Pourquoi et comment je ne suis pas devenu professeur
par A. Bolsa Télytt, 29/08/2021

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   Mes deux parents étaient professeurs, mes quatre grands-parents étaient enseignants, mon frère unique est professeur, pourquoi ne le suis-je pas moi-même ? C’est compliqué à expliquer, mais je vais essayer ici.

Parcours
  Quand j’étais enfant, j’étais passionné de dessin, et je voulais « quand je serais grand » devenir dessinateur de bandes dessinées.
  Puis, conscient de mes insuffisances en dessin créatif de personnages humains (pas génial sans copie de modèle), j’ai souhaité devenir « ingénieur en dessin aéronautique ».
  Puis à l’adolescence, une jeune fille m’a tué, et un ancien prof m’a dit que ma seule chance de reconquérir son cœur était de devenir un grand médecin. J’ai donc voulu devenir médecin (sans frontière, généreux et pas riche notable).
  Puis cette fille m’a dit vouloir ne plu’ jamais me revoir, quel que soit mon futur métier, et j’ai voulu redevenir mort ou être zéro, balayeur de crottes de chiens. Suite à négociations familiales, j’ai accepté de faire quand même de courtes études, pour devenir technicien (en biologie-biochimie).
  Embauché dans l’industrie, j’ai prouvé leurs erreurs à mes chefs stupides, et ils m’ont fait exclure en invalidité psychiatrique, pour continuer eux à s’enrichir par le mensonge (avec cascades de complicités, achetées ou aveugles). Ce n’était donc pas le Paradis non plu’. Aurais-je donc dû prendre au sérieux l’éventualité de devenir professeur ?

La voie CNED
  Mes parents ont été, entre autres postes, employés de l’enseignement public par correspondance, et mon frère a corrigé des copies (à temps partiel) pour cet organisme, et ma famille m’a ainsi dit que, tout en étant employé technicien dans le privé, je pouvais en complément de revenus (à temps partiel) corriger des copies en anatomie (comme mon frère) pour le CNED (ou CNEC si c’était avant 1986).
  J’ai regardé un peu à quoi ça ressemblait et j’ai refusé : il s’agissait de vérifier si les élèves répondaient conformément à un cours donné. Mais je n’avais aucune idée si ce cours était la vérité, ou un truc temporaire en voie d’effondrement, un élève pouvant avoir raison de le contester, de par son expérience personnelle. Pourquoi le punir pour non-obéissance au cours imposé ? Cela me semblait scandaleux sur le principe, et je ne voulais pas être petit officier appelant ainsi à la discipline réciteuse aveugle.

La voie HPLC
   Dans mon travail, à peu près à la même époque (entre 1985 et 1992), j’ai été appelé à participer comme formateur à une cession de formation « le dosage des antibiotiques par chromatographie liquide », ce qui était la part essentielle de mon métier et là aurait apporté complément au titre de la formation continue à des stagiaires temporaires en fait professionnels du domaine. Je n’étais pas fonctionnaire bougon refuseur mais employé du système privé à la dure, et donc je me suis senti obligé d’accepter.
   Mais, sur le principe, j’étais angoissé, n’ayant pas de connaissance exhaustive sur les domaines rares (chromatographie en phase non-reverse ou par échange d’ions), ne pouvant que répéter ce que j’avais reçu en cours de formation (sur la chromatographie classique, sur les voies innovantes comme l’appariement d’ions et le masquage des silanols résiduels), assorti de mes expériences sur un grand nombre d’antibiotiques (une centaine). Pire : je ne connaissais rien de rien au domaine de l’extraction à partir d’échantillons biologiques (très différents de nos échantillons industriels), et même si un cours particulier était dédié à cela (avec une spécialiste), j’ignorais tout des interférences avec le sujet qui serait le mien, sur les phases injectées notamment.
   Finalement, j’ai fait ce cours (comme professeur donc, une heure dans ma vie !), et heureusement les élèves n’ont pas objecté ni posé de questions me dépassant totalement (j’aurais avoué mon incompétence, mon inadéquation dans cette position de professeur). Personne ne s’est plaint, mais les années suivantes, mon entreprise n’a pas reproposé ce sujet de formation, ouf. (Peut-être parce que les commentaires des étudiants après stage ont été globalement quelque chose comme « pas terrible, décevant » – je ne leur aurais pas donné tort, plaidant coupable comme très médiocre enseignant).

