Les fonctionnaires français sont-ils altruistes ? (je n’y crois pas, non)
par Uza Jéméprizé, 30/08/2017
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  Une actuelle publicité télévisée pour une mutuelle de fonctionnaires* dit qu’elle est pour les altruistes qui s’engagent chaque jour au service des autres : les agents du service public (français). Cela me choque profondément car j’ai l’expérience exactement contraire : que les fonctionnaires français se comportent en féroces égoïstes (groupistes, corporatistes), aux dépens des usagers (qu’ils sont sensés servir).
* : https://www.youtube.com/watch?v=VC8pyWU8ffo (GMF pub-tv 2016, 45 secondes) « Nous sommes pour ceux […] qui ouvrent la porte, qui tendent la main […] pour les généreux, les altruistes, les désintéressés, ceux qui se mettent au service des autres, et ceux qui en ont fait leur vocation »

I/ Cas ponctuels vécus

A- Assistantes sociales et psychologues régionales contre adoption
  Dans les années 2000, nous avons entamé une procédure pour adopter mon neveu, et nous avons été effarés, effrayés, par les efforts forcenés de l’administration pour empêcher de concrétiser notre projet. Convocations lointaines très multiples, à des horaires impossibles (pour qui travaille) afin d’obtenir un agrément déclaré obligatoire légalement, puis sermons sévères pour nous dissuader, puis refus d’agrément, puis tout recommencer encore. Il ne s’agissait absolument pas de nous servir, ou de servir le bien de l’enfant, il s’agissait d’exercer au maximum un pouvoir dictatorial décidé par les législateurs, au profit des fonctionnaires régionaux (payés par nous mais se contrefichant de nous donner satisfaction, cherchant même l’exact contraire).

B- Justice contre adoption
  Après avoir obtenu, après deux-trois ans de bataille acharnée, un agrément quand même, nous avons dû faire face au refus de la justice, nationale puis locale. Une procureure xénophobe haïssant notre enfant (puisque né étranger), une juge menteuse délirant pour nous affirmer menteurs, et au bout un refus légal, interdisant l’enregistrement de cette adoption. Il ne s’agissait nullement de nous servir, mais d’exercer un pouvoir dictatorial à notre encontre, par tous les moyens, certes légaux (tant le système est pourri – les élections républicaines faisant choisir entre le mal et le pire, en donnant les pleins pouvoirs au menteur le moins impopulaire).

C- Professeurs contre le changement
  Ma famille est fonctionnaire enseignante, et j’ai été habitué aux grèves annuelles « contre les ministres », mais… je suis devenu employé du privé et je vois les choses de manière tout à fait différente maintenant. Un des devoirs de l’employé est d’obéir aux changements décidés par la hiérarchie, pour mieux faire (pense cette hiérarchie). Il n’y a pas lieu de hurler au scandale si on est d’avis différent, le travail payé consiste à faire ce qui est demandé (et pas totalement intolérable, sexuellement ou quoi).
  Par ailleurs, les enseignants n’exercent en rien un « arrêt d’enseignement » en s’occupant des enfants, non : ils refusent de recevoir les enfants, posant d’énormes problèmes aux familles, problèmes d’organisation (pour ceux travaillant dans le privé, à absence habituellement refusée), problèmes financiers (pour trouver des nounous remplaçantes, d’urgence). Les enseignants s’en fichent, et pire : ils sont très heureux du grand embarras et de la colère des gens, qu’ils détournent vers le ministre en espérant que le gouvernement retirera sa loi, puisque celle-ci génère indirectement l’hostilité du grand public. Bref, il s’agit de mettre les gens en colère (tout au contraire de les servir) avant de hurler « c’est pas notre faute, c’est la faute du méchant gouvernement ». Hum, je ne suis pas dupe de cette manœuvre simpliste, hostile aux gens dont je suis.

D- Postiers contre le changement
  Pareillement, périodiquement, la Poste se met en grève, refusant de distribuer le courrier, refusant de continuer à servir, et si les gens sont en colère c’est vu comme très bien, en clamant que toute la faute incombe aux décideurs ayant agressé les postiers par des mesures que ceux-ci désapprouvent.
  Et si des commerçants ou artisans font faillite, faute de recevoir rapidement les paiements dus, tant pis pour eux ! Chacun sa merde ! « Servir les gens » dites-vous ? « Généreux et altruistes » ? de qui se moque la propagande ?

