opinion valant Vérité – comme pour les remises en liberté de violeurs-tueurs, pareillement). Etre scientifique serait criminel, à mon avis. Au contraire, il me semblerait que la recherche devrait viser la réponse à un besoin du laborieux public payeur, ou si ces requêtes ne paraissent déboucher sur rien de prometteur en régularités, envisager des à-côtés pouvant servir de base à l’édification future d’une réponse aux dites requêtes. Sauf conception moyenâgeuse de la Science : « les Nobles s’amusent, nourris grassement par les misérables (et vils) travailleurs de peine », je trouve ça ignoble.

2.1 suite : Les intérêts stratégiques sont le second élément de choix – pour obtenir financement et publication, il convient de se lier à un groupe ou réseau de chercheurs suivant un quasi-paradigme.
--> Je trouve cette basse stratégie avilissante, déniant le bien-fondé et la crédibilité des chercheurs. C’est comme en politique française : les hauts-fonctionnaires sortant de l’ENA ne cherchent absolument pas à réfléchir, ils choisissent un camp stratégiquement ; ils peuvent ainsi hésiter entre s’allier à la gauche avec force envolées lyriques contre la droite, ou vice versa, tout est possible, c’est un choix stratégique, sans conviction aucune, le fond n’ayant aucune espèce d’importance (d’où les grands bourgeois Fabius et Strauss-Kahn se prétendant champions du socialisme et détaxant discrètement leurs fortunes en antiquités et œuvres d’art). C’est une école de mensonge, c’est une honte, la crédibilité intellectuelle de ces gens malhonnêtes est nulle. Leur prétention à la supériorité est en tout cas imméritée, leur salaire est volé, légalement puisque c’est cette prétendue « Elite » qui fait les lois, qui donne à choisir au peuple quelle branche le dominera. Pour en revenir à la science, proprement dite, Dépelteau révèle ici (sans s’en apercevoir semble-t-il) que la théorie anarchiste de la connaissance, sur laquelle il a craché en début de livre, est pertinente : ce n’est absolument pas la raison et l’examen critique qui détermine les théories dominantes mais des jeux politiciens d’alliance aux dominants, ou des révolutions par ambitieux candidats à devenir les nouveaux dominants. Certes en sciences exactes, la franche erreur gêne la domination, mais puisque les sciences humaines s’avèrent jusqu’ici être du bla-bla malléable sans valeur prédictive, n’importe quoi peut dominer, tout n’est que favoritisme et pressions. Dépelteau omet bien sûr de signaler que cela invalide ses propos passés sur l’égalité de tous les chercheurs et le choix par rationalité pure – non : les mensonges politiciens seraient le modèle de la science, le succès électoral du meilleur menteur étant l’idéal scientifique. J’appelle cela de l’autocontradiction, mais c’est cohérent effectivement si on fait du mensonge socialement efficace un idéal. Simplement : je refuse personnellement ce mensonge, et je classe les riches menteurs en voleurs (légaux puisqu’ils ont le pouvoir).

2.1 suite : « Quelques trucs pour des lectures efficaces » (…) « La lecture des textes et la prise de notes doivent être objectives. En d’autres termes, il faut se contenter de traduire la pensée de leurs auteurs, sans que les préjugés du lecteur ne les déforment. »
--> Nouvelle faute méthodologique. Même dans les sciences dures que sont la chimie et la biologie, ma lecture critique, contestant l’auteur à la moindre affirmation parachutée, a conduit à débusquer des fautes lourdes (mathématiques et logiques), à fournir des pistes de correction, d’amélioration. Pas pour Dépelteau : l’écrit semble pour lui avoir par principe raison, valant connaissance (sans envisager une seule seconde le statut de « prétention abusive à la vérité »). On est dans le domaine du dogme, de l’alliance stratégique entre puissants, aucunement du passage au crible de la logique. Cela explique certes la publication d’énormes bourdes par des revues à « comité de lecture », « approbation par les pairs », s’ils sont comme Dépelteau, cela ne contient strictement aucun examen critique, mais vaut approbation de principe, avec alliance pour établir un réseau d’influence. C’est de la basse politique, à prétention de vérité malhonnête. Il s’offusquera que je ne fais pas une lecture « efficace » de son livre, certes si le but était de faire du fric ou de dominer injustement, j’aurais tout faux, mais pour débusquer les abus de pouvoir, je me trouve très efficace, et je suis en mesure de dénoncer son cours comme étant une merde, stupide ou malhonnête, à pouvoir de conviction nul vis à vis d’un esprit libre.

2.1 suite : un exemple de recherche exploratoire prend pour thème de recherche « les jaloux excessifs ont-ils un haut degré de timidité ? »
--> Quelle misère que de mettre de la science là-dedans… Ce qui est jugé excessif ou normal dépend des conventions des lieux et des époques, ce qu’on nomme timidité maladive ou réserve louable : pareil. Et le chercheur va prétendre faire de la science à relier ces conventions subjectives, partiellement en négligeant les contre-exemples ? Pour pondre une tonne de bla-bla applaudi par les pairs, pour faire autorité devant les tribunaux ? Pour classer malade irresponsable un jaloux meurtrier ? Scandale : l’objectivité n’a rien à voir là-dedans, et si j’étais juré je dirais merde à cet expert. Aux Philippines, à pensée dominante de droite, j’ai ainsi vu une psychologue experte asséner le témoignage-expert que tel mari, rejetant l’enrichissement maximal (façon Abbé Pierre, dans le public je trouvais ce portrait louable), était donc un mauvais mari, et il a donc été condamné, donnant raison à la plainte de son épouse, la science (avec diplôme et expérience) faisant autorité. Pourquoi donc mettre une blouse blanche à ces blablateurs subjectifs ? à domination affirmative sans aucun pouvoir de conviction face au doute critique…

2.2.1 Une question de départ écrite « empêche d’entreprendre une recherche impossible à réaliser »
--> Une recherche vaine serait-elle une terrible erreur ? Un chercheur fonctionnaire peut se satisfaire pleinement du travail pépère de mener une très longue recherche inutile n'aboutissant à rien avant sa retraite. Dépelteau n’envisage pas qu’il y a là « vol de salaire » (faute de retour sur investissement justifiant le « travail » entrepris, financé). On est encore dans le monde des enfants gâtés. Je ne suis pas jaloux, je suis choqué en tant que contribuable pressuré pour ses profiteurs immoraux et/ou « savants » stupides. Dépelteau, dans le camp des profiteurs, entend me convaincre ? Je l’écoute, mais son propos jusqu’ici est vide d’argument.

2.2.2 « Sinon, il risque de perdre un temps précieux et de gaspiller de l’énergie en vain. Or, en science comme ailleurs, le temps et l’énergie ne sont pas des ressources inépuisables ».
--> La scission potentielle ne me semble pas entre science et ailleurs mais entre public et privé : les chercheurs fonctionnaires avec qui nous travaillons se contrefichent des plannings et de la rentabilité des temps de recherche, faisant couler le robinet en totale liberté, en se mettant en grève hurlante, illimitée, si des représentants des contribuables entravent ce cours. Dans le privé, nous sommes inspectés et récompensés ou punis, selon l’efficacité obtenue (jugée par le service « payeur » client, en danger de ruine si un concurrent fait nettement mieux). Il ne s’agit pas de sentiment flou de satisfaction personnelle mais de mériter l’argent qu’on gagne, injustement avec moins d’effort que le travail de peine. L’indigence intellectuelle de ce professeur Dépelteau renforce mon jugement de vol.

2.2.2 suite : Dépelteau donne l’exemple d’une question trop floue que rejette deux fois un directeur de thèse expert, avant qu’émerge la formule parfaite, claire : « la perte d’un emploi peut-elle entraîner une dépression nerveuse ? »
--> Je suis totalement en désaccord : j’aurais moi aussi condamné les énoncés initiaux de cet étudiant, pour des raisons similaires, sans nul besoin de statut d’expert, et avec même un statut moins savant que ce prétendu étudiant prétentieux. Et à la différence du grand ponte : je rejette comme mauvaise la question finale. Quatre fautes au moins :
1/ Le mot « peut » n’est pas scientifique, pas vérifiable. A peu près tout est « possible » si ce n’est pas à titre systématique permettant prédiction. Il aurait fallu dire : « le taux de tel événement (classement médical en dépressif) est significativement accru chez tels gens (recensés comme en perte d’emploi) », c’est immensément différent, ça deviendrait falsifiable, scientifique – sans aucune prétention au statut de cause (cf. les hypothèses de tiers-facteur, cause commune, cause très mineure, etc.).
2/ La dépression nerveuse n’est pas un fait mais un jugement subjectif, variant avec les lieux et les époques. Où est la limite entre tristesse et dépression ? entre le tempérament défaitiste et la maladie ? Pour ce que j’en connais, les psychiatres sont des imposteurs criminels, tuant des gens innocents (dont moi-même si je suis ici post mortem), et leurs « vérités » ont un pouvoir de conviction nul.
3/ Même s’il s’agissait d’un verbiage pseudo-objectif pour dire (très cher payé) une semi-évidence comme « la perte d’emploi est un sérieux désagrément impactant le quotidien », ce ne serait pas du tout indéniable, pas une loi déterministe : pour certains individus, une difficulté est vécue comme une opportunité de changement, une nouvelle chance bousculant le morne train-train routinier (avec succès éclatant parfois). Cela boucle avec le « peut » fautif : on ne prétend que blablater même s’il n’y a pas de loi déterministe du tout. Si les « experts » des sciences humaines étaient ceux envoyant en orbite les satellites, on n’aurait peut-être pas encore réussi… on ne ferait que s’entre-féliciter parmi les experts réunis en colloques. Echec de Dépelteau à parer le jugement de « sciences molles », 114 pages pour rien jusqu’ici, est-ce que je continue ?
4/ Il y a confusion inadéquate dans le terme « perte d’emploi » entre multiples situations très distinctes qui rendront floues les conclusions : a) départ en retraite prévu avec quasi maintien de salaire ; b) idem forcé pour raison d’âge légal ; c) perte sèche de tout salaire et ruine matérielle, divorce ; d) chute de salaire partiellement compensée par indemnités avec incertitude sur l’avenir, perte de prestige personnel, infidélité du conjoint.

2.2.2 suite : « une question purement philosophique : quel est LE sens de la vie ? Nous aimerions tous connaître la réponse à cette question fondamentale. »
--> Non, erreur lourde. 1/ Induction fautive de l’entourage à tous. Dépelteau m’a-t-il demandé mon avis avant de claironner sa conclusion d’universalité ? Nullement, et je suis un contre-exemple, vraisemblablement pas le seul si autrui existe (la plupart des enfants ne se posant clairement pas la question). J’ai à l’âge adulte lu la Bible, et j’ai découvert là ce verbiage interne au discours religieux. Une des cosmologies que j’envisage est une suite de cauchemars de ma part, la notion de sens voulu à cela est simplement inopportune, seul se constatant ce qui se passe, sans but identifiable ou crédible, avec l’hypothèse possible (parmi mille autres tout aussi inaccessibles) d’un rêveur délirant n’importe comment hors de contrôle, sans but. 2/ La philosophie s’est dépravée en se faisant discipline de verbiage érudit sur de faux problèmes, au lieu de répondre (ou reconnaître son échec à répondre) à la question centrale dont dépend la totalité de ce monde : suis-je en train de rêver ? Descartes a répondu par un caca religieux, les autres ne font que discourir des détails en oubliant l’essentiel qui devrait tout suspendre dans cette discipline (Ce qu’est la vie ne me paraît pas défini : en un sens Mickey Mouse vit, ainsi que le caillou qui s’est transformé en souris dans tel souvenir classé rêve sans que soit explicité pourquoi ici n’est pas classable pareil, etc.) Non, dans le milieu de Dépelteau, on ne se pose pas de questions, et on méprise le Bouddha qui a professé « tout est illusion ». Ce n’est pas la philosophie, ici, l’objet de Dépelteau, ce sont les conventions verbales propres à son milieu. Pauvre intellectuellement.

2.2.2 suite : « les éléments d’une bonne question de départ sont réels, au sens où ils sont susceptibles d’être soumis à nos expériences »
--> Faux. On peut effectuer des expériences dans un cauchemar, un rêve, une rêverie même, et le personnage d’autrui (nécessaire au « nous », « nos ») peut être fictif, au sens de construit artificiellement par la rêverie basculant indistinctement vers le rêve puis le cauchemar. Mais pour le comprendre, il faut oser douter, ce n’est pas le genre de Dépelteau, tellement fier de ses certitudes et dogmes.

2.2.2 suite : « Dieu existe-t-il ? est une question claire et importante, mais c’est une mauvaise question en sciences humaines. »
--> Faux, ce n’est nullement une question claire : le concept de Dieu au singulier n’est pas évident du tout dans les sociétés polythéistes. Par ailleurs, le sens serait très différent pour les gens de culture biblique désignant par ce terme le raciste génocidaire Yahvé ayant élu la seule tribu israélite, et les gens de culture amérindienne désignant par ce terme Grand Manitou ayant élu les distantes races Apache, Sioux et Mohican. Mais Dépelteau fait fortune dans son milieu et méprise le reste du monde, manifestement, il n’a pas idée de ce qui peut être humain ou non. Apparemment, on peut être professeur de sciences humaines en étant nul en ouverture d’esprit, en relativisme, en confondant évidences universelles et détails socioculturels gobés à l’école. Misère de ces Sciences humaines…

2.2.2 suite : « Un chercheur doit donc formuler une question de départ qui oriente sa recherche vers des choses dont l’existence est accessible à nos sens ou qui pourront le devenir ».
--> Le problème ici oublié est que les témoignages des sens ressentis (douleur, goût, chaleur etc.) sont parfois classés à posteriori illusoires, rêvés, internes au cerveau délirant sans activation proprement dite en amont des neurones cérébraux. Donc l’accès par les sens apparents n’est pas un témoignage d’existence. Ou bien les éléphants roses existent, les corbeaux blancs etc. même si pas présentement mais dans « le monde précédent »… non, ce n’est pas ce dont parle Dépelteau, qui a seulement oublié de réfléchir, gobant sa lecture « efficace » de Descartes en oubliant d’objecter (le Je qui réfléchit dans ce rêve n’est pas forcément le Je qui est ; dans le raisonnement présent, qu’est-ce qui serait impossible en rêve ?), en n’osant pas, ou en étant inapte à la logique.

2.2.2 suite : « Exemples de bonnes questions de départ posées par des sociologues expérimentés : (…) La lutte étudiante (en France) n’est-elle qu’une agitation où se manifeste la crise de l’Université ou porte-t-elle un mouvement social capable de lutter au nom d’objectifs généraux contre une domination sociale ? »
--> Je ne suis pas d’accord que ce soit une bonne question, je la trouve totalement ambiguë, de mêmes faits pouvant conduire le bla-bla dans deux directions opposées, aussi affirmatives. Cela n’a rien de prédictif. Côté Oui : « les leaders syndicaux ont explicitement appelé le monde professionnel à les rejoindre sous les hourras des foules étudiantes comptant vaincre par alliance, et des leaders syndicaux du monde professionnel étaient présents et ont été fort intéressés, pouvant fort bien déboucher sur une action de concert. » Côté Non : « les étudiants sont des futurs bourgeois exploiteurs, entendant obtenir par principe la plus grosse part du gâteau, sans peine ni bruit ni engelures. Les ouvriers et agriculteurs ne sont pas dupes. » Dans les deux cas, la prochaine grogne étudiante pourra être vue comme corporatiste par les exploités, ou bien un jeu de saturation des forces de l’ordre obtiendra le renversement du gouvernement, les sciences humaines n’en savent rien de rien. « Capable », « possible », « éventuel », était diagnosticable au Café du Commerce, pas besoin de hauts diplômes dits scientifiques, prétendant accéder à la Vérité experte. Quant à l’examen du passé avéré, pour en déduire des lois, la démarche semble invalide dans la mesure où les anecdotes de circonstances ou les personnalités des leaders ont pu jouer sans être répétables, et dans la mesure où la société évolue (tendance à la disparition des mondes ouvriers et agricoles, quasi universalité maintenant de l’accès universitaire, etc.).

2.2.3 : « Les sages noteront également qu’il est fortement recommandé de faire lire sa question de départ par un chercheur expérimenté avant de passer à l’étape suivante. Cela peut éviter de partir du mauvais pied en prévenant certaines erreurs que débusqueront plus aisément des gens expérimentés et érudits. »
--> Certes le « peut » ne coûte rien, manipulant l’infalsifiabilité : on a raison que ça soit confirmé ou infirmé par un exemple. Il ne faut simplement pas prétendre donner des leçons de science. Sur l’exemple de ce livre et de la citation précédente : les très expérimentés très érudits disent bien des idioties, que je conteste moi sans expérience en ce domaine ni érudition, alors qu’ont-ils de plus que le statut indu et l’autorité abusive ?

3- la problématique
3 : Parmi les étapes des conjectures théoriques, il y a le choix des concepts, puis des dimensions, puis des composantes, puis des indicateurs et si nécessaires des indices.
--> Cela paraît a priori monstrueusement compliqué, certes réservé aux experts, mais au vu des merdes pondues par les sciences humaines (psychologie freudienne, économie marxiste, etc.), ça ressemble à un écran de fumée, complexité artificielle cachant la nullité de fond. Un traité d’astrologie pourrait ainsi décréter 5 étapes obligatoires, même s’il s’agit d’élucubrations à pouvoir de conviction nul. La suite détaillera sans doute ces étapes imposées par Dépelteau, mais quant à leur nécessité, je dis a priori à Dépelteau : « je te crois pas, prouve le ».

3.1 à 3.1.1.2 : Dépelteau explique qu’il y a diverses théories expliquant le réel chacune à leur façon. L’exemple donné est celui d’un gouvernement rétablissant la peine de mort. Le chercheur marxiste explique qu’il s’agit pour la bourgeoisie dominante de faire peur au peuple, le chercheur fonctionnaliste explique qu’il s’agit de normaliser un ordre social inchangé, le chercheur structuraliste explique que c’est un choix logique inhérent à l’évolution des structures sociales. Cela conduit à des disputes théoriques, très intéressantes selon Dépelteau.
--> Dépelteau n’a rien compris (ou joue à l’imbécile pour tuer les sciences humaines en prétendant le contraire) : il a cité Karl Popper, en se disant de son côté falsificationniste alors qu’il fait ici l’exact contraire. Je reprends la base de Popper et je vais montrer que la logique tue Dépelteau comme elle a tué Freud : le principe de la théorie freudienne est le complexe d’Œdipe, « chaque petit garçon est amoureux de sa mère, veut tuer son père, si un interviewé reconnaît que c’est vrai, le chercheur dit que ça prouve la justesse de sa théorie, si un interviewé proteste que c’est faux, sa réaction prouve que son esprit refuse de regarder la vérité en face, et cela prouve encore plus la justesse de la théorie. » Bref, la théorie se donne raison pour des faits et leur contraire, c’est un dogme infalsifiable, à valeur prédictive nulle, ce n’est pas de la science. Ici, on est exactement dans cette approche : si le bourgeois dit qu’il veut la peine de mort et l’ouvrier la refuse, ça confirme la théorie, et s’ils disent le contraire, c’est qu’ils mentent par honte et ça prouve encore plus que la théorie marxiste a trouvé leurs pensées secrètes… Bref, le pouvoir prédictif est nul, il ne s’agit que d’affirmer le caractère intouchable de la théorie, et de faire coller tous les faits dans n’importe quel sens avec un bla-bla dit explicatif a posteriori. C’est simplement nul, c’est de la littérature – si des gens veulent s’amuser à ce jeu (totalement inintéressant pour moi), libre à eux, mais s’ils font cela avec l’argent public, c’est du vol, s’ils se prétendent experts devant les tribunaux pour faire condamner ou innocenter des gens, c’est un crime. Dans tous les cas, la prétention à dire le vrai est volée. Ces sciences humaines-là ne méritent que la poubelle. Mais je dois continuer à lire, au cas où ce que j’objecte là soit la conclusion du paragraphe suivant, selon l’habitude de Dépelteau de ne pas objecter aussitôt, de ne pas refuser mais imposer avant (éventuellement) d’objecter pour les lecteurs allant plus loin. Moi j’appelle ça une erreur méthodologique : il ne faut pas « faire admettre » ce qui ne tient pas debout. On retrouve l’incohérence initiale avec la fable des 3 survivants : alors que le doute logique simple cassait instantanément le mal, Dépelteau réserve la discussion aux chercheurs diplômés, qui auront acquis en 3 ans d’ « études supérieures » les bases, et percevront les réserves après 3 ans de plus d’études, auprès de professeurs grassement payés, dont lui-même. Jusqu’ici, c’est cela que j’identifie (entre les lignes) comme honteuse « démarche d’une recherche en sciences humaines »… Auto-invalidation donc.

3.1.2.1 Dépelteau reconnaît que, hélas, certaines pratiques hégémoniques font qu’une théorie domine par prise de contrôle et alliance plutôt que par pertinence.
--> C’est bien de le reconnaître, mais c’était inhérent à la faute des paragraphes précédents : comment un bla-bla dénué de prédictions domine-t-il ? Bien sûr pas par ses succès prédictifs ou la preuve d’erreur de ses concurrents, mais par loi politique du plus fort (en écrasement ou en mensonge tentateur). Ce n’est nullement une perversion regrettable mais une conséquence automatique de l’absence de science (falsificationniste, poppérienne) dans ces prétendues « sciences humaines ». Dépelteau ne prouve nullement erronée l’approche de Popper, il choisit de l’ignorer sans l’écouter, et comme il est très content de lui, il va en déduire que Popper avait tort.

3.1.2.2 « La durée des recherches se calcule souvent en années »
--> Avec salaire supérieur à la clé, pour pondre du bla-bla disant n’importe quoi invérifiable, c’est génial ce métier, Petit Travail Tranquille, il faut juste omettre de signaler que cet argent est volé. Dépelteau semble jusqu’à présent payé à expliquer le contraire (aux naïfs dénués d’esprit critique), pour faire croire à une expertise et sagesse géantes chez ces « chercheurs » à vie… qui généreront peut-être, ô gloire, un morceau de bla-bla « explicatif » non testable… C’est affligeant.

3.1.2.2 suite : Pour montrer la bonne démarche de Durkheim sur le suicide (et les géniales leçons qu’il en tire lui, Dépelteau), sont recensées puis rejetées les théories antérieures sur le suicide (folie, hérédité, climat, imitation).
--> Attention, ces rejets se fondent sur des contre-exemples niant l’universalité des prétendues théories, ce avec quoi je suis d’accord, mais le même rejet s’appliquera à Durkheim s’il n’aboutit qu’à « un élément causal partiel, intervenant parfois, plus ou moins ». Bref, il est commode de rejeter en excluant l’universalité déterministe avant de s’en dispenser soi. Ce que je crois me souvenir de Durkheim est aussi douteux que le reste (le suicide serait accru dans les zones non catholiques, quelque chose comme ça), ôter un des freins n’est pas un déterminisme mais un des éléments vaguement contributeurs à titre de cause mineure, incertaine. Inversement, les 4 théories que rejette le personnage seraient infalsifiables avec un discours ad hoc (le suicide bravant le principe de subsistance est par définition une « folie », une anti-corrélation entre hérédité et suicide viendrait du fait que l’hérédité du suicide pousse précisément à la combattre jusqu’au delà du retour à la normale, etc.). Bla-bla. Est-ce que Durkheim connaît les causes de mes suicides ?: assurément pas, je vais donc casser facilement son bla-bla à lui. Tout au plus donnera-t-il un élément partiel, au sujet d’un des freins absents ou contributifs, comme les 4 théories qu’il a rejetées en prétendant faire mieux – sans rien avoir pu faire pour m’en dissuader, un siècle plus tard. On est immensément loin de la science qui réussit à lancer les satellites…On est bien dans le bla-bla auto-satisfait, le salaire volé.