Bilan
   Je ne regrette absolument pas de ne pas avoir été enseignant professionnel, cette position me semblant abusive par principe. En effet, elle consiste à se poser en sachant (face à des non-sachants a priori méprisés, à faire « progresser »), or je suis sceptique, doutant qu’un savoir existe légitimement (hors conventions arbitraires genre langues étrangères, inutiles stupides – une langue mondiale serait mieux, comme le pinyin, chinois alphabétique). La position d’autorité du professeur dominant l’élève me semble un cas d’autorité abusive, abus d’autorité, je n’aurais pas pu adhérer à ce principe en étant acheté financièrement pour cela (double faute, aggravant l’abus commis).
   Des gens se posant moins de questions, confiants en eux (par déficit en intelligence critique ?), peuvent être enseignants, oui. Ça ne les place pas en supérieurs membres de l’Elite mais (à mon avis) en pauvres gens aveugles se croyant grands à tort.

Post Scriptum : objection sur la « pédagogie »
   En ce moment, avec la crise du vaccin anti-covid-19, on entend tous les journalistes et la plupart des politiciens affirmer qu’il y a un immense besoin de « pédagogie » (donc « enseignement » ?), pour que les opposants à cette vaccination immensément encouragée, presque forcée, acceptent de « revenir à la raison ». Qu’est-ce que j’en pense ?
   A mon avis, c’est un abus total. La question majeure, hyper-rationnelle, est « comment connaître après 1 an la toxicité d’un nouveau remède après 5 ans » (ce chiffre 5 ans étant l’usage administratif exigé systématiquement avant cet épisode covid19, suite à scandales graves). Il n’y a aucune réponse rationnelle à cela : le doute a raison, et les pédagogues ne feront qu’imposer par abus d’autorité un oubli de réfléchir, c’est totalement honteux. Pédagogie est devenu un synonyme de propagande, pour « forcer en expliquant » plutôt que la répression « forcer en frappant », même si c’est également à tort, pour de mauvaises raisons, interdisant l’intelligence critique, foulant au pied le principe de précaution officiellement revendiqué…
   Ça ne réconcilie pas du tout avec l’enseignement, non.


Ajout 1 - 01/09/2021, Discussion utile
  Un enseignant en Education Physique et Sportive de ma famille répond de manière utile, à discuter (c’est moi qui numérote) :
1/ (Au fait je ne sais pas si on peut dire "frère unique" quand il y a une sœur... )
2/ Il n'est pas inexact de dire qu'on enseigne une vérité temporaire en attente de réfutation (en histoire, en géo, en sciences, y compris en EPS puisqu'on se base aussi sur des sciences et activités (physiologie, anatomie, psychologie, gestion des groupes...) en permanente évolution...
3/ Mais moi ce qui me plait dans ce boulot c'est d'aider les élèves à progresser. De réussir à faire courir ou nager plus vite, plus longtemps (tout en se sentant bien et en se fatigant moins), de leur faire comprendre le placement efficace, les subtilités tactiques, la force d'un collectif (l'ensemble est davantage que la somme de chacun) dans les sports d'opposition.
4/ Je ne dis pas que je suis le tenant de la vérité et qu'il n'y a qu'une bonne façon d'enseigner. D'un prof à l'autre la relation pédagogique (la hiérarchie prof-élève) n'est pas la même, la didactique (analyse de la discipline enseignée, approches globaliste, analytique) diffère, et les stratégies d'apprentissage (on leur indique le but de l'action, ou la façon de faire) que l'on soumet à l'élève peuvent varier.