E- Fournisseurs d’électricité contre le changement
  Quand j’étais enfant puis adolescent, les coupures d’électricité pour cause de grève étaient courantes (avec réfrigérateurs/congélateurs remontant en température, peut-être intoxications alimentaires en conséquence, etc.). Ceci a disparu, peut-être avec des mécanismes de basculement automatique sur réserves ou achats à l’étranger. Mais le mécanisme était le même : embêter au maximum la population, pour qu’elle hurle aux gouvernants d’ôter les mesures déplaisant aux fonctionnaires.
  Or gêner, agacer, embêter, pénaliser, ce n’est pas servir, c’est tout le contraire.

F- Aériens contre la baisse des prix
  Jusqu’à aujourd’hui, les grèves touchent principalement les transports publics et notamment l’aérien. C’est facile à comprendre : les impératifs de sécurité, dans cette activité complexe et un peu dangereuse, exigent toute une cascade de fonctions travaillant en harmonie. Alors, on peut bloquer le système avec 1% des opérateurs faisant grève (renonçant temporairement à salaire), et continuer par roulement avec un autre 1%. C’est immensément puissant, bloqueur, et cela a conduit à des salaires mirobolants, les exigences du personnel étant quasiment imparables pour la direction… et le public payeur, au final. Il s’agit de corporatisme triomphant, aux dépens du public.
  La logique privée a elle conduit à générer les compagnies « low cost », qui ne sont plu’ interdites : leur but est de fournir le prix minimum contentant au mieux le public (avec petit bénéfice quand même assurant la pérennité), et cela doit en fait se faire dans le privé, puisque les fonctionnaires ont un but totalement contraire : se servir eux-mêmes, pas du tout servir le public.

G- Pas d’égalité
  Dans les années 1990 (1995 ?), un gouvernement a voulu harmoniser les régimes de retraite, pour les fonctionnaires (privilégiés) comme pour le privé (défavorisé), en alignant tout le monde sur le mode privé (40 ans de cotisation au lieu de 37,5 je crois, avec calcul sur les 25 meilleures années au lieu des 10 meilleures – sachant que le public a l’autre avantage de salaires croissants automatiquement à l’ancienneté, même sans performance). Et immédiatement, une grève générale de la fonction publique a hurlé que c’était inadmissible d’être ainsi maltraités. Ces gens étaient pour le maintien de leur privilège contre la justice équitable. De même, les fonctionnaires n’ont longtemps eu aucune réduction de salaire en cas d’arrêt maladie, contre perte de 3 jours de salaire pour les employés du privé – les statistiques descriptives montrant alors un taux de congés maladie bien plus élevé dans la fonction publique que dans le privé, presque « évidemment » (sans incitation financière à l’effort).
  Je n’appelle pas ça « servir le public » mais « dominer les pauvres gens payeurs », en exigeant qu’ils financent les privilèges d’une caste.
  Comme les syndicats nationaux (CGT, CFDT, FO) sont les mêmes dans le public et le privé, ils avaient grand peine à expliquer aux employés du privé la légitimité de ce combat. Le discours était que le privé devrait faire grève aussi pour un alignement sur le meilleur système, au lieu que l’alignement se fasse sur la pire position. Les gens du privé n’ont pas bougé, et ont subi la grève fonctionnaire, interruption de service pour motif de privilèges voulus éternels, en maugréant contre ces égoïstes intouchables que sont les fonctionnaires, en vrai (loin des discours de propagande).

II/ Discussion
  Pourquoi la situation est-elle ainsi ? C’est assez simple, quoique un peu complexe à analyser.