3.1.2.2 suite : suivant Durkheim et Dépelteau, le nouveau chercheur imaginaire formule la théorie que la hausse du taux de suicide est l’effet d’une société anomique (où la conscience commune s’effrite, la loi religieuse étant mal remplacée par l’Etat et le droit). « Enchanté par cette conjecture théorique générale, mais originale et aguichante, je décide de passer à l’opération suivante ».
--> Ça y est, la trahison est déjà accomplie, avant de commencer la vérification. Il ne s’agit nullement de déterminer une cause du suicide, la même cause produisant toujours les mêmes effets (donc le retour à une société religieuse supprimant « spontanément » les suicides), mais de reconnaître qu’il y avait des suicides avant pour d’autres causes (pour des raisons totalement inconnues et n’intéressant nullement le chercheur, qui se contrefiche de prévention), mais qu’il pourra peut-être montrer une corrélation partielle avec ses indicateurs sociaux – même s’il y a un tiers-facteur, une cause commune, une causalité ultra-mineure etc. (rendant inefficace la suppression de la prétendue « cause identifiée »). Si un gêne G cause le cancer et l’amour du tabac, vous pourrez interdire le tabac (et il y aura chute vertigineuse du nombre de tabagiques cancéreux, « succès ! ») mais le taux général de cancer sera inchangé (échec…), ou croissant s’il y a d’autres causes plus graves (pollution, empoisonnement alimentaire ou hertzien, etc.). Suicide ou non me paraît un fait relatif à la liberté humaine, et tout le reste n’est que bla-bla, Durkheim et Dépelteau, enchantés d’eux-mêmes, passent totalement à côté des éléments qui ont déterminé mes gestes. Ils s’en foutent, de ma survie, de mes sanglots, ils veulent seulement briller dans leurs colloques, toucher leurs salaires volés. Honte à eux.

3.2 Le chercheur reformule sa question initiale, qui portait sur les causes du suicide, en la faisant porter sur les causes sociales du suicide, laissant passer les causes psychologiques et individuelles.
--> Ça y est : le hold-up est commis. Il ne s’agit nullement de prévenir les suicides en attaquant leur cause, il s’agit de discourir dans les colloques de sociologie. C’est nul, et criminel à mes yeux. Il y avait des solutions très évidentes à mes problèmes graves, mais ces imbéciles-là sont fièrement passés à côté. Avec haut-salaire à la clé, bien sûr, voleurs. Enfin, le mot « social » est tellement vaste, via la psycho-sociologie, la composante culturelle des comportements, je ne referme pas encore ce livre avec dégoût choqué, je laisse une chance à l’auteur.

3.3.1 Les définitions d’une « hypothèse » désignent une « relation » entre faits.
--> Je répète qu’une relation n’a aucunement valeur de cause déterministe. Au lieu de citer fièrement 6 auteurs, Dépelteau ferait mieux de réfléchir, ou prendre des cours de logique s’il est nul en ce domaine (quoique la logique pure ne soit qu’un outil, stérile en soi).

3.3.3 « Les hypothèses de recherche les plus communes en sciences humaines sont des hypothèses de causalité (impliquant un lien de causalité entre les variables) »
--> Hein ? Je serais curieux de voir où a pu être démontrée une causalité ! Je ne connais que des corrélations interprétées à tort comme preuves de causalité (voir ce que je disais plus haut sur le cancer et le tabac). Dans le domaine biologique et a fortiori humain, l’idée « une même cause produit toujours les mêmes effets » est presque inapplicable. La liberté individuelle permet de contrer la tendance. Appeler « causalité » une « tendance » est un abus de langage qui pourrait expliquer le scandale des prétendues « sciences » humaines, inaptes à prédire. Il y a aussi les réserves dites « éthiques » à l’expérimentation : on ne peut pas appliquer telle cause envisagée et vérifier qu’elle génère le suicide, sous les applaudissements du chercheur dont la théorie serait ainsi corroborée… Enfin, de manière interne à la vision causale du monde, j’ai l’expérience professionnelle des « arbres des causes » : un accident est souvent la conjonction de 3 causes, chacune ayant elle-même 3 causes, qui elles-mêmes etc. Trouver une de ces causes amont peut être obtenu par immense travail de corrélation, mais ça n’invalide en rien les autres causes, et supprimer cette cause n’aurait pas forcément fait capoter le mécanisme (et aurait pu avoir d’autres effets encore plus graves), et d’autres causes (« bouchant le trou ») peuvent remplacer en ayant le même effet ou pire. C’est tout le processus de causalité et utilité qui est en question. Dépelteau oublie totalement de questionner cela, la position de départ de son personnage a été : « puisque je suis étudiant en sciences humaines, sur quoi vais-je bien pouvoir pondre une étude ? » – non, il fallait commencer l’étude en amont, avec des exemples démontrant l’utilité (éventuelle) de ces sciences humaines, l’inexistence d’alternatives moins coûteuses (en ratio utilité/argent-requis), alors le besoin aurait dicté les questions, aurait sanctionné les défauts de rendement. Inimaginable pour les enfants gâtés que sont Dépelteau et ses étudiants.

3.3.3 suite : pour illustrer variable indépendante (cause) et variable dépendante (conséquence) est citée l’hypothèse : « La redistribution des richesses favorise le plein emploi ».
--> Cette question me fait sourire et me semble un vaste sujet de bla-bla fumeux, infalsifiable. S’il n’y a pas redistribution des richesses, les riches pratiqueront les enchères décroissantes sur les salaires en empêchant le plein emploi, générant une grande peur de la misère des sans-emplois (capitalisme libéral). S’il y a redistribution des richesses, les employables refuseront l’emploi fatiguant pour attendre la distribution (socialo-communisme). Bref, on peut dire n’importe quoi sans résoudre le problème économique. Pour en revenir à la question de départ, la même société, les mêmes chiffres actuels, pourraient conduire à répondre « Oui, les primes fiscales à l’emploi de chômeurs font embaucher des chômeurs, ce qui va vers le plein emploi » comme « Non, les primes fiscales à l’emploi de chômeurs ne suffisent pas à faire travailler ceux qui préfèrent jouir de la solidarité, ou mendicité, ce qui n’atteindra donc jamais le plein emploi. » Bref, le chercheur aura consacré des années et des budgets d’études, pour rien, on pouvait le comprendre au départ. Dépelteau s’en fout, il veut prestige et salaire, pas résoudre les problèmes, les injustices, les horreurs. J’ajouterais une objection géopolitique : si redistribuer les richesses occidentales aux pays émergents fait passer le chômage de 25% à 6% dans le Monde, et de 10% à 80% dans nos pays démographiquement très minoritaires, est-ce que ça va vers le plein emploi ou le contraire ? La réponse est : bla-bla, super fier, dans n’importe quelle direction, selon les humeurs, les camps, avec une constante toutefois : prétendre à La Vérité experte, même s’il y a disputes entres ces Hauts-Experts… Tout ça mérite la poubelle à mon avis, et si ces « sciences humaines » sont ce que l’Occident a produit de meilleur en matière économique (l’économie étant une science humaine, c’est dit plus haut dans le livre, page 5), nous méritons l’effondrement – même si les suivants risquent de faire un peu pareil, pour une forme de domination injuste, qui semble une tare bestiale dans l’Humanité, les utopies s’écroulant les unes après les autres, le projet structuré séduisant l’intellect étant détruit par les pulsions majoritaires, égoïstes ou tribales. Pour en revenir à la question de départ, j’expliciterai en deux sous-questions, auxquelles on peut répondre instantanément sans test : « Est-ce qu’on peut créer de l’emploi payé par l’impôt ? Oui, évidemment. Est-ce que cela pourra atteindre le plein emploi en dissuadant les mendiants de préférer mendier (et/ou les voleurs de voler) ? Non, évidemment. » Les science humaines ne servent à rien, apparemment (après 166 pages de lecture, c’est ma conclusion jusqu’ici)...

3.3.4 « théorie durkheimienne de la cohésion sociale (…) Une société saine s’appuie sur un consensus social – des normes, des valeurs, une religion, une morale – disant aux individus ce qu’ils doivent faire. Au contraire, une société malade ou anomique voit son consensus social s’amollir ou se dissoudre et, ainsi, les individus qui y vivent ont du mal à percevoir clairement les normes sociales dominantes. »
--> Je trouve ce discours monstrueux :
– Ainsi, la société esclavagiste serait saine, pratiquant la domination anti-altruiste écraseuse avec la conscience tranquille, et serait malade la libération (risquant l’anarchie), pour devenir cohérente en altruisme sans plus de domination ? « Eh, Durkheim, va passer vingt ans comme esclave dans les hautes-mines de Bolivie et reparlons-en veux-tu ? Ah non, ça salirait ton costume-cravate, suis-je bête… » Quelles leçons ai-je à recevoir de ces ânes dominant indûment ?
– Les textes de Durkheim datent des années 1890 (d’après Internet) mais la situation est inchangée en 2011, en un sens : la religion garante de l’ordre classique vénère Jésus qui a commandé d’assassiner les parents éloignant les enfants de Dieu… (mais c’est une horreur intolérable si quelqu’un dit pareil avec Allah ou Grand-Manitou à la place !), le président Sarkozy veut le règne de l’autorité faisant taire l’intelligence (intelligence qui ferait lever l’interdiction raciste de retour pour les expulsés Palestiniens)… La domination anti-altruiste, qui continue de régner, dans la modernité française, me paraît odieuse, alors on me dit malade ou fou, en chiant sur les staliniens qui ont inventé ce concept pour une autre « Elite » indue… Affreux. Mais Dépelteau ne réfléchit surtout pas, il fait partie de ces mauvais dominants, avec ses « sciences éblouissantes de sagesse » et « Vérité très probable »… Ne pas dire un mot contre l’oppression judéo-chrétienne (qui a exterminé les Amérindiens puis expulsé les Palestiniens), c’est certes éviter d’analyser l’auto-contradiction morale pour préférer éviter l’auto-contradiction professionnelle : en dérangeant les dominants qui apportent les budgets, les chercheurs scieraient la branche sur laquelle ils sont assis en fauteuil serti de diamants. Non, il n’y a rien à attendre des sciences sociales, sauf révolution conceptuelle repartant à zéro. Pour l’instant, ça ressemble à une version moderne de l’Eglise moyenâgeuse prétendant détenir la Vérité, en étant payée par les autorités oppressant le peuple, et blablatant pour endormir les masses dont un réveil d’intelligence casserait tout… Non, il ne faut pas trouver les vérités dérangeantes, il ne faut surtout pas confirmer/prouver les vérités déjà très évidentes sans étude, mais camouflées par la propagande – comme autrefois (si cet autrefois a existé) les savants faisaient de hautes thèses de théologie en oubliant d’observer que l’horreur du servage contredisait ouvertement la bonté généreuse prétendue. Les « intellectuels » d’antan étaient des menteurs nuls, c’est pareil aujourd’hui, sciences humaines incluses.
– On me répondra que la théorie durkheimienne n’est qu’une théorie comme une autre, et je dis Non : elle contredit la neutralité politique exigée plus haut dans ce livre (en 2.2.2 iii : « une bonne question de départ n’est pas moralisatrice », or « malade » = mal prétendu, « saine » = bien prétendu), donc cette théorie aurait dû être rejetée des sciences depuis le départ. Dépelteau est incohérent en oubliant de le faire. (Dépelteau a par ailleurs parlé des chercheurs marxistes ne devant pas employer le mot « exploitation » qui est intrinsèquement un jugement de valeur, et j’en suis moins sûr que pour le rejet de Durkheim : selon les esclavagistes, la « bonne exploitation » est un idéal, nullement une atrocité morale, ce n’est que sous axiome d’altruisme que l’inéquité devient faute d’incohérence, dite « faute morale » – inéquité qui domine le monde actuellement, au bénéfice des occidentaux et des cols blancs, sans que cela intéresse nullement les « sciences humaines », bien sûr…).
– Certes, Durkheim enfonce une porte ouverte, quant à l’effet de l’autorité sur le suicide : si on remplace la liberté de se tuer par une menace (en cas de suicide) de viol et torture des êtres autrefois chers par des « docteurs sociaux », bien sûr que ce sera un frein (partiellement) efficace au passage à l’acte, mais c’est atroce (quasi universellement) d’affirmer que cette oppression dictatoriale est la situation saine – en termes de cohérence sans jugement de valeurs partisanes, c’est incohérent de dire « punissez ces innocents, mais pas moi puisque je suis innocent ».

3.4.2.1 La définition des concepts est l’étape obligatoire expliquant le sens des mots employés.
--> C’est d’une nullité affligeante. Evidemment qu’il ne faut pas prétendre relier des mots flous à sens non précisé. Mais le chercheur en sciences physiques ne dira pas, s’il travaille sur une loi de cinétique de combustion des gaz : « je n’ai pas encore formulé de loi mais en cinq ans et demi, j’ai déjà bien avancé dans ma recherche : j’ai défini le concept de cinétique, de combustion, de gaz ». Oui, il fallait le faire, mais c’est un pré-requis, nul en soi, avant la recherche proprement dite, dont le seul intérêt rappelons-le est la puissance prédictive.

3.4.2.2 « un chercheur freudien utilisera les principaux concepts de la théorie freudienne (le ça, le surmoi, le subconscient, le refoulement, etc.) »
--> Ça ruine tout, cela, à mon avis. Si les sciences humaines ne démontreront quelque chose qu’aux convaincus par telle théorie douteuse, leur intérêt est nul. Si la loi obtenue s’avère quelque chose comme « Surmoi + subconcient ² = racine (refoulement) », mais qu’on interdit de demander « pourquoi croirais-je à votre concept de Surmoi ? », ça mérite la poubelle direct.

3.4.2.2 suite : « Toute définition ou redéfinition d’un concept doit tenir compte des savoirs antérieurs qui le concernent. L’invention d’un nouveau concept n’est donc pas à la portée du premier venu. »
--> Ça y est, (encore une étape :) le hold-up est commis. Cela réserve la réflexion aux érudits, aux étudiants prétendus supérieurs, en chassant le bon sens qui pouvait tout casser. Dans la caste des « autorisés à parler », Dépelteau imposera son autorité et ses conventions idiotes, comme appeler savoirs (vérités ?) les théories douteuses, les mauvaises preuves en fait contestables. Cela explique son erreur totale sur la fable des 3 survivants, où la future violée ne pouvait résister que si elle était étudiante en sciences humaines. Je réponds Non, ces contraintes méthodologiques ici parachutées sont totalement invalides en termes de logique. Depuis le début, Dépelteau confond « comment avoir du succès en s’insérant dans le système de sciences humaines en place ? » et « comment invalider les fausses lois en fait douteuses ? (ou l’inverse : découvrir des lois prédictives à succès indéniable) ». Il répond par une avalanche méthodologique à la première, en restant inapte à envisager la seconde. Si les deux étaient liées, qu’il le prouve. Qu’il croit en Freud et en Durkheim me semble le disqualifier, il conviendra qu’il soit extrêmement convaincant pour renverser la vapeur. On verra.

3.4.2.2 suite : « S’il transforme le sens des concepts de cette théorie sans raison valable ou d’une manière illogique, il commet une faute qui nuira à sa crédibilité et à ses recherches ».
--> Tout devient clair (dans la pourriture) : la crédibilité ne sera nullement jugée par les quidams innocents, que convaincrait le pouvoir prédictif manifeste, mais par les pairs partageant la connaissance pointue des systèmes théoriques artificiels… Le but étant d’obtenir des crédits de recherche, nullement d’être efficace à résoudre des problèmes. Politiquement, cela vaut à mon sens auto-invalidation, ça explique un siècle d’élucubrations psychanalytiques très chères payées (en argent, honneurs, monopolisation du monde des livres), avant de se rendre compte que tout ce système freudien était une erreur de logique (quand il prétend au vrai incontestable, plutôt qu’à dire librement n’importe quoi).

3.4.2.2 « Un économiste peut recourir au concept de "revenu minimum garanti" dans la mesure où il désigne une forme de redistribution de la richesse qu’une société peut expérimenter. »
--> Oulah… j’ai l’impression que Dépelteau ne s’est pas relu, ou se réfère à un grand ponte qu’il a lu sans esprit critique. Il y a trois sens à ce terme « revenu minimum garanti » : 1/ S’il s’agit du « Salaire Minimum Garanti » genre SMIG en France, je ne vois pas en quoi il constitue une redistribution : même avec celui-ci, le patron lisant le journal sportif dans son bureau peut gagner mille fois plus que l’ouvrier suant à pratiquer les cadences infernales, le gouvernement d’extrême-droite taxant méchamment le petit et exemptant de charges le puissant, prétendu « créateur de richesses ». Ce n’est nullement de la redistribution. Certes, cela pourrait être encore pire si le patron était autorisé à pratiquer les enchères décroissantes sur les salaires ouvriers, abaissant encore ceux-ci, mais son obligation patronale d’accepter un micro-salaire minimum ne me paraît pas relever de la redistribution des richesses, laissant extrême richesse d’un côté, misère laborieuse de l’autre. 2/ A l’échelle géopolitique, le SMIG français conduit à la délocalisation de l’industrie vers les pays à salaires moindres (aux enchères décroissantes, ou SMIG bien moindre), donc conduit au chômage, donc le SMIG entraîne la misère des ex-ouvriers d’ici et non leur partage de la richesse, c’est l’exact contraire de ce que dit Dépelteau – et au plan mondial, en mettant à la poubelle les employés d’ici, on retombe sur le cas 1 : le patron d’ici sera immensément riche, et les ouvriers de là-bas seront très pauvres. 3/ Le mot de « revenu » plutôt que salaire n’est pas innocent, et a été illustré par le RMI puis RSA français, revenu garanti pour ceux refusant le travail. C’est simplement idiot en tant que mode de « redistribution de la richesse » : si on devient riche sans effort, l’effort tend a disparaître, et la richesse disparaît, donc, c’est comme ça qu’a sombré l’absurdité communiste (devant se muer en dictature puis capotant quand même, avec famine puisque la plupart des ouvriers agricoles préféraient attendre le salaire au repos que pratiquer les dures récoltes). Donc ce revenu minimum n’a de sens qu’en étant un gage de « survie inconfortable pauvre », dissuasif, non riche, donc il n’y a pas partage de richesse. Mais au lieu de réfléchir, nos « grands penseurs », « immenses experts en sciences humaines », n’ont rien compris, rien analysé, et ont laissé des milliards de milliards disparaître en ogives nucléaires d’extermination massive entre les capitalistes exploiteurs et les dictateurs communistes. C’est affligeant.

3.4.3 « Les dimensions » (d’un concept) seraient les sens possibles des mots.
--> C’est ce que j’appelle « pédaler dans le yaourt ». J’avais l’impression que c’était déjà dans le choix du concept, mais non : Dépelteau est super-fier de, « non seulement avoir choisi des mots, mais, en une seconde étape très méritoire, avoir choisi AUSSI le sens qu’il donne à ces mots. Quel travail assidu, l’admirable grand homme… ». Moi j’aurais vu l’énoncé des lois avec une simple petite astérisque mineure, disant « il faut bien sûr avoir précisé le sens des mots employés, si le dictionnaire ne suffit pas ». Mais non, pour Dépelteau, c’est deux des 4 étapes et demi qu’il convient d’accomplir… J’appelle ça du « salaire à rien faire », évidemment payé par l’impôt, puisque retour sur investissement nul (sauf propagande faisant croire aux employeurs ou clients que ces « experts » détiennent la clé du prédictif efficace). J’en reste à l’idée que leur statut d’experts devant les tribunaux est un pur scandale.

3.4.3 « théorie structuro-fonctionnaliste. Parsons (…) Cette évaluation est faite par l’ensemble de la société. D’une manière générale, les classes supérieures se composent de gens dont les actions sont en quelque sorte récompensées par la société (ils ont beaucoup d’argent, de prestige, de pouvoir…), alors que les classes inférieures se composent de gens dont les actions sont en quelque sorte évaluées négativement par la société dans laquelle ils vivent. »
--> Je ne comprends pas : la fortune d’héritiers oisifs choque l’ensemble de la population (sauf eux), de même que celle de grands patrons gérant mal des effondrements (ou gérant peut-être pas mieux que quiconque à leur place). Argent, prestige et pouvoirs vont souvent aux menteurs efficaces, nullement aux méritoires, et j’entends de la grogne dans la majorité de la population, je conteste que l’ensemble de la société approuve ces injustices. L’avis de ce Parsons est je crois un point de vue d’extrême-droite, type américaine, estimant que les riches sont justement récompensés et les travailleurs pauvres sont normalement punis, « tout le monde en convient ». En France, la haine envers les puissants indus (et les inactifs exploiteurs exigeant solidarité) me paraît au contraire majoritaire, et si la droite gagne souvent, c’est qu’elle agite la peur de l’envahissement par l’étranger (davantage que la gauche), et réduit les privilèges choquants de la minorité fonctionnaire (à l’opposé de la gauche). Les injustices sociales ne sont combattues par aucun camp, et le principe républicain verrouille sur un choix entre le mal et le pire, alternance, sans jamais exprimer le vœu populaire, majoritaire je crois (les classes dites supérieures sont injustement puissantes, les classes de travailleurs dites inférieures sont injustement dominées).

3.4.3 suite : « approche analytique à structuration partielle (…) les classes sont des groupes de conflits sociaux dont le facteur déterminant (ou differentia specifica) réside dans la participation, ou l’exclusion de l’exercice de l’autorité au sein de toute association régie par l’autorité. »
--> C’est simplement idiot : si on ne manifeste pas de manière conflictuelle, que l’on subit, on ne serait pas classable nulle part entre le haut et le bas ? Seuls les extravertis existeraient ? Et bien sûr, on cite des « mots latins savants, ça classe quelqu’un comme intellectuel, c’est bien plus fort que réfléchir avec esprit critique »… C’est à hurler… C’est oublier aussi, quelque part, qu’en démocratie, l’autorité est théoriquement l’expression du peuple : il ne peut pas y avoir quelques uns dominant la multitude en prétendant exercer le vœu de cette multitude (qui n’est pas masochiste, je le confirme). Il y a détournement, pourriture, dans le système « république », de mensonge organisé, que s’abstient évidemment de dénoncer les sciences humaines, éh, c’est leurs employeurs ! Mon jugement : il me conviendrait de mettre à la poubelle ces prétendues « sciences » humaines, bla-bla camouflant les problèmes graves.

3.4.3 suite : « La troisième approche définit les classes sociales en tant que groupes révolutionnaires (…) Karl Marx. (…) Ainsi les ouvriers – qui sont des salariés forcés de vendre leur force de travail – sont en conflit global (révolutionnaire) avec les bourgeois (ou capitalistes) qui sont propriétaires des moyens de production (des entreprises privées) ».
--> C’était tellement idiot que ça ne méritait pas toutes ces guerres. Il y a des ouvriers non forcés de l’être, simplement tristes défaitistes et/ou choqués par la domination des héritiers et des réciteurs diplômés dénués d’intelligence critique. Il y a des artisans qui travaillent physiquement, louent leur atelier, embauchent éventuellement une aide, où se classent-ils ? Et les ouvriers économes qui placent en banque capitaliste leurs petites épargnes pour obtenir intérêt du mécanisme d’exploitation ? Et les enfants d’ouvriers devenus cadres supérieurs immensément payés sans raison (la dispense de travail de peine suffisant à récompenser l’exécutant qui choisit un métier de commandement – si besoin est, « le goût des responsabilités » pouvant suffire) ? Où classer des fonctionnaires de haut niveau chers payés, sans travail de force ni propriété productive ? Les ouvriers étant remplaçables par des machines, la dichotomie simpliste ouvriers/possédants n’était pas adéquate. Ce qui importe à mon avis est l’échelle des revenus vers le haut, avec une ampleur injuste, et l’ampleur des efforts (ou plutôt ratio effort/réconfort) qui privilégie à tort aussi les refuseurs de travail (ou de travail efficace si le plein emploi est rendu obligatoire). Cette analyse aurait évité l’impasse communiste et reste d’actualité dans le choquant capitalisme triomphant. Mais les sciences humaines ne réfléchissent pas, elles s’allient à des célébrités, des camps établis, garants de ressources financières… (apparemment, si Dépelteau n’est pas un âne n’ayant rien compris à une vraie logique, un très mauvais professeur étant là édité à tort).

