L’école religieuse dont je rêve (Humour ?)
par Amécie (pas le A privatif : le protozoaire), 25/03/2012

    Mon fils ira au catéchisme (Jésus a demandé de me tuer si je m’y opposais, Matthieu 18.6-9, Marc 9.41-42), OK (hum), mais j’aimerais que ça soit une belle école morale, pas une horreur. Je rêve :

– Citation : Evangile de Matthieu 15.21-24 : « Guérison de la fille d’une païenne ». Une Cananéenne lui demande d’exorciser sa fille. « Jésus répondit : "Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues d’Israël" ». 15.25-26 : « Mais elle vint se prosterner devant lui : "Seigneur, viens à mon secours !" Il répondit : "Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens." » 15.27-28 : «"C’est vrai Seigneur, reprit-elle ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres." Jésus répondit : "Femme, ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu le veux !" Et, à l’heure même, sa fille fut guérie. »
– réponse : hourra, gloire au Seigneur !
– Exercice : Remplacer Cananéenne par Juive et tribus d’Israël par tribus aryennes, alors ce Jésus passe au tribunal pour crime de racisme antisémite fasciste. Cherchez l’erreur…
– réponse : trouvé ! Ce rabbin Jésus est très normalement un Israélite raciste, et il entend être reconnu comme le Messie Israélite. Il sera rejeté par la plupart de son public cible, et se rabattra donc sur les étrangers qu’il traitait de chiens. Ouille-ouille-ouille, la bévue !
– Exercice : Qu’aurait dit le vrai Jésus, l’inventeur de la morale humaniste (non-raciste) universelle ?
– réponse : trouvé ! : Il aurait dit presque le contraire : « Cananéenne, je suis désolé : tous les humains se valent en dignité et en droits, nul humain n’est un chien à la naissance ; hélas, ma mission à moi est de ramener les racistes israélites à l’amour d’autrui, je n’ai hélas pas le temps de m’occuper de ta fille, je te demande pardon. »
– Et quand la Cananéenne se présente comme chienne se contentant de manger les miettes sous la table des maîtres ?
– ben : « si tu refuses le travail, tu n’auras effectivement que les miettes, mais si tu es plus travailleuse que ces prétendus maîtres, c’est toi qui devrais être à table. Ne les tue pas, dis leur qu’ils sont pourris et seront punis, par Dieu post mortem et ils risquent de se faire tuer par moins gentille que toi. »
– Et la fille possédée ?
– oui : « Oups, si, finalement : j’ai trois secondes à vous consacrer, hop, que ta fille soit guérie, et tous les possédés d’ailleurs, avec signature "cadeau du Christ" sur le front, en langue locale (ou chanté par un papillon, pour les tribus n’ayant pas l’écriture). Je ne suis pas complice du Mal : je suis venu guérir le Mal, moi (le Vrai moi). »
– Exercice : qu’aurait pensé ce Jésus-là du meurtre et asservissement des Cananéens (là avant Israël) ? puis expulsion ou meurtre des Amérindiens, des Palestiniens ? Non, annulé, c’est une question illégale, jouons au ballon ! rond ou ovale ?

Ajout julevernien (21/08/2016)
  Quand j’étais enfant, les enseignants nous encourageaient à lire/dévorer les livres de Jules Verne, et je me souviens surtout de "Deux ans de vacances" : des enfants français au 19e siècle se retrouvent sur une île déserte, sans adulte survivant, et recréent une société ; ils se veulent démocrates et organisent une élection pour un jeune chef, mais "bien sûr" le mousse noir n'a pas le droit de vote "puisque il est noir"... (ça ne semble pas une critique par l'absurde choquant mais une évidence sincère de l'époque). Et la réaction de l'enfant noir en question est qu'il accepte cela sereinement, sans protester, c'est ça un "bon noir", inférieur mais pas mauvais : se reconnaissant inférieur. Jésus a exactement traité ainsi la cananéenne : il l'approuve de l'adorer lui, et de se reconnaître inférieure aux juifs, elle est ainsi "une bonne inférieure, une bonne chienne". Et je trouve que c'est atrocement raciste, tant l'élection par tous sauf noirs que le traitement jésuesque de la cananéenne, le traitement israélien/israélophile des palestiniens/goys. Non, ce détail n’était pas une anecdote absurde du 19e siècle, le problème est partiellement intemporel, partiellement très actuel, et le dire n’est pas de l’antisémitisme raciste, c’est au contraire de l’antiracisme vrai, donc hérétique, certes, sous domination judaïque inavouée.