CHOQUÉ PAR LA COUPE DU MONDE
par Christophe Meunier, 07/09/2007


* Regard anormal inspiré de la culture chrétienne
* Regard anormal inspiré des cultures de gauche et tiers-mondiste
* Egarement
Réponse du frère ainé, agrégé en Education Physique et Sportive
Corrections/Précisions

    Ce soir commence la coupe du Monde de Rugby 2007 en France, sous les hourras. Les médias clament possible un "miracle" comme en 1998 (la France avait gagné sa première coupe du Monde de Football, en étant pour la première fois pays organisateur) : considérable ferveur populaire, quasi orgasme collectif. [Personnellement, je n'ai pas regardé le match de 1998, ni les informations qui ont suivi, n'entendant que les hurlements de Klaxon à n'en plus finir, peu avant que je ne tombe du quatrième étage, le coma embrumant mes souvenirs].
    Il est affirmé que le Rugby est davantage qu'un sport : il est porteur de "valeurs" – peut-être la puissance d'équipiers soudés contre l'adversité, l'entraide entre gros lourds et grands rapides partageant le succès, la violence loyale et contrôlée, la défaite en cas d'enfreinte répétée aux règles du jeu (les footballeurs avaient eux symbolisé la concorde d'une équipe multiraciale black-blanc-beur, mettant en vedette le génie de l'artiste Zidane, fils d'immigré intégré).
    Mais… célébrer le sport, célébrer le nationalisme, me paraît contestable, m'évoquant le culte nazi du surhomme patriote écrasant fièrement les sous-hommes étrangers. L'unanimité médiatique sans discussion ni objection me trouble, car il y a matière à débat, et je présenterais deux points de vue hérétiques :

* Regard anormal inspiré de la culture chrétienne

- Sport :
    J'ai été élevé dans une famille athée, sportive et ambitieuse, mais je préfère aujourd'hui un chemin différent, plus ou moins chrétien. Mon grand frère, hyper-sportif fou de ballon, jubilait de m'écraser et m'humilier quand nous étions enfants, et – tout en le haïssant – je cherchais aussi la victoire (par perfectionnisme personnel, sans vouloir faire souffrir autrui) dans les domaines non physiques : concours de dessin, jeux d'échecs, course scolaire à la meilleure note de la classe... Mais à l'âge de 15 ans, je suis tombé fou amoureux de la dernière de la classe, tellement plus touchante dans son humble fragilité et sa détresse que les fières compétitrices briguant comme moi les récompenses de l'autorité (professorale, insultant les faibles)… Révélation : je venais de comprendre (redécouvrir) l'idée chrétienne, anti-sportive, que LES FAIBLES DOMINÉS SONT EN UN SENS PLUS ESTIMABLES QUE LES FORTS DOMINATEURS. (Réserve : si les faibles soumis peuvent incarner le Bien et les forts dominants : le Mal, les faibles devenant violents, révoltés, peuvent devenir forts et incarner un autre Mal)
    Etonnamment, le pays qui se clame le modèle de la chrétienté au pouvoir, les Etats-Unis, célèbre l'ambition forcenée, la compétition économique broyant les faibles, le pouvoir aux fortunés s'enrichissant encore par le sous-paiement de leurs employés, l'enrichissement par le professionnalisme sportif (stars de la boxe et autres gladiateurs modernes)… Cela accomplit précisément la logique de "L'Antechrist" : Nietzsche blâmait le christianisme, jugé débilitant, parce que cette religion condamne les forts (au lieu de les glorifier) et encense les faibles, les infirmes, les idiots, qui seraient naturellement éliminés pour améliorer l'Humanité.
    Une explication semble que des protestants, dominant démocratiquement les USA, vénèrent davantage dans la Bible l'Ancien Testament (des Israélites) que le Nouveau Testament (de Jésus-Christ) : cet Ancien Testament a sacralisé le principe de lignées dominantes, "élues de Dieu", ce qui est compatible avec l'Aristocratie "chrétienne" en Angleterre, avec le capitalisme "chrétien" aux Etats-Unis (après l'extermination "chrétienne" des Amérindiens, l'esclavage "chrétien" des Noirs, l'accès à la très coûteuse Université reste pratiquement réservé aux gosses de riches), le côté "Jésus-Christ" se limitant à l'aumone aux pauvres mourrants ou handicapés. Les catholiques, moutons adorateurs du dictateur papal (selon certains protestants), semblent aussi peu séduisants, de même que les orthodoxes, adeptes du faste ritualiste. J'ai donc apparemment inventé une lecture (limitée au seul Nouveau Testament) qui ne figure pas encore au catalogue des variantes chrétiennes : UN CHRISTIANISME ULTRA-HUMANISTE, anti-sportif :
    Quoi qu'ait dit sa parole rapportée, déformée, le génial Jésus n'aurait pas prétendu être le divin fils unique de Dieu, mais se serait modestement présenté comme un simple humain, donc pour son entourage monothéiste : un fils de Dieu comme les autres, a priori ni plus ni moins respectable que les humbles, les mal-nés. Sa différence serait sa sensibilité, sa compréhension des problèmes en devenant adulte. Jésus ne serait pas un modèle sacralisant le principe de domination, ayant demandé de se prosterner devant lui, dans un monde entier soumis à sa parole, mais plutôt un plaisant personnage fictif (comme le Calimero moderne), incarnant la générosité de certains Israélites hérétiques, humanistes au lieu d'être communautaristes racistes. La Parabole du Bon Samaritain serait l'élément-clé : un mal-né généreux vaut moralement mieux qu'un bien-né égoïste, une frugalité partagée vaut mieux qu'une richesse jalousement gardée. La phrase "Heureux les pauvres" consolide cela : les pauvres (non révoltés) au service d'autrui ont la conscience pure, les plus riches sont sales, pas même purifiés par l'aumone les laissant eux seuls dans le luxe.
    [La censure aurait effacé (pour "crime d'antisémitisme" ?) la conclusion : l'Ancien Testament est presque intégralement démenti par la vision chrétienne, corrective. Dieu, père aimant l'Humanité, n'aurait pas été un dictateur exterminateur, misogyne et raciste : Il n'aurait pas condamné à mort ses enfants d'Eden pour avoir souhaité comprendre plutôt qu'obéir, Il n'aurait pas exterminé par le Déluge des nouveaux-nés innocents (les laissant grandir et fauter, Il se serait simplement abstenu de donner la vie pendant 150 ans, pour une extinction sans douleur), Il n'aurait pas puni éternellement les descendantes d'Eve pour le crime de leur aïeule, Il n'aurait jamais élu la seule race juive (en méprisant les non-juifs à jamais) mais seulement sauvé de pauvres esclaves en fuite sur la Mer Rouge. Dieu, tout connaissant, n'aurait pas jugé correct Noé, porteur des gênes de Hitler, mais recréé un être humain génétiquement modifié, sans tare. Dieu, tout puissant, aurait annihilé le Diable, le Mal. Le Bien absolu ne s'incarnerait donc pas du tout dans la puissance supérieure et dominatrice de Dieu (à imiter en pratiquant la domination parmi nous), mais dans la frugale humilité altruiste de Jésus-Christ (le Dieu créateur de l'Univers étant totalement inconnu, peut-être décédé depuis longtemps, n'en restant que les fossiles lois de gravité etc.). Quoi qu'en disent les religieux professionnels, promettant aux pratiquants le pardon des fautes et le Paradis post-mortem, Jésus a simplement promis "la vie" (plutôt que la vie éternelle), à ceux qui aimeront autrui comme eux-mêmes : l'amour génère l'amour en retour, tandis que le mépris actif brimant autrui entraîne la haine, le meurtre, le terrorisme. Cette sage leçon incite à dépasser la bestialité spontanée, comme la suggestion de Bouddha de renoncer au désir, comme le jeûne volontaire de Mahomet. Pas besoin de religion pour le comprendre – même si la technique religieuse peut s'avérer efficace : prétendre à La Vérité indiscutable, avec carotte et bâton invérifiables, guiderait temporairement les enfants, au départ bestiaux.]
    Conclusion : parmi les adultes, les faibles dominés seraient plus estimables que le fort dominateur. Le sport de compétition serait anti-chrétien.