3.4.3 suite : « Pour construire les concepts de classe sociale, de culture, de crise économique, de religion, de dépression nerveuse, de folie, de complexe d’Œdipe, de marché, d’Etat, de société industrielle ou post-industrielle, de post-modernité, de personnalité, d'éducation, d’apprentissage, de domination, de répression, etc., il faut avoir de solides connaissances théoriques. Le chercheur qui utilise ces concepts complexes, dont les différents sciences humaines ne peuvent se passer, doit donc devenir un spécialiste de son sujet d’étude. Il doit lire sans relâche, se tenir au courant des dernières découvertes, assister à des colloques, discuter avec d’autres spécialistes ».
--> Génial ce métier, à pantoufler et se faire payer des voyages ! De qui se moque-t-on ? Quel est le besoin impérieux de définir le concept idiot de complexe d’Œdipe (universel) ? [Si on me demande « si je préfère ma mère ou mon père ? » et que je réponds « ma mère », le scientifique serait totalement idiot de conclure « ça prouve que garçon, il aime automatiquement sa mère plus que son père, ça confirme une fois de plus le complexe d’Œdipe » ; idiot en effet car, dans un contexte comme ma belle-famille, avec la mère sévère en charge de l’éducation autoritaire et un père arrondissant les angles, j’aurais préféré mon père – préférer la gentillesse à l’écrasement autoritaire conduit à un choix qui dépend d’une distribution des rôles, en rien de mécanismes sexuels prétendus universels. Par ailleurs, « préférer » un comportement n’a aucun rapport avec une attirance sexuelle, il faut être abruti (ou obsédé sexuel, à la DSK/Freud) pour tout mélanger.] Apparemment, ces « concepts » compliqués et flous sont des délices pour les amateurs de verbiage, c’est le royaume du bla-bla. A pouvoir de prédiction très exactement nul – tout résultat étant réinterprétable comme ça nous arrange en modifiant le discours. Là encore, Dépelteau en reste à son erreur initiale de la fable des 3 survivants : il n’accorde droit de contestation qu’à la haute spécialiste prétendue, en oubliant que la très simple logique faisait pareil ou mieux, sans requérir la moindre récitation, la moindre supériorité prétendue méritant haut salaire d’expert…

3.4.4 « Les composantes sont des sous-parties des dimensions ». Par exemple le concept intelligence comprend la dimension mémoire qui comprend plusieurs composantes.
--> On en reste dans le blabla. Puisque la question posée est artificielle, ne correspondant à aucun besoin, il s’agit de relier des groupes de choses vagues, et on entre un peu dans la précision puis la précision dans la précision, bof. Au passage, il ne semble pas du tout anodin que la première définition de l’intelligence, selon l’érudit Dépelteau, soit fondée sur la mémoire, la récitation après s’être gavé de lecture non critique… moi j’aurais dit au contraire que l’intelligence humaine, c’est d’abord la logique (la résistance au piège mensonger), avec la créativité (l’apport de corrections utiles), tandis que la récitation est plutôt nulle intellectuellement, les ordinateurs faisant un milliard de fois mieux que nous en ce domaine, mécanique – c’est comme l’art qui était autrefois défini comme le réalisme maximal alors qu’un appareil photo fait beaucoup mieux encore (avec côté "apparence enrichie" : filtres créatifs et ordinateur de trucage). Mais ce qui compte pour Dépelteau, ce n’est nullement une objection logique de quidam comme moi, c’est la récitation des grandes gloires de sa discipline, qui glorifient la récitation évidemment, c’est cohérent, dans l’erreur (il en reste à « j’ai raison puisque j’ai raison », oubliant d’envisager qu’il a tort)… L’intelligence est ailleurs, et je suis à moins de la moitié du livre, c’est à la limite du supportable. Pourquoi me farcir encore plus de 200 pages ? Je vais peut-être moins m’arrêter sur les idioties ponctuelles, pour tenter de voir les grandes lignes.

3.4.5 « Les indicateurs (…) "Les associations étudiantes sont-elles des acteurs sociaux ?" (…) il faut des indicateurs de situations conflictuelles ou de coopération (…) leur capacité de nommer d’autres acteurs sociaux (le gouvernement, un ministère, des gestionnaires, des professeurs, des parents, etc.) et des enjeux sociaux (…) suicide des jeunes (…) ce que lui révèlent ces indicateurs en analysant, par exemple, le contenu de certains documents (journaux étudiants, procès-verbaux de réunion d’associations étudiantes, etc.) »
--> Je suis effaré par ce bla-bla creux, sur l’attribution ou nom d’étiquettes nominatives.
– Quelle est l’utilité d’accoler ou non le qualificatif « acteurs sociaux » aux associations étudiantes – ce n’est pas dit, il n’est même pas nécessaire qu’il y ait une utilité à ça, la recherche étant libre, caprice d’enfant gâté exigeant paye pour regarder ce qu’il veut, comme il veut, au rythme qu’il veut ! Ce serait très différent s’il y avait la donnée d’entrée : « les acteurs sociaux recevront salaire social », mais alors, pourquoi se limiter aux associations en méprisant les individus ? si je me penche sur le suicide des jeunes, n’ai-je pas droit à salaire parce que je suis seul ? pourquoi payer les grégaires en ponctionnant les individus libres ? Black-out sur ces questions.
– En aval de la question sur les associations étudiantes, il y a un jeu de mot sur « nommer », qui veut dire en Français à la fois « avoir le pouvoir d’accorder la fonction de » (ça ne semble pas ça, les associations étudiantes n’intronisent pas le gouvernement) et « mentionner dans une discussion le nom de » (d’accord, mais…). Là où cette étude semble enfoncer les portes ouvertes, c’est dans la prétention à démontrer une « capacité »… que serait une « incapacité » en la matière ? Les associations étudiantes seraient incapables de prononcer le nom d’un ministre, sacrilège totalement exclu ? Evidemment que ce n’est pas le cas en Occident, à quoi servent alors les scientifiques qui creuseront cette question ? La réponse me semble très évidente : ils ne servent à rien, ils sont payés alors ils s’occupent à regarder n’importe quoi, selon leur fantaisie ou humeur. Que cela soit payé par l’impôt réquisitionné sous la menace est du vol, légal, principe de la dictature. Oh, bien sûr, j’ai entendu les grands discours sur La Recherche, gage de prospérité à venir, mais les sciences humaines ne résoudront rigoureusement rien aux problèmes de l’épuisement en ressources fossiles, du cancer, de la pollution, à quoi servent les sciences humaines ? (sachant que j’ai invalidé toute la branche psychiatrique, dictatoriale en Occident comme sous Staline, pour un autre système simplement).

3.4.5 suite : « Les indices (…) En sciences humaines (…) Un indice est tout simplement une mesure quantitative d’un phénomène réel »
--> Bon sang, où est la démonstration du caractère réel d’un phénomène ? Ne pas se poser la question évite d’avoir à y répondre, certes, mais cette question, je la pose. Dépelteau n’écoute pas, il ne fait que s’écouter, écouter ses pairs, le quidam ne valant que crotte, même mille fois plus logique que lui…

3.4.5 suite : « l’hypothèse suivante : Une hausse du taux de chômage est une cause de la violence conjugale ».
--> Je trouve cela simplement idiot. S’il y a corrélation partielle constatée, en quoi cela prouvera-t-il un effet causal ? Est-ce que cela aurait été différent avec chômage payé (maintien de salaire, voire surpaiement pour encouragement des loisirs) ? J’envisage un mécanisme dans un certain cas : les hommes d’une usine mis au chômage sont entretenus par leurs épouses travaillantes, qui hurlent qu’ils continuent à ne pas faire le ménage (qu’ils ont toujours détesté, qu’elles ont toujours exigé fait), alors ces hurlements entraînent chez les quelques violents des gifles en retour – il me paraît totalement erroné de faire porter la responsabilité de ce scénario sur l’entreprise concurrente qui a fait fermer cette usine-là (ou sur le gouvernement non communiste qui ne garantit pas le plein emploi), viennent bien avant la publicité sanctifiant la propreté au niveau aristocratique d’autrefois avec domestiques, l’encouragement aux hurlements féminins dits « personnalité », etc. Si les hommes mariés sont mis au chômage avec une prime d’inconfort payant une employée de ménage, le mécanisme s’éteint et la cause prétendue prouvée serait démontrée une erreur de conclusion totale. Dépelteau s’en fout, il s’imagine débusquer des lois mystérieuses invisibles comme la newtonnienne « masses implique attirance », je vois ça comme idiotie jalouse des vrais scientifiques, Dépelteau a totalement échoué à dénier que les sciences humaines sont des pseudo-sciences, et sa cascade de termes méconnus (concepts, dimensions, composantes, indicateurs, indices) crée de faux experts méprisant à tort le profane, réfléchissant davantage que lui, ou qu’eux (lui et ses étudiants, ses prédécesseurs).

3.4.5 suite : « indicateurs de l’emprise de la religion sur les individus (…) l’importance numérique du clergé (…) pratique des rites religieux (…) nourriture consommée (…) caractère légal ou non des prescriptions religieuses (…) place du libre examen (…) comme la religion catholique où l’individu est soumis à une hiérarchie d’autorités religieuses qui lui dictent la volonté divine, l’emprise de la religion a plus de chances d’être forte. »
--> Je ne suis pas d’accord :
– le fait qu’il y ait des monastères vivant en autarcie n’influence pas les autres individus ;
– par expérience moderne, les rites religieux sont le plus souvent accomplis à titre de tradition folklorique, pour le plaisir du cérémonial, sans aucun impact sur les actions individuelles ;
– idem pour la nourriture consommée, entre les croyants musulmans refusant de manger du porc et les incroyants occidentaux refusant de manger du chien, je ne vois pas la différence de prétendue emprise ;
– la loi française sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat n’a pas spécialement libéré du jour au lendemain les individus, ce sont plutôt les nouvelles générations qui ont été endoctrinées différemment, pour se soumettre aux scientifiques (dont les imposteurs des sciences humaines ?) plutôt qu’aux religieux, l’écrasement de l’intelligence individuelle (droit au doute logique) étant du même ordre ;
– la religion catholique survit et prospère même si presque plu' personne ne croit que les autorités religieuses aient spécialement connaissance des volontés divines, sachent expliquer les cataclysmes tueurs d’innocents, etc.
Depélteau (jouant un personnage étudiant) n’a aucun élément convaincant, aucun. Il est très fier de lui, simplement. Et comme son directeur de thèse, venu de la même école, est aussi abruti, ils s’entendent très bien, merci. Voleurs en bande organisée.

3.4.5 suite : « l’emprise du droit (…) le nombre de juges par habitant (…) le nombre de lois et de règlements adoptés par l’Etat (…) l’emprise du droit sur la vie quotidienne (…) comme l’alimentation, la sexualité, le choix des vêtements (…) le nombre de policiers par habitant »
--> Confusion complète encore :
- dans un état communiste assurant le plein emploi, il y a beaucoup plus de juges et policiers que nécessaire, chacun ayant un petit travail tranquille à rendement tendant vers zéro, il est en fait très douteux de présupposer que chaque employé (du système de contrôle) accomplit la même pression quel que soit le contexte ;
- de la même manière, un état surpayant ses parlementaires peut les voire pondre des milliers de lois, sans que presque aucune soit assortie de décret d’application l’imposant aux individus ;
- quand on est peu matérialiste, et avec l’essor des forums Internet par exemple, la liberté de parler librement me paraît bien plus majeure que les lois sur l’alimentation ou les vêtements, et nos libertaires (s’esclaffant des lois islamiques contre la nourriture porcine ou la minijupe) oublient d’observer que la loi française interdit l’opinion sceptique (loi Gayssot) et la nudité.
Je crains que Dépelteau pisse dans le sens du vent dominant au lieu de lucidement débusquer la dictature ambiante.

3.4.5 suite : « Je peux être satisfait de mon travail (…) tests empiriques afin de corroborer ou de réfuter mon hypothèse de recherche. »
--> Affreux : j’ai démonté l’intégralité de ses indicateurs, inaptes à convaincre un esprit critique (comme Dépelteau est totalement dénué d’esprit autocritique, il s’applaudit lui-même, c’est simplement très nul). Par ailleurs, si les tests confirmaient une corrélation emprise sociale/taux de suicide, en tirer une conclusion de causalité serait une erreur (répétons-le : il y a les hypothèses de tiers facteurs, de cause commune, de causalité inverse). Pour le dernier point, ce n’est pas évident ici et maintenant, mais cela peut intervenir ailleurs ou à un autre moment : les lois contre les duels ont pu faire chuter les « morts par quasi-suicide » que représentaient cette coutume, mais c’est la mortalité qui a causé la loi, et « figer le va et vient lois-constats » sur un sens à l’exclusion de l’autre n’a aucun rapport avec une cause au sens « attirance mutuelle des masses » – influence possible n’est pas cause déterministe.

4- la préparation du test ermpirique
4.3 « il me suffira de prendre connaissance des statistiques étatiques de la société choisie pour cerner son évolution (…) C’est aussi simple que cela ! ».
--> Non, c’est très contestable : il est notoire que de nombreux gouvernements truquent les chiffres pour donner raison à leur action, les données officielles n’ont rien d’objectives a priori. J’ai le souvenir de trois cas : 1) les statistiques de succès anti-délinquance artificiellement gonflée par politique policière supprimant la protection pour primer la répression, 2) les statistiques de viol (en fait : viol déclaré) évoluant artificiellement selon le contexte médiatique poussant à porter plainte ou non, 3) les statistiques de suicide selon qu’un accident mystérieux soit classé ainsi ou non au bénéfice du doute, de même les accidents du travail selon qu’on inclut ou non les accidents de trajet et les accidents quelconques se produisant par hasard sur le lieu de travail. Certes, si on s’évite le doute, on a des chiffres « prétendus objectifs », au sens qu’un autre chercheur obtiendrait les mêmes des autorités, même si ces autorités ont truqué ces chiffres. Mais le chercheur en sciences humaines s’en fiche puisque il veut seulement publier sa thèse bla-bla, obtenir des crédits, sans aucun critère d’utilité ou d’efficacité. Le bla-bla marche tout autant avec chiffres truqués, ce n’est pas comme réussir à lancer effectivement un satellite.

4.4 « nous devons élaborer des hypothèses générales et nous savons que nous ne pouvons pas observer tous les phénomènes qu’elles désignent (…) Ce problème est réglé par une solution toute simple : l’utilisation des techniques d’échantillonnage (…) Ainsi, on peut observer un échantillon d’ouvriers belges et généraliser cette observation à l’ensemble des ouvriers belges. ».
--> Je serai extrêmement vigilant car, a priori, c’est faux ou mal dit. On « peut » faire ce qu’on veut au sens où on « peut » se tromper. Mais si on prétend à une vérité, c’est faux : l’échantillon sera prétendu représentatif de la population, arbitrairement, en décidant d’oublier quantitativement le risque inhérent à cet arbitraire. L’adage « le hasard fait bien les choses » a deux sens : ou bien on a la chance parfois de tomber sur un cas totalement biaisé dans le sens qui nous arrange, ou bien on a la chance que l’échantillon reflète bien la population en mode réduit. Entre les deux : le logicien dit, on ne sait rien des individus de la population non inclus dans l’échantillon, le statisticien idiot clame « mais c’est sans doute pareil ! », et c’est la faute (logique) d’induction habituelle, généralisation à tort. J’attends Dépelteau de pied ferme, mathématiquement je suis prêt à le casser.

4.4.3.1 « les techniques probabilistes (…) c’est donc le hasard qui détermine le choix des unités de la population mère. »
--> Faux : tant que n’a pas été résolue la question du rêve-cauchemar (ou de l’existence de Dieu tout puissant, pour les croyants) le hasard apparent peut être une parodie de hasard guidée en fait par l’esprit (rêveur ou Créateur) qui invente les résultats. Encore une fois, Dépelteau affirme professoralement, avec une valeur logique nulle. Ce n’est qu’au sein de son monde déterministe, à hypothèse du rêve arbitrairement interdite, que son bla-bla a un sens – vu d’au-dessus, c’est simplement nul en Véracité, facultatif.

4.4.3.1 « De plus, en recourant à une technique probabiliste, le chercheur peut estimer la marge d’erreur de son échantillon. (…) C’est pourquoi on retrouve dans un rapport de sondage une estimation de la marge d’erreur des résultats. »
--> Si estimer veut dire « croire savoir », c’est juste : on « peut »… se tromper. Mais s’il s’agit de prétendre avoir raison, c’est faux. En effet, il reste l’arbitraire de déclarer l’échantillon représentatif, et l’arbitraire du choix de loi mathématique composant l’ensemble. Plusieurs exemples :
1/ J’observe sur 20 votes de réponse à référendum scolaire : 6 Oui et 14 Non, et je dois dire ce qu’il en est de la population générale de 100 votants. L’estimation centrale est évidemment 6/20=30% mais pour la marge d’erreur, on apprend par cœur à l’université une formule (dite « avec moins de 5% de chances de se tromper » employant le nombre-clé issu d’une table mystérieuse parachutée, gaussienne : ± 1,96 fois racine de S/N fois « 1-S/N » sur N) qui donne ±20% (donc 30%±20% donne la fourchette estimée : 10% à 50%). Aucun étudiant (qui récite la formule pour se prétendre connaissant, expert) n’a reçu la démonstration de sa véracité. C’est une logique dogmatique de type sacré (« l’autorité a dit que », « les experts ont paraît-il établi que »)… Alors moi – au risque de ne pas obtenir le diplôme – je casse tout : je demande à voir ce que donne le calcul pour le risque (non pas 5% mais) 0,1%, et… patatras, cela donne ±34%… autrement dit le bas de l’estimation est négatif : moins 4%, ce qui n’a pas de sens pour un sondage et prouve inadapté le modèle employé (gaussien). On me répondra par exemple que le nombre 20 est trop petit et qu’il faut au moins un effectif de 50 pour l’échantillon, mais pourquoi pile ce chiffre ? (quel seuil franchit-on dans le continuum entre 49 et 51 ?) et en acceptant une erreur de combien ? et pourquoi ne pas comptabiliser cette erreur là dans le prétendu risque de se tromper qui est chiffré ? De toute façon, cela emploie un modèle continu sans les escaliers d’un nombre fini de votants, et c’est donc faux.
2/ Avec les ordinateurs modernes à bas prix (puissance de calcul pour presque chacun), les fameuses tables imprimées de Gauss tombent heureusement en désuétude, et les experts emploient désormais le calcul exact binomial, de la loi bêta. Mais quand on demande la démonstration de ce calcul aux professionnels mathématiciens en entreprise, la réponse reste le dogme (« les professeurs affirment que », « les spécialistes ont établi que »)… Pouvoir de conviction : nul.
3/ J’ai appris à l’école secondaire la loi binomiale, qui m’a été démontrée pas à pas, d’accord. Alors, elle, j’accepte d’y croire. Le calcul révèle alors que les valeurs négatives (ou supérieures à 100%) disparaissent, ouf, mais avec moins de 5% de chances de se tromper, on donne maintenant la fourchette 5 à 45% (avec distribution asymétrique, le ± n’étant pas la notation adaptée). Toutefois, ce modèle binomial est faux ici pour plusieurs raisons :
– Il suppose l’indépendance entre réponses individuelles ; or si, par exemple, on a pris pour échantillon quelconque les 20 premiers votes, et qu’il se trouve qu’il s’agit des 20 pères de famille tyranniques contre qui votent leurs épouses et leurs 3 enfants (à bulletin secret) : le résultat final sera 62% de Oui alors qu’on avait prétendu 5 à 45% de Oui (avec probabilité supérieure à 95% et même supérieure à 97%, et qu’on aurait pu prétendre 0 à 60% de Oui avec probabilité supérieure à 99,89%) ; erreur… là où le logicien disant « je sais pas ce que va répondre la part de population pas encore examinée » avait raison !
– Il suppose un « tirage au sort avec remise » ; or le fait qu’il s’agisse de votes déjà effectués est incompatible avec ce principe (type : on a une population de 100 boules rouges ou bien bleues, on en prend une en notant sa couleur puis la remettant dans la population, on obtient ainsi 6 rouges en 20 tirages, combien y a-t-il de rouges dans la population ? si on n’a pas remis les boules tirées dans la population pour le tirage suivant, le principe de Bernouilli fondant la loi binomiale est violé, le calcul est faux).
– Il y a renversement de perspective, avec risque de se tromper complètement. Le calcul emploie en fait l’affirmation : s’il y a 30 % de Oui dans la population, et que j’effectue une infinité de tirages de 20 votes, quelle fourchette minimale de résultats contiendra au moins 95% des tirages. Autrement dit, alors qu’on cherche la probabilité de populations imaginaires sachant l’échantillon, on calcule la probabilité d’échantillons sachant la population. Erreur mathématique [les théorèmes de probabilité conditionnelles, faciles à redémontrer, ne disent pas p(Pop/Ech)=p(Ech/Pop) mais =p(Ech/Pop)*p(Pop)/p(Ech)]
4/ (Pour mesure chiffrée sans pourcentage de sondage) Un chercheur mesure le QI d’un échantillon de 6 personnes (parmi 100) et obtient une moyenne de 100 avec un écart-type de 5, il clame alors que la moyenne est 100±5 (pas ±10 Gauss classique ni ±13 Student classique, car on parle de la moyenne, en divisant par racine de 6) avec moins de 5% de chances de se tromper. Il oublie seulement de signaler que cela présuppose représentatives (non biaisées) ses mesures de 100, de 5, et suppose adéquat le modèle de distribution en cloche symétrique de Gauss et Student (s’il y a une courbe de répartition à deux bosses type chameau, tous ses calculs sont faux). S’il prétend avoir testé la plausibilité de sa loi de Gauss, c’est une erreur mathématique : ne pas avoir réussi à l’exclure (sur un aussi petit échantillon que 6 individus) ne prouve en rien qu’elle est vraie (et tout autre chiffre d’effectif accru est aussi douteux, la variabilité pouvant cacher les discordances à la loi envisagée). Même si l’échantillon a ainsi abouti à 100±5 (95% de chances), la mesure sur les 100 individus pourra parfaitement aboutir à 90 ou 110. L’idée de risque < 5% était interne au modèle en aval des mesures, en oubliant d’envisager l’erreur du modèle et la non-représentativité des mesures sur l’échantillon…
5/ Sondage pré-électoral : les affirmations clamées à l’enquêteur la veille du vrai vote peuvent être différentes du choix vrai le grand jour (en sens plus modéré ou moins modéré : un cri peut être effectué à bulletin secret mais pas dit oralement, ou bien un cri peut être poussé à l’avance avant de se rabattre sagement pour ce qui aura des conséquences pratiques). Un tel biais, d’ampleur totalement inconnue, n’est pas comptable dans les estimations, prétendant donc à tort connaître leur erreur. Si l’estimation se fonde sur une correction liée empiriquement aux discordances passées entre annonces et votes effectifs, c’est l’habituelle erreur d’induction que d’affirmer qu’il en sera de même cette fois : le futur est inconnu, prétendre le contraire est une croyance infantile (d’accord, mais il ne faut pas affirmer que la raison le commande, là où le doute a lui total succès en vérité, mais moindre succès social…). La croyance dans le futur, avec les scientifiques comme avec les oracles, plaît à la population, mais s’avère souvent erronée ; le logicien qui avait dit qu’on ne connaissait pas à l’avance le futur avait lui raison, avec ou sans régularité. L’humain normal préfère la croyance (même erronée) à la logique (même juste), je ne suis simplement pas normal.

4.4.3.1 suite : « rapport de sondage (…) par exemple : "La marge d’erreur se situe à plus ou moins 5%, 19 fois sur 20" (…) nous n’entrerons pas dans les détails mathématiques (…) avec une marge d’erreur de plus ou moins 5%, ce qui est la marge généralement acceptée en sciences humaines. »
--> Attention :
- On retrouve là le célèbre couplet « passons sur les détails, l’important c’est de savoir que… ». Eh bien non ! sans les détails convaincants ou erronés de la démonstration, la valeur persuasive est nulle, et l’apprentissage pour récitation par cœur n’a aucune supériorité sur les dictatures inquisitrices, islamistes ou maoïstes. Qui plus est, c’est dans le détail de la démonstration qu’apparaissent les présupposés éventuellement contestables ou inapplicables dans notre cas (comme le tirage avec remise, les caractères continu et symétrique et infini etc.), se dispenser du détail démonstratif, c’est se dispenser de comprendre, pour prétendre à tort au savoir. En matière de Vérité, c’est une autoréfutation en clair.
- Je crois lire une erreur grossière dans ce que dit Dépelteau – habituellement, les statisticiens emploient le risque de première espèce 5%, autrement dit la confiance complémentaire 95% = 19/20, mais si on enlève 5% (1/20) de chaque côté, on tombe à 18/20 = 90%. Mais peu importe pour Dépelteau, ce qu’il veut dire, c’est que le risque est faible et que la certitude n’est pas à 100%, alors il manipule les chiffres n’importe comment, pas mathématiquement – son métier c’est le discours, les chiffres (perçus comme objectifs incontestables) ne servent qu’à faire taire les objections, et on renvoie les objecteurs (qui résisteraient encore) à des énormes livres d’équations rébarbatifs ! Victoire pour le professeur, mais victoire volée… Je suis attentif, et je démolis au fur et à mesure. Je ne serais pas diplômé, Dépelteau l’a dit en rejetant partiellement l’épistémologie de Popper : la logique l’ennuie et il passe outre, il exige de passer outre, avec son autorité professorale et ses exercices d’application notés.

