Critique humaniste du livre « Soldat à 17 ans. 1944 »
oser l'antimilitarisme, pas dupe
par Tiyeur C. Négallet, 27-31/12/2016

  L’auteur de ce livre, Jean Belotti, âgé de 89 ans, est un célèbre spécialiste d’aéronautique dont j’apprécie les billets périodiques souvent osés (contre les grèves aériennes chroniques, par exemple) et qui a l’immense amabilité de répondre aux commentaires et objections (m’avouant ainsi pourquoi il n’avait pas contredit le mensonge officiel évident concernant la responsabilité au sujet du Boeing malaisien abattu en Ukraine 2014 – les Droits de l’Homme étant discrètement violés par l’Occident refusant le référendum d’auto-détermination locale). Il disait expliquer l’origine de sa passion aérophile dans ce livre pour lui très majeur, essentiellement consacré à son combat pour l’Indochine française (concept pour moi coupable, même si feu mon oncle Raymond a suivi le même chemin en y pilotant des Bearcats, bombardant les villages, à regret), et j’ai voulu me rendre compte en lisant cet ouvrage, à couverture aux couleurs nationalistes. En fait, ce n’est pas du tout un témoignage ultra-précis pour spécialiste exclusivement, cela se veut un livre expliquant le contexte aux jeunes générations, et c’est déjà là que je suis choqué, par l’avalanche de propagande non digérée.
  Je vais détailler ci-après ma lecture personnelle, citant les points pour moi incorrects et m’expliquant après le signe -->.

Dos de couverture
* (extrait de page VII) « le désir d’agir avec ceux qui ont, d’emblée, rejeté l’occupant » --> Ces mots désignent le combat 1944 de Français contre les Allemands, mais… dans les colonies françaises 1900-1940, il y avait pareillement occupation, mais par les Français écraseurs méprisants, comme les Allemands écrasaient-méprisaient les Français 1940-1944… Non, il ne fallait pas faire à autrui ce qu’on ne voulait pas subir soi-même, et la révolte tueuse unilatérale me paraît totalement injuste, comme si des méchants trouvaient intolérable la méchanceté, contre eux-mêmes exclusivement puisqu’eux-mêmes faisaient pareil envers les plus faibles qu’eux…
* (extrait de page XI) « bien que n’étant pas destinés à devenir des héros, se sont battus pour que nous puissions vivre en paix, dans la dignité et en hommes libres. » --> Je ne suis absolument pas d’accord. Ces tueurs nous ont légué un monde xénophobe horrible, indigne selon mes valeurs, en (se lamentant par exemple du moindre nombre de touristes étrangers tout en) refusant les visas d’entrée touristique à mes neveux et nièces philippins (avec administrations de droite puis de gauche, pareillement). Avec dogme officiel punissant le doute de prison ferme (loi Gayssot anti liberté de pensée). Avec gouvernement par politiciens racistes pro-Juifs voulant la guerre contre les antisionistes islamistes, quitte à faire tuer leur population au nom de laquelle est déclarée la guerre, menteusement (en profitant de l’interdiction de référendum d’initiative populaire qui soumettrait les quelques élus à la masse des électeurs). Que les tueurs français 1940-45 aient fortement risqué leur vie m’est indifférent : si on avait bâti l’amitié franco-allemande un siècle plus tôt, ces horreurs réciproques n’auraient pas eu lieu – la haine de l’autre, ça se paye, et je ne trouve pas un camp héroïque. A mes yeux, pas nés même en 1962, ce ne sont pas des gens quelconques qui sont devenus des héros en 1940-45, ce sont des très-méchants qui sont devenus des tueurs. Au sujet de la liberté, j’ajouterai un point, grave : en 1946, les Malgaches ou Indochinois n’étaient nullement dignes et libres mais asservis écrasés comme « indigènes », avec bénédiction de toute l’intelligentsia, ne trouvant horrible le concept « sous-hommes » que s’il ose être appliqué à la « race élue », se jugeant supérieure (sans le dire ainsi, certes, mais nulle part, hors de mes écrits, il n'est question de rendre les USA aux Amérindiens comme Israël a été rendu aux prétendus Hébreux).

