Ethique catho aberrante
par Just Hissier, 17/04/2018

   Hier à la pause-café (où je bois de l'eau), une de nos stagiaires mentionnait avoir révisé son « Ethique », et j’ai demandé, étonné, si l’Ethique était une matière (universitaire). Elle a répondu que Oui, qu’elle avait fait beaucoup d’éthique cette année. Or elle est à la Fac Catho de Lyon, l’ESTBB, et ça me parait contradictoire, car j’ai lu les Evangiles, et – très choqué par la parole de Jésus-Christ – j’aurais mis à ce sinistre personnage la note de 01/20 en Ethique…
  Je creuse un peu la question. Et d’abord j’explicite mon jugement ultra-sévère contre la prétendue éthique de Jésus-Christ, donc des Chrétiens et Catholiques :
– Jésus a dit (dans l’Evangile de Matthieu) que les non-Juifs sont des chiens, c’est un racisme éhonté, inadmissible (tout autant que le contraire qu’est l’antisémitisme, et même pire : ce racisme pro-juif dément que les juifs sont innocents victimes de racisme, ils seraient en fait seulement victimes de retour de bâton en matière de racisme, sans le dire, malhonnêteté absolue).
– Jésus a dit (dans 2 Evangiles) qu’il faut assassiner les parents éloignant les enfants de Dieu, c’est un appel au meurtre pour délit d’opinion, abominable. Et selon la logique altruiste (« ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’il te fasse »), c’est en même temps un appel à ce que les non-Chrétiens massacrent les Chrétiens, c’est générateur de guerre totale, horrible. Et, dans la mesure où Jésus n’a en rien démenti les 10 commandements, cela inclut le fait que le Dieu hébraïque clame « je suis un Dieu jaloux », donc cette parole jésuesque est le support au génocide amérindien, massacrant les croyants au Grand Manitou. Crime contre l'Humanité impuni à ce jour, avec alliance de tous les puissants leaders Occidentaux (et leurs médias, leurs opinions publiques), horrible.
– Jésus approuve qu’un surendetté soit traîné en esclavage avec ses enfants (sauf s’il a lui-même gracié un esclave), donc Jésus comme Mahomet approuve l’esclavage, y compris l’esclavage d’enfants, nullement considérés innocents, nullement jugés égaux en dignité et en droits. Cela vaut 0/20 en éthique, zéro pointé.
– Dans la Parabole du Bon Samaritain, Jésus dit qu’il vaut mieux aider les blessés qu’être religieux en laissant crever les blessés. Il se trompe dans sa formulation (aime ton prochain comme toi-même/qui est le prochain du blessé ? – ce qui est un appel à la reconnaissance et pas à la générosité), mais ça mérite peut-être un très petit point de consolation au-dessus de zéro. Donc 01/20, ferme et définitif.
  En quoi les adorateurs de ce bonhomme (entendant à ce titre obtenir la jouissance égoïste d’un accès personnel au paradis post mortem) ont-ils des leçons d’éthique à donner ? Pire : des leçons « supérieures » d’éthique ?
  Je ne vais pas faire douter l’étudiante, au risque qu’elle rate ses examens, mais je demande à Internet le contenu de ces cours d’éthique, si disponible.

  ESTBB = Ecole Supérieure de Biologie-Biochimie-Biotechnologies de l’Université Catholique de Lyon (que veut dire le T ? Technique ? peu importe).
  Un aperçu des points abordés figure à http://www.estbb.fr/formations/licence-sciences-de-la-vie-biologie-humanites/enrichir-sa-reflexion-en-bioethique-en-1ere-annee-208246.kjsp . Avec notamment :
« Ce module introduit aux principes de bioéthique et propose des outils de réflexion et des repères en vue de l’élaboration d’un jugement et d’un positionnement personnel pour chaque étudiant. Quelques exemples de questions que chacun, citoyen ou scientifique, peut être amené à se poser :
1/ Selon quels critères mobiliser les connaissances et compétences au service du bien commun ?
2/ Quelles priorités fixer à la recherche biomédicale ?
3/ Jusqu’où les innovations technologiques peuvent-elles transformer nos conceptions de la vie et du vivant ?
4/ Ce qui est techniquement possible est-il toujours éthiquement souhaitable ?
»
  Je ne comprends pas :
– La religion catholique n’est pas un lieu de débat n’importe comment où toutes les idées sont bonnes à prendre, mais un système hiérarchique dominé par l’autorité du pape, garant du dogme intouchable. Faire réfléchir et se questionner les étudiants est louable mais c’est presque contraire du catholicisme.
– Jésus était totalement opposé au « bien commun », il voulait tuer les athées (ou croyants à d’autres dieux que le Yahvé biblique), et s’il peut se prétendre généreux envers tous, c’est après avoir massacré les gêneurs. J’appelle ça une horreur absolue et en rien une inspiration éthique.
– La question médicale est totalement problématique pour les croyants aux religions du Livre, oubliant « heureusement » de réfléchir. Si toute maladie est voulue par Dieu (ou par Satan béni par Dieu le laissant faire), doit-on se rebeller contre ? Autrefois, sur la base des mêmes textes sacrés, l’Eglise Catholique brûlait les « sorcières » herboristes osant soigner les gens, au lieu de s’en remettre religieusement à la prière pour que s’accomplisse le vœu divin, en mise à mort ou non. Il y a eu changement de paradigme avec la science, mais les chrétiens ne se sont toujours pas expliqués : si Dieu tout puissant existe, pourquoi nous impose-t-il la souffrance ? et doit-on (/a-t-on le droit de) lutter contre ? Jésus ayant le pouvoir de guérir tous et ne guérissant que quelques uns était-il complice du mal, approbateur du mal ? Si un médecin avait soulagé les souffrants sans besoin de Jésus, celui-ci aurait-il été fâché, jaloux ? Au lieu de prétendre donner des cours, les Chrétiens devraient expliquer leur cohérence manquante.
– Jésus ignorait à peu près tout de la vie et du vivant au sens biologique : micro-organismes, transmission semi-aléatoire des caractères, etc. En quoi la parole d’un ignorant peut-elle guider ceux qui sont informés ? Certes, un sage non-violent pourrait avoir donné des idées guides inspirantes, mais Jésus était un commandeur de tueurs intolérants, c’est presque l’exact contraire (contraire de l’éthique, je le confirme).
– Le fait que l’Eglise Catholique se soit opposée catégoriquement au mariage homosexuel, alors que Jésus était peut-être homosexuel (aucune copine mentionnée, et mention du disciple qu’aimait Jésus), indique qu’il s’agit dans le catholicisme de n’utiliser Jésus que comme prétexte à une pensée réactionnaire, immobilisant la société sur les rigueurs passées. Ce n’est pas un espace de libre pensée accueillant toutes les sensibilités mais un royaume de convenances traditionalistes coincées, anti-progrès en tolérance. Effectivement, c’est un point de vue comme un autre, mais il me paraît totalement déplacé d’appeler ça « cours (diplômant) d’éthique ».
  Enfin, il s’agit là d’université privée religieuse, pas d’université publique, mais le chef de l’état Macron a dit la semaine passée que le lien entre Etat et Religion Catholique avait été abîmé, qu’il fallait le reconstruire. C’est tout le contraire d’une condamnation pour sectarisme.

Bilan : il me semble se confirmer que l’Université Française est immensément stupide, et diplôme des moutons qui sont des ânes, au lieu de poser honnêtement les vraies objections, déboulonnant tout, dont elle-même.