4.4.3.1 suite : « le critère choisi pour distinguer les classes doit être pertinent par rapport à l’hypothèse de recherche. En effet, pourquoi stratifier un échantillon selon le sexe si je veux connaître l’effet de l’appartenance ethnique sur l’appréciation du cinéma européen. »
--> Cela rappelle un doute que j’ai toujours eu en entendant la télévision dire que tel sondage électoral a été effectué selon la méthode des « quotas », que je crois désigner les critères sociaux (âge, sexe, classe Etudiant/Employé/Cadre/Profession libérale/Sans emploi/Retraité) sans que cela garantisse en rien la représentativité fonctionnaire/privé, sioniste/antisioniste, nationaliste/mondialiste, extraverti/introverti, etc. Pour ce qui est de l’exemple cité par Dépelteau, un mécanisme peut exister sans qu’il y ait pensé : dans la communauté X, les femmes n’ont pas le droit d’aller au cinéma, et ne voient donc les films européens qu’à la télévision sans la grandeur des salles de cinéma – les logiciens disent : « tout est imaginable, sauf auto-contradiction, les choix et suppositions risquent l’erreur ».

4.4.3.1 suite : « L’échantillon en grappes »
--> Ça me paraît un mode biaisé d’échantillonnage, il n’y a plus hasard si on prend des unités proches, potentiellement corrélées par un vécu voisin.

4.4.3.2 « les techniques non probabilistes (…) on peut présumer que les résultats issus de l’observation de ces échantillons ne sont pas aussi représentatifs que ceux d’un échantillon probabiliste. »
--> Où a été démontré le caractère représentatif des échantillons probabilistes (dont le paragraphe est maintenant fini) ? Nulle part : notamment si le moi qui rêve ou Dieu pilote le tirage au hasard « apparent », l’échantillon peut être totalement biaisé, ignorer une classe constituant la majorité de la population. J’ai l’expérience de cela dans un rêve que « j’ai fait autrefois étant enfant » (si je ne suis plu’ enfant, c’est à dire si ce n’était pas le « vrai monde » où je vais revenir prochainement) : les personnages que j’avais à l’avance choisis étaient finalement rassemblés pour voyage en paquebot par « tirage au sort aléatoire », à leur école…

4.4.3.2 suite : « méthodes qualitatives (…) à des échantillons plus restreints mais étudiés en profondeur (…) elle se concentre plutôt sur (…) le sens que les personnes et les collectivités donnent à l’action (…) acceptant de vivre avec la part subjective que comporte nécessairement une recherche en sciences humaines (…) les adeptes des méthodes qualitatives favorisent souvent une approche inductive (…) modes d’investigation faits pour comprendre (et non pour expliquer) »
--> Plusieurs objections :
- Je suis d’accord avec l’étude de cas, à titre libre de recherche le, mais ça n’a rien de scientifique lié à des lois – sauf erreur inductive de généralisation à tort.
- Par expérience, les études de cas ne sont pas (toujours) des écoutes ouvertes, mais sont (souvent) des écoutes orientées, pour reconnaître (dans ce qui est dit) les dogmes d’une théorie (freudienne ou marxiste, etc.). Bref, il y a eu induction fautive dans la croyance en la loi générale avant d’examiner les cas, comme il y aura induction fautive à généraliser le cas isolé étudié. C’est de la faute logique de bout en bout. Et c’est imparable puisque les dites théories sont infalsifiables, pouvant « expliquer » tout et son contraire par verbiage imaginatif ad hoc.
- Si les sciences humaines sont subjectives par définition, elles ne sont pas scientifiques, ce que je dis depuis le début, et Dépelteau aurait menti dans son introduction définissant la science, ou bien il oublierait ici d’objecter « mais au fait, alors, est-ce que ça suit encore ma définition initiale de la science ? »

4.4.3.2 suite : « L’échantillon par quotas (…) A la différence de la technique de hasard stratifié, le choix des unités dans chaque strate ne se fait pas au hasard d’après une base de population car le chercheur choisit lui-même les unités retenues dans la population. »
--> Le clarification est utile, mais l’objection est la même, ou un peu pire. Jusqu’à preuve du contraire (non rêve, absence de Dieu), le hasard n’apporte rien, il reste l’erreur de se prétendre rigoureux en présupposant à tort que les individus d’une même classe se comportent pareil, ou que piocher dans les diverses classes sociales assure de rencontrer sans biais la diversité présente dans la population – rien ne le prouve, si l’on est passé à côté du sujet. Exemple : une enquête par téléphone (pour les intentions de vote électoral) veillera bien à interroger 52% de femmes, 26% de retraités, etc. mais aura oublié de prendre en compte la part de la population n’ayant pas le téléphone (par manque de moyen ou par choix)… Ce n’est pas que le chiffre mesuré/estimé sera spécialement faux, le plus grave est que la marge d’erreur prétendue sera elle intrinsèquement fausse, puisqu’il y a biais d’échantillonnage.

4.4.3.2 suite : « L’échantillon typique (ou "par choix raisonné" ou "intentionnel") (…) le chercheur (…) veut orienter sa recherche (…) Cette technique est très utilisée par les adeptes des méthodes qualitatives qui recherchent moins la représentativité que l’exemplarité de leur échantillon. »
--> Il y a un malentendu : libre à chacun de s’intéresser à un groupuscule extrême, mais cela n’autorise en rien à généraliser. Ce n’est pas un « échantillon » en ce sens, mais plutôt un « cas ».

4.4.3.2 suite : « L’échantillon "boule de neige" (…) lorsqu’on travaille sur des phénomènes dont l’accès s’avère difficile, comme des phénomènes marginaux ou illégaux. »
--> Prétendre, là encore, qu’il s’agit d’un échantillon et pas d’un cas, c’est oublier la possibilité de groupes disjoints répondant au sujet. Généraliser d’un cas à l’ensemble sera alors biaisé.

4.4.3.2 suite : « L’échantillon de volontaires (…) Si le sujet vous intéresse, venez participer (…) Il faut l’utiliser avec prudence car certains types d’individus sont plus attirés que d’autres »
--> Ce serait une erreur méthodologique que de croire qu’il y a là un échantillon exempt de biais – on ne traitera que le sous-groupe des « volontaires pour étude » dans la population concernée (surtout des désœuvrés si c’est à titre bénévole, surtout des chercheurs d’argent si c’est à titre payant, toujours des sujets qui acceptent d’afficher publiquement que le sujet les concerne).

4.4.3.2 conclusion (de 4.4.3) : « Echantillons probabilistes… Produisent des échantillons représentatifs ».
--> Erreur. Il s’agit d’échantillons espérés représentatifs (sans l’être si un rêveur ou Dieu décide à la place de ce que l’on croit hasard). Par ailleurs, il manque le mot « souvent » au qualificatif : il aurait mieux fallu dire « souvent représentatifs ». Pour le montrer, j’ai pris la fonction Aléa de Excel, qui donne des chiffres de 0 à 1 au hasard sans biais (moyenne dans la population : 0,50). J’ai demandé (une fois et une seule, sans tâtonner jusqu’à trouver un cas bizarre) 20 échantillons de 5 chiffres, et j’ai obtenu des moyennes de 0,22 à 0,78 (extrêmes) ou 0,25 à 0,70 hors moyennes extrêmes (en éliminant les 5% de moyennes extrêmes de chaque côté parmi les 20 moyennes) ; au nom de quoi dire que la moyenne 0,25 est représentative de la population (en fait de moyenne 0,50 – ici approximée à 0,49 sur total de 100 nombres) ?? Pour l’échantillon de moyenne 0,25 qui n’est pas le plus extrême, la calcul gaussien de marge d’erreur affirme (« avec moins de 5% de chances de se tromper ») que la moyenne de la population est comprise entre 0,16 et 0,34 ce qui est faux – pareillement, l’échantillon de moyenne 0,78 conduisait à dire entre 0,56 et 0,99 ce qui est faux ; enfin, 4 échantillons sur 20 disaient possible une moyenne inférieure à 0 ou supérieure à 1 ce qui est faux. Il s’agit de totale erreur que de conclure comme le fait Dépelteau (ou plutôt ses professeurs, puisque lui n’est « sans doute jamais rentré dans ces vils détails, il vole tellement au-dessus »…). On obtient une estimation espérée non faussée, autant que possible (en essayant de prendre des précautions de non-biais), mais on n’a aucune idée de la valeur vraie – on ne fait que le prétendre à tort, en chiffrant faussement son taux d’erreur (en oubliant l’erreur possible sur la représentativité effective de l’échantillon).

4.4.4 « La taille de l’échantillon »
--> Là, je vais lire avec extrême attention, et je peux apprendre des choses, car je vois de choquants chiffres parachutés dans les textes officiels, contraires à la logique qui est la mienne, même en laissant provisoirement tomber la mise en doute du hasard (potentiellement dirigé). A mon avis, de formation biologiste, l’exemple-type est le suivant : « est-ce que la taille des étudiants-garçons est en moyenne supérieure à celle des étudiants-filles, de cette année 2011-2012 à l’Université des Sciences de Québec ? Il y a dix mille inscrits, trop chers à mesurer, quel effectif d’échantillon mesurer pour pouvoir conclure sur la population avec un risque inférieur à 5% de se tromper ».
1) Le logicien répond : il faut mesurer presque les dix mille, en tout cas jusqu’à la dernière fille car une fille de cent kilomètres de haut bouleverserait la moyenne et pourrait annuler la conclusion (si le dix-millième est un garçon, il ne peut pas mesurer moins de zéro donc sa mesure peut ne rien changer éventuellement à un résultat déjà acquis).
2) Ce que j’ai appris à l’université est une autre approche, statistique saine (merci à mon professeur de Maths Alain Cerf) quoique insuffisante ici : on pose l’hypothèse nulle que le caractère garçon-fille n’influe pas sur la taille (et certes il y a quelques contre-exemples de garçons petits, de filles grandes), constituant une population normale de moyenne M et d’écart-type S. On prend un échantillon égal à la racine de la population (règle parachutée sans démonstration, ou coutume) : 100 individus, 50 garçons et 50 filles. La modélisation gaussienne dira quelle valeur maximale on attend de la différence « par hasard d’échantillonnage » pour cette différence, avec risque 5% (asymétrique) de se tromper. Si on se situe hors de cette fourchette, on rejette l’hypothèse nulle, en invoquant un « risque de rejet à tort inférieur à 5% ». Si l’on se situe dans la fourchette, on ne conclut rien du tout (et surtout pas « on a prouvé que la taille des filles est équivalente à celle des garçons dans cette population », façon officielle hélas en biologie « professionnelle »).
3) Puisque je conteste le parachutage de la racine carrée, j’entrevois une démarche personnelle, fondée sur l’hypothèse alternative et le risque d’acceptation à tort (de l’hypothèse nulle) : si on mesure un pré-échantillon de 10 Filles F et 10 Garçons G nous donnant pour F : moyenne 165cm écart-type 10cm, et pour G : moyenne 175cm écart-type 10cm, je perçois deux courbes-escaliers en cloche qui se recouvrent partiellement ; concernant les moyennes estimées avec leur probabilité estimée, il s’agit des mêmes courbes mais rendues continues et cintrées (même si on ne m’a jamais démontré le facteur 1/"racine d’effectif" sur l’écart-type de moyennes, ni d’ailleurs le n/"n-1" dans le calcul d’écart-type estimé…), d’autant plus étroites que l’effectif est grand : un petit effectif d’échantillon ne permettra pas d’avoir des cloches disjointes, un grand le permettra. On peut alors calculer à partir de quel échantillon minimum N1 la disjonction est envisagée, et aussi (j’imagine) à partir de quel échantillon N2 on aura 95% de chances de ne pas passer à côté de cette disjonction. Je ne l’ai jamais vu faire en pratique mais ça me paraît plausible et solide (je trouve ainsi, sur l’exemple ici, N1 = 36 donc 26 nouveaux en plus du pré-échantillon, peu important la taille de population). Si la représentativité du pré-échantillon était médiocre, on peut certes se planter, mais je pense que la démarche consisterait à dire « mesurez sur N2, si – arrivé là – on n’a pas encore rejeté l’hypothèse nulle, on calculera alors, sur ces valeurs plus solides quel valeur N3 plus grande sera sans doute probante. » Je ne l’ai jamais vu faire non plus. Et se poserait la question : à supposer que l’hypothèse nulle soit juste, continuera-t-on jusqu’à mesurer toute la population en espérant invalider cette hypothèse ? C’est là qu’intervient l’hypothèse alternative : poser (d’après le pré-échantillon) l’hypothèse que la taille des garçons est en moyenne 10cm plus grande que celle des filles ; si à un moment des mesures (avec effectif croissant) on rejette cette hypothèse, on peut arrêter les mesurages avec un résultat probant, même si l’hypothèse nulle n’a pas été prouvée juste. A l’avance, pour la différence des moyennes F et G sur l’échantillon, on peut tracer la courbe d’intervalle de confiance selon les deux hypothèses (nulle et alternative), en fonction de l’effectif, et en déduire l’effectif de disjonction N4 à partir duquel on peut rejeter l’une ou bien l’autre (ou bien les deux, éventuellement au-delà), et il y a peut-être moyen de chiffrer un N5 plus faible avec 95% de probabilité de disjonction (en supposant le pré-échantillon représentatif, ce qui n’est pas sûr, rendant le chiffre 95% relatif, non objectif en crédibilité sans axiome…).
4) C’est peut-être plus simple pour un sondage où il n’y aurait pas besoin de pré-échantillon pour mesurer la variabilité (écart-type) avant de décider la taille d’échantillon : par exemple, on cherche à savoir si le Oui obtiendra 60% des votes (hypothèse nulle) ou 40% des votes (hypothèse alternative), le calcul dira quel effectif N donnera pour 60% vrai une incertitude n’atteignant pas le point 40%, et vice versa : cet effectif devrait être le même pour un 40% vrai avec incertitude n’atteignant pas le point 60% (à confirmer, je n’ai pas vraiment creusé la question, peu importe ici). Toutefois, si la mesure sur cet effectif donne une moyenne entre 40% et 60% excluant une hypothèse et pas l’autre (par exemple 53% observé sur l’échantillon peut-être pour 60% dans la population mais pas pour 40% dans la population), il faut recalculer pour en dire davantage (par exemple : l’estimation est de 53%, la valeur 40% envisagée est exclue avec risque 5%, et les chiffres indiquent qu’on peut rejeter aussi 44% – les valeurs de 45% à 62% étant plausibles au vu de cet échantillon, pour être plus précis il faudrait augmenter la taille de l’échantillon commencé – tout recommencer à zéro sur un échantillon plus grand pouvant donner un peu n’importe quoi).
Bref, ce n’est pas clair, mais je me suis remis en tête les éléments pour examiner le sujet.

4.4.4.1 « Nous savons que la taille d’un échantillon probabiliste détermine sa représentativité ».
--> S’il y avait hasard vrai (et pas hasard apparent en fait guidé par le rêveur/Créateur), ce ne serait pas faux, mais encore faudrait-il le justifier, sans le parachuter par « nous, les professeurs, on a démontré que… (et ce serait trop long à vous expliquer ici) » cachant en fait : « si on exigeait que je le démontre, je ne saurais pas quoi dire »… Le principe est qu’une valeur aberrante peut être observée par exemple 1% des fois, ce qui induira complètement en erreur si l’échantillon est 1 mesure, ce qui ne perturbera que la moitié si c’est 1 valeur sur 2, et deviendra minime si ça ne compte que pour 1 sur 100 etc. En clair : les biais occasionnels diminuent avec la taille d’échantillon au hasard, on tend vers la moyenne vraie quand on augmente l’effectif.

4.4.5.1 suite : « Ainsi, si je veux un échantillon ayant un degré de précision de 5% et un degré de confiance de 95%, il faut que je sache quelle doit être la taille de l’échantillon. (…) Ces pourcentages signifient que les résultats de l’observation de l’échantillon comparés à ceux de la population seront précis à ± 5% dans 95% des cas. »
--> On retrouve l’erreur du ± 5% qui fait en fait 90% et pas 95%, mais ce nouvel intitulé appelle d’autres remarques :
- Les statisticiens emploient deux chiffres de crédibilité en pourcentages : les risques de 1e et de 2e espèce (pour les rejets d’hypothèse nulle et d’hypothèse alternative) dont les complémentaires sont les qualités de « confiance » et de « puissance » (qui varient en sens inverse l'une de l'autre). Exiger une confiance 95% est synonyme d’un risque de 5% donc ±2,5%, ce n’est pas une autre exigence (« et » chez Dépelteau, qui ne semble pas comprendre ce dont il parle).
- Par principe de renversement de perpective – que je signalais plus haut avec les p(Pop/Ech) en fonction de p(Ech/Pop) – c’est sous hypothèse « l’échantillon représente la population » que l’intervalle de confiance décrira ce que cette population hypothétique aurait pu donner, ce n’est pas du tout l’intervalle de confiance des populations sachant l’échantillon observé. Loin de vouloir dire : « en faisant chaque fois ainsi, chaque fois on peut être quasiment sûr de décrire la population », ça signifie que parfois, on dit n’importe quoi et toujours on chiffre dans le vague en généralisant au vu du connu, ce qui est contestable par principe.
- « Confiance » se lit intuitivement : justesse, et « précision » : erreur maximale. C’est faux : la justesse peut être bien moindre et l’erreur très supérieure.

4.4.5.1 suite : « Le lecteur intéressé à approfondir ces problèmes statistiques pourra le faire en suivant un cours sur les méthodes de recherches quantitatives ou en consultant un ouvrage pertinent. (…) retenir les critères suivants (…) Dans le meilleur des cas (…) table d’estimation (…) Un échantillon doit représenter au moins 10% de la population mère. Il doit se composer d’un minimum de 30 unités. »
--> Déception immense :
- Dépelteau ne justifie rien de rien à un lecteur critique, il balance ses vérités, c’est nul en pouvoir persuasif – c’est très universitaire, certes (je n’ai connu les maths démonstratives que de la seconde C 1978 à la terminale C 1981, ça n’existe peut-être même plus).
- Quel est le crime commis en passant de 11% à 9% de la population, ou de 31 à 29 unités ? Ce n’est pas du tout ainsi qu’il faut raisonner en mathématiques, axiomatiques par principe : il faut fixer le critère de demande (par exemple « risque maximum 5% ») et en déduire de manière incontestable le résultat obtenu. Je doute très fort que le chiffre 5% de risque entraîne cet effectif relatif 10% et d’effectif brut 30 – la table en vis à vis le dément d’ailleurs. L’ensemble est incohérent. Critères veut ici dire : « recette qu’aiment prendre les chercheurs, admises par l’usage, si ça obéit à ça on n’envisage pas de contester », c’est nul en pouvoir de conviction.
- Dans le cas d’un contrôle destructif de pièces chères, les industriels obéissent à de tout autres critères, bien moins sévères, et clament pourtant un risque inférieur à 5%, tout ça sent l’arnaque à plein nez.
- En matière de santé, les industriels obéissent à des critères beaucoup plus sévères au contraire : si 3,2% des malades avalant une aspirine (contre la fièvre légère) en meurent, il est criminel de conclure « aucun danger » au vu de seulement 30 patients (taux de morts estimé <1/30 donc 3,4%)

4.4.5.1 suite : « Table d’estimation de la taille d’un échantillon (niveau de confiance : 95% ; niveau de précision : ± 5%. Echantillon/Population : 10/10, 14/15, 19/20, 24/25, 28/30, 32/35 (…) 132/200 (…) 341/3000, 351/4000 (…) 384/1 000 000 (…) un chercheur (…) qui veut (…) devra choisir (…) 200 (…) 132 (…) Si un autre chercheur (…) 1 000 000 (…) 384 (…) afin d’avoir un échantillon d’un niveau de confiance de 95% et de précision de plus ou moins 5%. »
--> Incohérences :
- Dépelteau continue à ne pas voir que « incertitude ±5% » est équivalent à « confiance 90% » et pas un second point majeur de crédibilité en plus de « confiance 95% ». C’est du chinois, pour lui, manifestement, il n’y comprend rien, mais il est fier de ces chiffres « objectifs ».
- Avec 95% (=19/20) de confiance, si 20 chercheurs font ainsi alors 1 se trompera totalement, ce n’est pas chacun qui obtient la quasi-certitude à juste titre, Dépelteau ne semble pas réaliser. S’il faut que le plus malchanceux des 20 ait lui une confiance de 95%, il faut que chacun ait une confiance de 99,74% (et pour le plus malchanceux de mille chercheurs ayant ainsi 95%, il faut que chacun se fixe 99,995%). Ça bouleverse tout, mais certes, il faut pour ça réfléchir, pas répéter.
- Apparemment, si les chercheurs ont obéi à la table, ils sont jugés (par Dépelteau et ses pairs) en droit de prétendre dire la vérité à 5% d’exceptions près. Ce n’est pas vrai, le calcul qui aboutit à ce chiffre n’a aucun rapport avec cela, il signifie seulement que s’ils avaient raison de généraliser comme ils le font, cela générerait des échantillons de tant à tant (incluant celui observé et autour, en n’omettant que 5% des « échantillons anormaux, la faute à pas de chance »).
- Cette table discorde de la formule que j’ai vue en cours (n=racine carrée de N, qui donnerait 4/10 et 1 000/1 000 000), et discorde aussi de mon approche personnelle (la taille d'échantillon donnant telle précision ne dépend pas de la taille de population source), alors je suis allé voir sur Internet si je trouvais la justification de la formule de la table Dépelteau. Je ne l’ai pas trouvé en clair mais j’ai trouvé une piste, à http://www.ifad.org/gender/tools/hfs/anthropometry/f/ant_3.htm : avec source officielle internationale ONUsienne (FAO 1992, UNICEF 1995), la formule est : échantillon d’effectif n = t²*p*(1-p)/a² avec t=1,96 (ou t de Student augmentant quand N diminue ?), risque a et probabilité p ; c’est aussi parachuté que par Dépelteau, mais au moins on peut comprendre comment influent les paramètres ; bizarrement, la réponse ONU ne dépend pas de l’effectif de population N mais dépend de la probabilité du phénomène p ; comme on ignore cette probabilité, j’ai pris en aveugle équiprobabilité de l’événement et son contraire donc p=1-p=50% et ça donne n=384,2… ! Surprise : le 1,96 étant la valeur vers laquelle tend le t de Student pour effectif infini (ou même déjà à 1 million), ça collerait à Dépelteau disant 384/1 million (en ajoutant en complément 384/10 millions aussi). Enfin… si on fait varier p, on obtient n’importe quoi : n=384,2 est le maximum, mais on descend à n=15,2 pour p=1% et n=1,54 pour p=0,1%, ce qui est idiot : p=0,1% veut dire mille sur un million, et pour estimer ce taux fiablement avec moins de 5% de chances de se tromper, l’effectif d’échantillon parfait serait selon l’ONU : 1,54 arrondi à 2... Cette aberration invalide la formule de Dépelteau, qui n’a seulement pas songé une seule seconde à douter de la table professorale, il a peut-être dispensé ses élèves de l’apprendre par cœur, mais en hésitant fortement, je pense… L’intellect est ailleurs, que dans les sciences humaines, ça me paraît évident. Réserve : avec N=10, on peut voir ce que donne la formule ONU : t passe de 1,96 à 2,28 et ça fait monter n (en cas de p=50% pour le maximiser, comme pour le 384 tout à l’heure) à 496,5… ! S’il n’y a que 10 individus dans la population totale, il faut prendre 497 d’entre eux dans l’échantillon, bien sûr, et ça ne choque que moi… Est-ce que quelqu’un vérifie les âneries de ces prétendus scientifiques là ? Ils vont asséner des chiffres-vérités tenant lieu de preuves scientifiques, venus d’on ne sait où, eux-mêmes ne le savent pas, mais y croient dur comme fer, appelant « rigueur » l’obéissance au dogme (équation ou table) parachuté…
- Dans la table de Dépelteau, comparée à son texte : jusqu’à 28/30, la table ne respecte pas son commandement d’échantillon minimum 30 unités. A partir de 351/4000, elle ne respecte pas son commandement d’échantillon 10% minimum…
- Avec 10/10, le niveau de confiance n’est pas du tout de 95% mais de 100%, il aurait fallu dire 95% ou plus, c’est une énorme évidence requérant dix ans d’âge mental – ce n’est certes pas à la portée du « scientifique supérieur » Dépelteau... Ça achève d’invalider la crédibilité de ce réciteur stupide, diplômé tel, et devenu professeur pour faire perdurer ce mécanisme de domination par les plus fiers abrutis.
- Avec 14/15, on note la supercherie de principe : j’imagine le dialogue entre Logicien L et Scientifique S :
– (L) Vous préconisez échantillon 14/15 pour confiance 95% ; vu que 14/15 fait 93,3% : si les 14 premiers ont répondu Oui au vote (100% Oui), votre résultat rendu sera Oui 100% ±5%, alors que : c’est faux, parce que si le 15e (non examiné dans l’échantillon) répond Non, le taux de Oui sera de 93% hors de la fourchette annoncée, et ce cas a 50% de chance de survenir, hors généralisation inductive oubliant l’indépendance entre individus (obligatoire pour les calculs probabilistes)…
– (S) C’est simplement inductif : les 14 premiers ayant tous répondu Oui, et le 15e étant quelconque, il a beaucoup plus de chances de répondre Oui que Non.
– (L) C’est pas vrai : l’inconnu est inconnu.
– (S) Généraliser, ça marche très souvent, ça nous suffit.
– (L) C’est bestial : le chien de Pavlov qui salivait au son de la clochette (car « clochette implique nourriture » a marché jusqu’ici) concluait comme vous.
– (S) L’humain est un animal qui raisonne, pas un ordinateur stérile ! Attention au cancer de rationalité, nous avons défini la paranoïa comme maladie pour cela.
– (L) Autrefois vous dominants illogiques appeliez ça le Diable (démoniaque ou capitaliste), alors que c’est l’intelligence critique résistant à l’abus de pouvoir.
Entre savants, ça se bagarrerait, mais quand un étudiant est logique au lieu de réciter, il sera exclu, seuls les généraux ont le droit de discuter les orientations, c’est simplement militaire, discipline sans réfléchir, néant intellectuel. Stop, je capitule, j’arrête ce livre (qui a encore 180 pages après, sans avoir pu en rien m’éclairer dans les 234 premières. J’ai déjà écrit 33 pages de remarques (au format odt, pas encore html), pondre 60 pages au total serait affreux à relire : stop. Ou bien, allez, je continue, mais vraiment en diagonale, au cas où il y ait une idée vraiment nouvelle, vraiment majeure, sans m’arrêter à chaque stupidité.