    Bien sûr, le sport constituerait un admissible dérivatif pour les pulsions bestiales de domination (le ballon plutôt que le coup de fusil), comme la masturbation vaut mieux que le viol. A titre thérapeutique, pour les tempéraments violents, c'est utile, mais cela ne justifie aucune célébration, aucun endoctrinement éducatif des innocents dans cette direction.

- Nationalisme :
    Les supporters patriotes posent un autre problème à ma conscience semi-chrétienne. C'est aussi une suggestion majeure de la Parabole du Bon Samaritain : un étranger incroyant peut s'avérer moralement plus estimable qu'un compatriote religieux. Cette sensibilité humaniste s'oppose à la sacralité (façon Ancien Testament) de la Nation, de la Communauté (religieuse ou raciale), de la famille. C'est une évidence pour moi :
- Au concours de Miss Monde, je voterais pour la plus jolie, pas pour la plus Française.
- Mon frère méchant était un ennemi quand un gentil camarade de classe, franco-suisse, était un ami : le caractère plaisant n'a aucun rapport avec le sang ou le statut, seulement avec la personnalité, le comportement.
    Le mensonge olympique mérite réflexion, je crois. Tout en prétendant humanistement "l'important est de participer, non de gagner", "le sport doit être amateur" (un loisir sans but d'enrichissement, pratiqué après les heures de travail utile pour autrui), "il ne faut pas mélanger sport et politique"... l'olympisme moderne incarne en pratique l'élitisme et le nationalisme : des équipes de chaque pays sont envoyées grâce aux impôts nationaux, et visent à faire claironner l'hymne national du vainqueur, sous les hourras de ses compatriotes. Avec applaudissement unanime des médias, focalisés sur les compétiteurs nationaux, classés "admirables héros" en cas de victoire, couverts d'or (médaille et contrats publicitaires).
    Quand j'entends les rugbymen, la main sur le cœur, claironner avec ferveur la Marseillaise, reprise par la foule : "Qu'un sang impur abreuve nos sillons !", je suis profondément désolé – il s'agit d'un appel à la guerre tribale : mot à mot, c'est un xénophobe appel au meurtre des étrangers et leurs bébés, prétendus "coupables de leur sang", selon une approche nazie. A titre de dérivatif virtuel prévenant des actes de violence effective, peut-être… mais : à vingt-trois heures, déconseillé aux moins de 18 ans, sans intoxiquer les enfants…