Préface d’Yves Guéna (page VII)
* « l’esprit de sacrifice qui appelle à se battre quand la souveraineté et la dignité de la Patrie sont en cause. » --> Non : la Patrie me semble un concept xénophobe rejetant l’étranger, et je préférerais un monde sans frontière, nous forçant au partage sans plu' blablater pour cacher notre égoïsme (groupiste) féroce. La souveraineté nationale a décru avec la construction européenne et protester jusqu’à tuer pour cela ne me semble nullement admirable. A mon avis ces paroles sont de l’intoxication nationaliste aiguë. Certes, cela peut se vivre en pauvre victime d’intoxication (façon plus ou moins enfantine « 17 ans »), mais le préfacier semble ici un propagandiste intoxicateur. Toutefois, il ne faut pas s’arrêter à cette lecture, l’auteur pouvant avoir un avis différent du préfacier. Petite précision : je ne suis pas un européaniste virulent, haïssant la petite nation et les non-Européens, je considère que l’égoïsme européen reproduit à échelle supérieure le rejet de l’étranger (comme l’égoïsme étasunien reproduit à échelle supérieure l’égoïsme californien – cf. "Les raisins de la colère" anti migrants pauvres du middle-west).

Remerciements (page VIII)
* Yves Guéna (…) a gagné l’estime de tous. (…) au service de sa Patrie (…) œuvrer pour défendre les valeurs de la République (…) président de la fondation Charles de Gaulle, Grand croix de la légion d’honneur, croix de guerre 39-45, Médaille de la Résistance. » --> Erreur, lourde : ce monsieur Guéna me parait un fier patriote xénophobe, n’ayant nullement mon estime. Et cette République dont il prétend défendre les valeurs me semble une pourriture antidémocratique. L’électeur en colère est condamné à voter pour le camp d’en face, qui pourra faire exactement pareil, et la propagande est systématique pour transformer les gens en moutons, râleurs aigris mais assez dociles.

Présentation (page XI)
* « Plus de dix millions d’êtres humains ont péri dans les camps de concentration et d’extermination nazis, dont une majorité de Juifs. Note/ La Shoah : génocide antisémite ayant consisté à tuer en masse des groupes de juifs dans les camps de concentration nazis. Il fut procédé à des arrestations et déportations avec confiscation des biens, pillages qui alimentaient le Trésor allemand. » --> La manœuvre me parait abjecte : puisque la loi française interdit formellement de douter de cela, l’auteur se place en champion de la vérité incontestable, sans envisager une seule seconde que les objections et arguments-contre sont étouffés sous menace armée (dictature explicite mais inavouée). Par ailleurs, les Français ont fait tout aussi horrible en matière de pillage, jusqu’à aujourd’hui : l’attraction touristique majeure de Paris, faisant sa fortune, est sa collection d’antiquités égyptiennes au Louvre, volées par les armées napoléoniennes et jamais rendues aux autochtones. Mais non, chut : le Mal, c’est exclusivement le pillage s’il est antisémite, et il ne faut même pas le dénoncer, cela aussi est classé antisémite, c’est bétonné, et simplement injuste raciste pourri. Mais l’auteur déverse la propagande habituelle, s'attirant là assurément la bénédiction des médias, israélophiles.