A- Statut protégé
  La plus grande spécificité de la dite fonction publique est l’assurance de l’emploi : peu importe que les « clients » soient mécontents, s’en aillent ailleurs, les grévistes conserveront leur emploi, le jour où ils daigneront le reprendre.
  C’est immensément différent du système privé, où la grève est un semi-suicide : « patron, tu exagères tellement qu’on saborde l’entreprise si tu ne changes pas, on perd les clients et on risque de perdre notre emploi, alors change, vite ».
  Par ailleurs, comment la grève est-elle possible puisqu’elle signifie (théoriquement) « cessation du paiement de salaire » ? Il y a deux éléments de réponse :
– Mon frère (professeur) à la fin des années 1980, a protesté ainsi « Eh, pourquoi ils ne nous paient pas les jours de grève ?! Si j’avais su que la grève ne serait pas payée, je l’aurais pas faite ! ». En effet, le blocage était si puissant que les syndicats avaient coutume d’exiger le paiement des jours de grève comme condition numéro 1 à une reprise du travail, et ça marchait. L’argumentaire était que la faute n’incombait nullement aux grévistes mais au gouvernement payeur, qui devait se reconnaître fautif pour que les gens daignent reprendre leur fonction (de service).
– Si les fonctionnaires peuvent se permettre la grève, c’est que leur salaire est tellement élevé qu’une interruption n’a rien de vitale. Bref, c’est grâce aux grèves victorieuses pour les augmentations de salaire que sont possibles les grèves pour n’importe quoi, oppositions aux changements notamment.

B- Etat déficitaire sans limite
  Alors qu’une entreprise risque la faillite, en cas d’interruption de service mécontentant les clients, il n’en est pas du tout de même pour le gouvernement et sa fonction publique. Pour des raisons me paraissant mystérieuses, le gouvernement peut être très durablement dans le rouge, voire de plus en plus, sans aucune sanction d’aucune sorte. Nos petits-enfants devront rembourser ? en maudissant notre héritage négatif atroce ?
  Avant l’Euro, un des moyens de rembourser « moins cher » qu’emprunté était la dévaluation, aux détriments des prêteurs (plus ou moins ruinés, mais je ne pleurerais pas pour eux), mais cela même est maintenant interdit.
  L’Etat pourrait aussi vendre ses propriétés pour rembourser, mais puisqu’il ne le fait pas (pour redevenir positif) pourquoi y croirait-on ? Et s’il met plein de choses en vente, la pléthore de l’offre fera s’effondrer les prix et ne sera pas du tout obtenue la somme escomptée, prétendue (à tort) valeur objective avant la vente massive.
  Enfin, l’Etat pourrait matraquer la population par des impôts énormes, mais là encore il ne le fait pas (pour ne pas perdre toute chance de réélection), et donc la crédibilité de ceci n’est pas établie.
  Bref, que les fonctionnaires fassent grève consiste à enfoncer dans le rouge un état qui n’en a rien à faire, pour des raisons incompréhensibles, annonçant peut-être de colossales catastrophes le jour où il faudra payer vraiment. Ce n’est pas du tout anodin mais très grave, et ce ne seront pas les fonctionnaires spécifiquement qui risqueront la ruine mais toute la population. Les fonctionnaires se servent des gens, ils ne les servent pas, du tout, de ce point de vue.

C– Utiliser le pouvoir de monopole au maximum
  La grève (dans une entreprise) n’est pas immensément douloureuse pour les clients du système privé : si tel fournisseur refuse de servir, on l’abandonne pour aller à la concurrence. Mais la fonction publique française s’est bâtie sur une interdiction de la concurrence, un monopole obligatoire. Les usagers sont donc prisonniers en cas de grève (je n’aime pas le mot « otages »), sans solution de repli. Cela décuple la force de la grève, via un décuplement de la colère des gens, privés du service dont ils ont besoin. Les fonctionnaires s’en félicitent, la population le désapprouve, là encore les fonctionnaires ne servent pas le public, ils s’en servent (en excitant son mécontentement) pour faire triompher leurs désidérata.
  Avec les lois européennes libérales, ce facteur monopolistique tend à disparaître, mais en pratique, les alternatives privées ne sont pas encore dimensionnées pour annihiler l’impact d’une grève fonctionnaire.
  Il est notoire aussi que les grèves « à la française » sont assorties de piquets de grève, illégaux mais tolérés (par souci d’apaisement disent les gouvernants) : empêcher les alternatives de pallier à la déficience des bloqueurs – qui ne font pas que cesser de servir mais bataillent pour un total arrêt du service dont les gens ont besoin.