4.4.2 suite – comme Depelteau (jouant l’étudiant) ne peut pas étudier son hypothèse d’influence de l’intégration sociale sur le taux de suicide sur toutes les sociétés passées et présentes, il est approuvé qu’il la teste sur deux sociétés comparées : le Canada 1900-1945 et le Canada 1970-2010.
--> Généraliser de 1+1 à tous est risible (et contradictoire avec l’exemple de la fable en début de livre, où un exemple de société rare et lointaine démentait judicieusement la prétendue loi universelle du professeur). Quantité de biais sont prévisibles pour l’étude ici, comme un changement de traditions (Si le résultat semble confirmer l’hypothèse, l’étudiant dira avoir gagné, alors que c’est peut-être qu’autrefois le suicide était tabou, donc c’était caché par les médecins légaux sauf évidence hyper-explicite indéniable, genre auto-coup de pistolet dans la tempe en public en expliquant ce geste. Si le résultat semble réfuter l’hypothèse, l’étudiant pourra dire qu’il y a un tiers-facteur ayant faussé la lecture : l’essor vertigineux de la psychologie, prenant en charge les gens en détresse, même s’il y a un suicidogène manque d’intégration sociale). Cette étude semble donc inutile – en lecture, mais aussi inutile en action, car si l’hypothèse était confirmée, que faudrait-il faire ? Rendre obligatoire la religion ? Pourquoi prendre de telles mesures à impact énorme (pour les libertés individuelles) en épargnant les autres causes peut-être bien plus majeures ? (sexualité débridée, matraquage publicitaire pour le « luxe indispensable au bonheur », etc.). Je sais que les scientifiques, astronomes cosmologistes ou biologistes évolutionnistes par exemple, rejettent le « pourquoi ? » pour se centrer sur le « comment ? », mais là, Dépelteau donne presque une caricature – je pousserais le bouchon au delà : à un chercheur biologiste entendant étudier une quarantaine d’année la vitesse de friture du pou dans l’huile de vidange automobile, il est totalement légitime que la société demande « pourquoi on devrait vous payer à faire ça ? on se contrefout de comment vous vous y prendrez ». Certes la méthodologie, c’est le « comment faire », mais Dépelteau a donné le bâton pour se faire battre : il n’a nullement dit « pour le choix des questions, c’est hors sujet ici », mais « le choix de la question est l’étape numéro un de ma méthodologie » (et le paragraphe « comment observer » fait seulement les deux pages suivantes de ce chapitre, qui a déjà compté 35 pages). Il y a échec, donc – échec total à convaincre (même si le professeur peut imposer, au titre de l’autorité usurpée, continuation d’un système pourri).

5- la collecte et l'analyse des données
5 et 5.1 « La réalisation du test empirique ». Il y a tout un système complexe de termes démarche/méthode/technique.
--> C’est aussi creux et inutile que plus haut le système de bla-bla qui employait les mots artificiels concept/dimension/composante.

5.2.1 « Milgram (…) choqué par l’horreur nazie (…) bourreaux (…) monstrueux (…)"déshumanisée" au préalable, ce qui rappelle tristement les campagnes contre les Juifs à la veille de leur persécution. »
--> Je lis en filigrane, démontant le procédé caché : « pour être édité, sur n’importe quel sujet, n’oubliez surtout pas qu’il faut un couplet affirmant monstrueux la Shoah (persécutant des complets innocents), et en parallèle il faut totalement passer sous silence l’autre crime raciste, mais en sens inverse, qu’a constitué la Nakba massacreuse/expulseuse de Palestiniens ; il faut s’allier aux puissants, c’est le B-A-BA du "comment obtenir le budget et/ou la publication" ».

5.2.1 suite : « cerner des rapports de causalité entre des phénomènes. Pour être plus précis, disons que le chercheur vise à démontrer l’influence d’une variable indépendante sur une variable dépendante en manipulant la variable indépendante. »
--> Cela clarifie mon jugement d’erreur : pour que ce schéma fonctionne (sans erreur par tiers facteur, cause commune, causalité inverse, causalité ultra-minime, etc.), il faut que la cause suspectée soit appliquée rigoureusement sur les mêmes objets de mesure. C’est comme en pharmacie : il n’est pas probant de dire que la pilule X diminue le cholestérol parce que le groupe A en prenant a moins de cholestérol que le groupe B n’en prenant pas (la prise de X n’est peut-être pas la seule différence entre A et B, même pris au hasard) ; pour être probant (relativement, hors hypothèse du rêve ou surnaturel), il faut que les individus de A voient leur cholestérol diminuer après prise de X (et réaugmenter après arrêt, sauf guérison éternelle), idem pour B. Ça ne correspond absolument pas à l’exemple de Dépelteau comparant Canada 1900-1945 et Canada 1970-2010, c’est à dire des individus différents, en prétendant que ce qui change est seulement l’emprise sociale. Dépelteau n’a pas compris le problème, la logique l’ennuie, et puisqu’il a obtenu diplômes, emploi, budget, promotion, publication, sa bêtise est certes un succès social. Alors que réfléchir conduit logiquement à l’humilité sceptique, catastrophe selon ses valeurs à lui. Sale type (dominant sans mérite), menteur (en matière de grandeur intellectuelle). Enfin, c'est mal d'insulter un innocent, mais il n'est pas innocent : il est complice actif des gens voulant me condamner à deux ans de prison pour délit d'opinion (libérée du dogme "scientifiquement approuvé") ou à l'asile à perpétuité...

5.2.2 « l’hypothèse de recherche suivante : "La qualité de l’environnement d’un milieu de travail influence la productivité des travailleurs". (…) je veux manipuler – faire varier – la qualité de l’environnement du milieu de travail afin de constater d’une manière empirique son influence sur la productivité des travailleurs. S’il s’avère qu’il y a influence, mon hypothèse est corroborée par ce test empirique ; si ce n’est pas le cas, elle est réfutée. Concrètement (…) il me suffirait de faire travailler des salariés dans un environnement de qualité médiocre (poussiéreux, mal éclairé, etc.) et de mesurer leur productivité avec ceux qu’obtiennent des salariés travaillant dans un environnement de bonne qualité. L’analyse des résultats me révélera si le niveau de productivité des deux groupes de travailleurs diffère ou non selon la qualité de l’environnement de travail. ».
--> C’est à l’œuvre l’erreur que je signalais au-dessus :
- S’il ne s’agit pas des mêmes travailleurs, leur différence n’est pas que l’environnement de travail, choisir de masquer toute autre différence (pour décréter que la seule différence est l’environnement de travail) constitue une erreur d’analyse, de méthode. Peut-être que les employés de telle usine sont en grève larvée contre leur chef méchant, peut-être qu’ils travaillent très fort par crainte de menaces plus pressantes, etc. Qu’on leur change le cadre de travail n’est qu’un facteur parmi mille peut-être. Le chercheur aveugle a tort.
- Par ailleurs, les mots « médiocre » et « bonne qualité » sont des jugements de valeurs enfreignant la loi de neutralité des sciences humaines décrétée par Dépelteau plus haut. Il ne s’agit pas d’évidences universelles : l’environnement « sanitized » est aussi un facteur de fragilité pour la santé, faute de flore bactérienne commensale ou de défenses immunitaires activées.
- Si le test de Dépelteau répond « On a prouvé que l’environnement de travail ne détermine pas la productivité des travailleurs », le patron va se frotter les mains et diminuer l’éclairage de 95% pour faire des économies et augmenter ses bénéfices, alors les ouvriers ne voyant quasiment plu’ ce qu’ils font, la productivité s’effondrera bien que Dépelteau ait prétendu « réfuter » ce lien – c’était idiot. Si le test de Dépelteau répond au contraire « On a corroboré, quasi prouvé, qu’un environnement de qualité augmente la productivité », le patron va installer des immenses salons de repos, avec sieste payée, massage, musique d’ambiance, et les employés ravis n’iront qu’une heure par jour trimer sur machine bruyante et fatigante, la productivité s’effondrera, bien que Dépelteau ait affirmé sa loi "empiriquement établie". Eh bien non, on était dans le bla-bla, et il ne s’agit nullement de lois universelles.
- La dernière objection me fait penser aux courbes en cloche qui existent aussi en sciences « dures » : si masse 2 kg donne distance 2m et 4 kg donne 4m, il ne faut pas conclure à la loi universelle masse = distance (ici : confort = productivité), car le graphe de correspondance s’aplatit peut-être ensuite (6kg donne 4m) avant de décroître (8kg donne 2m). La généralisation aveugle est aveugle. Bref, il peut y avoir un optimum à mi-chemin pour le confort au travail (trop d’inconfort empêche la performance, trop de confort nuit aussi à la performance). Mais pour l’établir, il ne faut pas faire comme dit Dépelteau : il faudrait éliminer tous les facteurs annexes perturbant la comparaison, ou s’abstenir de prétendre conclure (et il faudrait rembourser son salaire, lui conseillerais-je – pas ses droits d’auteur : casser ses bêtises m’amuse en un sens, il n’a pas volé cet argent-là en tant que comique caricatural, appelant à faire tout ce qu’il ne faut pas faire, et qui est hélas fait).

5.2.3 : Depélteau reconnaît qu’il faut essayer de neutraliser les facteurs extérieurs.
--> C’est encore une erreur de méthode pédagogique. Il n’aurait pas dû clamer : « leçon n°1 = il suffit de faire ça pour conclure, vous avez compris ? Bien, leçon n°2 = il faut prendre telle précaution en plus », il aurait été honnête de supprimer l’affirmation première et avouer « leçon n°1 = à supposer qu’on réussisse à prendre telle précaution, on peut espérer conclure, avez-vous d’autres objections ? ». Dépelteau aurait dû être Sergent aux US Marines, faisant hurler les recrues : « Sir, yes Sir ! » (Chef, oui Chef !), l’intelligence est simplement ailleurs que dans cet irrespect envers « l’apprenant », même si le bagage final ne sera peut-être pas complètement idiot.

5.2.3 suite : « Si le comportement du groupe expérimental a varié en fonction de l’expérimentation et que le comportement du groupe de contrôle n’a pas varié (…) s’explique par l’influence de la variable indépendante, et non par celle d’une ou de plusieurs variables étrangères. C’est clair ? Non ? »
--> Non, ce n’est pas clair, ça paraît même faux. Exemple : « une usine bruyante produisait 5 pièces/heure d’ouvrier ; j’ai laissé 50 ouvriers (groupe C) dans leur bâtiment bruyant, et j’en ai transféré 50 (groupe E) dans un bâtiment insonorisé ; à la fin de l’expérience, il s’avère que C est resté à 5, quand E a accompli le score 6, je conclus que l’insonorisation augmente la performance ! (et… un lecteur de ma thèse ose dire que j’ai tort car ceux choisis pour E se sont en fait crus en danger de mise au placard avant licenciement – même en affirmant le contraire officiellement, vus les précédents en la matière – et ont fait un énorme forcing, sans que je l’ai imaginé… Qui plus est, quand ces pièces ont été en service chez les clients dix mois plus tard – je n’étais plu’ là, j’avais obtenu mon diplôme, couvert d’honneurs – il s’est avéré que 1/6 des pièces de l’équipe E avaient un défaut de vieillissement prématuré, non détecté par le Service Contrôle, et une pluie de réclamations a fusé, avant perte de nombreux clients, et banqueroute de l’entreprise. Mais je m’en foutais : chacun sa merde, je méprise ces industriels, moi qui suis dans les hautes sphères de la pensée indéniable.) »… Hum !

5.2.3 suite : Dépelteau présente son exemple à lui : il fait nettoyer les vitres du sous-bâtiment E et pas du sous-bâtiment T, et la performance de T reste à 5 quand celle de E grimpe à 6, il en conclut que nettoyer les vitres accroît la performance ! « en mesure de conclure que ma variable indépendante (la qualité de l’environnement) est bel et bien ce qui influence la productivité du travail. »
--> C’est simplement faux : il s’agit d’une hypothèse parmi d’autres, à débattre. Contre-exemple : l’usine X produit 6 pièces/heure d’ouvrier, puis un nouveau chef débarque, hautain et méprisant, les ouvriers blessés traînent des pieds, la production chute à 5/h. En réunion de site, un leader syndical clame « et la preuve que vous en avez rien à foutre de nous : regardez cette crasse sur nos vitres au plafond, que ça vous coûterait même pas une journée de salaire de faire nettoyer ! ». Là dessus arrive le scientifique, qui discrètement fait nettoyer les vitres du bâtiment E… la production y remonte à 6, et il hurle : « j’avais raison, nettoyer les vitres augmente la productivité ! C’est expérimentalement prouvé ! » il est couvert d’honneurs et de diplômes, parti. Les syndicalistes de l’usine, à la réunion suivante, clament « Oui vous nous avez nettoyé les vitres mais… » et le grand chef ricane : « non, je vous méprise : là, cette histoire de vitres, c’est le petit jeune qui vous a pris pour rats-cobayes, qui vous a niqué la gueule, bande de cons incultes ! ». La production chute alors à 4 dans T et E… Exaspéré, le chef fait nettoyer les vitres de T et re-nettoyer celle de E. La production tombe à 3, et il hurle : « mais alors quoi ? C’était pas vrai, sa loi débile, au scienteux ? ». Ben non, c’était pas vrai, du tout, le logicien avait prévenu, même s’il était ouvrier sur chaîne, méprisé. Le scientifique, et le patron qui le croyait, sont les vrais nuls de cette histoire (imaginaire, peut-être).

5.2.3 suite : « pour rendre les groupes de contrôle semblables à leur groupe expérimental respectif », Dépelteau préconise de vérifier l’absence de discordance en sexe, moyenne et variabilité d’âge, ou mieux : « le contrôle par le hasard » (…) « neutralise complètement tous les facteurs extérieurs découlant du choix des individus ».
--> C’est une erreur complète de conclure qu’avec échantillonnage au hasard, le groupe de contrôle est semblable au groupe expérimental. Voir la démonstration que je faisais avec la fonction Aléa de Excel : des groupes choisis au hasard peuvent discorder (et aboutir à des fourchettes d’estimations disjointes), ce n’est pas rare du tout : des fois ça discorde dans un sens, des fois dans le sens contraire, souvent ça ne discorde pas beaucoup ou pas du tout, en moyenne les discordances s’annulent, mais ces discordances ne sont en rien supprimées par le hasard. Par exemple, un des groupes peut avoir une valeur rare extrême faussant les moyennes, alors que l’autre n’en a pas, attribuer la différence de moyenne au facteur étudié qui les sépare conduit alors à une erreur de conclusion – la médiane est plus « robuste » que la moyenne, mais moins informative, on n’a pas le beurre et l’argent du beurre, si on examine les objections, sans passer outre à la Dépelteau, persuadé que le hasard lui assure la perfection escomptée, ce qui est faux, mathématiquement crétin. [En me relisant, je dois reconnaître que Dépelteau signale quelque part, peut-être après, qu'il convient de vérifier que les groupes comparés ont des écart-types comparables, mais j'objecte quand même : les séries 80-80-100-100-100-300 et 0-104-104-104-224-224 ont pratiquement même moyennes et même écart-type tout en étant très différentes.]

5.2.7 : Dépelteau reconnaît que les études en laboratoire sur volontaires se sachant observés ne reflètent pas forcément la population générale, que les études expérimentales se limitent souvent à de petits groupes, suggèrent plutôt qu’apportent des réponses définitives. (…) « on peut difficilement expérimenter sur des grands groupes comme les classes sociales, les partis politiques ou les élites (…) Toutes ces remarques n’enlèvent rien aux mérites indéniables de la méthode expérimentale ».
--> Ça reste insupportable :
- Dépelteau décrète sans doute que lui-même appartient aux dites « élites », ce qu’il y a de meilleur, et je dénie totalement ce jugement, pour lui et les autres : les réciteurs, les menteurs, les écraseurs, gagnent socialement, mais sont presque ce qu’il y a de pire en respectabilité, selon moi.
- Je dénie totalement les prétendus mérites des sciences humaines, je n’ai pas vu dans ce livre le moindre élément m’incitant à changer d’avis. Ce qu’il nomme « louables suggestions, certes pas définitives », je l’appelle bla-bla. En clamant ses « vérités » indéniables grâce à son titre de professeur, Dépelteau se place en dogmatique totalement opposé à ce qu’il a dénommé science au début du livre. Une incohérence de plus.

5.2.8 : « la méthode expérimentale en laboratoire (…) s’avère inadéquate pour plusieurs phénomènes sociaux et humains complexes que ne peuvent ignorer les sciences humaines (les révolutions, l’émergence d’un mouvement social ou une crise économique par exemple). »
--> Je ne peux pas y croire : les sciences humaines se préoccuperaient de tout ce qui ne va pas dans les problèmes socio-économiques ? sans jamais se préoccuper de l’horreur légale des textes bibliques sacrés (appelant explicitement à exterminer les incroyants), sans se soucier de la déloyauté raciste d’avoir rendu Israël aux Hébreux mais surtout pas les USA aux Amérindiens, sans analyser la domination aristocratique des minorités se réservant bombe atomique et droit de véto ONU au nom de l’égal respect de chacun… Non, il s’agit de vent, faisant semblant d’analyser, en évitant de toucher à ce qui fâcherait les payeurs… Parodie d’analyse. Complice des horreurs de ce monde.

5.3 et 5.3.1 : « La méthode historique (…) Le passé laisse généralement des traces et c’est sur elles que porte la méthode historique (…) afin de faire de l’histoire une science au même titre que la physique. »
--> L’explication a posteriori remplit-elle les conditions de prédiction et de faillibilisme sans lequel il n’y a pas science mais parlote ? J’en doute. Par ailleurs, je rappelle que douter de l’universalité des prétendues lois physiques détruit la plupart des datations : si la vitesse de désintégration du Carbone 14 a changé au cours des âges, toutes les datations seraient à revoir, et un rêveur ou Créateur peut inventer n’importe quelle valeur de C14 pour une création du jour même, facile. La crédibilité des documents est aussi suspecte : un archéologue qui dans mille ans déterrera une aventure de Superman n’aura nullement trouvé la preuve de ce que raconte cette historiette (même si les différentes aventures du héros, chez plusieurs éditeurs sur différents continents, se confirment les unes les autres)...

5.3.1 : « 1ere règle : Il incombe à l’historien non de "juger le passé ni d’instruire ses contemporains mais simplement de rendre compte de ce qui s’est réellement passé." (…) L’historien enregistre le fait historique de manière passive, comme le miroir reflète l’image d’un objet (…) Selon Van Ranke, la science positive peut parvenir à l’objectivité et connaître la vérité de l’histoire. »
--> J’ai bien fait de continuer à lire le livre : ceci m’explique le désaccord complet que je vis avec mes parents historiens, formés apparemment à cette école. Puisqu’ici c’est moi qui parle, je formulerai mes objections (n’ayant pas reçu d’autre réponse que « l’Histoire c’est ça par principe ») :
- Avec mon hypothèse sceptique du rêve possible, je dénie que les historiens aient la preuve de ce qui s’est réellement passé (à supposer qu’un réel existe, même, au-delà d’une suite incohérente de cauchemars, parfois vécus comme cohérents). Puisqu’ils sont inaptes à me convaincre, ils ne sont pas objectifs, par définition (puisque le camp opposé veut écraser mon avis pour imposer le sien sans preuve indéniable). La dictature française de prétendues « élites » dogmatiques a voté la loi Gayssot persécutant mon opinion, punie de deux ans de prison et deux ans de mon salaire en amende… Avec bénédiction des scientifiques, nullement choqués… Ce n’est pas de la science, c’est du dogme inquisiteur.
- Ceci dit, je suis intéressé par le fait que les historiens, comme les romanciers (de science-fiction et autre), présentent des scénarios possibles, des dérives dangereuses aboutissant à catastrophe ou horreur. Si je reprends leurs histoires dans ma réflexion, je dis bien sûr qu’il s’agit d’horreur (sans quoi ça ne m’intéresserait pas) et on me répond que ce jugement est anachronique, déplacé, que l’historien ne doit pas juger. Eh, je ne suis pas historien ! Je suis auditeur, client, des historiens, sans croire à leurs récits autrement qu’à titre de possible, et s’il s’agit de détails sans goût ni saveur, ça ne m’intéresse pas.
- Il faudrait dire un mot de l’histoire politiquement détournée en France. Nos gouvernants maintiennent les frontières (de France ou Europe), expulsent les étrangers, au nom de « nous avons une Histoire différente », et l’enseignement de l’Histoire à l’école est considérée très indispensable (à mon avis : sans cela, rien ne forgerait le nationalisme – le matraquage médiatique pour le football excite l’esprit de clocher plus que l’esprit nationaliste). Bref, l’endoctrinement historique est la clé du tribalisme chez nous. Ce n’est pas neutre du tout. Pire : l’Histoire est brandie comme « justification » des injustices – « si la France a droit de véto ONU et pas l’Inde 20 fois plus peuplée, c’est pour raison historique, l’école te l’expliquera ». Idem pour la bombe atomique, pour l’interdiction de retour des Palestiniens racistement expulsés, etc. Eh, le même mécanisme (glorifiant la domination passée) aurait justifié l’esclavage, l’aristocratie, le viol, etc. En acceptant les honneurs d’une société pourrie à mes yeux (incohérente sur le plan de l’altruisme), les leaders historiens ont perdu toute respectabilité.
- Si l’on me dit que je fais là un procès d’intention à Dépelteau, que lui n’approuve pas cela, j’en doute : sa fable des 3 survivants a clairement exprimé que si la domination par une minorité vaut loi scientifique, Dépelteau l’approuve, ce n’est que si cette loi est scientifiquement réfutée que Dépelteau la rejette. Ainsi, si les scientifiques démontraient que les Blancs ont toujours dominé les Noirs, Dépelteau approuverait l’apartheid mondial et l’esclavage, ce n’est que si un contre-exemple « réel » (à un moment ou quelque part) a été démontré par ces collègues historiens ou géographes (ou anthropologues etc.) qu’il résiste à la prétendue loi.
- J’ai vu ce mécanisme à l’œuvre dans le jeu-télé Koh-Lanta : les sociologues et psychologues organisent une épreuve-jeu, dont la victoire pourra apaiser la pénible misère matérielle du camp vainqueur et dont le principe est de faire perdre le camp anarchique et gagner celui qui tend à suivre un leader organisant la recherche (de totem enfoui ou quoi) ; cela génère un chef, et même la nomination d’un chef dans le camp vaincu, voulant éviter la défaite si un autre jeu futur ressemblera à ça. Ce poste de chef est jalousé par les autres, d’autant plus que le chef tend à profiter de l’autorité qui lui est conférée pour maximiser son ratio réconfort/effort : manger plus, travailler moins. Le but semble de montrer que c’est automatique, c’est une loi. Je ne suis pas d’accord. L’un des membres de l’équipe peut être nommé « chef organisateur en matière de recherches éventuelles » sans être « payé plus » (sauf s’il n’y a aucun candidat donc besoin de susciter la candidature), sans avoir l’autorité d’organiser l’injustice à son profit (ou au profit de son sous-camp, car des proches du pouvoir sont aussi choyés, d’habitude)… Non, les sociologues entendent démontrer que ce qu’ils ont appris à l’université vaut loi, et font tout pour l’illustrer, sans envisager les alternatives démontant les injustices usuelles.