Corps du livre
* (page 18) « (Hitler) s’attaque à la Pologne et déclenche la Seconde guerre mondiale ». --> Erreur : c’est là de la propagande pur jus, car les attaques d’Inde, Indochine, Afrique, Amérique, bien que similaires, n’ont en rien déclenché guerres mondiales. Il se trouve simplement que les dominants du monde en 1939-41 ont décidé cette guerre mondiale, n’autorisant pas les autres à faire comme eux-mêmes. Je ne dis pas du tout qu’Hitler était légitime en attaquant la Pologne, je dis que la conquête franco-anglaise d’Amérique-Afrique-Asie-Océanie était totalement illégitime, ni plus ni moins, et le scandale ici prétendu est mensonger, horrible. Evidemment, cette seconde guerre mondiale a visé la capitulation sans condition, nullement la paix négociée à concessions réciproques, qui aurait fait abandonner nos propres conquêtes, équitablement. Les armées alliées sont allées massacrer des civils et bébés pour cela, avec les horreurs de Hambourg à Hiroshima (et grand succès exterminateur par « tempêtes de feu », « terror bombing », de Dresde à Tokyo), nullement condamnées comme un meurtre d’enfant juif, considéré un milliard de fois plus grave, pourquoi ? sans racisme…
* (page 23) « vous connaissez le contenu de l’appel du général de Gaulle (…) capituler (…) oublient l’honneur, livrant le pays à la servitude (…) Un jour, ces forces écraseront l’ennemi, il faut que la France, ce jour-là, soit présente à la victoire. Alors elle retrouvera sa liberté et sa grandeur. » --> Non, tuer pour l’honneur est un meurtre, l’honneur prétendu ne justifie en rien un combat mortel. Et je conteste que la France était honorable, ayant militairement écrasé les pays plus faibles, pour les asservir pareillement. Le Général approuve ainsi l’asservissement d’autrui mais clame intolérable le sien… selon le principe, moralement affreux (anti-altruiste), "Faites ce que je dis et pas ce que je fais". En 1940, des monstres me semblent avoir été attaqués par d’autres monstres. La prétendue grandeur de la France reposait d’ailleurs sur sa vaste présence géographique sur tous les continents, par conquêtes massacreuses opprimant les populations recevantes, c’est très affreux, nullement grand moralement. Et, effectivement, après 1945 la France a obtenu le grand privilège d’avoir un des 5 droits de véto ONU, mais avec les indépendances des majorités dominées, c’est devenu comme le Royaume Uni un tout petit pays, gardant jalousement sa suprématie diplomatique, aristocratique, sans qu’il y ait transfert aux bien plus peuplés Inde, Vietnam, Indonésie. Ce n’est nullement grand, cette fausse supériorité illégitime est très honteuse à mon avis.

Stop, je n’en peux plu’, j’arrête là. En plus, il était marqué noir sur blanc (page IV) que citer une partie du texte sans autorisation constitue de la copie illicite, poursuivable devant les tribunaux. Non, j’abandonne, en forme de défaite (quoiqu'en disant ce que j'ai sur le coeur) – la loi, pourrie, est de son côté dominateur injuste. Et pas besoin de continuer à lire un texte (de 301 pages) exigeant soumission à des pseudo-valeurs contraires à mes évidences les plus profondes. Ce livre de propagande nationaliste, aux couleurs de sa couverture, est irrecevable, pour un humaniste antipatriote (donc anormal en un pays où en 2016 progresse très fort le vote nationaliste, et où les prétendus antinationalistes chantent tout autant l'abominable hymne appelant les civils à tuer les étrangers et leurs bébés, prétendus de "sang impur"...). Toutefois, je ne regrette pas le prix payé, nullement volé, m’ayant aidé à réfléchir, en opposition frontale.
  Signé : un fils de professeurs d’Histoire-Géographie-Instruction Civique, n’ayant apparemment rien compris (osant l’intelligence critique, pourtant punie)… par ailleurs auteur aéronautique aussi, mais antiréaliste rêveur... et puis juifa d'origine mais sans communautarisme aucun (donc pas juifo, même si la stupide Académie Française préfère l'amalgame cachant les coupables derrière quelques innocents).

Note 17/04/2017 : Concernant le dogme très officiel sur la Shoah
  Un ami m’a communiqué la très intéressante explication du scandale intellectuel que me semble la condamnation du négationnisme tout en prétendant à la liberté d’opinion (l’interdit de déni constituant explicitement un dogme). Selon lui, lecteur de Michel Onfray, cela vient du philosophe juif allemand Hans Jonas, disant que « la négation du génocide fait partie du génocide ». Il donne pour preuve que les auteurs d’un génocide veulent toujours effacer leurs crimes (et Hitler avait prévu de raser les camps après qu’ils aient rempli leur office, pour en faire des parcs de jeux pour enfants). Je suis effaré, face à cet illogisme intellectuellement malhonnête : s’il est clamé que les mères infanticides mettent toujours leurs bébés tués au congélateur, va-t-on condamner pour meurtre tous les usagers de congélateurs ??? C’est de l’idiotie profonde, de la condamnation par amalgame super-stupide, super-aveugle. Si des tueurs (prétendus) peuvent nier un meurtre, des sceptiques peuvent aussi en douter et ça ne fait en rien de eux des tueurs. Tout juré ne croyant pas à la culpabilité de l’accusé sera-t-il à son tour jugé pour le crime dont celui-ci est accusé ?? Pire : ne pas croire au cannibalisme, est-ce manger son prochain ??? Idiotie profonde, valant loi en France. Outch !