III/ Réserves
A– La question ici posée concerne les grands corps de métier, indépendamment des comportements individuels. Il est clair qu’un quidam, qu’il soit fonctionnaire ou employé du privé ou sans emploi, peut s’avérer quelqu’un de généreux, serviable et désintéressé, mais la question porte sur les comportements de groupes, en généralisant un peu – que ce soit en (tendance au) mérite général ou en (relative) culpabilité générale.
B– La question ici posée concerne des statuts, non des personnes : je n’ai aucune haine pour les fonctionnaires parmi ma famille et mes amis, je désapprouve simplement leur statut injuste, aberrant, et la propagande mensongère à ce sujet. Ça ne fait pas d’eux de mauvaises personnes, chacun se case où il peut, et atteindre par hasard une position privilégiée n’est pas une faute personnelle.
C– J’ai entendu dire qu’en Allemagne les fonctionnaires n’ont pas le droit de grève. Cela me parait très juste et ce n’est pas la fonction publique en général qui est honteuse, seulement sa version française (et autre, peut-être).
D– Je ne vois pas le rapport intrinsèque entre la fonction publique et la garantie d’emploi à vie comme en France. Quand un employeur (privé ou public) est en déficit, il est normal qu’il réduise ses frais de personnel en réduisant ses effectifs et poussant les restants à la productivité – sauf mécanisme de privilégiés à pouvoir de blocage immense, indu. A priori, la garantie de l’emploi est une calamité économique, poussant au je-m’en-foutisme et tendant à la productivité nulle (ce qui a ruiné le communisme à 100% fonctionnaires), sauf conscience professionnelle personnelle admirable, ici ou là mais pas globalement.
E– On m’a répondu une fois que si les fonctionnaires n’avaient pas la garantie de l’emploi à vie, on aurait une fonction publique corrompue. J’entends cela comme une menace, et il semble logique d’y répondre par contre-menace : dans certains pays, le fait de corruption est puni de peine de mort, et cela pourrait être prison à vie pareillement. Ou inscription en casier judiciaire comme fraudeur égoïste aux dépens de l’employeur, d’où inemployabilité éternelle (mais la ruine et misère conséquentes poussent au banditisme, donc la prison à vie peut être jugée plus sûre).
F– En disant tout cela, je m’oppose totalement à la gauche, pro-fonctionnaire, mais je clame ne pas être de droite, ne pas être ultra-libéral. Je ne suis pas du tout favorable aux fortunes des grands patrons, à la richesse des encadrants, ma position est humbiliste, du côté des humbles en secteur privé.

Conclusion
  Il ne me parait pas du tout crédible que les fonctionnaires (français) sont des altruistes voulant servir les gens, il s’agit au contraire de corporatistes avides de privilèges, obtenus (ou conservés) en agaçant sciemment les gens au-delà du supportable.

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Ajout 01/09/2017
A la réflexion, je dois ajouter un 8e point initial, à la fois capital personnellement et anecdotique à grande échelle.
I/H- Doctoresse et kiné persécutrices
  J’ai été hospitalisé deux ans, de 1998 à 2000, réapprenant à marcher après une chute de mon immeuble, et j’ai le souvenir d’une situation infernale. En maison de convalescence publique, la kinésithérapeute était effroyablement « méchante » avec moi, avec colère continuelle, reproches incessants, refus d’aide quand je devais remettre mes pieds sur le fauteuil roulant (d’où longs efforts très pénibles chaque jour, chaque ébauche de mouvement du tronc étant douloureux au niveau de mon escarre sacré, maladie nosocomiale). Le radiologue était sur le même schéma, criant continuellement des reproches à mon encontre. C’était horriblement déplaisant et, interrogé par le psychiatre, j’ai avoué être re-tenté de sauter par la fenêtre – d’où décuplement des cachets antipsychotiques qui m’étaient administrés (et m’ont fait grossir terriblement), en plus de cachets contre les effets secondaires car leurs pilules pourries me rendaient aveugle, incapable d’écrire mes rêveries, écriture qui était ma seule consolation en ce monde. Or il se trouve que cette kiné affreuse a ensuite été hospitalisée à son tour, dans cet établissement, et je lui ai demandé (de malade à malade, sans plu’ de rapport d’autorité) pourquoi elle m’avait traité ainsi. Elle a répondu qu’elle ne le faisait pas par choix personnel mais « sur ordre », donc vraisemblablement à la demande de la doctoresse. Je pense que celle-ci (ne mesurant pas la souffrance incessante liée à l’escarre) avait diagnostiqué à tort une tendance au repli suicidaire, et voulait me secouer par des remontrances constantes, m’empêchant un repli tranquille. Alors que cela aboutissait à l’exact contraire : un très rude inconfort de vivre.
  En tout cas, la logique n’était nullement de type « privée » : plaire au client, l’aider pour qu’il se sente bien, elle était de type « publique française » : traiter l’usager autoritairement, en méprisant totalement ses objections, il n’a pas le choix de toute façon, et on se contrefiche de sa satisfaction. Certes ce n’est pas le faux altruisme (financièrement intéressé) de la logique privée, mais ce n’est en rien de l’altruisme désintéressé, bien plutôt de l’anti-altruisme méprisant l’usager.