* Regard anormal inspiré des cultures de gauche et tiers-mondiste
    Sans religion, mes parents m'ont enseigné l'altruisme, la vertu démocratique, l'aide aux pauvres et étrangers, et c'est une approche humaniste sublimée, plus belle encore que sa forme chrétienne usuelle : il s'agit de donner généreusement pour le confort d'autrui, sagement pour la paix, pas égoïstement pour ma récompense post-mortem. Le communisme politique aurait d'ailleurs pu être chrétien, via les prêtres ouvriers ou les missionaires partageant la misère africaine, contestant le capitalisme, le nationalisme et le faste clérical (comme l'aristocratie et la dictature) à la lumière des Evangiles. Mais le thème communiste a en pratique été confisqué par des athées intolérants, totalitaires, permettant aux capitalistes de prétendre incarner la chrétienté, la liberté, la démocratie, le Bien moral. Loin de ces aveuglements réciproques, il semble utile de revenir au problème politique qui est illustré par le sport et la Coupe du Monde des Nations : la société humaine fonctionne a priori bestialement, avec violence pour la place de loup dominant, ou guerre entre fourmilières rivales.
    Une logique de gauche, version naïve utopiste, voudrait remplacer cette violence par un humanisme démocratique, subordonnant les forts aux plus nombreux : les faibles travailleurs dominés, majoritaires, sont plus estimables que les forts employeurs dominateurs, minoritaires donc dépossédés à ce titre de la force publique. Le sport n'est pas condamné mais réinterprété : il illustre la récompense du mérite personnel (dans un contexte d'égalité des chances) plutôt que de la naissance (en famille riche ou se prétendant noble, en pays riche ou se prétendant civilisé). L'hymne des pays communistes aurait dû être commun, avec refus d'entrer dans le système nationaliste.
    (Je passe sur le triste socialisme à la Française, avec Ségolène Royal entonnant fièrement la Marseillaise, avec Mitterand profitant du rejet populaire de l'oligarchie bourgeoise pour imposer son impopulaire abolition de la peine de mort, avec domination obligatoire des quelques syndiqués sur les masses de non-syndiqués, avec les privilèges des fonctionnaires payés par les majoritaires et fragiles petits employés du privé sous la menace – blocage gréviste en situation de monopole, et police punissant le refus fiscal.)
    L'utopie du pur humanisme communiste s'est déconsidérée (comme autrefois l'utopie chrétienne) par les massacres et condamnations des libres penseurs, la domination des leaders sur les masses, des Soviétiques sur les états satellites. Mais, moins anecdotique que sa violente consolidation pratique, son effondrement dans la misère est très instructif : si la performance individuelle n'est plus récompensée par une supériorité matérielle tangible, l'effort tend à disparaître (triomphe de la paresse profiteuse, du "petit travail tranquille : ils font semblant de nous payer alors nous faisons semblant de travailler"), menaçant le confort voire la survie. Le bâton policier ne résolvant rien, il faut apparemment à l'Humanité la carotte de la richesse personnelle et le bâton du chômage (faillite devant la concurrence) pour motiver les masses. Liberés, les ex-enfants communistes plébiscitent les inégalités, potentiellement à leur profit, et la majorité (qui n'en profite pas) peut apprécier la hausse de performance globale, en rêvant de triomphe sans mérite personnel, via le Loto et la gloire sportive collective. L'humanisme ne paraît donc pas susceptible de devenir majoritaire : même après endoctrinement communiste à servir le Bien commun, le fond de bestialité dominatrice semble le moteur le plus fort, sauf surhumaine exception.
    Ceci dit, il est incroyable que la domination des Occidentaux, minoritaires, prétende incarner la démocratie plutôt que l'aristocratie. Comme sous la royauté, l'armée et la police sont dites garantes de paix, alors qu'elles ne font que prévenir le partage décidable par la majorité des humains, ce qui suscite la haine révolutionnaire. Le patriotisme sportif, unanime dans les médias prétendant répondre à la volonté populaire (locale), conforte l'idée qu'est héroïque, suprêmement louable, la domination d'un petit pays peu peuplé sur les grands pays très peuplés, façon David contre Goliath. Si c'est un aveuglement volontaire, ce sera la révolution (anti-occidentale), avec nous dans le rôle des méchants aristocrates ("nobles" de naissance, minoritaires) ; si c'est involontaire, il serait souhaitable d'en prendre conscience et corriger. Nos propres dominants nous cachent le problème, interdisent son expression, inondent la question de propagande, font appels aux instincts consuméristes, aux martyrs patriotes ou victimes de terroristes, mais j'imagine que chacun est capable de comprendre par lui-même, comme moi qui ne suis ni Einstein ni Jésus.
    Sans me faire grande illusion, je souhaiterais simplement présenter un rêve médian, non-capitaliste et non-communiste, une DEMOCRATIE-POPULISTE MONDIALISTE-INDIVIDUALISTE, qui ne figure pas semble-t-il au catalogue de la gauche ou de l'alter-mondialisme :
    Un référendum mondial (la Chine comme l'Inde ayant démographiquement plus de voix que tout l'Occident) instaurerait la démocratie authentique, pouvant décider de l'abrogation des frontières, dissolution de l'ONU dominé par l'Occident et… arrêt de toute Coupe du Monde des Nations. Les représentants élus n'agiraient plus autoritairement en leur âme et conscience, mais appliqueraient en chaque chose la volonté majoritaire (en étant soumis au référendum d'initiative populaire), leur salaire étant aussi décidé par la population en direct (médiane : 50% des gens voulant donner davantage et 50% voulant donner moins). La respectabilité égale de chaque nouveau-né humain, dans le monde, serait votée – sa contestation, même religieuse par des Israélites orthodoxes ou adorateurs de Hitler, étant classée comme insulte raciste. Le scandale raciste source du terrorisme serait traité : les millions d'expulsés Palestiniens seraient autorisés à revenir, à voter, et seraient indemnisés par les criminels de guerre occidentaux (en expliquant que la non prescription des dépossessions antiques aurait, sans racisme actif ni fanatisme religieux, vu les états-uniens expulsés comme l'ont été les Palestiniens). Toutes les armes de destruction massive seraient équitablement prohibées, en Irak-Iran comme en Israël, France, aux Etats-Unis etc. Les richesses monétaires héritées du passé colonial (conquête du Nouveau Monde comprise) seraient réquisitionnées fiscalement et redistribuées à tous. La concurrence loyale amènerait l'enrichissement léger des pauvres asiatiques besogneux, majoritaires, et l'appauvrissement sévère des opulents occidentaux indolents, minoritaires.
    A l'école, il n'y aurait pas de notes, de classement, seulement des essais sources de conseils en retour, et des tests d'aptitude. L'orthographe serait réformée, très simplifiée (pour ne pas exclure injustement des élèves faibles en récitation mais brillants en idées créatives ou en logique) : 1 son = 1 lettre, comme en Russe moderne, même en Français et en Anglais (des dictionnaires étymologiques traçant l'Histoire des mots, optionnelle et non obligatoire pour accéder à l'écrit). Aucune vérité prétendue ne serait enseignée, même en Science et en Histoire, tout n'étant qu'information sur des théories et opinions (consolidées selon des méthodologies philosophiquement facultatives). Les diverses formes de foi et septicisme seraient exposées sans favoritisme, le scandale de la secrète dictature réaliste et de la liberticide Loi Gayssot (oeuvre de ceux qui dénonçaient le totalitarisme stalinien ou islamiste) serait présenté comme repoussoir prévenant des dérives futures. L'éducation sportive serait remplacée par une découverte des loisirs physiques (comme artistiques ou autres). En cours de morale ou d'instruction civique, il serait expliqué que :
- Les compétiteurs sportifs visent le rude triomphe des forts sur les faibles majoritaires. Ils sont libres de se battre entre eux, mais ceci ne ponctionnera plus l'argent public réquisitionné sous la menace (pour l'éducation et la santé de tous, la survie des handicapés sévères). Les quelques fonctionnaires, assurant le service public sans concurrence/alternative ni but de profit financier, n'ont pas le droit de grève, pas l'assurance d'emploi éternel sans condition. Le salaire minimum (SMIC) et le demi-salaire d'existence refusant le travail inconfortable (RMI) sont étendus au monde entier ou abrogés.
- La création d'emploi est récompensée par allègement fiscal, tandis que le grand enrichissement commercial (ou apparenté) est puni fiscalement puisqu'il a été effectué aux dépens d'autrui : sous-paiement des fournisseurs et employés, sur-facturation des clients. La responsabilité n'est plus davantage payée que la pénibilité, mais performance/invention/courage utile sont récompensés par confort matériel spécial. Au décès de l'individu méritant, il y a réquisition fiscale totale de ses avantages. La police a pour mission de protéger le fruit du louable travail personnel mais pas les éventuels héritages ou gains au jeu (si ces archaïsmes sont indécrottables, plébiscités).
- Les jeunes filles choisissant pour compagnon le plus fort ou le plus riche semblent poussées par une pulsion bestiale pour générer des enfants dominateurs, poussant les garçons à rechercher ce statut, générant la haine des concurrents, la violence bestiale entre mâles, combat de coqs. La respectabilité des doux garçons romantiques, humbles et tendres, est évoquée, comme alternative à la virilité des écraseurs, "dieux du stade" rugbymen et autres.
- Les parents gâtant matériellement leurs enfants, par un luxe ostentatoire, font d'eux des profiteurs sans mérite, insultant la vie frugale des travailleurs pauvres, parfois plus méritoires, générant la pulsion de vol justicier, la violence à l'encontre d'innocents. Les bébés "nobles" tués en 1789, 1917, 1941-45, sont présentés comme film pour faire réfléchir aux horreurs possibles, aux explosions envisageables, sanctionnant un favoritisme apparemment bénin, temporairement protégé par la loi et la force. L'esprit de famille bestial est utile pour assister les bébés immatures, l'esprit de famille réfléchi est juste pour assister en retour les parents impotents, mais tout autre favoritisme familial ou communautariste parait déloyal, dangereux, quoique ayant tenté des générations (piston, esprit de clocher, patriotisme sportif ou militaire, etc).
- La publicité générant des besoins artificiels, des envies matérielles, est condamnée. La frugalité est expliquée comme nécessaire au partage équitable entre six milliards d'humains, sans privilèges, rancœurs, violences. Illustration des dérives possibles : le parcours des prétendus chrétiens ou bouddhistes ayant vécu dans le luxe est mis en face des paroles du Christ et du Bouddha sur le sujet – en suggérant la vigilance, l'intelligente recherche de cohérence personnelle, la suspicion des discours autoritaires ou tentateurs.
- Par vote pacifique, les futurs électeurs pourront revenir s'ils le souhaitent au nationalisme, à l'aristocratie, au capitalisme familial, au communisme totalitaire, à la théocratie chrétienne ou musulmane etc. mais en assumant les risques de guerre liés à l'injustice choisie.
    Loto, retransmissions sportives, magazines People, seraient déconseillés aux enfants, classés avec la pornographie, l'alcool, le tabac, la drogue ; sans prohibition, avec seulement des regrets.

    Cet humanisme anti-sportif ne recevrait sans doute presque aucune voix aux élections, et ne s'imposerait bien sûr pas par la force, puisque ce serait contradictoire… Il serait simplement exposé pour faire comprendre, en termes de justice humaniste, la culpabilité des dominants (établissant leur confort matériel sur la loi bestiale et sportive du plus fort), et la compréhensible révolution de dominés, ceux parmi eux qui ne sont pas des anges voulant remplacer les dominants. Ce simple exposé dissipe le rideau de fumée que constituent les incitations à l'enthousiasme pour la coupe du Monde des Nations.

* Egarement
    Dans le paysage que montrent les patriotes médias français, je souffre, je ne suis pas fier d'être français, mais honteux – comme si j'étais né baron trente ans avant 1789, appelé à acclamer l'équipe de rugby des Bourbons. Tant mieux si les aveugles sont heureux, mais il pourrait être préférable d'ouvrir les yeux pour éviter la révolution. Le silence de nos prétendus "intellectuels" me révulse, ils ne s'occupent que de Culture générale célébrant leurs idoles, en consolidant discrètement la domination raciste des américano-sionistes, en mettant en danger de punition aveugle les innocents bébés juifs ou états-uniens (et d'autres individus comme moi, bâtard semi-juif européen). J'imagine que Jésus-Christ et Karl Marx seraient choqués, même si les orateurs chrétiens et marxistes ne le disent pas.
    Je ne prétends nullement détenir la vérité ou le Bien. En ne donnant pas mon sang aux hôpitaux par peur des piqûres, je ne suis pas un modèle de générosité ; en étant sceptique sans exclure le solipsisme, je ne suis pas humaniste mais classé malade mental ; en ayant été choisi en tant que "occidental donc riche" par une épouse asiatique, je suis un profiteur, déchiré. Je me sens dégoûté par le tableau de ce monde. Et cette Coupe des Nations remue le couteau dans la plaie.

