60 délires aero-sourires
(par A.Bolic, 28/11/2017, mis à jour 17/07/2018)

  Mon cher ami Christian/Jimmy, retrouvé grâce à Internet, 35 ans après le lycée, m’a très gentiment offert un petit livret de son père récemment décédé : « 60 silhouettes d’avions alliés ». Il n’y a pas de date de parution, pas de nom d’auteur, l’éditeur est Sélection S.A. 257 Rue St-Honoré, Paris-1er « En vente chez tous les bons revendeurs ». Le sujet est 60 plans 3-vues, d’avions militaires de la seconde guerre mondiale. Dans l’ordre : Royaume Uni, Etats-Unis, URSS. Ce petit ouvrage (moins grand qu’une carte postale), grisé par le temps, semble paru juste après 1945. Et… je me félicite de l’absence de Copyright bloqueur à cette époque. Je me propose de compléter/enrichir/détourner cette collection par 60 dérivés imaginaires (ou entre 60 et 60x3), presque tous bipoutres ou asymétriques, à ma façon préférée en matière aérophile. Je dirais un mot à la fin du contexte, pas très amusant, non.

Les dérivés (cliquer pour agrandir)
Mélanges
Armstrong-Whitworth
Auster
Avro
Bell
Boeing
Bristol
Consolidated
Curtiss
De Havilland
Douglas
Fairey
General Aircraft
Grumman
Handley Page
Hawker
Ilyoushine
Lavochkine
Lockheed
Martin
Mikoyan
Noorduyn
North American
Northrop
Petlyakov
Piper
Republic
Saro
Short
Soukhoï
Stinson
Supermarine
Vickers
Vought
Waco
Yakovlev


Le contexte
  L’introduction du livre hésite entre 2 publics potentiels, pour l’identification en vol et le maquettisme, mais c’est peu crédible. Le XP-55 Ascender qui est inclus n’a été qu’un prototype refusé, jamais venu en Europe, et les avions soviétiques n’étaient pas davantage présentés en France. Par ailleurs, le texte dit explicitement que pour les maquettes, il vaut mieux se référer à des ouvrages à plus grande échelle.
  Quoi qu’il en soit, je suis réservé sur cette célébration des avions « alliés », « de combat », excluant les avions opposés, comme maudits. En matière d’invention et de design, l’autre camp a fait au moins aussi bien. Toutefois, il ne s’agit pas d’un ouvrage de propagande à la mode « années 1950-1970 » car il n’y a pas que des avions anglo-saxons (ou français) mais aussi des appareils soviétiques ; il s’agit apparemment de célébrer l’alliance avec les communistes, juste avant qu’elle capote en guerre froide, guerre de Corée, guerre du Vietnam. Je ne m’associe donc pas au ton de cet ouvrage. Le régime stalinien est maintenant reconnu avoir été très horrible (même si mes ancêtres ont dû s’allier en choisissant entre le mal et le pire). Et les occidentaux n’ont absolument pas mon admiration non plu’ : de vastes exterminations de civils innocents (dont femmes et bébés) ont été pratiquées sciemment, avec notamment les bombardements de Hambourg, Dresde, Tokyo, Hiroshima. (Par les avions célébrés dans ce livre : Lancaster/Stirling, Flying-Fortress/Superfortress). A mon avis, c’était une guerre du mal contre le mal. Et ce n’est pas un mal révolu, d’autrefois : les hyperpuissances coloniales Royaume-Uni et France restent injustement dominatrices à l’ONU aujourd’hui, l’Angleterre ayant un droit de véto mais pas l’Inde 20 fois plus peuplée (comme la France, moins peuplée que le Vietnam ou l’Indonésie). Bref, même s’il est très inusuel de faire preuve d’esprit critique sous la masse de propagande scolaire et médiatique assénée, je ne suis pas d’accord.
  Mais j’aime bien les avions de cette époque, summum de la fine aviation à hélice avant l’arrivée de la puissance brute turbojet. Sans crier nullement « Hourra, bravo ! », je joue donc avec ces silhouettes pour m’amuser, en tournant résolument le dos à l’esprit de commémoration réaliste au garde à vous. Etant antinationaliste, je ne respecte même pas le classement par pays, mais préfère le neutre classement alphabétique.
  Bref, je souris en dessinant/transformant, n’ayant pas peur de l’absurde impossible, et si on m’appelle sévèrement au « respect de la mémoire » (réaliste), je hausse les épaules, arguments à l’appui, refusant la complicité avec les crimes commis, cachés.