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Ajout 22/11/2017
  On me dit que j'ai la haine des fonctionnaires, totalement injustifiée et sourde aux argumentations, et je ne suis pas d'accord :
– Qualifier les objections de haine aveugle horrible est ce que font les juifos pour se décréter intouchables (avec plein succès). Avec ce système argumentaire fallacieux, les apartheidiens se seraient dits victimes de haine anti-blanc, pour continuer encore et encore. Non, quand quelque chose est choquant, le mieux est d'en parler pour le corriger, nullement interdire de parole les prétendus "fous de haine" en face. Ce n'est pas du tout une folie violente, c'est une argumentation simple, anti-privilège. A conséquences immenses. Mais la pensée unique interdit ce débat pour le bien public, en prétendant servir le bien public, c'est un tour de passe-passe oratoire. Je ne suis pas dupe, désolé.
– Je ne nie pas qu'il peut y avoir besoin d'employés du gouvernement (il y en a dans mon système idéal), mais :
1/ ils n'auraient aucune garantie d'emploi à vie, étant licenciables si l'état est en déficit ;
2/ ils n'auraient pas le droit de grève car nullement exploités par un patron richissime s'enrichissant sur leur dos ;
3/ ils auraient le même nombre de jours de carence sécu (et congés pour les enseignants) que les autres employés ;
4/ ils auraient des salaires bas type pays communiste puisque ne participant pas à la course privée à la performance.
C'est une révolution conceptuelle même pas imaginable dans la france d'aujourd'hui (et d'hier) mais c'est mon opinion posée, solide, totalement dénuée de haine.

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Ajout 29/11/2017
  On me répond que mon programme entrainerait une corruption généralisée de la fonction publique, ou suppression physique des fonctionnaires et de leur famille par famine généralisée (comme faisait Staline). Je ne suis pas d’accord :
1/ Les fonctionnaires français ont l’habitude de totale impunité (quand ils persécutent les usagers/payeurs notamment) mais, dans mon système, cette impunité disparaitrait. La corruption éventuelle serait dissuadée par la sanction terrible d’emprisonnement à perpétuité, la balance avantage/risque n’allant alors pas en faveur de la corruption.
2/ Il ne s’agirait nullement de faire mourir de faim les fonctionnaires mais de cesser la honte du statut fonctionnaire français (idéal socialiste) : salaire à l’occidentale (riche par la performance du monde privé) + tranquillité à la « rendement communiste » (et moins encore, faute de dictature politico-policière stalinienne/maoïste). Donc mon système réserverait le niveau de vie occidental à ceux qui en paient le prix en effort et performance. Les fonctionnaires ne mourraient pas de faim, mais cesseraient d’être les plus opulents des employés (avec notamment le grand crédit garanti par emploi à vie).