--------------------------- Réponse du frère ainé, agrégé en Education Physique et Sportive -----------

REFLEXIONS TRAUMATISANTES ?
par Pierre-François Meunier, 02/11/2007

1 : Les valeurs .
La valeur essentielle en l’occurrence, c’est l’union fait la force. L’ensemble des membres du groupe est plus fort que la somme des individus ( rôle des intéractions entre joueurs).
Mais il y en a d’autres comme le courage, la domination de la souffrance, le respect des autres (on forme un couloir à la fin pour applaudir et remercier les adversaires, vainqueurs comme vaincus), des règles (il faut se maitriser sinon pénalité) et de l’arbitre qu’on ne conteste pour ainsi dire jamais. Exemple lors de la demi finale 1991 entre Toulouse et Paris. A la dernière minute Toulouse se voit accorder par l’arbitre un drop que tout le stade ( et la télé ralentis à l’appui) a vu passer à côté . Paris perd d’un point et est éliminé. Dans les commentaires à chaud d’après match Paparamborde coach de paris, ancien pilier du 15 de France félicite ses adversaire au micro de France 2 ( antenne 2 ?) et ne dit pas un mot sur l’incident… Pendant cette coupe du monde les Blacks se font éliminer par les français sur une erreur d’arbitrage éhontée et flagrante, et là encore aucun joueur, aucun membre de l’encadrement NZ voire aucun supporter interviewé à la télé n’en a fait mention. ( l’honneteté me force à dire qu’il en a été tout autrement dans la presse NZ et sur le web dans les jours qui ont suivi…). C’est aussi ça le plus en rugby : le respect (mot combien à la mode donc dévoyé) existe autant sur le terrain que dans les tribunes. Quand 5 cons sifflent l’hymne de l’adversaire tu as 200 ou 300 personnes qui font « schhhhhut » ! Au rugby les papas peuvent emmener leurs enfants sans risque de bagarre dans les tribunes. Alors oui, il y a des valeurs « nobles ». Un ancien joueur disait que les règles sont compliquées et que c’est un peu un sport d’afficionados, c’est souvent un ancien joueur qui te le fait découvrir, qui t’explique les subtilités du jeu, des règles. Puis, c’est ton tour de transmettre le temoin. On est un peu entre connaisseurs, entre membres d’une même chapelle. Et il ne viendrait à personne l’idée de chier dans l’église, ce serait la honte, ce serait se renier soi-même.

2 : le culte du surhomme.
Dans le culturisme oui… En rugby… Faut voir… En terme de force brute ( le paquet d’avants) la victoire ne revient pas toujours au plus fort, cela peut être au plus malin ( la France contre la Nouvelle Zélande), au plus fin tactiquement voire au plus roublard ( n’oublions pas que l’argentin, à l’instar de son cousin le rital est fourbe, mais néanmoins vainqueur ( 2 fois) des nobles français à l’âme pure).
Les 2 meilleurs joueurs français de cette coupe du monde ont été de l’avis général Dussautoir et Elissalde. Ce dernier mesure au max 1m75, il joue donc plutôt avec sa tête… Quant à Dussautoir, c’est un joueur complet, un 3ème ligne aile plutôt coureur… Qui n’avait pas sa place originellement puisque appelé de dernière minute pour pallier à un forfait sur blessure. D’après Novès son entraineur à Toulouse, il a mis longtemps à s’adapter à son nouveau club parce qu’il a passé beaucoup ( trop ?)de temps à observer et à réfléchir… Comme surhommes dégoulinant de testosterone on fait mieux !
Alors bien sûr, on a Chabal, voilà un homme un vrai, mais un surhomme… Je ne sais pas…Pour les guignols de l’Info ce serait plutôt un homme à l’ancienne, un Cro Magnon, un homme d’avant la civilisation… Ceci dit, oui il y a une tendance, un retour de balancier, anti androgyne style Brad Pitt ou Leonardo DI Caprio, pour revenir vers des formes plus mâles, plus machistes. Effet de mode ? Il y a là sûrement quelque chose à vendre… Comme toujours… Cette image est nouvelle donc porteuse, c’est bon ça coco, ça va faire vendre !.. Et Chabal a un (e) agent (e) ( c’est une fille) qui est chargé d’étudier les propositions, les contrats publicitaires… Des tracteurs, du parfum, des tronçonneuses, on essaie de tout lui refourguer… Son job à elle, c’est de trier dans tout ça ce qui est bon pour l’image de son client, il faut faire durer l’adhésion populaire… Et donc les entrées de numéraire.
Pour le nationalisme, là je n’ai rien, je n’y comprends pas trop grand chose moi même… Il semble qu’à certaines occasions il faille absolument se sentir solidaires d’autres personnes qui n’ont comme unique point commun avec toi que de posséder les mêmes papiers d’identité… Bof ! En 1976 il fallait absolument soutenir L’A.S. Saint –Etienne parce qu’ils étaient français… Peu importait qu’ils aient un jeu brouillon en regard de l’Ajax d’Amsterdam qu’on avait admiré les saisons précédentes et qui elle a marqué l’histoire du foot comme étant l’une des 2 meilleures équipes de tous les temps… Non ! Saint – Etienne !.. Saint – Etienne !… Il fallait être derrière les Verts sinon t’étais rien qu’un con, pire même, pas loin d’être un sale traitre… C’est le même cocardisme ( hop neologisme !)qui t’empêche de connaître les résultats généraux du jour à Roland-Garros parce qu’on passe son temps à ne parler que des résultats des français, et si Nadal a battu Gasquet 6- 2, 6-2, sur les quatre balles qu’on va te montrer tu en verras 3 gagnées par Gasquet (… Seulement…Eh oui bien obligé de montrer la balle de match quand même…). Question : les media flattent elles les bas instincts ( le pareil c’est bien, le différent c’est caca) des masses ou cherchent elles à les influencer, et dans ce cas dans quel but et au profit de qui ? Là encore, à mon avis la réponse est économique ; aimez la France, achetez français, est-ce que les patrons des media ne seraient pas les mêmes qui te vendent justement ces autres produits bien de chez nous ?
Donc, apparemment le beau, ou la victoire est moins glamour que le français, mon cher compatriote. Donc il ne s’agit pas tant d’écraser les sous hommes étrangers puisque s’ils nous battent, cela reviendrait à dire qu’on est moins que des sous hommes… Et ça, ça craint !

3 : mon frère jubilait de m’écraser
Parfaitement ! La victoire est valorisante et donne confiance en soi. « A vaincre sans gloire, t’as vaincu quand même, et pis c’est tout ! ». Ca fait toujours une victoire dans la besace et c’est toujours ça de pris. Il n’y a pas de petit profit et tout ça…

4 : idée chrétienne : les dominés sont plus estimables que les dominateurs
Tu m’étonnes ! Si tu veux que la majorité oppressée ferme sa gueule et accepte son (triste) sort, tu lui fait miroiter un avenir hypothétique et lointain où tous les sévices et outrages qu’il a subis lui seront rendus au centuple… Pendant ce temps-là toi tu vis à ses crochets et tu bouffes du caviar à la louche… Et surtout, indique lui bien que tout plaisir est pêché, on ne sait jamais, il pourrait y prendre goût et cesser de bosser ( pour toi) . D’ailleurs il vit beaucoup mieux dans l’ascèse et le dénuement… Par contre toi tu peux vivre comme un porc, te livrer à toutes les exactions, de toutes façons si t’as de la thune, avec le régime des indulgences ta place au paradis est réservée… Cool non ? C’est quand même bien foutu ces religions… On me rétorquera que si ici plutôt l'institution de l'Eglise catholique qui est en cause ( elle qui a toujours vu d'un mauvais oeil les ordres monastiques ayant fait voeu de pauvreté, ou trop intransigeants dans la lecture des textes fondateurs ( comme les Cathares, impitoyablement exterminés)