5.3.1 suite : « la méthode historique est faite essentiellement pour étudier scientifiquement les traces plus ou moins subjectives du passé. »
--> C’est oublier que la démarche scientifique est elle aussi subjective, interdisant les hypothèses du rêve et du Tout Puissant.

5.3.2 « cinq grandes étapes à la méthode historique (…) la démarche classique (et inductive) de la méthode historique »
--> Stop : la prétention à l’objectivité est perdue. Logiquement solide, je dénie le bien-fondé de la démarche inductive, donc choisir la méthode historique est un choix personnel qui n’est pas le mien, donc c’est subjectif par essence. Cela me dispense-t-il de lire les 17 pages suivantes ?

5.3.2.3 : « La critique des documents (ou opérations analytiques) (…) critique de provenance (…) vous trouvez un journal intime dans un grenier de Berlin en 1998 qui est signé "Adolf Hitler, Berlin 1945", comment pouvez-vous être certain qu’il ne s’agit pas d’un canular ou d’un faux ? (…) Si l’auteur du présumé journal d’Hitler explique qu’il a écrit ces pages au bord de la mer alors qu’il était en vacances en 1944, il est peu probable que le journal soit ce qu’il paraît être (Berlin n’est pas au bord de la mer…) »
--> Dans mon journal personnel, j’ai pu écrire qu’on était en 1979 à Toulouse même si la page titre est signée de Montpellier 1982, ça ne prouve absolument rien. Et si un historien expert objecte : « mais il a été prouvé que Hitler n’a pas été au bord de la mer en 1944 », il peut se référer à un sosie jouant le rôle à Berlin, quand le vrai personnage était ailleurs (les services secrets ont paraît-il assassiné des dizaines de Adolf Hitler, dont peut-être le vrai en 1938 ou 1942). Le dogme reconnu par les autorités de la discipline ne vaut pas vérité. Par ailleurs, « je suis au bord de la mer » peut vouloir dire « je me sens bien, au repos, comme en vacances, en un sens », il ne s’agit pas forcément de dire « je certifie être au bord de la mer, et les historiens pourront vérifier car en voici les preuves : ». Ecrire (pour soi surtout), c’est potentiellement dire n’importe quoi, pas forcément s’efforcer de transcrire la vérité matérielle vécue. Dans mon journal d'ado, « il pleut aujourd’hui » voulait dire « je pleure », et si les historio-météorologues démentent un jour catégoriquement « que j’ai pu écrire ça, moi », en quoi cela prouverait-il que cela a été écrit ailleurs ou plus tard, par quelqu’un d’autre ? Erreur de méthode, erreur logique, car la liberté humaine balaye tout ça.

5.3.2.3 suite : « Après la critique externe, l’historien connaît la provenance des documents »
--> Cela n’est valable que si « connaître » vaut « croit connaître », bref « croit »… S’il est en train de rêver, il se rendra compte le lendemain que toutes ces certitudes de la nuit ne sont que du vent. Sans savoir s’il n’est pas dans un autre rêve… Les élites de Dépelteau sont vraiment super nulles, à se dispenser de réfléchir, interdire le doute.

5.3.2.3 « défiance méthodique. A l’instar de Descartes, il faut douter de tout ; jusqu’à preuve du contraire, rien n’est certain. »
--> En pratiquant ce doute, on détruit la science de Descartes et les 284 pages qui précèdent ici, simplement. C’est incohérent de prétendre tenir cette position, quand on a choisi d’ignorer l’intégralité de ses objections.

5.2.3.2 « Il est peu probable qu’un auteur sain d’esprit ose écrire qu’il a été témoin d’une collision entre la lune et le soleil »
--> Cela présuppose les dogmes « la lune et le soleil existent, ne sont jamais entrés en collision, l’invention imaginative et le rêve et l’humour sont des affronts ou traduisent une maladie mentale ». Affligeant, une page après avoir cité la nécessité intellectuelle du doute cartésien, c’est à dire « l’hypothèse du rêve présent » (faussement écartée par Descartes, par cascade d’erreurs logiques). Ne pas savoir reconnaître le rêve et la Réalité fait partie des syndrômes dits « schizophréniques » (et je suis sous traitement antischizophrénique), sans l’ombre d’un critère pour les reconnaître (les logiciens sont classés schizophrènes s’ils ne baissent pas leur froc sur ce sujet) – dictature pseudo-psychiatrique à l’occidentale. Ce sujet n’intéresse bien sûr nullement les sciences humaines, cherchant seulement à faire coller les faits à leurs théories dominantes en concurrence. Par contre, l’injustice généralisée leur convient très bien, leur profite : pas question d’une réflexion repartant à zéro, qui oserait remettre en question le nationalisme, notamment le caractère d’Etat Juif pour Israël épuré… J’en déduis que les Sciences Humaines (actuelles en tout cas), c’est le Mal, un des Maux (les Islamistes et Staliniens en étant d’autres). Dépelteau ayant amené le lecteur à ce jugement a tout raté, à son projet (sauf secrète tentative d’auto-invalidation).

5.2.3.4 « Opérations synthétiques (…) grâce à ces observations, il en induit des énoncés généraux ("Les soldats allemands écrivaient des lettres pour telle ou telle raison"). »
--> Je n’ai rien contre les énoncés généraux de type « Il semble que les soldats allemands, s’ils ont existé, écrivaient en général des lettres pour telle ou telle raison, entre autres, ou seulement, on n’en sait rien ». Par contre ces une erreur logique de clamer « Il est prouvé que les soldats allemands, indéniablement, écrivaient des lettres seulement pour la raison A ou bien la raison B », l’induction généralisante est une faute (puisque l’inconnu reste inconnu, pourra former contre-exemple). La prétention des Sciences Humaines à découvrir des lois déterministes, systématiques, a échoué, la pointilleuse présentation d’édifice multi-étages/étapes, décortiquée par Dépelteau, a caché que les fondations étaient absentes, tout mérite de s’écrouler, et le doute balaye cela, broum, tombé par terre.

5.3.2.4 suite : « avoir le sentiment d’autres êtres humains malgré les actes monstrueux qu’on commet ; un besoin de préserver une certaine humanité (…) l’envoi de lettres par les soldats allemands »
--> J’émets plusieurs réserves :
- Là encore, cela viole le principe de neutralité scientifique que de parler ainsi, condamnant le massacre alors que la propagande en faisait un salutaire « nettoyage de la Planète », excluant l’ethnie juive de la notion d’autrui – comme les Israéliens massacreurs de Der Yassin excluront ensuite les « Arabes » (ou Hébreux convertis à l’Islam) de la notion d’autrui (comme la Bible, toujours légale à ce jour, enseigne de le faire pour les Cananéens occupant Israël avant les troupes de Moïse). Chut : pas un mot de critique d’Israël, ça fait partie de la stratégie gagnante. Pour budgets, publications, renommée, richesse personnelle… (il ne faut pas le dire bien sûr, juste montrer l’exemple de ce qui marche). Sous-entendre que la raciste Bible judaïque (jusqu’à Jésus traitant les non-Juifs de chiens, dans l’Evangile officiel de Saint Matthieu) constitue la définition universelle de l’humanisme est affligeant. (Je ne prétends pas donner des leçons d’altruisme, seulement dénoncer les incohérences – je ne suis pas fier de manger de la viande alors que je n’aimerais pas être tué pour être mangé ; ceci dit, je n’exige aucune consommation carnée, et me plierait volontiers à un régime végétarien obligatoire, ou un arrêt d’alimentation biologique si la « compassion envers les légumes » le décide ; avec du saccharose chimique, ça irait).
- Les lettres vraisemblablement ne dépeignent pas les atrocités en question, celles-ci sont donc décrétées Vérité d’arrière plan guidant la lecture des allusions dites déformées. La théorie guide la lecture. Alors que la théorie officielle a pu mentir. Les chiffres très officiels de production sidérurgique est-allemande (ou d’agriculture maoïste) se sont révélés être des faux en écriture, relevant de la propagande (au sommet) ou du trucage (à la base), en tirer une prétendue Vérité indéniable est opposé au principe de doute, relève de la croyance, quasi religieuse. S’il y a des millions de cadavres, pourquoi n’envisage-t-on pas qu’il y ait eu ravage de maladies, comme cela est invoqué pour faire admettre l’extermination des Amérindiens qui peuplaient les USA ? Chut : il est interdit de contester la Vérité Historique, « les plus grands experts ont prouvé que… ». Face au doute ? « Non, le doute est interdit, puisque ils ont prouvé que… ». J’ai raison puisque j’ai raison ? La logique est ailleurs, désolé… Et cette focalisation sur la logique non auto-contradictoire (« se prétendre altruiste en interdisant à autrui de faire ce que l’on fait » est contradictoire) relève de l’intelligence honnête, n’affirmant pas plus que l’indéniable, alors que les sciences humaines à la Dépelteau relèvent de l’intelligence menteuse, manœuvrant efficacement pour obtenir un succès indu, en trompant la majorité des lecteurs naïfs (ou étudiants soumis à l’autorité pour obtenir diplôme de suivisme)… telle est mon opinion, en tout cas, c’est confirmé.

5.3.2.4 suite : « partiels, incomplets (…) perdus ou détruits (…) Il y a des trous. Or ces trous peuvent être comblés grâce à des raisonnements constructifs. (…) en présumant que le comportement (…) de ces deux peuples semblables se ressemblait. (…) la méthode historique n’est pas rationaliste, elle est d’abord et avant tout empirique. La raison et les déductions ne peuvent que compléter les manques ou les silences des documents qui sont à notre disposition. »
--> Je ne suis pas d’accord pour classer en raisonnements et déductions des hypothèses, des « énoncés de possibles » affirmés comme vérités (ou vérités probables). Le doute a été mis à la poubelle, ce qui ne relève pas de la raison ni de la déduction mais de la croyance (le mécanisme d’analogie est ainsi utilisé pour faussement « déduire par la raison » l’existence de Dieu : « je ne connais pas d’objet qui n’a pas été créé par quelqu’un, alors j’en "déduis" que pareillement le monde a été créé par quelqu’un »… non, c’est pas "déduis" mais "induis, peut-être à tort", c’est à dire "je crois". Par ailleurs, les documents n’ont pas à être automatiquement crus, puisqu’il peut s’agir de plaisanteries ou de parodies, tromperies, même d’époque (pour les analystes croyant au Carbone 14). Bref, je vois les choses ainsi : Dépelteau présente l’Histoire comme une planche de bois solide hélas trouée, que vient solidement consolider une membrane continue, raisonnée. Au contraire, moi je trouve que la dite membrane est liquide ou poreuse, facultative déplaisante, et recouvre une planche vermoulue craquant un peu de partout, ou complètement de partout (si je rêve).

5.3.2.4 suite : « plus sa véracité sera probable. Evidemment, si l’on adopte les principes épistémologiques du falsificationnisme, on dira qu’aucun énoncé général n’est jamais vérifié, qu’il ne s’agit que d’une conjecture qui sera tôt ou tard réfutée par d’autres recherches empiriques (…) Ces énoncés généraux serviront à réorienter les recherches ultérieures en élaborant de nouvelles conjectures théoriques. »
--> Mais non ! Il ne s’agit pas de croire ou pas dans la théorie faillibiliste de la célébrité Popper (que les instruits savent né en telle année etc.), il s’agit de mettre en pratique le doute logique, pur (que Popper ait existé ou non). Sans logique, les sciences humaines passent à la poubelle et triomphe la force (Inquisition, Islamisme, Stalinisme, etc.), alors il faut avoir la cohérence de manier la logique jusqu’au bout. Le but de Dépelteau est ici clairement de dire : « oui, il y a des réserves à émettre, mais justement, il faut encore plus nous donner de budget pour affiner le truc ». Je dis : « Non, il s’agit de bien davantage que de réserves, il s’agit d’invalidation, ramenant au statut de possibles vos racontars, bla-bla, je ne paye plu’ un centime (je ne paierais plu’ un centime, tout au moins, si vous n’aviez pas confisqué le titre d’élites, en vous arrogeant le droit fiscal de réquisition indue, pour payer votre bla-bla, logiquement invalide) ».

5.4.1 « L’analyse de contenu est vieille comme le monde (…) A ce titre, les exégèses interprétant la parole divine dans la Bible se livraient déjà à des analyses de contenu. »
--> C’est du bla-bla de salon ou café du commerce, d’objectivité nulle. Les créationnistes estiment (affirment) que le monde a six mille ans d’âge, dont six jours sans humain où il n’y avait pas d’analyse de contenu ; les scientistes actuels estiment (affirment) que le monde a 3 (ou 6, je m’en fous) milliards d’année d’âge, avec presque la totalité sans intelligence capable de pratiquer l’analyse de contenu. Mais ce que Dépelteau appelle le monde, c’est le monde selon lui, puisque c’est lui qui a raison, qui définit l’objectivité comme l’accord avec son cours... (et il ne lui vient pas à l’idée de demander comment a pu naître l’humanité à partir d’inhumanité, ou Dieu à partir de rien, chut, l’objection est interdite, le professeur détient le savoir). Pour ce qui est de la Bible, le discours est stratégique : s’il avait dit « la prétendue parole divine (rêves nocturnes des prétendus prophètes etc.) », cela aurait satisfait les incroyants et logiciens, mais non : il fait semblant d’y croire pour attirer les budgets des croyants dominants… Et il pourra confirmer que « ça marche du tonnerre de Dieu, cette stratégie »… hélas.

5.4.1 suite : « L’analyse de contenu fut aussi utilisée, d’une manière particulière, par les psychanalystes qui se penchaient notamment sur l’interprétation des rêves. (…) on veut connaître ce que le messager a voulu dire avec précision et objectivité. »
--> C’est presque une auto-invalidation, au contraire de ce que dit Dépelteau : le bla-bla interprétatif n’a absolument rien de scientifique, de prédictif. C’est appliquer une grille de lecture dogmatique s’appliquant absolument à n’importe quoi sans risquer la moindre invalidation (et un système concurrent lira autrement selon ses dogmes à lui, c’est le contraire absolu de l’objectivité). J’appelle ça : du n’importe quoi – hélas diplômé, et même enseigné (et pas pour les foires mais pour les prétendants à la vérité experte)…

5.4.3 « On dira, par exemple, qu’un syndicat est un groupe plus progressiste envers les femmes qu’une organisation patronale car une analyse quantitative de leurs discours révèle que le premier a parlé de leurs problèmes à 232 reprises l’an dernier, alors que le deuxième les a abordés à seulement 57 reprises. »
--> Non :
- On retrouve l’absence de neutralité, ce que Dépelteau appelle progrès, des machistes ou peut-être certaines musulmanes l’appellent décadence, crêpage de chignon regrettable gênant le progrès. L’objectivité appartient au dominant (le professeur), c’est simplement auto-contradictoire. Mais ce n’est généralement pas noté, puisque le camp d’en face entend faire pareil en sens inverse : « la Bible sacrée (avec objectivité divine) l’affirme en clair : "Que les femmes se taisent dans les assemblées !", "la femme sera soumise a l’homme !" ».
- Le comptage de l’an dernier n’autorise pas à émettre une loi universelle : peut-être qu’il y a deux ans la proportion était inverse, aléa fonction des personnalités de présidents annuels ; en tout cas, peut-être que l’an prochain, ce sera l’inverse, personne n’en sait rien à l’avance – les sciences humaines ne « savent » pas, elles « croient » inductivement en généralisant à l’aveugle, en prétendant à tort au savoir.

5.4.3 Dépelteau reconnaît que compter les occurrences de mots passe à côté des phrases très majeures, qualitativement. « Selon eux, une analyse de contenu doit être à la fois quantitative et qualitative ».
--> C’est triste de se croire savant à dire ça. Bien sûr que si le syndicat a dit 232 fois que les femmes sont des sales chiennes, le grand nombre 232 ne garantira pas son féminisme. Bien sûr que si le discours a dit « les femmes doivent être davantage respectées » avec zéro mesure concrète traduisant cela, sur vingt mille lois, ça ne sera pas crédible. Ça relève d’une énorme évidence, mais ça ne justifie en rien les budgets énormes pour les compteurs de mots d’une part, les experts interpréteurs d’autre part.

5.4.4 « On doit donc constituer un échantillon de documents en recourant à une technique d’échantillonnage probabiliste ou non probabiliste. »
--> Cela contredit une page précédente où l’exemple était donnée d’une phrase isolée préparait au doute dans un flot de propagande : si les documents ne sont pas d’égale importance, s’en remettre au tirage au sort ne garantit nulle objectivité mais peut passer à côté du document capital, disponible. Cela aurait dû être ici pris, non comme preuve de bonne méthode objective, mais comme éveil à la découverte que le hasard ne garantit en rien la représentativité, l’analyse lucide. Et je ne dis pas ça contre la méthode probabiliste en faveur des méthodes non-probabilistes, ces dernières sont du n’importe quoi subjectif, encore pire, potentiellement. C’est l’intégralité des sciences historiques qui paraît fétide.

5.4.4 suite « Il ne sert à rien, par exemple, de vouloir procéder à une analyse de tableaux (de peintures) si l’on ne peut pas y avoir accès d’une manière adéquate. »
--> Cela rappelle une phrase plus tôt sur laquelle j’avais failli m’arrêter : « Des sociologues étudièrent également le contenu d’œuvres artistiques », page 294. J’avais commencé à penser « pourquoi écouter le bla-bla disant n’importe quoi d’un tableau non figuratif de Picasso ou Miro ? ou d’un tableau tout bleu uni comme j’en ai vu à la fondation Maeght, "don de la femme de l’artiste", pour s’épargner le voyage à la déchetterie, oui. "Tellement admirââble" ! pérorent nos "intellectuels" »… Mais j’ai pensé après coup : oui, les peintres réalistes ou semi-réalistes peuvent renseigner sur comment se passaient les cérémonies au 12e siècle, les bals au 19e siècle. Mais, si je tique maintenant et m’arrête, c’est qu’a été mentionnée sans réserve aucune l’interprétation freudienne des rêves, c’est à dire la porte ouverte au n’importe quoi affirmatif. Tel tableau moyenâgeux ne garantit en rien que les choses se passaient ainsi, ça pouvait être l’illustration d’un espoir pieux (ou futur-annoncé sous la menace) illustrant une richesse escomptée un jour, ou la plaisanterie humoristique affichant par exemple une générosité en fait jugée totalement ridicule à l’époque. Si Renoir peint tels chapeaux et tels nombre de convives au bal, ça peut vouloir dire « c’était comme ça » ou au contraire « j’aurais préféré que ce soit comme ça, alors je le dessine, c’est ma liberté d’artiste ». L’interprétation extérieure est a priori n’importe quoi, c’est prétendre objective la subjectivité du juge.

5.4.4 suite « rappelons-nous la pseudo-découverte des carnets d’Hitler par des historiens fraudeurs il y a quelques années ».
--> A qui parle Dépelteau ? Je ne m’en souviens pas puisque je n’en avais jamais entendu parler (je croyais que c’était un exemple imaginaire de principe quand il en parlait plus tôt). Bref, le professeur affirme : « puisque je vous l’ai dit, ne pas le répéter serait de votre part une faute de mémoire, une insuffisance d’apprentissage, de travail ! ». Eh bien non, même si les historiens en question ont peut-être « avoué » qu’il s’agissait de fraude mensongère, des scandales judiciaires périodiques rappellent que de faux aveux sont souvent extorqués sous la pression (du moins : c’est possible, même si ce n’est pas plus sûr que le reste), ou sont clamés par calcul (passer pour comique absurde peut aider à dire des choses bousculant le dogme sacré – façon « fou du roi »).

5.4.4 suite : « en vérifiant si elles sont corroborées par d’autres témoins et si elles ne sont pas contradictoires. »
--> Attention : emmené par mon père voir un match de football, quand j’étais enfant, j’ai vu un stade entier hurler au scandale d’un arbitrage scandaleux (que je trouvais moi correct, en me taisant pour ne pas être frappé). Des hallucinations collectives sont possibles, des malhonnêtetés de groupe, etc. Les témoignages sont souvent des opinions, des souvenirs réinterpérétés personnellement par chacun. Il faut prendre en considération des discordances, d’accord, mais le chemin vers la Vérité passée semble inaccessible, sauf choix subjectif de croire. (C’est encore pire dans l’absolu, tant que l’hypothèse du cauchemar reste possible : si je lis une lettre datée de mille ans en arrière, et confirmée telle au Carbone 14, cette lettre n’existait peut-être pas vingt quatre heures en arrière, puisque le rêveur invente n’importe quoi au fur et à mesure – peut-être que le monde n’existait pas il y a mille ans, alors chercher les détails « véridiques » de « son contenu alors » est absurde).

5.4.4 suite : « L’analyse des résultats démontre que 157 énoncés singuliers corroborent mon hypothèse (…) tandis que 14 d’entre eux la réfutent (…) Dans un article publié dans une revue de sociologie, j’en ai conclu que mon hypothèse de recherche est corroborée par les faits révélés par mon analyse de contenu. »
--> Je conteste :
- Si les 157 points positifs sont à peine positifs alors que les 14 négatifs sont extrêmement négatifs, rédhibitoires, il n’est pas du tout acquis que le comptage unitaire démontre vrai le sens positif, il faudrait une pondération de chaque point (hélas subjective – ruinant le projet d’objectivité).
- Si l’on prétend énoncer une loi universelle, un seul contre-exemple la réfute totalement ; ça ne se joue pas du tout à la majorité. « Tous les cygnes sont blancs » n’est pas « globalement corroboré » si je vois 157 cygnes blancs et 14 cygnes noirs. Mais – pardon – là est le point de vue logique dit « imparable », mais le bla-bla le contourne aisément, en disant n’importe quoi auréolé de gloire, avec flatterie des disciples et menaces contre les objecteurs. Les sciences humaines sont de la politique, ça n’a apparemment aucune espèce de rapport avec la recherche de vérité proprement dite. Le succès financier ou professionnel, même mensonger, scelle la victoire – Dépelteau gagne, en ce sens, lamentable à mes yeux.

5.4.5 : « Une analyse de contenu a l’avantage de scruter, d’une manière rigoureuse, "l’univers mental d’un individu, d’un groupe, d’une collectivité, voire même de la planète puisqu’il se fait des études de contenu sur les relations internationales à travers la presse et d’autres moyens de communication". »
--> Partir de notre presse censurée, propagande sioniste, et prétendre que c’est la source de la connaissance, paraît aveugle. Je n’ai jamais entendu dire que les sciences humaines menaçaient la domination nucléaire occidentale et son racisme sioniste, non, elles sont alliées aux dominants, et se réservent le parler savant, le bla-bla super fier, prétendu analytique.

5.4.5 suite : (Une analyse de contenu) « nous donne accès à des phénomènes latents et inconscients. »
--> On retombe sur le drame intellectuel de la psychanalyse, bla-bla non prédictif prétendant à la vérité : si l’analyste émet telle conclusion, c’est infalsifiable – soit l’analysé ou le public acquiesce « ah oui, en un sens, c’est vrai, bravo », soit il dément « non, c’est totalement faux » ce à quoi l’analyste rétorque automatiquement « au contraire : vous le refusez car c’est inconscient, refoulé, mais "il y a que la vérité qui blesse" ». Sans être manichéen, il y a la possibilité médiane : le public hausse les épaules « c’est ça, dites n’importe quoi, j’y crois pas », et le psychanalyste triomphe quand même : « c’est ça, restez au raz des pâquerettes, mais nous "l’Elite", on a prouvé que… ».

5.4.5 suite : « le sujet observé peut difficilement se jouer de l’observateur. Une fois que son discours est produit, il ne lui appartient plus. Il ne peut plus le modifier pour cacher ou transformer ses visées, ses intentions, son idéologie (…) Une fois produits, les discours sont en quelque sorte les biens du chercheur qui peut dès lors les analyser »
--> Erreur de méthodologie évidente. Face à un politicien expert en joutes verbales, peut-être que chaque mot émis est calculé, avant modification tactique trompeuse si le but escompté n’est pas obtenu, mais chez l’humain normal (y compris moi-même sous traitement médicamenteux abrutissant), le discours spontané n’est pas forcément réfléchi ni spécialement sincère. On peut très bien commencer par répondre les lieux communs usuels, prêts à l’emploi, avant de – à la réflexion – voire poindre une logique personnelle, un peu différente. Le « chercheur » qui dit « stop, ne changez pas de version ! vos mots initiaux vous ont trahi, tout le reste n’est que tactique trompeuse, que je refuse » est dans l’erreur. De même, si l’interviewé a dit toute sa pensée, et qu’en lisant les conclusions du « chercheur », il crie : « c’est un complet contresens, il n’a rien compris, je vais ré-expliquer autrement, plus clairement j’espère », cela sera refusé : « ce qui a été dit n’est nullement effaçable, ça a traduit vos vraies pensées, bien décodées par l’expert, tous le reste ne sera que mensonges ». Eh bien non, ça ne fonctionne pas ainsi le discours, chez les gens, sauf peut-être chez quelques professionnels du verbe.