   Mes contre-réponses :
1/ S’il y a 1 frère et 1 sœur, parler de frère-ou-sœur unique serait faux, mais frère unique me parait juste puisqu’il n’y a pas d’autre frère.
2/ La Vérité temporaire est en même temps Fausseté possible (verre à moitié plein ou à moitié vide), d’accord, mais appeler ça « connaissance » (verre plein à ras bord) est un abus, il faudrait appeler ça « croyance ». Les « contrôles de connaissances » (même à l’université pour devenir professeur de sports) étaient un abus de langage scientiste (considérant que croyance scientifique = Vérité indéniable éternelle). De même quand on parle d’une personnalité autrefois en mentionnant « les connaissances de son temps », c’est un abus de langage, il s’agit des « croyances de son temps », affirmées à tort « connaissances ». A l’époque, les sceptiques ayant dit « non pas connaissances mais croyances » avaient raison, même si presque tout le monde leur donnait tort, mais comme aujourd’hui fait pareil, il n’est pas donné a posteriori raison au scepticisme et l’abus de pouvoir continue, au lieu de réfléchir avec recul et relativisme. Affirmer vrai le futur-faux est une tromperie, et avec salaire à la clé donc intérêt financier, ça relève de l’escroquerie, en bande organisée (et en condamnant avec force publique les non-consommateurs, ouille !). Par ailleurs, je remercie mon correspondant de dire ici que l’histoire enseigne des vérités temporaires, mais attention, cette opinion lucide est punie de 2 ans de prison par la loi française depuis 1990, avec totale approbation des (faux) intellectuels, (faux) scientifiques, (contradictoires) juristes, etc.
3/ Le cas du sport est effectivement très spécial, dans la mesure où il ne s’agit pas seulement de réciter des connaissances (ou jongler avec) mais de parvenir à une performance objectivement mesurable (genre : temps pour parcourir 100 mètres en courant). Là, diverses astuces réfléchies ou empiriques peuvent améliorer, de même que le dopage illégal etc. le mot d’enseignement est très limite dans cet usage, même si le statut officiel classe ainsi (bien que sans copies à corriger etc.).
4/ Je ne crois pas avoir abordé la question « y a-t-il une seule et unique (bonne) façon d’’enseigner ? », mon malaise portait davantage sur le contenu transmis abusivement comme Vérité (dans la plupart des disciplines). Il y a clairement un sujet de discussion, là, et par exemple je me souviens que j’étais passionné de dessin à 10 ans, puis j’ai été dégoutté du dessin par le prof de dessin à 11 ans, sans qu’il n’y ait non plu’ de Vérité en jeu, à ce sujet-là, très annexe à l’enseignement principal. A moitié côté sport, j’ai failli être dégoûté de la voile par une « pédagogie de la découverte » m’ayant fait prendre 17 fois la bôme dans le nez violemment lors de ma première sortie en dériveur Optimiste… Je comprends que le dit-enseignement est aussi autre chose qu’une transmission : aider les élèves à progresser dans ce qu’ils souhaitent (ou involontairement les en dégoûter), simplement ce n’est pas le souvenir que j’ai gardé de l’enseignement (général), bien plus militariste, commandant de répéter comme le maître, jongler comme le maître l’exige (ou le programme l’exige, ou le ministère l’exige – sans consulter le peuple, dictature administrative).
   Je pense à autre chose : j’ai entendu dire que la nouvelle génération sur-stimulée par écrans addictifs, ne s’intéressait plu’ à l’école, les professeurs étant immensément rébarbatifs en comparaison. C’est un challenge énorme pour les profs actuels de continuer à intéresser les élèves, les faire progresser, je l’entends mais je me sens immensément loin de ces questions, puisque pas enclin à dire avec autorité à l’élève « cesse de rêvasser, écoute le cours ! » autrement dit « cesse de créer, gobe ce qu’on te force à ingurgiter, décrété bénéfique par les autorités sans discussion permise »…

Ajout 2 - 01/09/2021 bis, Problème de l’oral
  A la réflexion, j’envisage une autre raison pour laquelle je n’aurais jamais pu être professeur : il m’est presque insupportable de devoir parler toute la journée (pour dispenser des cours dans ce cas). C’est un problème d’inadéquation entre personnalité et métier. Je crois beaucoup en la bipartition de l’humanité entre extravertis et introvertis (ou « causeux et taiseux » ou « dragons et tortues »), même s’il est clair que c’est un continuum pas des classes hermétiquement disjointes. Bref, il n’était absolument pas dans ma vocation de me donner en spectacle parlant oralement, je préfère immensément le travail écrit ou manuel (ou technique : éventuel dessin de conception créatif puis exécution manuelle minutieuse puis analyse écrite).
   Un autre aspect est proche : durant toute ma scolarité, j’ai eu sur mes bulletins scolaires le jugement « excellent mais ne participe pas assez à la classe oralement », mon fils ayant « bien mais ne participe pas assez à la classe oralement », ma petite sœur ayant eu « médiocre et ne participe pas assez à la classe oralement ». Comme si les professeurs, indépendamment de la matière dont ils présentent le contenu étaient des militants pour universaliser l’extraversion. C’était tellement systématique* que j’envisage que cela faisait partie de leur formation au métier de professeur (peut-être dispensée par des professeurs de psychologie partageant un dogme dans ce domaine, pas du tout scientifique mais politiquement dominant, intolérant). En ce cas, j’aurais refusé de me soumettre (refusé d’exhorter les élèves discrets réservés à s’extravertir, « s’abîmer » à mon sens), j’aurais été viré de l’école de professeurs, donc pas diplômé, donc pas embauché, donc jamais en position de professeur profesionnel.
  * : sauf en musique, où j’étais très nul (« handicapé musical » m’a qualifié un prof) et il y avait plein de reproches et insuffisances à détailler, sans condamner un silence dans ce cas honteux compréhensible.