5 : Le sport de compétition est anti chrétien
Oui tout comme toute forme de compétition : sociale, économique etc... L’économie de marché est pareillement anti chrétienne. Et comme le sport a été inventé par des nobles anglais, eux mêmes pères du capitalisme moderne, tout cela est cohérent…

6 : Le sport, l’olympisme
Le sport revêt plusieurs habits et a plusieurs fonctions qui parfois s’interpénetrent. Le sport pratiqués par tous peut répondre à divers besoins : hygiénisme, convivialité ou au contraire recherche de solitude, désir de domination ou d’affirmation, recherches de sensations fortes ou nouvelles, désir d’évasion etc…Mais dans les media, c’est surtout le sport de compétition qui est valorisé, on met en place des champions modèles, des icônes (plus ou moins branlantes, cf le coup de boule de Zizou…). Cette déformation, cette hypertrophie de cette forme bien particulière de pratique ne doit pas occulter les valeurs des autres façons de concevoir et faire du sport.
Mensonge olympique ? A l’évidence, passer de 280 participants plutôt issus des classes aisées ( et surtout pas de femmes, de noirs et autres métèques, le sport ne se pratique qu’entre gentlemen !) en 1896 à 10500 participants aux J.O d’Athènes en 2004, ne se fait pas tout seul. Là, on est dans le sport spectacle, le sport de compétition, on a affaire à des pros ( la notion d’amateurisme a disparu, les basketteurs de la NBA participent aux J.O depuis 1992 ), il est loin le temps des anathèmes sur les professionnels. Les pays de l’Est ont largement contribué à cette évolution, puisque les autorités souhaitant promouvoir leur système politique avec une vitrine alléchante avaient dispensé leurs athlètes de tout ce qui était défavorable aux résultats éventuels qu’ils pourraient obtenir ( sans parler du dopage organisé, la fin justifie les moyens…). Bien entendu, sport et politique sont mélangés, le sport ne vit pas dans une bulle, il est même la vitrine du pays qu’il représente.
Couverts d’or et de contrats publicitaires ? Bof, pas si sûr… Sur les 10500 participants aux derniers J.O, combien vivent dans l’opulence et les contrats publicitaires juteux ? 90 ? 100 ? Je ne suis pas sûr que les judokas ou les escrimeurs maintes fois médaillés se vautrent comme l’oncle Picsou dans une pièce remplie de pièces et de billets de banque. Alors que certains malins ou chanceux, profitent de la situation pour assurer leurs vieux jours ( qui sont d’ailleurs assez proches, la carrière d’un sportif est brève… Et fragile…), tant mieux pour eux.
La Marseillaise ? D’accord, les paroles sont scandaleuses aujourd’hui… Mais pas grand monde ne semble s’en soucier… Les mots n’ont ils plus de sens aujourd’hui ? Les gens sont ils trop cons pour comprendre ce qu’ils signifient ? Mystère… Je te rappelle en passant qu’on a un beau-frère qui n’aime pas Betsen parce qu’il ne chante pas La Marseillaise…

7 : l’ Occident minoritaire
Les moins nombreux dominent les autres ( en se parant de Démocratie)… Bien sûr, ça n’est pas nouveau, les riches minoritaires ont toujours dominé et régné sur le peuple, avec le secours des prélats ecclésiastiques, eux aussi faisant partie de l’élite. Je ne vois aucune raison pour que ça change. Si les petits sont trop remuants, on leur fomente une guerre civile bien fratricide, ou on leur enverra une bonne maladie… Les riches mèneront toujours le monde, puisqu’ils ont l’argent, donc les media, les armes etc…
8 : arret de toute coupe du monde des nations. Utopies
Pas d’accord, le spectacle peut être beau. Panem et circenses… Le peuple en a besoin. Les sportifs sont les gladiateurs modernes. Et puis pendant qu’il applaudit Zizou, il ne défile pas pour l’augmentation de son pouvoir d’achat.
Attention à ne pas talibaniser ! Interdire parce que l’on croit qu’on a raison…

9 : ALLEZ LES BLEUS !

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CORRECTIONS / PRÉCISIONS
par Christophe Meunier, 06/11/2007

    Les réflexions de l'expert sportif qu'est mon grand frère ont été pour moi très intéressantes, éclairantes, exprimant des malentendus m'incitant à clarifier ma pensée.

1 : Les valeurs --> mea culpa
    Mon énoncé de valeurs rugbystiques (hypothétiques) ne correspondait finalement pas du tout aux valeurs revendiquées par les initiés dans les stades. Je ne faisais qu'imaginer, avec un "peut-être" explicite, ce qui me paraissait spécifique de ce sport-là. J'ignorais que la tradition se trouve en pratique élever d'autres valeurs (esprit d'équipe, respect de l'arbitre, respect des adversaires, etc.), qui auraient pu s'incarner dans bien d'autres sports.
    Ces valeurs me paraissent effectivement "estimables" (je ne dirais personnellement pas "nobles" car je n'estime pas les prétendus Nobles, que le dictionnaire définit comme supérieurs). J'ai failli émettre des réserves sur la soumission à l'arbitraire (éventuellement injuste) de l'autorité arbitrale, mais cette autorité étant demandée par les deux camps, elle n'est pas oppressive, et un soupir soumis m'est bien plus sympathique qu'un cri de haine.