5.4.5 suite : « Pour recourir à l’analyse de contenu, il faut disposer de beaucoup de temps ».
--> Evidemment, ce plaidoyer pro domo, excluant toute idée de rendement, de rentabilité, vise à disposer d’années entières, tranquilles et cher payées, pour pondre un petit peu de bla-bla infalsifiable. « C’est génial ce job ! ». Moi je considère que c’est de l’argent volé (immérité et obtenu par tromperie ou complicités).

5.4.5 suite : « Le chercheur doit aussi se méfier de des propres préjugés et valeurs (…) qui pourraient être tentés d’interpréter un contenu afin de corroborer à tout prix leur hypothèse de recherche (…) un chercheur doit toujours faire preuve d’honnêteté, sinon il ne mérite pas le titre de scientifique et ses recherches n’ont aucune valeur. »
--> Ça semble un judicieux constat d’autocontradiction : les dogmes freudiens et marxistes, infalsifiables et admis pertinents par Dépelteau, sont l’illustration de ce principe, qui semble fonder les quasi-paradigmes des sciences humaines – non départageables par l’expérience car infalsifiables, toujours « sauvables » par interprétation ad hoc. La logique dit non, ce n’est pas crédible, je le disais depuis le début, Dépelteau a prétendu le contraire, en ne faisant ici que reconnaître un risque pour les plus dogmatiques (mais pas lui, bien sûr, puisque il se veut l'incarnation de la sagesse, oubliant qu'il s'est allié au dogme pour avoir sa place, et s’est abstenu de les dénoncer quand il a présenté les quasi-paradigmes, « théories » dominantes en concurrence, stérile). Le mot de la fin me paraît juste mais à généraliser : « ces recherches n’ont aucune valeur » (de vérité, même si amuse certains, comme d’autres bla-blas).

5.5 : « L’entrevue. (…) L’entrevue de recherche (entretien ou interview) est un autre mode de collecte de données. »
--> Il semble aveugle de parler de données, tout au moins de données objectives. Un interviewé « normal », avant d’aller à l’entretien (avec une personne inconnue, nullement une personne de confiance), se demande « qu’est-ce que je devrai dire ? pour pas avoir d’ennuis, qu’est-ce qui est secret et à ne surtout pas dire ? ». Les réponses ne seront alors pas du tout un compte rendu fidèle de ce qui a été vécu, mais une expression de ce que l’interviewé pense que l’intervieweur attend, ou sa hiérarchie, ou « les autorités ». L’axiome de sincérité est très douteux (et l’expérience a appris à se méfier, comme de la peste, des discours souvent menteurs « parlez sans aucune crainte, rien ne vous sera reproché, c’est totalement garanti » – comme des politiciens jurant « œuvrer pour le bien général et aucunement pour leur intérêt personnel » – dans un monde de mensonges triomphants, on s’adapte, pour limiter les dégâts). Mais les scientifiques, jaloux des sciences dures où on mesure la vitesse de chute d’un caillou inerte, refusent d’envisager qu’ils sont habituellement trompés par l’objet examiné, qui se sent ici « en danger » (j’en ai l’expérience, avec les psychologues, psychiatres, sociologues assistantes sociales, et c’est célèbre, une association de parents adoptants nous ayant ainsi prévenu : « ne soyez jamais sincères et spontanés avec les experts socio-psy, sinon vous êtes fichus, ils vous refuseraient les droits »). On verra si Dépelteau le concède plus loin.

5.5.2 : « dans une démarche inductive (…) Trois hommes ayant battu leurs enfants racontent leur enfance (…) Enoncés généraux : "Les hommes qui battent leurs enfants furent battus par leurs pères pendant leur enfance. " »
--> Non :
- Je suis choqué par ce mode de généralisation de trois à tous. C’est oublier les contre-exemples : des hommes battus qui ne battent pas, des hommes non-battus qui battent… Si c’était présenté comme une erreur par Dépelteau, je le comprendrai, mais non : c’est pour lui l’exemple type de la démarche correcte !
- Je devine un manque de neutralité évident dans ce sujet d’étude, sous-entendant clairement « battre ses enfants, c’est mal ». Or il y a des enfants enragés, qui agressent leurs parents jusqu’à une fessée les apaisant, via hurlements conventionnels faisant repartir à zéro. Que cette tendance soit partiellement héréditaire, peut-être à 70%, pourrait correspondre au tableau de 3 pères battus battant. Mais en déduire : « interdisons de battre les enfants, et le syndrome d’enfants battus disparaîtra, tout ira mieux » serait un total contresens : si les enfants enragés ne sont pas domestiqués, peut-être que les parents se suicideront, ou tueront leurs familles, ou les enragés deviendront des asociaux puis criminels horribles.

5.5.3 « L’entrevue clinique psychanalytique (ou psychiatrique) Vous êtes psychologue et travaillez dans une clinique. Un cas vous est soumis : un adolescent de 14 ans fuit le domicile familial à intervalles réguliers pour joindre une bande d’amis "squatters" vivant dans la rue. (…) C’est un entretien clinique, ses objectifs sont donc thérapeutiques. (…) Au risque de sombrer dans la caricature, ce genre d’entretien implique un thérapeuthe (psychiatre ou psychologue) qui prend des notes et un patient qui monologue, allongé sur un divan. (…) n’intéresse pas le scientifique (…) Car (…) ce genre d’entrevue vise plus à guérir qu’à découvrir. »
--> Je ne suis pas d’accord : le terme « guérison » implique maladie, et ce sont des scientifiques qui ont inventé ce concept de « maladie psycho-sociale », pour une liberté offensant les vœux familiaux de vie bourgeoise ou matériellement luxueuse. Que Dépelteau n’ait même pas idée de cette objection rend totalement nulle sa crédibilité, s’il lui en restait encore un milliardième de gramme.

5.5.3 suite : pour illustrer « L’entrevue à questions ouvertes », Dépelteau présente une liste de questions adressées aux membres d’un parti politique, dont « vous désirez connaître les attitudes et les comportements », en commençant par « 1) Quels avantages croyez-vous retirer en étant membre d’un parti de droite (ou de gauche) ? »
--> Je suis choqué, une fois de plus :
- Je me contrefous de ce que « désire » l’enquêteur : ses désirs ne méritent pas salaire.
- Loin de répondre la vérité, l’interviewé qui reçoit ces questions va se défendre, la première question étant une forme de gifle, puisque présupposant « la première raison pour laquelle on s’inscrit à un parti politique, prétendant servir le bien de tous, c’est en fait égoïstement viser son propre intérêt personnel ». Donc la réponse sera soit un crachat offusqué, soit un faux-discours mensonger. Ce n’est pas de la collecte passive de données, c’est un combat de boxe. Dépelteau n’en a pas conscience : il ne comprend rien à rien, décidément.

5.5.3 suite : « l’entrevue à questions fermées (ou le questionnaire). Avec ce type d’entrevues (…) gagne en rigueur (et, selon certains, en prestige) étant donné qu’il utilise les mathématiques (…) l’enquêté répond à partir d’un choix de réponses déterminées par le chercheur. »
--> Attention, c’est un nouveau contresens. J’ai ainsi dû remplir à mon travail un questionnaire « psychologique personnel » (personnalité ou « style ») avec lequel je suis en total désaccord. Souvent, il y avait quelque chose comme 5 réponses proposées à une question, aucune de ses réponses ne me convenant ; comme il n’y avait pas de case ouverte pour « autre réponse : … », il a fallu choisir une des réponses, mais avec laquelle j’étais en profond désaccord. Quelle surprise (et quelle erreur) quand, à la réception des résultats, il s’est avéré que toute l’interprétation (fausse) découlait de ce choix particulier de réponse à question classée capitale, réponse crue sincère, « expliquant » telle ou telle chose. C’était idiot. Les mathématiques sont impuissantes à corriger l’erreur de formulation, le manque d’imagination du chercheur (ou le guidage qu’il choisit sciemment d’imposer pour travestir la situation vécue et faire coller à sa simplification erronée de l’humanité) : le principe est stupide ou malhonnête.

5.5.4 : « assurer l’anonymat à l’enquêté si cela est nécessaire ou demandé. Un enquêteur doit comprendre, par exemple, qu’une entrevue avec un employé dans une usine et portant sur les relations au travail peut être nuisible à l’enquêté, si les informations que l’enquête révèle déplaisent au patron. »
--> Attention au piège : l’enquêteur jurerait le total anonymat à chaque enquêté, mais – si les résultats sont « 100,00% de mécontents du patron » – celui-ci peut saquer ses employés et vouloir les remplacer, l’anonymat ayant été une sécurité trompeuse. Idem si le sous-directeur a menti au patron : « moi j’ai dit que j’étais très content » – le rapport d’enquête révélant 0,00% de « plutôt-content » ou « très content », le sous-directeur sera renvoyé pour mensonge prouvé (même si c’était en fait du « mensonge sous la menace », relevant davantage de la soumission à l’autorité violente abusive que du vol égoïste).

5.5.6 : « Des entrevues centrées et à questions ouvertes permettent de faire parler librement et en profondeur des individus sur des thèmes précis. Ces techniques d’entretien permettent d’obtenir des réponses nuancées aux questions que se pose l’enquêteur ; des réponses sur lesquelles l’enquêté a pris le temps de réfléchir. »
--> Le mot « permettent » est à double-sens, ce qui me gêne. Sens 1 : « garantissent, si on le veut » (les calculs permettent de lancer un satellite) ; sens 2 : « peuvent éventuellement déboucher sur » (de bons crampons permettent la victoire, souvent, sans garantie toutefois). Au sens 1, la phrase ci-dessus est fausse, au sens 2 elle n’a guère d’intérêt. Pourquoi fausseté (du caractère libre et réfléchi, de la pensée exprimée) ? Parce qu’il est extrêmement rare que la réflexion soit instantanée, complète immédiatement : on commence par répondre les lieux communs ou « ce qui se dit », même si on nous demande d’y réfléchir par nous-mêmes, et puis, après une nuit ou une semaine ou un an, en y repensant, on se rend compte qu’on a telle et telle objection, telle et telle solution, et que c’est ce qu’on aurait dû dire – mais l’enquêteur est parti, payé ou diplômé. Dépelteau prétend connaître la pensée individuelle, il se trompe, ce qui ne l’empêche pas d’affirmer, au contraire : puisqu’il n’a même pas conscience des objections, il est sûr de lui, à tort. Toutefois, le paragraphe d’après est intitulé « les désavantages », ça reste à confirmer. Encore une fois, je désapprouve la démarche, la méthodologie : au lieu de dire « 1/ on sait ça ; 2/ il y a telle et telle objection », je serais allé droit au fait : « compte tenu des objections, il reste ceci (ou zéro) »…

5.5.6 suite : « une entrevue ne cerne pas la réalité en soi, mais une opinion de cette réalité qui peut comporter une dimension stratégique, de l’ignorance, des pensées superficielles et du refoulement. »
--> C’est bien de ne pas affirmer que la parole vaut Vérité, d’accord, mais :
- Ceci n’a rien à voir avec la Réalité assurée : dans un rêve d’interview, l’enquêteur reçoit n’importe quoi sur n’importe quoi, venant de lui-même, via des marionnettes fictives temporaires avant retour au Réel (dans le modèle habituel du rêve, en chacun, certes pas dans la version solipsiste où Moi et Monde sont synonymes).
- Mentionner le refoulement me semble ici marquer une adhésion aux théories freudiennes (sur l’inconscient) que je désapprouve et dont l’auteur n’est pas capable de me convaincre du bien-fondé. Les concepts de langue courante comme le contrôle de ses mots, l’autocensure, préférer oublier, etc. me paraissent plus riches sans parachuter d’affirmation sexuelle à la Freud.

5.6.2 : Des tribus habitant des îles Trobriand vers 1914-1918 ignoraient que le mari ou l’amant est la cause des grossesses, attribuées aux « esprits » « situés dans les flans de la mère ».
--> Intéressant :
- Je m’en doutais, que Dépelteau se trompait plus haut, quand il affirmait que les hommes ont une activité sexuelle par « besoin physiologique de se reproduire ». Je pense que c’est une recherche de plaisir, comme chez les mâles animaux, et… que cela génère parfois des enfants n’est qu’une conséquence imprévue, souvent fâcheuse. J’ai entendu dire que les pandas en captivité ne s’accouplaient pas, et qu’il fallait leur passer des « films pornos animaliers » pour leur « donner envie » : aucun rapport avec un besoin d’enfants.
- Qui garantit que cette vision trobriandaise n’est pas plus juste que la version occidentale ? J’ai entendu dire que la parthénogénèse chez les insectes était une reproduction sans mâle (un peu comme la reproduction asexuée des bactéries, levures, cellules), et l’accouplement humain pourrait être un déclencheur de cela, parmi d’autres (cf. légende de Vierge Marie mère, films et articles parlant de vierges mères accusées de mensonge par nos sociétés). L’histoire du doublement des chromosomes à la fécondation a été « vu » par une infime poignée de gens, faut-il croire leurs racontars ? et leur généralisation infinie ? Et on échappe à leur « démonstration » si on refuse chaque étape de type « quand on voit ceci, ça veut dire cela », par un « prouvez-le », qui amènera des cris d’agacement ou colère. C’est pour ça que l’enseignement est surtout magistral, appelant à la récitation avec bâton et carotte – le dogme scientifique serait en danger s’il fallait vraiment montrer son bien-fondé face au doute sans complaisance.

5.6.3 « le chercheur (…) il doit choisir entre une démarche scientifique inductive ou hypothético-déductive ? »
--> Ce passage n’est pas spécifiquement le sujet du chapitre en cours, mais je suis choqué que ce soit ce que Dépelteau considère comme acquis de ses chapitres antérieurs. Moi ce que je garde comme principes logiques, c’est que l’induction (généralisation à l’inconnu) est une faute logique, que la déduction à partir d’une hypothèse (librement inventée, par induction éventuellement) n’est qu’une forme de prédiction, dont la corroboration ne vaudra pas validation. La science, en ce sens, n’est que : « hypothèses à succès prédictifs complets jusqu’à présent ». Je crois que cela invalide les sciences humaines, mais Dépelteau a continué comme si de rien n’était…

5.6.3 suite : « Une observation ouverte ou dissimulée ? (…) groupe néo-nazi (…) principes éthiques (…) l’auteur de ces lignes n’hésiterait pas une seconde à accomplir une observation dissimulée au sein d’un groupe de fascistes et de racistes violents si la recherche pouvait contribuer à faire disparaître ce genre de groupe social. »
--> Il ne s’agit pas là d’éthique mais d’alliance aux puissants. Dépelteau ignore-t-il que les Occidentaux cherchent à garder le monopole de la bombe atomique d’extermination massive ? conservent racistement les droits de veto ONU pour d’infimes minorités (Grande-Bretagne, France) en écrasant de mépris des populations immenses (Inde, Indonésie, Nigéria) ? ont rendu la moitié (et plus) de la Palestine à la bien-aimée race hébraïque contre la très haïe race arabe, sans envisager une seule seconde de rendre pareillement USA-Canada à la très méprisée race amérindienne ? des bombes atomiques par milliers en dissuadent, mais pour Dépelteau la seule horreur raciste est le néo-nazisme car touchant son adorée race juive… L’honnêteté non-raciste est ailleurs, dans l’humanisme digne de ce nom, avec abolition de toutes les frontières, celles d’Israël incluses… mais Dépelteau veut le budget pour ses « recherches », son « enseignement », pas du tout la justice sur Terre. Si ce monde n’est pas un rêve, Jésus a professé que les non-Juifs sont comme des Chiens, Israël a exterminé femmes et enfants à Der Yassin conformément à la Bible traitant ainsi les Cananéens, mais c’est pas grave, ça : la seule honte selon Dépelteau c’est l’antisémitisme. Il ne reste que 60 pages, sinon je refermerai ce livre odieux de malhonnêteté intellectuelle et morale (et je précise que je suis Juif malgré moi, pas raciste mais antiraciste – selon moi, les origines ne sont en rien une faute, adhérer à une religion raciste est une faute).

5.6.4 : « il est généralement hors de question de choisir un échantillon probabiliste. On utilise donc la plupart du temps un échantillon typique. On choisit un cas exemplaire, un idéal type de la situation ou du groupe qu’on veut étudier. »
--> Je suis gêné, à moins que la suite explique pourquoi le mot « représentatif » (ou « espéré représentatif ») n’a pas été prononcé. A première vue, cette idée-ci, de cas typique, me paraît une erreur méthodologique. Exemple : Freud, inspiré par la légende d’Œdipe, a émis l’hypothèse que tous les garçons et hommes veulent tuer leur père ; s’il prend l’échantillon « typique » des meurtriers patricides, en quoi cela l’autorisera-t-il à généraliser, en un « ah oui, c’est prouvé, TOUS les mâles… » ??? C’est une erreur logique, relevant de la déficience intellectuelle, à première vue. S’il y a 0,0001% des humains mâles qui essaient de tuer leur père, et 0,1% que cette pensée effleure avant d’être rejetée, au nom de quoi généraliser aux 99,9% restants ? Freud avait la solution : l’infalsifiabilité (« ceux qui ne le reconnaissent pas ont chassé cette pensée coupable dans leur inconscient, que moi seul je sais lire : ça marche à tous les coups – et ils veulent aussi, comme moi, tuer le Schtroumpf farceur et violer/engrosser une licorne, je sais tout »)... Dans la mesure où Dépelteau n’a pas condamné l’induction, au contraire, dans la mesure où il n’a exigé aucune prédiction, il rejoint le pire dans les prétendues « sciences » humaines.

5.6.4 suite : « A part exceptions, les phénomènes (…) doivent aussi être récurrents. (…) afin que l’observateur puisse approfondir ses observations ».
--> Moui, cela élimine arbitrairement mon contre-exemple sur le patricide, mais conduit au cas des adolescents garçons ayant frappé leur père – le problème reste le même : un échantillon hyper-particulier n’autorise en rien à généraliser, même s’il constitue la frange émergée d’un iceberg (disons, sans meurtre, que cela concernera 0,1% du groupe des ados garçons, avec « sous l’eau » 1% d’individus ayant pensé à commettre cet acte sans le faire, mais généraliser aux 99% restants reste une faute logique).

5.6.4 suite : « accessibles aux observateurs. Inutile de choisir un groupe de terroristes, par exemple »
--> Voilà, on est en plein dans les bonnes mœurs voulues par la propagande ambiante : nommer « terroristes » les palestinophiles israélophobes, en oubliant que les nazis nommaient ainsi les résistants français… Ces sciences humaines « engagées » sionistes sont une honte. Et nous, avec nos bombes nucléaires d’extermination et notre confiscation des droits de veto ONU, on n’est pas terroriste ? « Non non, la propagande clame que… pardon : tous les experts, scientifiques et littéraires ensemble, affirment que… ». Ça mérite la poubelle direct, à mon avis, et le remboursement des hauts salaires volés. Que ces gens confisquent la parole publiée/diffusée est une honte.

5.6.4 suite : « Le déroulement d’une observation hypothético-déductive (…) voir (…) si les faits observés corroborent ou réfutent ses conjectures théoriques. »
--> Pour Dépelteau, l’induction reste la loi générale, consistant à généraliser en aveugle de l’échantillon à la population, il ne fait que différencier les hypothèses inductives nées de l’observation sans a priori, et les hypothèses préconçues. L’erreur sera la même au bout du compte.

5.6.4 suite : « mon hypothèse de recherche est "Dans une fête étudiante, les étudiants-es font la cour à des étudiants-es appartenant à la même classe sociale que la leur." J’opérationnalise donc les concepts de "faire la cour" et "appartenance à une classe sociale". Pour le premier concept, je retiens les indicateurs suivants : forcer le début d’une conversation, jeter des regards pénétrants ou persistants, inviter à danser, rires des blagues de l’autre même si elles sont ennuyantes, sourire continuellement à l’autre, etc. En ce qui concerne le concept d’appartenance de classe, mes indicateurs portent sur le type de vêtements de l’individu, sa manière de parler, le type de boisson qu’il boit, le genre de voiture qu’il a, la profession des parents, etc. »
--> Je trouve ce paragraphe insupportable. Dépelteau ne demande pas « s’il a une voiture » (environ 1% des étudiants quand j’étais étudiant), mais quel type de voiture il a – c’est à dire que c’est ce qui sépare la très haute bourgeoisie de la haute bourgeoisie… Et c’est idiot, une très jolie fille attirera tous les regards masculins, même fille de rien sans voiture, même si les conversations sont plus faciles entre gens formatés pareil, par de semblables conventions familiales. Par ailleurs, en 3 années vécues comme étudiant, je n’ai jamais été à une « fête étudiante », jamais dansé, et je me contrefous des tactiques de drague active entre ces échangistes assoiffés de sexe. (Je suis inapte à la neutralité qu’exige Dépelteau, pour faire partie de sa cour d’ânes observateurs puis affirmatifs).

5.6.4 suite : « on compte le nombre de fois que l’hypothèse fut corroborée ou réfutée, puis on conclut à la corroboration ou réfutation. »
--> L’anomalie signalée à la fin de 5.4.4 est ici confirmée comme instruction (fautive) de Dépelteau, n’ayant pas compris que le moindre contre-exemple annihile une prétendue loi déterministe, que les observations n’ont pas toutes le même poids en signification, et que les questions de vérité ne se jouent pas à la majorité.

5.7 à 5.7.2 « L’analyse de statistiques (…) organismes publics (…) organismes privés (…) un chercheur qui utilise ce mode de collecte de données se sert de données des autres pour répondre à sa propre question de départ et pour corroborer ou réfuter ses conjectures théoriques. (…) D’une manière générale, disons que l’analyse de statistiques est très simple à faire, mais il faut faire preuve de prudence afin de ne pas travestir les données statistiques qu’on utilise »
--> C’est un jeu de mot : le mot statistiques couvre à la fois :
- les données statistiques descriptives, c’est à dire les relevés (voulus exhaustifs) plus ou moins officiels (faux s’il y a propagande, ou relevé sciemment faussé à la source, ou rêve) ;
- les opérations statistiques inférentielles, calculs mathématiques qui font passer de l’échantillon à la population en chiffrant le risque d’erreur (presque toujours à tort).

5.7.2 « mon hypothèse de recherche est "Le niveau de l’inflation influence le nombre de sans-emploi dans une société". (…) si je choisis l’échantillon suivant : "La société québécoise, de 1960 à 1995", je devrai trouver les données statistiques sur les taux d’inflation et les sans-emploi au Québec, de 1960 à 1995. Je pourrai également décider de prélever des données statistiques seulement tous les cinq ans. »
--> J’y vois une cascade d’erreurs méthodologiques :
- La question est posée sous forme déterministe, comme si la cause du non-emploi était l’inflation, qui va « influencer », or une éventuelle corrélation pourrait être que ce sont deux conséquences indépendantes d’une même source causale. Par exemple, la fermeture des frontières à la concurrence étrangère peut, tout à la fois, causer l’inflation (faute de concurrence à bas prix tirant vers le bas) et causer le chômage (via refus en face de recevoir les produits que nous exportions avant). Bloquer l’inflation par des mesures de contrôle des prix ne changerait alors rigoureusement rien au problème de chômage, même si Dépelteau aura prétendu démontrer le contraire, à tort.
- Généraliser de Québec 1960-1995 au monde entier de tous temps est presque risible. Inversement, s’il s’agit de viser une réfutation, ce ne sera pas probant non plu’, puisqu’un tiers facteur (comme l’embauche massive dans la fonction publique de 1975 à 1985 ?) peut à tort fausser la lecture, masquant un mécanisme vrai, automatique sauf intervention extérieure.
- Restreindre volontairement l’échantillon, c’est prendre le risque de se tromper, il ne faudrait pas l’oublier. 36 couples de valeurs annuelles sont facilement analysables, alors pourquoi se restreindre à 8 étapes semi décennales ? On risque de conclure « systématiquement, il y a corrélation », alors qu’il y a peut-être 10% de contre-exemples, par hasard non examinés (c’est très possible, le calcul de probabilité binomial chiffre à 43% la probabilité de « zéro contre-exemple vu sur 8 » dans ce cas). L’induction est une faute en matière de logique, de mathématique. Dépelteau entend s’attirer l’aura de crédibilité incontestable, qu’ont les mathématiques, sans mettre les mains dans le cambouis, sans rentrer dans le détail, qu’il ne comprend visiblement pas, et qui soulève des objections ruinant ce qu’il prétend… Non, il voit ça de haut, très haut, tellement haut qu’il ne voit rien aux signaux d’alerte.