Ajout 07/12/2021 Malentendu familial
   L’autre jour au téléphone, parlant de tout et de rien avec mon père distant de 500 kilomètres, il est venu dans la conversation un élément qui m’a surpris. Mon père m’a dit que j’aurais dû être prof, que j’avais un grand savoir mais je ne voulais pas le partager, je voulais le garder tout pour moi. J’ai dit non, et la conversation est partie sur autre chose, santé et autre, mais… j’y reviens, sur ce désaccord, en fait très profond.
1/ Ai-je un grand savoir ?
   Peut-être que, de l’extérieur, des gens peuvent juger que j’ai un grand savoir, mais je ne le ressens absolument pas ainsi. Je suis plutôt sceptique et j’envisage qu’il n’y ait aucun savoir, que du faux savoir (faussement cru objectif) et des trucs artificiels (à récitation possible mais inutile de mon point de vue, s’y prendre autrement étant préférable, comme pour les langues). Jamais je ne dirais « j’ai un grand savoir », et je n’aime pas que des gens se jugent supérieurs au nom d’un prétendu grand savoir, ou grande culture.
2/ Est-ce que je refuse de partager (des éléments de « connaissance ») ?
   Je n’ai pas le souvenir d’avoir refusé un tel partage qui m’aurait été demandé. Le seul cas où quelque chose de similaire a pu me concerner est quand des amis aérophiles m’ont envoyé une image aéronautique tirée d’un livre en vente (à contenu sous copyright, interdit de « diffusion publique à titre gratuit »), me disant « garde-le pour toi, ne diffuse pas cette image », ce que j’ai respecté pour que personne ne soit trainé devant les tribunaux pour prétendu « vol de propriété intellectuelle ». Là, c’est le partage gratuit qui est interdit, par d’autres que moi (des auteurs professionnels, armés de juristes), et je ne fais qu’obéir sans refuser activement un partage légal.
3/ Est-ce que je veux garder pour moi (ce que j’ai de bien) ?
   J’ai effectivement créé des choses qui me semblent très majeures, mais ce n’est absolument pas du « savoir » au sens professoral (un ex jeune répéteur se mettant en position de faire répéter les nouveaux jeunes). Non, j’ai inventé, prouvé pour la première fois (semble-t-il), plusieurs éléments me semblant très notables. Cela concerne ma philosophie de scepticisme égocentrique gentil (réfutant l’esprit cartésien et la science, inventant une troisième idée de la mort après religions et matérialisme athée, résolvant le paradoxe de l’œuf et la poule, etc.), mon développement d’un indice de linéarité relatif (en chromatographie liquide et autre), ma réfutation de la formule d’ « écart-type estimé sans connaître l’effectif de la population », l’estimation corrigée aux bornes du Nombre le Plus Probable (en microbiologie alimentaire), la réfutation de la non-dangerosité prouvée du nuage de Lubrizol, la réfutation de la preuve de la causalité du CO2 anthropique dans le réchauffement climatique, etc. Comme autant d’ajouts personnels à (ce qui pourrait pompeusement être désigné comme) la Connaissance Humaine. Mais… loin de garder ça pour moi en secret, j’en ai fait des livres gratuits et des sites Internet, pour le mettre à la disposition de qui serait intéressé ; c’est une forme de partage, mais simplement proposé (pour débat ou contre-invalidation éventuelle), pas imposé façon professorale (pour récitation). J’en ai aussi parlé sur des forums Internet, avant d’arrêter, sous les insultes féroces des partisans des professeurs et experts, criminalisant (sans examen de pertinence) toute remise en question du « savoir » en place, dominant (croyance claironnant constituer Le Savoir).
   Bref, que j’aie du savoir n’est pas certain, que je refuse de partager (sur le plan des pensées) est le contraire de la situation, me condamnant pour oser apporter quelque chose de grand et neuf, immense (avec milliers de milliards d’€ à la clé pour le CO2, donc certes inadmissible de toucher au dogme, même faux). Bref, je ne suis pas du tout en position professorale : je ne revendique pas l’autorité sur les apprenants (puisque je doute de moi-même savoir), et je n’obéis pas aux formateurs d’enseignants (à diktats souvent faux, interdits d’invalidation logico-mathématique).