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Ajout 30/11/2017
  Je reçois une réponse qui me condamne et me conforte indirectement :
1/ On me dit que je veux avoir des centaines de milliers de fonctionnaires en prison, ce qui est choquant.
2/ On me dit que je mettrais même les gardiens de prison en prison, ce qui est contradictoire.
3/ On me dit que mon point de vue est indéfendable, présupposant à tort qu’être fonctionnaire c’est avoir un but lucratif, alors que c’est le contraire. Contradiction encore.
4/ On m’assène le trait d’humour d’Anne Roumanoff « les fonctionnaires ne foutent rien mais quand ils sont en grève plu’ rien ne marche ! ». Contradiction encore.
5/ On me dit qu'avec mon système, plu' personne ne voudrait devenir fonctionnaire, ce qui semble le but voulu.
  Toutefois, j’ai des réponses argumentées et cohérentes, sur chacun de ces points :
1/ J’emploie la dissuasion prison pour que les potentiels coupables ne fautent pas et restent innocents. Seule une vision ultrapessimiste morbide conduit à dire que la tentation de la faute reste si grande que presque tous fauteraient quand même donc iraient en prison. J’ai l’utopie de croire que la dissuasion fonctionnerait donc il est faux d’affirmer que je veux des centaines de milliers d’ex-fonctionnaires en prison. Ainsi, quand les législateurs occidentaux actuels interdisent la drogue, non ils ne veulent pas mettre en prison tous les jeunes (ou tout le monde), ils veulent que la crainte de la prison soit efficace pour dissuader l’écart de conduite.
2/ A ma connaissance, les gardiens de prison sont soumis à la loi comme les autres citoyens. Il n’y a pas de contradiction de principe qui rendraient incondamnables les gardiens de prison. Et si tous les gardiens de prison automatiquement fauteraient (en cas de moindre salaire), on les remplacerait par des automates. Certes, cela ferait une prison moins humaine, mais puisqu’elle est punitive, elle n’a pas à garantir une chaleur bienveillante aux détenus.
3/ Si le but d’être fonctionnaire n’était en rien lucratif, abaisser les salaires fonctionnaires serait admis avec le sourire, nullement combattu par la prise d’argent alternative que constitue la corruption. Donc c’est en m’affirmant la fatalité automatique d’une corruption généralisée (si baisse de salaire) qu’était commise la contradiction d’affirmer lucrative la vocation fonctionnaire. Par ailleurs, mon opinion n’était nullement que les candidats fonctionnaires veulent un revenu mensuel plus élevé que les employés du privé, la question majeure en matière de confort est la stabilité de l’emploi : les fonctionnaires sont les plus privilégiés, intermédiaires sont les CDI du privé (durable sauf compression de personnel, maintenant usuelle), tout en bas sont les CDD (temporaires). Pour faire des projets d’avenir (mariage, enfants, propriété sans loyer), il y a là un gradient clair et net. Autre point : la légende sur le salaire inférieur des fonctionnaires tient à une erreur méthodologique, calculant la moyenne et non la médiane comme indicateur central : le monde privé biaise la mesure moyenne par les salaires mirobolants des cadres supérieurs (ce que seul combat mon humbilisme) quand les humbles du secteur privé sont moins payés, avec moins d’avancement automatique, que les humbles parmi les fonctionnaires français.
4/ Les comiques sont champions de la bêtise naïve, comme Coluche demandant « et qu’est-ce qu’elle devient la crasse propre ? elle se redépose, oui madame ! ». Sérieusement, le problème de la paralysie en cas de grève fonctionnaire n’a rigoureusement aucun rapport avec le rendement de ces fonctionnaires. Prenons une tâche que peuvent faire 10 employés du privé, 3 sociétés avec 4 employés étant en compétition pour ce faire dans le pays U ; dans le pays F, même si 10 employés suffisent, ce sont 100 fonctionnaires qui la font, avec monopole interdisant la concurrence, avec rendement très pépère et tout le temps en grève ; cette grève paralyse tout du fait du monopole, ça ne dénie en rien que les dits fonctionnaires aient une performance individuelle très mauvaise (ce que le langage populaire peut qualifier de « ne rien foutre »). Voilà l’explication donnant 100% tort à la fausse idiote (de même que pour la lessive du faux idiot : non la crasse n’est pas lavée avant de se redéposer, on appelle laver le fait d’enlever la crasse, et donc s’il y a redépôt partiel il n’y a pas lavage correct). Boutade absurde n’est pas argument imparable.
5/ Si un emploi de fonctionnaire non idéal ne trouverait aucun candidat, mon ami aurait tort quand il clame que le chômage volontaire n'existe nullement. Par ailleurs, des millions de travailleurs du Tiers Monde seraient candidats et seul le nationalisme forcené (approuvé par 100% des politiciens français mais contraire à ma position démocronde) bloque cette candidature. Je le dis : il n'y a pas fatalité de la malhonnêteté corrompue : des étrangers humbles et honnêtes valent mieux que des Français gâtés et malhonnêtes.