2 : Le culte du surhomme --> malentendu
    Mon opinion, mal exprimée ou mal lue, n'était pas du tout qu'il est regrettable de glorifier la force brute au lieu de l'intelligence ; c'était explicitement contredit (plus loin) par l'aversion que j'exprimais envers un David minoritaire cassant un pataud Goliath majoritaire, en filoutant avec succès pour prétendre incarner la démocratie. Ponctuellement, la télévision me rend autant malade avec ses glorieux Prix Nobel Français qu'avec ses rugbymen en bleu – la spécificité des coupes du monde est simplement le rabâchage tous les jours pendant un mois aux informations, et les tonnerres de Klaxons populaires qui suivent. Si un chef d'équipe de recherche a eu le sens tactique de rabaisser ses collaborateurs (locaux ou étrangers) pour accaparer toute la gloire, c'est lui qui a gagné, triomphé, et je le trouve plus moche que les gentils qui se sont laissés évincés sans se battre. Ceci dit, je ne condamne pas le talent. Merci aux compositeurs des (rares) chansons qui m'émeuvent, aux inventeurs qui ont généré l'ordinateur domestique popularisant la création (écriture propre et corrigeable, dessin composé retouchable, images photos modifiées). Dans le domaine de la force physique, je dis bravo au pompier super costaud (même handicapé mental, peu importe) qui a réussi à retenir une lourde grue qui allait tuer douze enfants.
    Je faisais simplement référence au culte sportif nazi du surhomme allemand écrasant les sous-hommes étrangers, qu'on m'a raconté – aux Jeux Olympiques de Berlin, Hitler serait parti en extrême colère après la victoire éclatante au 100 mètres ("épreuve reine") d'un noir, le but de la propagande organisatrice étant au contraire : "admirez le triomphe des aryens, démontrant la supériorité de la race à laquelle vous avez la gloire d'appartenir, chers spectateurs, surhommes comblés par Dieu ou la Nature, clairement cruel(le) envers les sous-hommes, ratés, mauvais". Cela pouvait être approuvé et acclamé, quand bien même les athlètes étrangers battus par le champion auraient aisément vaincu n'importe quel spectateur…
    Je suis ainsi choqué par les cris des supporters "On a gagné", "Nous sommes les champions du Monde", "La France a encore vaincu, géniale". Ma belle-famille, Philippine et Etats-Unienne, m'a affirmé que je DOIS obligatoirement ("you must") être fier de mon pays, par principe (j'ai répondu en être incapable, sans insister ni chercher à détruire leur patriotique tranquillité d'esprit – j'ai seulement dit que, spécifiquement en France, l'hymne national appelle à tuer les étrangers présents sur notre sol, et que le nationalisme en Europe est plutôt synonyme de guerre, des Etats-Unis d'Europe semblant préférables, quoique inexistants à ce jour). Le patriotisme semble un sentiment de grandeur collective classant ses membres comme supérieurs, triomphateurs, dominateurs. Même sans aucun talent individuel, il s'agit de triompher par procuration. Le statut à la naissance serait méritoire, comme le prétendent les aristocrates, les Israélites, les Hindous. Caste ou Race ou Patrie, le mécanisme semble le même, lié à la notion de nés-surhommes au-dessus de nés-sous-hommes, et cela me choque.
    Condamné pour ma résistance au dogme patriote, je serai peut-être traité de sale Juif apatride, ma circoncision (et mon ADN?) valant preuve(s) à charge. Avant d'être lynché ou brûlé vif, je signalerais que je ne suis aucunement Israélite, que je considère raciste l'Ancien Testament Biblique, criminelle la re-création d'Israël supportée par les USA non rendus aux Amérindiens. Les victimes Israélites de la Shoah voyaient se retourner contre elles leur terrible principe de race supérieure, moi au contraire je serais innocent sur ce point. Hitler-DeGaulle-Staline, Sharon-Arafat, Clinton-Bush, supporters patriotes : même combat, contre Jésus-Christ et moi (et d'autres, bien sûr, moins suicidaires, silencieux).
    CERTES, je comprends que trouver un adversaire commun peut motiver la solidarité dans un groupe, augmenter la performance globale et tempérer l'individualisme. Le sport peut canaliser la pulsion de guerre tribale, seulement jouée en spectacle avec un ballon ou autre. Mon frère parlant de "traître" a raison, c'est une logique de guerre, et toute connivence avec l'ennemi (humanisme et Jésus-Christ compris) est jugée criminelle. Mon jugement personnel sur le patriotisme sportif :
- si c'est à titre préventif pour éviter la guerre armée (en se défoulant de tentations mauvaises), c'est un petit mal utile que je prendrais comme une piqûre désagréable,
- si c'est une éducation ou incitation à la xénophobie (en encourageant les tentations mauvaises), c'est moralement un grand mal (au sens de morale = traiter autrui comme on voudrait être traité si on était à sa place), dangereux, générateur de guerre.
    Une incertitude de ce genre est officialisée, discutée, dans d'autres domaines (le jeu vidéo hyper-violent des ados modernes suscite-t-il la violence ou la calme-t-il ? la mitraillette en plastique des bambins prépare-t-elle la guerre ou défoule-t-elle dans la virtualité la tentation de tuer ?), mais pour le nationalisme sportif: pas un mot...
    Concernant ma définition de la morale : en fait, cette approche humaniste est mon point de vue en première approche, mais creuser la question me trouble – comme certains étrangers valent mieux à mes yeux que certains compatriotes, certains animaux valent mieux à mes yeux que certains humains, or je mange d'innocentes vaches abattues pour cela alors que je n'aimerais pas subir le même sort, je tue des moustiques alors que je ne voudrais pas être tué à leur place. Je fais un peu n'importe quoi, je suis plus hésitant que cohérent moralement. Réfléchir honnêtement est moins confortable que d'obéir à un texte sacré ou suivre un mouvement de foule (stade ou autre).
    Je ne pense pas que le bas instinct impliqué dans le chauvinisme soit "le pareil c'est bien, le différent c'est caca". La plupart des supporters sont hétérosexuels plutôt qu'homosexuels, et aucun ne refuserait je crois l'attribution (pour son numéro de billet ou de téléphone, tiré au sort) d'un milliard d'Euros, somme alléchante qu'il n'a jamais connue. Je préfère l'explication qu'est la bestialité par esprit de meute, farouchement et collectivement opposée aux meutes concurrentes, les plus forts étant en première ligne, générant l'ivresse de toute la meute s'ils gagnent.
    Je ne suis pas du tout convaincu que la justification du chauvinisme soit commerciale, pour faire acheter français. J'ai le souvenir du même parti pris outrancier dans les années 1970, avant que soient abolies les frontières douanières, qui ont amené le succès des produits étrangers bien moins chers que les nôtres. Et même si la victoire de 1998 a peut-être été fêtée au champagne bleu-blanc-rouge, je pense que la reprise de la vie quotidienne a continué à faire acheter Chinois ou Tunisien. Mais il y a peut-être effectivement des motivations inavouées, au-delà de la pulsion tribale. En pays très pauvre, le sentiment brut de triomphe collectif fait oublier la misère matérielle, prévenant le pillage des quelques riches au pouvoir. En France, cela fait peut-être oublier les injustices sociales (spectateurs = victimes, risquant de se révolter) ou injustices géo-politiques (spectateurs = privilégiés, risquant de culpabiliser). Cela me semble relever de l'abrutissement, simplement. Semi volontaire comme les beuveries alcoolisées (ou enivrantes récitations religieuses en coeur) dictées par la tradition. Cela ressemble à une mise en scène collective du balancement forcené de certains autistes (et certains ermites religieux), les yeux fermés, sourire aux lèvres. Les éducateurs, les médias, les "penseurs" n'en disent pas un mot, participant à ce vaste programme, apparemment. Même les révolutionnaires mondialistes d'extrême-gauche ne semblent pas hostiles au chauvinisme sportif: il a tellement de succès populaire que le condamner serait perdre leurs troupes. Et si une once de culpabilité se fait jour, il est facile de se laver la conscience en crachant sur les nationalistes d'extrême droite, taxés de néo-nazisme, ce qui classe par principe tous leurs opposants comme vertueux, même s'ils partagent les mêmes principes anti-humanistes, sportivement discriminatoires et xénophobes. Je trouve ça risible, ou affligeant.

3 : Mon frère jubilait de m'écraser --> précision
    Pour certains tempéraments enfantins, non criminels, je comprends que la victoire sévère, l'écrasement du petit faible, peut s'avérer un facteur de joie et d'équilibre psychologique personnel. Simplement, cette attitude de violence (physique ou non) génère la rancœur ou la haine en retour, et je préfère la paisible harmonie générée par celui qui soutient les faibles au lieu de les humilier. C'est un penchant personnel, doux, peut-être une tare qui conduit vers un état adulte de naïf désarmé, quand le bestial entraînement au combat crée des gagneurs, lui. Par ailleurs, j'estime que l'altruiste se fait plaisir autant que l'écraseur, ce n'est que de manière différente, dans un même contexte d'égoïsme universel.
    Je ne dis nullement que j'étais un ange altruiste, rudoyé par un méchant écraseur, c'est beaucoup plus nuancé. Je ne suis pas naturellement altruiste, étant plutôt égocentrique, introverti, peu sociable. Simplement, à 15 ans, en sabordant ma scolarité de gagneur pour m'investir totalement dans l'aide envers une faible triste, je pensais tenir (ponctuellement) un rôle vraiment aimable, digne d'amour en retour. J'ai été rejeté, cassé, et j'ai finalement survécu en déclinant ce rôle en milliers de rêves, me construisant autour de ce principe, dans la position sentimentalement masochiste de martyr injustement brimé (je n'avais peut-être plus en cela ma dose habituelle, mon frère ayant molli dans ses brimades). Mon équilibre consiste à trouver beau l'aide envers une faible, en partageant sa misère, et moche le broyage des concurrents ou compétiteurs. Ce n'est qu'une voie parmi d'autres. Simplement, les journalistes qui clamaient "TOUS les Français sont derrière les Bleus, pour la Victoire" balayaient mon cas anormal, écrasé de mépris. Sans l'ombre d'un argument, sans le moindre respect pour les sensibilités différentes.

