Changement de dizaine d’âge : un autre regard
C’est pas grave, mais pour des raisons mathématiques selon moi
par Passy Vyeu, 03/09/2022


   Mon meilleur ami de classe, quand nous étions en terminale (matheuse, "C" à l'époque), va avoir soixante ans la semaine prochaine (tandis que j’ai encore 58 ans parait-il), et ça le secoue notablement, il signe « papy » bien que n’ayant pas de petits enfants (ni enfants). Et je le taquinais en lui disant que pour quelques jours encore, il est jeune… mais non, je n’y crois pas : ni jeune avant anniversaire ni vieux après. Enfin, j’ai entendu des collègues à mon labo se dire entre eux : le chiffrage des ans n’a pas d’importance, tant qu’on a la santé, etc. Je suis d’accord pour la première partie : le chiffrage des ans n’a pas d’importance, mais les raisons que je donnerais (en tant que ± sceptique) sont différentes – enfin : en tant que quadri-cancéreux je suis peut-être à la fin avant d’être vieux en âge chiffré, mais le problème n’est pas là, mes doutes vis à vis de la mort du moi étant sur un autre site.

1/ L’hypothèse du rêve
   Si demain, je vais avoir 60 ans (ou 50, 40, 80…), c’est très loin d’être sûr dans l’absolu, c’est purement relatif au monde présent, que je suis peut-être en train de rêver (et il est possible que j’ai 10 ans, en vrai – si tel sera durablement le monde d’après, après « réveil »). Descartes a bien secoué la crédibilité de ce monde en énonçant l’hypothèse du rêve (présent, mien), mais il a tout raté sa reconstruction, intégralement illogique. Comme dit le gourou indien Sri Maharaj (dont le livre « je suis » a été traduit en Français) : oui, « je pense donc je suis », mais je ne sais rien d’autre. En particulier je ne sais pas mon âge.
   Je pourrais dire que mon âge est entre zéro et plus l’infini (le sens des nombres négatifs en âge étant peu intuitif). Mais si l'âge sur fonction logarithme est non pas l'abscice mais le chemin parcouru, mon âge est entre "1/infini" et "+ infini".
   Je ne sais même pas si je suis humain, hors du présent monde peut-être onirique : je suis peut-être un bœuf ou un caillou ou un immatériel genre prout inodore ; ou en termes animaux : je suis peut-être une tortue géante vivant 250 ans ou un micro-insecte éphémère vivant 20 heures. Enfin, le modèle animal du papillon est intéressant ; avant la naissance comme papillon, il y a une vie comme chenille. Et le bébé né humain a parait-il une vie antérieure in utero (même si on n'a plu' le droit de le dire, du fait de la dictature pro-avortement classant l'humain pas encore né en vile saloperie jetable à titre "médical"). Ou selon les hinduistes et bouddhistes : avant la dernière naissance, il y a les vies antérieures, avec un total vécu possiblement infini (avec amnésie répétée).
   La logique mathématique est selon moi bien préférable à la logique réaliste : on pose des axiomes, puis on est logique. Avec changement d’axiomes on se situe totalement ailleurs, et les chiffrages peuvent être très différents. Il n’y a que les crédules matérialistes déterministes qui choisissent un truc bétonné sans choix. On est légitimement (logiquement) en droit de considérer que c’est abusif.

2/ Le début imprécis ou faux
   Par ailleurs, à en croire mes souvenirs, le comptage n’est pas crédible pour la partie « début ». Ainsi pour la partie « zéro à 2 ans », c’est comme si je n’étais pas là. On me dit que cela a duré 2 ans, 730 jours, mais je ne les ai pas comptés pour vérifier. Peut-être que c’est comme la fonction logarithmique : en dessous de 1, ça diminue de plus en plus lentement, s’étendant à l’infini. On retrouve cette observation dans le vécu ; le monde est bouleversé de changements entre 13 et 15 ans, alors qu'entre 56 et 58 ans, à peu près plu' rien ne bouge, comme figé. Et aux touts débuts a ainsi pu s'écouler un temps immense, en un sens. Oui, peut-être que j’ai un âge infini, et le changement de « dizaine » sur la partie finale actuelle (« rapide »), c’est totalement négligeable, vide de sens.
   Les matérialistes ont beau raconter que cela s’explique par l’immaturité du cerveau humain à la naissance, bien moins performant que chez bon nombre d’animaux, immédiatement autonomes à la naissance, pour survivre. C’est entendable comme roman mais pourquoi y croire ? Certes, le spectacle d’autrui ressemble à cela mais ce n’est pas la question, qui est relative au moi. C’est comme l’hypothèse du rêve : avant de croire les blablas racontant le monde humain, je devrais me demander ma crédibilité à moi, ma position à moi, pas forcément spectateur externe mais centre du monde (de mon point de vue). Et ce n’est pas spécialement "égoïste", ceux qui jouissent à se dévouer se font plaisir à eux-mêmes aussi, jusqu’à l’acceptation de la douleur parfois (ce qui peut être un masochisme). Enfin, oui c’est "égocentrique", mais ceux qui prétendent ne pas l’être semblent menteurs, faisant semblant de ne pas être le centre de leur propre monde. Sri Maharaj a la lucidité de douter que les gens dits être ses parents étaient là « avant lui » et que s’il est né, c’est que ceux-ci ont fait des trucs ou quoi, non : son « je suis » est sa seule certitude, et moi je n’ai même pas celle-là : quand on dit « je pense donc je suis », le je qui se sent penser n’est pas forcément le même que le je qui est. On peut dire « quelque chose est plutôt que rien », mais aller inventer la notion de moi (commun « en rêve » et « hors rêve » ») est douteux. L’âge de ce moi est bien sûr encore pluss douteux.
   L’adage prétendu sage « je ne crois que ce que je vois » aboutit à dire que, dans mes souvenirs, je ne vois pas la partie « zéro à deux ans », qui a donc pu durer 60 milliards d’années ou encore davantage… (les scientistes hurleront que c'est impossible car l'Univers lui même est âgé de 13,8 milliards d'années, mais ils oublient que ce chiffrage vient d'un système interdisant de se demander si je suis en train de rêver, ce qui ne mérite que la poubelle en terme de logique pure, et qu'ils psychiatrisent cette question les fait ressembler aux Soviétiques déclarant fous les intelligences dissidentes, oh non ce n'est pas glorieux).

3/ La base de comptage
   Le centrage sur les dizaines n'est pas obligé, mais purement relatif à la nase dix. D'autre conventions utilisent la base douze (avec moitié, tiers et quart entiers, comme 1 an = douze mois, 1 matinée = douze heures) ou soixante (avec cinquième et sixième aussi entiers, comme 1 heure = soixante minutes, 1 minute = soixante secondes), ou la base seize (hexadécimale, en electronique) ou la base deux (binaire, en informatique).
   La convention française n'est pas assurément préférable au système britannique (1 pied = douze pouces, et avant 1971 : 1 schilling = douze pences, et 1 livre = 20 schillings). Plein de conventions sont possibles, rien de précis n'est brutalement imposé à l'esprit (informé).