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Ajout 30/01/2018
  Les remarques d’amis m’incitent à ajouter deux éléments imprévus :
1/ Le para-service. Tandis que je me référais à des activités de service public bien connu, j’oubliais une bonne part de la fonction publique faisant un autre métier. Ainsi, les employés d’usines d’armement public sont fonctionnaires sans aucunement avoir de contact avec le public. Enfin, ce n’est pas seulement moi qui suis à corriger sur ce point, mais aussi la publicité vantant le mérite en « service » des fonctionnaires. Et puis… mon site antimilitariste conteste totalement que l’armée serve le public, c’est à mon avis le contraire : elle sert les dirigeants nationalistes (ou continentalistes) mégalomanes en faisant tuer la population ici en représailles.
2/ La position injoignable. J’ai entendu parler d’une psychothérapeute (d'hôpital) qui avait autrefois mis sur Internet le numéro de téléphone et l’adresse E-mail où la joindre, mais qui les a retirés. Cela me semble clairement venir de la logique publique de service : il ne s’agit nullement de rendre au mieux service aux patients ou à leur famille (mieux que la concurrence), mais il s’agit d’être payé en un petit travail tranquille en refusant d’être bousculé, l’usager n’a pas le choix et n’a qu’à prendre ce qu’on daigne lui donner. C’est presque une caricature, mais ça semble le quotidien. Au lieu de « le client est roi », c’est « le fonctionnaire est roi ». Je ne suis pas pour autant adorateur de la logique privée, à laquelle je reproche son mensonge : en faisant semblant de servir, il s’agit de prendre le fric des clients, appâtés bien au-delà des besoins, pour bâtir des fortunes familiales indécentes.

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Ajout 31/01/2018
  On m’objecte que légalement, les week-ends des fonctionnaires en grève doivent être payés (le salaire étant réduit au prorata des jours de grève comptant chacun pour 1/30 du salaire mensuel), mais je trouve que c’est un privilège injuste. En effet, un mois entier de grève mérite zéro salaire et absolument pas 2/7 (=29%). Les 2 jours de congé hebdomadaire payé sont acquis par les 5 jours travaillés, pas dus qu’il y ait ou non travail durant les 5 jours en question. Peut-être que la loi dit différement, mais la loi dit beaucoup d’âneries (ou entérine des escroqueries intéressées), officialisées injustement par loi du plus fort (comme la loi Gayssot, raciste pro-juive et anti-liberté de penser, anti-philosophie sceptique).

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Ajout 01/02/2018
  On me dit que je veux « pendre haut et court les fonctionnaires ». C’est faux : il s’agit pacifiquement d’abolir leurs privilèges pour les traiter comme tout le monde. Concernant la colère en ceci, il s’agit de légitime défense : les fonctionnaires nous rackettent, avec leur fiscalité, sous menace de leur police, leur armée, et au lieu de nous servir, ils nous imposent leurs desiderata. Des clients seraient déjà « allés voir ailleurs » (partis sans retour), quittant cet exécrable service, mais là le choix est interdit, autoritairement, d’où colère, oui. Très normalement.
  Quant à la psychothérapeute d’hôpital : effectivement, il n’est pas prouvé qu’elle est fonctionnaire, elle pourrait être de profession libérale (quoique payée par la sécurité sociale, réquisitionnée publiquement), mais appartenant à un cercle affreux. Quand j’ai cherché un psychiatre, commandé par mon médecin traitant (à tort à mon avis), je n’en ai pas trouvé dans les 3 cercles de villes les plus proches, les psychiatres là refusant « les nouveaux patients », préférant leur riche tranquillité routinière au fait de rendre service. A mon avis : comme ils ne soignent en rien, et que les gens ne sont pas malades de ce côté, les psys tirent simplement une rente pépère de leurs mensonges pseudo-thérapeutiques blablateux. Par ailleurs, mon médecin traitant, qui n’a pas de secrétaire, accepte lui d’être dérangé pendant ses consultations par des appels téléphoniques, et il existe des systèmes peu onéreux de téléphones à touche « temporairement non dérangeable » dirigeant les appels vers une boîte vocale ; se rendre injoignable (avec numéro secret) ne se justifie donc pas par un souhait d’efficacité ou quoi, c’est seulement le fait du prince, disant crotte aux patients/usagers/demandeurs de service, c'est un comportement "à la fonctionnaire".