4 : Idée chrétienne --> précision
    L'Histoire ne m'intéresse guère. Peut-être ou sûrement que les paroles chrétiennes ont été détournées au service des puissants, pour s'assurer un servage sans révolte des masses humbles (remerciées post mortem, leur était-il garanti). C'est très moche mais une déviation ne condamne pas nécessairement la source. Si des nazis ont joué au rugby avec une tête d'enfant décapité (le reste du corps étant converti en huile utile et joli abat-jour), c'est la dérive (ou trahison de principe) qui est atroce, non le rugby source qui doit être condamné. Idem si des champions du monde partisans de l'apartheid, en 1970, avaient convaincu que le ballon ovale doit dorénavant partout être remplacé par une tête virtuelle de "sale nègre ou chinetoque à nez écrasé", ceci étant ensuite accepté par le monde entier – la source avec ballon innocent ne serait pas salie par cette effroyable déviance devenue majoritaire... L'approche de Jésus-Christ, lue naïvement, me paraît belle. Et elle est encore plus belle sous forme laïque ne croyant pas aux récompense et punition divines, ne souhaitant que paix et harmonie ici-bas. C'est une utopie, peut-être peu crédible, mais elle me fait sourire de sympathie.

5 : La compétition est anti chrétienne --> désaccord
    Personnellement, je ne pense pas que toute compétition soit dure par principe. Imaginons un projet d'intérêt général, comme la fourniture d'énergie électrique non fossile à toute la planète:
- plusieurs équipes de recherche passionnées et convaincues d'avoir raison peuvent être mises en compétition, loyale, une seule voie étant finalement retenue après comparaison des prototypes et plans d'installation ;
- la joie du succès suffit aux vainqueurs, sans enrichissement ni promotion hiérarchique, les autres équipes se joignant alors pour participer à la production.
- Pour cette production, seraient mises en compétition les usines, visant le coût/prix minimal servant le public, les meilleures solutions se voyant généralisées ensuite.
    Cela n'aurait rien d'anti-chrétien, rien : la compétition économique pour la performance au profit de tous, sans appât du luxe personnel (ou familial ou communautaire), par exemple dans un monde frugal, serait belle. Cela n'a certes aucun rapport avec l'Humanité telle qu'elle se présente : sans la carotte de l'enrichissement inégalitaire, sans le bâton de la misère (ou de la police communiste), les feignants et profiteurs triomphent, donc les autres ne travaillent plus ou plus guère. Mais ce serait en principe possible.
    Même en matière de sport, sans autre intérêt général que le divertissement, la compétition pourrait être présentée comme vœu de se dépasser soi-même sous la pression de la concurrence, l'individu vainqueur ayant la joie d'avoir fait mieux que tout le monde, les perdants étant encouragés à le rejoindre et le dépasser la prochaine fois, ceux n'y parvenant pas étant consolés ("ce n'est qu'un jeu comme un autre") et réorientés vers d'autres activités pouvant les mettre en valeur. Ce serait le contraire d'une humiliation d'autrui avec écrasement maximum, durable, systématique. La joie du vainqueur serait intérieure, pour ne pas blesser, sans médaille refusée aux autres. Idéalement même, il n'y aurait pas de public ni télévision. Rien dans le principe du sport de compétition ne l'interdit, ce n'est que la direction choisie par le star system sportif qui est choquante (pour moi et pour le Jésus-Christ que j'ai inventé).
    On peut même imaginer un sport de compétition hyper-chrétien pour naïfs adorateurs de Jésus-Christ, genre boy-scouts ou moines, je ne sais pas. Il y a 30 compétiteurs au départ, qui courent une distance de 400 mètres. Le premier arrivé gagne le rôle de jouer Jésus: son trophée est une tarte en papier et au lieu de la garder pour lui, il a l'honneur de la couper en 30 pour la partager avec les malheureux perdants (le second arrivé ayant lui l'honneur un peu moindre de distribuer les parts). A la course suivante, l'ancien vainqueur est hors-course, spectateur, rejoint ensuite par le vainqueur de la 2e course, etc. Après 28 courses, il ne reste que 2 compétiteurs. Cette course est chronométrée. La trentième course, avec un seul participant, est aussi chronométrée, le but étant de faire mieux que la dernière fois. Puis les 30 participants de départ sont remis en course pour la 31e épreuve, etc. Cela peut paraître ridicule et nul à ceux qui recherchent l'écrasement d'autrui, mais en tout cas ils n'ont pas le monopole du principe de compétition.

6 : Le sport, l'olympisme --> mea culpa
    J'ai beaucoup employé les mots "le sport" là où il aurait peut-être fallu employer "le sport de compétition" – je pensais qu'on appelait "activité physique" le sport sans compétition, j'aurais dû regarder dans le dictionnaire. Sport = pratique méthodique des exercices physiques, selon Larousse.
    Je n'ai rien contre le sport, donc. Le jogging (sur un parcours systématique ou progressif, méthodiquement) ne me choque pas, du tout. Personnellement, je n'aime pas imposer cette pratique au corps qui m'est "attaché", mais je comprends que cela soit proposé aux enfants, pour un essai potentiellement plaisant, au même titre que le dessin.
    Je ne dirais pas non plus que tout sport de compétition me choque par principe. Les perdants pourraient être consolés par des victoires annexes, façon Tour de France ; en rugby : défaite au score principal mais victoire au trophée du plus long coup de pied en touche, de la plus longue course ballon en main, etc. J'ai entendu parler de "point de bonus défensif" pour le perdant ayant bien remonté au score, et ça va dans le bon sens. Mais j'aimerais que l'esprit sportif soit d'offrir discrètement ces victoires de consolation plutôt que de chercher avec acharnement à en priver l'adversaire. Si une équipe mène 78-0 à deux minutes de la fin du match, elle pourrait faire semblant de défendre pour laisser les malheureux marquer un essai, connaître un instant de joie.
    Les matches féroces entre amoureux de la domination sportive ne me gênent pas non plus, comme les séances entre sadiques et masochistes partageant le même plaisir bizarre, mais je regrette que cela soit ici en public, pour briller et se faire admirer des non pratiquants. Même sans nationalisme ou régionalisme générateur de guerre, la célébration du sport local m'attriste : je trouve que les jeunes filles ne devraient pas être éduquées à choisir le mâle dominant (pas confortées assidûment dans leur tendance bestiale en ce sens), pas incitées à perdre leur douceur éventuelle pour chercher à devenir femelle dominante (via le sport féminin, promettant une gloire comparable).
    Concernant les médaillés olympiques, je me suis apparemment mal exprimé aussi. Je n'ai jamais pensé que TOUS les médaillés étaient riches, je notais simplement que les médias célèbrent l'héroïsme des médaillés, avec de grands sourires ou même les mots explicites "merci de nous donner tant de bonheur", préparant les spectateurs à les idolâtrer, ce qui PEUT déboucher sur l'exploitation publicitaire, pécuniaire, l'accession au statut de riche "people" tirant grand luxe de sa notoriété.
    Idem pour mon expression "couverts d'or", maladroite. Je ne voulais pas dire que selon moi, on déversait des tonnes de pièces d'or aux pieds du vainqueur, c'est plutôt de symbolique qu'il s'agissait: ce qui est donné au vainqueur n'est pas une médaille verte en papier mais une médaille d'or, symbole antique de richesse du dominant, comme si on lui disait "bravo, tu mérites la richesse en récompense, étant le meilleur d'entre nous, le plus méritant". Et je préfère la naïve frugalité de Jésus-Christ (ou Mère Thérésa, qui a peut-être davantage existé) au culte du dominant accaparant pour lui-même (ou sa famille) la richesse, c'est à dire des biens pris aux travailleurs/producteurs peu récompensés.