5.7.2 suite : « comme chacun le sait, les statistiques sont trompeuses ». Dépelteau cite l’exemple de la confusion entre chômage et sans emploi (ce dernier groupe incluant en plus les personnes ne cherchant pas d’emploi). « Morale de cette histoire : il faut se méfier des chiffres et des données statistiques produites par les organismes. »
--> Attention : même là où il n’y a aucun malentendu, vérification faite, les chiffres peuvent être faux : il paraît que les chiffres de production sidérurgique est-allemande étaient inventés par le pouvoir pour se prétendre performant, les chiffres de production agricole maoïstes étaient marqués faux à la base par chaque petit responsable risquant punition.

5.7.2 suite : « Cela ne veut pas dire qu’il faut sombrer dans le relativisme et affirmer que les statistiques sont toujours trompeuses. Mais cela veut dire qu’il faut faire preuve de précision et de rigueur, en prenant la peine de bien comprendre de quelle façon sont produits les chiffres dont on se sert. Pour ce faire, il suffit de bien saisir les définitions et les méthodes de collecte de données. »
--> Non :
- Dépelteau, une fois de plus, généralise à tort. Le pouvoir ou les releveurs locaux ne vont clairement pas clamer qu’ils mentent donc le chercheur n’obtiendra pas le renseignement voulu (c’est la chute du mur de Berlin, et la famine en Chine, qui ont révélé les tromperies en question, pas du tout les précautions de « vérification scientifique » questionnant les autorités en place). Ce que je dis n’a pas valeur de réfutation expérimentale (sous hypothèse de rêve possible, je n’affirme pas que c’est le Réel), mais il s’agit d’un possible, valant réfutation logique (du principe : « en faisant ainsi, il sera toujours vrai que »).
- En sens inverse, Dépelteau a beau jeu de décrier des opposants qui affirmeraient que les chiffres officiels sont toujours faux. Bien sûr qu’ils peuvent être parfois vrais, rien n’est sûr, mais sa reconstruction généralisante n’est aucunement plus sûre que la généralisation inverse qu’il condamne.

5.7.2 iv : « Les données statistiques rendent compte du réel, non des rêveries, des fantasmes ou des phobies du chercheur. »
--> Faux : tant que n’a nullement été démontrée invalide l’hypothèse du rêve, ce monde pourrait être un cauchemar, avec des statistiques inventées ou en voie de contradiction l’instant d’après (remplacement par d’autres chiffres). « Existe-t-il un réel ? » est même une question faisant débat (voir le livre « Je suis », signé d’un sage indien). Mais Dépelteau ne réfléchit pas, il pédale le nez dans le guidon, moulinant sa pseudo-logique sans envisager qu’il se trompe au départ.

5.7.2 iv suite : « Les religions se fondent sur la foi et les croyances, pas les sciences, rappelons-le. »
--> Faux : il y a la foi dans le fait d’être dans le Réel en éliminant quantité de « discordances embarrassantes » au titre de cauchemars, rêves, rêveries, hallucinations. Il est exceptionnel que des scientifiques prennent cette réserve en compte, je ne l’ai trouvée que dans un article de Bernard d’Espagnat sur la non-spéarabilité des particules quantiques : une des hypothèses expliquant l’anomalie expérimentale était de se trouver hors du Réel.

5.7.2 iv suite : « l’hypothése que le rapport entre le taux de chômage des jeunes (15 à 24 ans) et celui des hommes de 25 ans et plus détermine ou influence le taux de suicide des jeunes hommes dans les sociétés capitalistes. (…) Québec comme échantillon exemplaire (…) je constate que les données statistiques récoltées réfutent mon hypothèse de recherche. En effet, s’il y a bien une corrélation entre mes deux variables de 1965 à 1979, ce n’est plus le cas entre 1980 et 1984. »
--> Faux :
- Ce pourrait être que, quand le taux de suicide croît au-delà du supportable, le gouvernement prend des mesures spéciales impactant la pyramide d’âge du chômage. Une deuxième cause contrebalancerait la première, sans aucunement que cette première cause soit fausse, à titre d’influence.
- En sens inverse, les « sciences humaines » auraient pu, en 1979, déclarer corroborée leur loi et elle n’en serait pas moins contestable par le futur, ce qui est arrivé – cela montre l’erreur inductive. Si entre-temps, le gouvernement a changé de bord (ou si le gourou Untel a fait telle chose), l’opposition hurlera que ces méchants ont fait croître les suicides malgré le changement de chômage que les scientifiques ont établi devoir faire automatiquement baisser les suicides. On nage dans le bla-bla. Corrélation ne veut nullement dire déterminisme (le logicien a raison de le noter, les sciences humaines ont tort de l’oublier).

5.8.2.2 « La grande condition à respecter est de toujours garder un esprit scientifique, c’est-à-dire rigoureux et objectif. »
--> Si ceci est posé comme définition, Dépelteau n’est pas scientifique, ou les prétendues sciences humaines ne sont pas des sciences. Les sciences actuelles en général, d’ailleurs, peut-être, mais ce n’est pas vraiment le sujet de ce livre.

6- la communication des résultats
6. « Nous savons maintenant que les recherches en sciences humaines peuvent prendre plusieurs formes : elles peuvent être purement rationalistes ou avoir passé des tests empiriques (…) peu importe (…) une communication des résultats aux autres membres de la communauté scientifique et, dans certains cas, au grand public. »
--> Non :
- Jusqu’à présent dans ce livre, je n’ai pas vu l’ombre de la moindre recherche rationnelle, résistant à la critique logique, de la raison proprement dite. Mensonge. Mais, via le « contrôle de connaissance » à la fin de chaque chapitre, le professeur est à tort persuadé que « ceux qui ont compris » le suivent. Pas du tout : parmi ceux ne le suivant pas, il y a des arriérés ne comprenant pas le projet présenté, des esprits volatils peu intéressés, mais aussi des objecteurs armés d’arguments rédhibitoires. Seul le dogme enseignant, l’autorité, a pu conduire à des classes approbatrices.
- Il est normal de s’adresser surtout aux confrères, mais il faudrait préciser que c’est parce que les sujets débattus n’ont aucun intérêt et/ou aucun pouvoir de conviction face à la critique argumentée. Les sciences dures parlent elles aux ingénieurs et aux techniciens, pouvant mettre en application les prédictions couronnées de succès, mais le bla-bla des sciences humaines, non prédictif, à géométrie variable pour récupérer même les expériences contraires (évidemment, puisqu’il y a tant de facteurs contraires potentiels, et souvent inapparents), ça ne parle à personne (sauf peut-être, menteusement, à titre de fausse vérité affirmant « prouvé scientifiquement » tel élément politiquement sensible).
- J’entrevois une falsification de mon point de vue (quant à la relation au grand public potentiellement sceptique) – je suis par exemple choqué que, quand un crime de sang est commis, l’action « de Bien » du gouvernement consiste à envoyer une « cellule de soutien psychologique » auprès des proches, familles ou collègues, avec bien sûr des psychologues fonctionnaires ou vacataires (dispensés de travail de peine, leur « savoir » les plaçant « au-dessus, pour le bien de tous »). Je dis que c’est stupide, toutefois une large expérience pourrait montrer que les taux de satisfaction des proches sont significativement améliorés après cette action, par rapport aux taux sans action ; je l’envisage, d’accord, mais cela ne me semble avoir aucun rapport avec la crédibilité de ces psychologues : dans une autre culture, des chamanes obtiendraient les mêmes succès, ou des commères adeptes du vieil adage « allez, causez, ‘faut parler, pas garder tout ça à l’intérieur… ». Le niveau Bac+5 ou +9, pour les dits psychologues, avec salaire associé, resterait une arnaque.

6.1.1 : « les sciences humaines se composent de quasi-paradigmes que des groupes de chercheurs défendent souvent comme un seigneur protégeait son château au Moyen-Âge contre les attaques de ses ennemis. »
--> Attention, il y a deux cas dans le roman historique : face aux invasions des pilleurs-violeurs-tueurs barbares, le château pouvait être un refuge bénéfique pour le public innocent ; mais aussi, le château était une place forte pour les milices raquettant la population refoulée à l’extérieur – dans ce cas, cela symbolise le prestige indu que la révolution a eu raison d’abattre.

6.1.1 suite : « Le nerf de la guerre, en sciences humaines, c’est le discours rationnel et les démonstrations empiriques. »
--> Faux : les sciences humaines ne semblent survivre qu’en refusant les objections rationnelles, et par ailleurs les constats empiriques sont mal interprétés si on en induit de prétendues démonstrations à valeur universelle, ou à haute probabilité universelle.

6.1.1 suite : « un quasi-paradigme peut espérer survivre en autant qu’il convainc un nombre suffisant de chercheurs de sa pertinence et de son utilité. Et pour convaincre, on ne requiert pas la force mais à la persuasion en soulevant : i) des arguments et des contre-arguments rationnels, ii) des faits empiriques. »
--> Faux :
- S’adresser à la communauté des moutons n’ayant soulevé aucune objection pour être diplômés est biaisé ; face à mon doute rationnel, Dépelteau (et tous ses paradigmes) ont échoué lamentablement – mais je n’aurais certes pas pu être diplômé avec cet état d’esprit. CQFD. L’exclusion, la punition, sont un usage de la force, d’autorité (abusive, ici).
- Les faits empiriques ne sont pas des faits incontestables mais de possibles illusions, jusqu’à ce que soit évacuée l’hypothèse du rêve – ce qu’a échoué à faire le menteur Descartes.

6.1.2 : « Afin d’éviter de sombrer dans un relativisme qui détruirait la raison d’être des sciences humaines (…) intersubjectivité. Cela signifie que chaque chercheur soumet ses recherches aux jugements rigoureux et honnêtes de ses pairs. »
--> Alors :
- Je suis relativiste, donc pour moi les sciences humaines étaient détruites, il aurait été judicieux de le dire dans l’introduction en m’épargnant la lecture de 388 pages pour rien…
- J’ai beaucoup lu concernant « l’objectivité en tant qu’intersubjectivité », j’en ai conclu que c’était une totale erreur : ce mécanisme fonctionne (semble fonctionner) aussi dans les cauchemars, avec (ce qui a posteriori est jugé constituer) des mationnettes.
- J’ai l’expérience en chimie et microbiologie de publications pleines de bourdes insensées, que j’ai d’abord été le seul à déceler, avant confirmation par mathématiciens professionnels. Des pairs incompétents ou complices n’apportent aucune garantie. Le fait qu’ils aient les mêmes diplômes que l’auteur rend peu-challengeant leur examen, puisqu’ils auraient dû contester les cours s’ils avaient été logiques. Il s’agit ici d’alliés, ou de concurrents parallèles.

6.1.3 : « Dans la pratique, la science comporte malheureusement une part malsaine. (…) Or ces derniers sont en compétition pour des biens de plus en plus rares comme des postes d’enseignant, des bourses et des subventions de recherche, des nominations au sein d’organismes de recherche (…) les sciences humaines ont des finalités beaucoup plus importantes que celles que recherchent les petits hommes que sont les assoiffés de prestige, de pouvoir et d’argent. »
- Tout en science me paraît malsain sauf le don au public d’invention personnelle d’intérêt général, sans exiger de rente à vie. Aucun des exemples cités dans ce livre ne m’a évoqué cela. L’invention du satellite de communication outre-mer instantanée, l’invention de l’ordinateur (de traitement de texte propre ou dessin assisté) sont de ces apports techniques majeurs, mais les sciences humaines ne semblent définitivement que du bla-bla, à maintenant 20 pages de la fin du livre.
- Dépelteau, enseignant parvenu, est mal placé pour cracher dans la soupe, quand il parle des malhonnêtes qui manœuvrent pour atteindre ce poste. Si sa compétence, son pouvoir de conviction, étaient lumineux, on se dirait qu’il est – lui – parvenu au mérite. Ce n’est pas le cas, puisqu’il ne mentionne pas les plus sérieuses objections à sa position, ne faisant que les condamner sans argument, afin de sauver sa discipline.
- Les sciences humaines semblent avoir des prétentions immensément au-dessus de ce qu’elles apportent de solide. Leurs finalités prétendues ne sont aucunement atteintes. Dépelteau semble un des petits hommes dont il dit se moquer. Ce n’est pas grand, non.

6.2.1 « L’affaire Sokal (…) printemps 1996 (…) il n’a pas de sens (…) nombre d’absurdités scientifiques et d’affirmations gratuites, sans aucun fondement (…) notamment écrit dans son texte que la science moderne prouve que "la réalité n’existe pas" (…) l’article bidon fut publié. »
--> Peut-être que c’est un plaisantin qui a voulu démontrer une supercherie dans le mode de publication, mais – sur le fond – je maintiens que rien ne prouve que la réalité existe. Rien. L’hypothèse du cauchemar a été malhonnêtement écartée par Descartes (et Bachelard, etc.), rien n’a étayé le dogme dans lequel s’insère la Science. Ce n’est nullement bidon, ni absurde, cette vision là, c’est une des bases de la philosophie bouddhiste (« tout est illusion »), mais Dépelteau est trop pétri de certitudes dogmatiques pour envisager une remise en question qui serait sérieuse.

6.3.1.1 : « sur une chaise pour le plaisir de souffrir pendant que d’autres s’amusent. Si j’accepte les supplices liés au processus d’écriture (…) c’est pour convaincre mes éventuels lecteurs de la pertinence pratique, théorique ou méthodologique de mes recherches. »
--> Erreur multiple :
- Certains comme moi préfèrent l’écriture (pour relecture personnelle surtout) à « l’amusement » du corps ou quoi. Dépelteau semble un extraverti militant ignorant qu’il existe un autre monde, intériorisé, plus créatif que spectateur (certains préfèrent peindre quand d’autres préfèrent visiter les musées de peinture). Ce ne serait pas grave, qu’il n’en ait pas l’expérience (« chacun son truc ») s’il ne donnait là des leçons, prétendant tout connaître sur le sujet.
- Dépelteau ne m’ayant en rien convaincu de sa pertinence, avec la lecture de ses 390 pages, son entreprise est un total échec – quoique, s’il impressionne 95% de ses lecteurs, il se contrefiche peut-être des esprits logiques, anormaux.

6.3.1.1 suite : « Il faut définir chacun des concepts utilisés avec soin et surtout avec précision. »
--> Dépelteau s’est bien sûr dispensé, dans ce livre, de définir le mot « Réel », cela aurait été embarrassant, de ne pas exiger la soumission au dogme mais donner à percevoir les arbitraires et choix contestables.

6.3.1.1 suite : « séduire (…) Qui peut demeurer indifférent au problème du suicide ? »
--> Je connais une personne plus qu’indifférente, génératrice de suicide, et s’en fichant éperdument. Certes, je ne garantis pas que ce soit davantage réel que ce livre et ce monde autour, mais ce n’est ni plus ni moins possible que le reste.

6.3.1.1 suite : Les lecteurs intéressés par les sciences humaines sont « curieux, éveillés et intéressés à ce qui les entourent (…) conscients des possibilités immenses de l’être humain (…) ressentent encore des émotions devant l’injustice et la souffrance. Mais l’intérêt du lecteur moyen varie »
--> Je trouve ça odieux :
- Cette affirmation parachutée me paraît constituer du boniment publicitaire, caressant l’acheteur en crachant sur le récalcitrant. Un lecteur qui gobe le bla-bla de Dépelteau me paraît endormi et s’il était éveillé, il contesterait presque chaque mot, non convainquant – que Dépelteau réserve le label de “éveillé” à ses admirateurs me paraît très injuste, voire malhonnête intellectuellement. Une lecture endormie et vaguement indifférente approbatrice (« ouais-ouais, c’est ça, OK, te fâche pas, on est d’accord, on s’en fout un peu ») n’est aucunement le symbole de l’éveil intellectuel, selon moi.
- J’ai l’impression que les sciences humaines ne visent nullement à accroître les possibilités de l’être humain mais à les réduire, en le prétendant soumis à des lois bravant sa liberté, sa responsabilité personnelle. Le fait que la science soit en aval du dogme réaliste, écartant le champ immense de possibilités inhérentes à la rêverie, va dans le même sens. - Dépelteau et ses pairs se disent champions du heurt devant l’injustice et la souffrance, mais ils oublient simplement de contester les privilégiés droits de veto ONU, bombes atomiques légales. Ils s’émeuvent à l’infini devant la Shoah, mais l’extermination des Amérindiens et l’expulsion des Palestiniens les indiffèrent – c’est logique, pour s’allier aux puissants et obtenir les budgets, les postes, mais il est honteux de donner des leçons de morale. (En sens inverse, je fais preuve d’autocritique ; je reconnais être « plus ou moins coupable » d’être Occidental plutôt riche, Juif plutôt pointilliste, carnivore aimant bien le poulet pané, etc.)

6.3.1.1 suite : « contrairement au client, le lecteur a aussi un effort à consentir ».
--> Je comprends l’effort de chercher à comprendre, mais je refuse l’effort de gober de force. Si de prétendues vérités sont assénées sans pouvoir de conviction, pourquoi l’effort de s’y plier quand même vaudrait-il davantage que l’effort de les contester arguments à l’appui ?

6.3.3.1 suite : « Adopter un style d’écriture agréable à lire (…) cela veut dire (…) éliminer les fautes d’orthographe (…) »
--> On continue à réciter le dogme : « écrire bien, c’est respecter l’orthographe officielle »… même si on est pas d’accord avec sa complexité inutile, ses ambiguïtés (homographes comme « fils » pour couture et enfant-garçon, comme « plus » pour davantage et zéro-maintenant, etc.). J’espère que la génération sms (objectivera en une unique écriture simplifiée, totalement claire, et) mettra à la poubelle cette autre domination indue, prétendue « éducative pour le bien de tous ». Jules Ferry aurait dû faire comme les Russes à mon avis : enlever la moitié des lettres avant de décréter l’école obligatoire, non plu’ instrument de domination injuste mais outil optimal pour le plus grand nombre. [J’avoue avoir tiqué quand Dépelteau a écrit en 6.3.1.1 « éveillés et intéressés à ce qui les entourent » (ce qui entroureNT ?), mais ça n’a effectivement aucune importance (seul le fond m’intéresse, pas la forme), c’est seulement un résultat de mon endoctrinement approuvé par Dépelteau : on m’a martelé pendant des années que respecter l’orthographe était le Bien, l’enfreindre était le Mal, et notre génération a grand peine à se défaire de cette mauvaise leçon. J’ai inventé une orthographe simplifiée et claire, phonétique en lettres standards, mais la forme d’intelligence à laquelle prétend Dépelteau n’est pas la création utile, convaincante, mais l’alliance aux autorités institutionnelles.]

6.3.1.1 suite : « les premières pages d’un texte sont très importantes. C’est souvent en les lisant qu’un lecteur décidera s’il aime ou pas. »
--> Hein ? Et, conscient de cela, Dépelteau a démarré sur cette fable choquante, mal interprétée (réservant aux jeunes filles étudiantes en sciences humaines la possibilité de résistance contre le viol, dans un cas particulier)… Cela semble autocontradictoire.

6.3.2 : « jusqu’à ce que le texte soit digne d’être soumis à des lecteurs qu’on respecte autant que des proches. »
--> Est-ce du respect que de déclarer absurde ma remise en cause du réel, argumentée ? Certes, ça ressemble à un geste paternel, balayant l’objection comme enfantillage, pour imposer sa vue avec autorité. J’appelle cela, ici, un abus d’autorité, dénué de contre-arguments.

6.3.3.1 : « En lisant un texte, un lecteur peut prendre le temps nécessaire à une bonne compréhension ».
--> Dépelteau part du principe que le texte a raison, et donc que si le lecteur n’est pas d’accord, c’est qu’il n’a pas compris : il doit relire « pour comprendre ». Je ne suis pas d’accord – je lis un livre de sciences humaines ou de méthodologie comme j’ai lu les Evangiles ou comme je lirais Mein Kampf ou Le Capital : en cherchant les fautes, en les dénonçant. C’est inimaginable pour Dépelteau, simplement pas « éveillé », prisonnier de sa méthodologie qui commandait la lecture passive.

6.3.3.2 : « La publication d’un livre ou d’un article scientifique produit souvent des discussions entre les savants. »
--> C’est l’erreur habituelle : pourquoi réserver la contestation aux diplômés (ayant gobé la majorité des dogmes) ? On n’a pas avancé d’un cheveu depuis l’introduction, avec la fable de l’universitaire, violeur de femme sauf étudiante – Dépelteau décrétant que seule une supérieurement instruite peut résister.

6.3.3.2 suite : « il arrive aussi que ces débats permettent à leurs participants d’accroître leur savoir, de prendre conscience de phénomènes auxquels ils n’avaient pas pensé. Lorsque cela survient, on entrevoit vraiment le potentiel immense qu’offrent les sciences humaines pour la production rationnelle et consciente du monde humain. »
--> C’est risible : le conférencier ne parle qu’à ses pairs, en évitant le grand public non converti à leur cause, et il est en admiration devant le fait que ce sont ses pairs eux-mêmes qui le critiquent (peut-être, très rarement), il trouve ça immense… Je dirais tout l’inverse : les plus pertinentes critiques sont celles invalidant tout l‘édifice de ces autorités indues. Les sciences humaines ne sont aucunement rationnelles, à ce stade de la lecture, et « prendre conscience » de ceci peut être un jeu de mot, si je rêve actuellement (si la notion de rêve a un sens).

6.4 : « ma recherche sur les causes sociales du suicide (…) publié dans une revue spécialisée. Ce scénario est réaliste dans le cas d’une recherche de deuxième ou de troisième cycle à l’université. »
--> Ainsi, les « experts », se jugeant de très haut vol, armés de « savoir immense », ne sont que des opérateurs de cette méthodologie immensément contestable ? Je trouve ça très nul.

6.4 suite : « prévention du suicide (…) Nous aspirons à expliquer et à comprendre notre monde pour mieux le transformer. (…) dans l’espoir que plus jamais personne ne se jette de la sorte dans les eaux du Saint-Laurent. Voilà une raison, parmi d’autres, de faire des sciences humaines. »
--> Je ne suis pas d’accord :
- Dans la mesure où les sciences humaines, confrontées à la complexité, à la variabilité, sont inaptes à prédire, elles sont inaptes à transformer en mieux – n’étant qu’une voie comme une autre, pour suggérer des transformations éventuelles, aux inconvénients peut-être pire que les avantages, personne n’en sait rien à l’avance. Les échecs très multiples en économie (ou psychologie/psychiatrie) en sont une illustration.
- Un espoir est permis, évidemment, via la prière ou n’importe quoi, mais ce qui me choque est de réquisitionner de l’argent public (extorqué sous la menace) pour cet espoir peu convainquant vis à vis d’autrui – sauf endoctrinement au nom de l’autorité (mais l’Eglise ou la Mosquée ou le Parti feraient en cela aussi bien).
- Avoir exclu de l’étude les raisons personnelles du suicide exclut totalement d’éradiquer le suicide par cette étude sociale. Il s’agit surtout d’obtenir diplôme ou salaire, en blablatant sur quelque chose jugé grave.

Bilan de lecture
– Sur le principe : l’auteur Dépelteau a prétendu à tort à la rationalité, en évitant presque toutes les objections qui l’auraient cassé, ce n’est pas joli. Il a prétendu dépasser Karl Popper mais il n’a aucunement montré en quoi les critiques de celui-ci (et d’un enfant de dix ans, notant l’erreur inhérente à la généralisation) étaient infondées. Les sciences humaines semblent donc être du simple bla-bla, voleur de salaire, criminel au titre d’expertise abusive devant les tribunaux (pour faire condamner des innocents) ou devant les juges (pour faire libérer des monstres). Aucun des exemples cités dans ce livre ne s’est avéré convaincant, tout étant interprétable de mille façons différentes, et des montagnes de complexités inutiles cachant l’indigence du fond.
– Socialement : Dépelteau a montré qu’une considérable complexité d’outils, artificiels, conduit au titre d’experts (« élites ») des moutons croyants oubliant de douter. Ceux-ci prétendent haut et fort à la rationalité, à la vérité très probable, en refusant bestialement les objections logiques, de la raison digne de ce nom – opprimée par la loi et/ou la Science (via la psychiatrie et la « rationalité pathologique »).
– Conclusion : ce livre visait apparemment à expliquer les détails internes de la procédure « Sciences humaines » à des étudiants enthousiastes, « apprentis chercheurs », déjà convaincus ou alliés aux dominants – un objecteur logique étant par principe exclu du « cours », même s’il est bien davantage logique que le « professeur ». (En moins de 60 pages, j'ai lu et cassé les 410 pages de ce livre raté, quoique instructif pour montrer le vol intellectuel commis).