S’inscrire à BDS ? hum, j’hésite mais non
(Pas simple, pas facile…)
par I.Légälpeutètr [juifa sous Solian antipsychotique], 24/08/2016

    Un ami m’a informé d’une émission-télé où le député parisien Claude Goasguen (que je ne connais que comme corrupteur en chef, du fait de confidences familiales) aurait parlé d’une loi punissant de prison ceux qui ne reconnaissent pas Israël. Enfin, le détail était peut-être un peu différent, condamnant une association particulière ne reconnaissant pas Israël. Il m’a dirigé vers la rediffusion de l’émission en question : http://www.lcp.fr/emissions/ca-vous-regarde/274497-centre-dhebergement-le-16eme-sen-va-ten-guerre (émission « Centre d’hébergement : le XVIe s’en va-t’en guerre » de la série « cela vous regarde », sur la chaine parlementaire LCP). Et, entre les instants 33’58’’ et 34’55’’, après qu’un intervenant ait répété quatre fois peut-être l’expression « racisme et antisémitisme », Claude Goasguen dit qu’à ce sujet « antisémitisme », il est fier d’avoir obtenu au Conseil de Paris (quoiqu’hélas sans unanimité des votes) la condamnation de l’association BDS, qui ose nier le droit à l’existence d’Israël (ou des mots de ce genre, que je citerais volontiers s’il y avait un relevé écrit manipulable par copier-coller).
    Intéressé, puisqu’antisioniste moi-même, je suis allé voir le site Internet de BDS (https://www.bdsfrance.org/ ), qui signifie apparemment Boycott Désinvestissement Sanctions. Les précisions sont que l’anecdote Goasguen désigne le Conseil de Paris les 15/16/17.02.2016 (annoncé par le post du 10.02 et regretté sur le post du 18.02), et la justice autorisait la manifestation de contestation à condition qu’aucun appel au boycott d’Israël ne soit affiché. Fouiller un peu sur le site m’a aussi informé que la résolution ONU violée par Israël est la numéro 194 concernant le retour des expulsés palestiniens de 1948, que l’association internationale BDS a été fondée en 2005 par la société civile palestinienne, plusieurs juifs en étant membres, en estimant qu’un boycott d’Israël pourrait faire plier ce régime comme a plié le très similaire régime d’apartheid sud-africain.
    J’ai envisagé de m’inscrire à des mails d’information BDS, annonçant les nouvelles pages web publiées avec l’actualité future éventuelle, mais le log-in ne semble prévu que pour les déjà inscrits, sans aucune procédure d’inscription. Par contre, une procédure de don financier est prévue, ouvrant peut-être droit à inscription. A priori, je me serais inscrit comme sympathisant souhaitant information, mais je ne donnerai pas d’argent pour quatre raisons :
1/ Si j’ai de l’argent superflu, je préfère aider ma belle-famille en pays pauvre (ou semi-esclave en pays du golfe) plutôt que de le donner à des activistes français.
2/ Rédiger des textes peut se faire à titre bénévole sans exiger d’argent, et s’il y a des procès requérant argent pour les avocats non-bénévoles, ça me semble totalement vain (j’ai l’expérience de mensonge outrancier de la part d’une juge, inattaquable, dans une affaire d’adoption en 2015 ; par ailleurs, la justice applique la loi, or la loi française est injuste sioniste, notamment la loi Gayssot sacralisant le martyr juif en foulant au pied le martyr amérindien, c’est une part majeure du problème).
3/ En adhérant financièrement, je délèguerais ma voix aux représentants de ce groupe, et j’ignorerais ce qu’ils diront ; je ne suis pas d’accord avec ce principe, je préfère le principe individualiste « esprit libre » (même si c’est moins efficace en terme d’action).
4/ Même si j’étais poursuivi légalement pour mes résistances à la loi française pro-juive, dites à tort antisémites, je n’escompte aucunement devenir un martyr défendu par les avocats de BDS, préférant me justifier moi-même sans calculs professionnels au sujet des « mensonges pouvant amadouer les juges ».
    Ceci dit, quelles sont mes divergences avec BDS ?:
A/ Je ne souhaite pas un état palestinien façon 1966 ou 1947 (+ indépendance) mais l’abolition des frontières (d’Israël comme ailleurs) – si l’humanité préférait « chacun chez soi », équitablement 320 millions d’étasuniens devraient revenir en Europe, de toute façon ruinée comme si nous accueillions des millions d’africains et asiatiques.
B/ Je considère l’ONU… non comme un lieu de justice mais un manifeste d’injustice pro-occidentale sioniste ; l’ONU n’envisage nullement de rendre les USA aux Amérindiens comme Israël a été rendu aux Hébreux (prétendus) et il n’y a aucun espoir en ce sens même à très long terme.
C/ Je ne suis pas d’accord avec certains juifs anti-sionistes anti-goys et la question dépasse largement la Palestine. Les bébés juifs et individus descendants d’Abraham (juifas, comme moi) sont a priori innocents, et le dénier est un racisme simplement comme les autres (l’antisémitisme), mais il existe un racisme « juifo » anti-goy (même parfois antisioniste, voulant rester « sang pur » jusqu’à l’arrivée du Messie déclenchant la conquête d’Israël, ou voulant rester en Occident pour dominer les maudits goys malaimés de Yahvé), et le dénoncer n’est en rien du racisme antisémite mais une divergence politique osant l’antiracisme vrai – actuellement, des racistes (inavoués) accusent des antiracistes de racisme, et c’est une honte totale, immensément au-delà de la question palestinienne. C’est comme si l’on interdisait officiellement « le racisme et l’antiblanchisme », tandis que les partisans de l’apartheid domineraient la parole publique pour clamer « intolérable antiblanchisme » toute résistance à leur domination.
    Alors, que faire ? Si je suis en désaccord avec la conquête massacreuse des Amériques, dois-je boycotter les produits américains (au sens large, bananes martiniquaises et café brésilien inclus) ? Si je suis en désaccord avec les droits de véto ONU refusés à l’Inde et l’Indonésie (bien plus peuplées que France et Grande-Bretagne), dois-je boycotter les produits des pays à droits de véto, et m’exiler hors de France ?
    Je ne suis pas persuadé du bien-fondé, en ce sens, du boycott contre les produits israéliens (que je vois comme une demi-mesure ne résolvant pas le fond des problèmes). Pourtant, j’ai plus de sympathie pour les antisionistes que pour les sionistes majoritaires, à tête lavée par la propagande télé (« idéal » transmis : approuver l’invasion 1948 contre la restitution de l’invasion 1967), et m’inscrire à BDS serait un moyen de le manifester.
    Mais non, je ne délègue pas ma parole à BDS, ils n’ont que ma sympathie, partielle.