7 : L'Occident minoritaire --> précision
    Merci à mon frère de m'approuver dans l'idée que la démocratie usuelle est un déguisement évident pour une (autre) forme de domination. Cette pensée est tellement absente des médias, crachant sur les régimes non démocratiques (donc "fautifs"), que j'en venais à me demander où je me trompe, pourquoi personne ne m'explique la logique qui m'échappe. Mon père vient de me l'expliquer, différemment: le populisme serait le règne des plus bas instincts, intolérance et esprit de clocher (conduisant au fascisme), donc la vertueuse démocratie doit être indirecte, et les prétendus "représentants" ne cherchent surtout pas à représenter honnêtement les vœux de la population en chaque chose. La population, "éclairée" ou guidée par l'école et les médias (orientés par les décideurs), ne peut que choisir l'un des groupes politiques exposant des promesses, puis le révoquer après lui avoir laissé quelques années les pleins pouvoirs. Trahison des promesses et choix de positions impopulaires (sur de nouveaux sujets) ne sont sanctionnables qu'après coup, par non réélection, en sachant que les remplaçants feront vraisemblablement pareil (sur d'autres sujets). Prétendre alors que la majorité du peuple a le pouvoir est un astucieux déguisement, ou odieux mensonge, selon qu'on s'en félicite ou s'en attriste.
    Parler de "l'élite" (ce qu'il y a de meilleur, selon Larousse) me gêne. Je comprends que les inventeurs géniaux ou créateurs plaisants fassent partie d'une élite talentueuse, mais je conteste ce titre aux dominations aristocratique, raciste, politique, financière, militaire, que je n'admire en rien, mais soupçonne d'inéquité, mensonge, loi bestiale du plus fort (physiquement ou autre, penser au venin).
    Avec un peu de recul, l'argent ne tombe pas du ciel, les plus riches ne sont pas un clan mystérieux mais me semblent être simplement les vainqueurs du système économique enrichissant certains aux dépens d'autres, par le mensonge commercial ou apparenté (à la question "Pourquoi est-ce si cher ?" n'est jamais donnée la réponse honnête "Pour que je devienne riche avec votre argent, après avoir sous-payé le fournisseur"), les restrictions au partage (aumône modérée, solidarité restreinte à la communauté ou nation), l'injustice salariale (haut salaire des décideurs, bas salaire des tâches pénibles), etc. Hélas, le goût pour le luxe immérité semble un travers de la bête humaine, pas une tare de rares méchants dans une Humanité naturellement bonne. Tuer tous les riches (ou leurs familles, leur camp) laisserait je pense la place à d'autres faisant pareil.

8 : Arrêt de toute coupe du monde des Nations --> malentendu
    Je n'ai jamais pensé "interdire" la Coupe du Monde des Nations. Ce que je disais était que j'aurais aimé rencontrer, dans le catalogue politique des possibles, une abrogation des frontières, dissolvant le concept de Nations. Dans ce rêve, des équipes pourraient librement se former et se mesurer, mais il n'y aurait plus de nationalisme sportif organisé, même si certaines équipes ont été constituées par des indépendantistes xénophobes, signalés comme tels (sans prohibition). Il s'agirait de toute façon d'une situation temporaire, avant la suivante élection mondiale, pouvant ramener au nationalisme (mais en assumant les violences liées, expliquées entre-temps). Les Coupes du Monde des Nations seraient suspendues, comme les Jeux Olympiques pendant les guerres mondiales, avant de revenir ou d'être remplacées par autre chose : matches d'équipes publicitaires genre Tour de France, ou au contraire matches sans public entre sportifs.
    Je ne veux pas interdire à autrui de penser différemment, j'expose un point de vue, et je suis prêt à changer de position si je perçois une autre logique compréhensible et davantage plaisante. En attendant, je dis ce que j'en pense, sans chercher à l'imposer, ni à séduire en cachant les problèmes ou en masquant mes sentiments trop personnels. La position "démocratique populiste" que je présentais n'est même pas tout à fait la mienne, en final, ce que je disais à moitié : j'aurais aimé la rencontrer car elle me paraît pure et honnête, mais elle est complètement utopiste, non crédible je crois. Elle serait restée extrêmement minoritaire, donc auto-invalidée : la majorité ne veut sans doute pas la cessation de la domination mais faire partie des dominants, donc une démocratie authentique n'aurait rien d'une garantie morale, risquant l'esclavage (ou extermination) des minorités. D'où un retrait de la position candidate à élection. En laissant la place aux menteurs dominants et candidats-dominants.
    Des historiens (et témoins) racontent que les marxistes ont cru pouvoir faire changer l'Humanité en monopolisant l'éducation et interdisant la contestation, temporairement, avant que de nouvelles générations pures puissent lever la contrainte, dans un Paradis sur Terre. Ces utopistes fanatiquement actifs se sont plantés, il semble que la bestialité n'était pas une tradition mais demeure un fond resurgissant de lui-même. Donc la violence ou la menace, l'intolérance, ne me paraissent en rien pouvoir résoudre le problème de la guerre tribale, ou du sport patriotique (ou régionaliste si les frontières d'antan étaient cachées, mises au secret).

9 : Allez les Bleus ! --> précision
    Un adulte qui dit au revoir à ses collègues ou parents en ajoutant "Allez les Bleus !" un soir de match, avec un sourire plein d'auto-dérision, peut s'amuser sans faire de mal, je trouve ça bénin – ou presque (la Marseillaise reste dure à avaler). Mais la télévision qui martèle "Allez les Bleus !" auprès des enfants et ados me choque, profondément. Même si ce n'est pas un endoctrinement salissant des âmes pures, mais l'encouragement à un mouvement spontané, il conviendrait de signaler les objections, présenter le choix, faire comprendre les risques de cette logique.

-------------------------------- Nouvelle mise à jour --------------------------

par Christophe Meunier, 04/08/2012

    Cette année recommence, pour les Jeux Olympiques de Londres, le forcing médiatique pour les médailles de nos athlètes nationaux, endoctrinement qui me choque (et qui a du succès, d'après les sujets de conversation de mes collègues, femmes comme hommes). J'ajoute toutefois deux précisions :
- Logique médiatique : il est clair que haranguer les foules pour attendre avec force une médaille "de chez nous" pour tel sport inintéressant (ou jugé tel habituellement), cela est bon pour l'audience, pour la célébrité des journalistes, pour le revenu (vente ou publicité) de leur média. Cela peut donc être artificiel, moralement contestable (flattant de mauvais penchants ?), mais très logique pour raison interne, commerciale ou apparentée. Comme le voyeurisme après les catastrophes, qui fait vendre les images de l'horreur en outrepassant le caractère privé des images de victimes.
- Logique religieuse : alors que je généralisais à partir d'une connaissance très partielle de l'Evangile (parabole du Bon Samaritain, "tendre l'autre joue", opposé de l'Antéchrist nitzschéen), j'ai maintenant lu les 4 Evangiles officiels, et je comprends mieux les abérrations, qui sont en fait dans le texte source. Jésus n'était nullement un humaniste non-violent. Il a un peu tout dit et son contraire, incluant son admiration pour les esclavagistes, son rejet méprisant et xénophobe à l'égard des non-Juifs (tolérés seulement s'ils se contentent de manger les miettes sous la table des Juifs), son appel au meurtre des incroyants puis leur torture éternelle... Des gens bons comme Mère Thérésa et l'Abbé Pierre ont manifestement choisi d'ignorer les atrocités chrétiennes voulues par Jésus, pour se centrer sur quelques phrases lumineuses (en classant donc le reste : mensonger, même si cela a servi des bourreaux se disant chrétiens). C'est en tout cas différent de la logique nationaliste "préférer l'Ancien Testament" que j'envisageais.