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Ajout 12/06/2018, Répétition, hélas nécessaire
- On me répond que mon hostilité aux fonctionnaires est comme une maladie mentale ou perversion diabolique, mais je répète que non : c'est de la légitime défense. Les fonctionnaires des impôts me rackettent pour payer leurs collègues fonctionnaires, sous menace des fonctionnaires policiers, magistrats et gardiens de prison (tandis que les fonctionnaires militaires, appliquant le sionisme terroriste-1948 des fonctionnaires élus, nous font tuer par violence terroriste en retour). Oui, je ne suis pas content, mais ce n'est en rien de la haine sectaire issue de nulle part et totalement injustifiée.
- Et il ne s’agit pas d’un service comme un autre, cherchant par principe à plaire au client, non : les fonctionnaires, par principe, se contrefoutent de la satisfaction de l’usager, leur salaire arrivant automatiquement même si l’usager est très mécontent. Et même : en cas de grève (avec monopole décrété par la loi) l’insatisfaction de l’usager est sciemment voulue maximale, pour obtenir tous les privilèges voulus par les employés. Alors l’usager en colère, par légitime-défense, souhaite abattre ce monopole et cette injuste garantie d’emploi, il souhaite la concurrence et il sanctionnera les emmerdeurs piqueurs de fric en allant acheter ailleurs, en les plongeant dans la misère, ordinaire pour les mauvais employés chasseurs de clientèle. A titre de sanction justicière. Il ne s’agit pas d’agression unilatérale mais de violence en retour.
- Les discours en face clamant que le non-public, c’est la course au fric pour fortune du patron et des actionnaires oisifs, sont mensongers. Le privé est un principe de concurrence pas de fortune. Certes la version capitaliste est une course au fric pour les déjà-fortunés, mais la version humbiliste a zéro riche et utilise la performance privée uniquement pour baisser les prix de vente, au bénéfice des clients, de la population.

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Ajout 16/06/2018, un racisme anti-fonctionnaire ???
  Un ami fonctionnaire, connaissant mon hostilité à la fonction publique française (avec emploi à vie et grève chronique) me traitait de « raciste anti-fonctionnaire », et je pensais avoir balayé cette fausse-accusation par la réponse « Je ne vois pas du tout le rapport avec un racisme : on ne nait pas fonctionnaire, on le devient (parfois) à l'âge adulte, ça n'a aucun rapport avec une race. Il vaut mieux dire hostilité plutôt que racisme ». Mais sa contre-objection m’époustoufle : « le racisme au sens large est une haine injustifiée contre un groupe humain, je maintiens donc que tu as le racisme anti fonctionnaire ». Cela me parait insensé, gravement erroné. Enfin, je vais 1/ expliquer en quoi c’est une grave erreur ; 2/ aller vérifier dans un dictionnaire si cette grave erreur est entérinée par l’usage ; 3/ me référer au mauvais ouvrage que j’ai lu trouvant deux sens contraires au mot racisme. 4/ Revenir à la spécificité fonctionnaire.
1/ Si un racisme est toute haine contre un groupe d’humains, alors les nazis (haïssant les juifs, les tsiganes, les slaves) n’étaient pas plus racistes que les antinazis (haïssant les nazis) ! Les tenants de l’apartheid et du Ku-Klux-Klan, très sévèrement antinoirs, n’ont rien de plus racistes que leurs opposants humanistes (les haïssant eux) ! Savoir si les policiers français sont ou non racistes (suspectant avant tout les arabes et les noirs) ne serait en rien une question : ils sont de toute façon, par principe, racistes puisque hostiles aux bandits et trafiquants et délinquants (racisme qu’ils partagent avec les juges et les législateurs) ! C’est là, incroyablement (bêtement ?) une auto-dissolution de la notion de racisme, de faute-raciste. A quoi ça sert ? La notion de racisme avait une énorme spécificité, ultra-majeure, c’est que condamner au nom de la race fait condamner des bébés innocents, accusés d’être intrinsèquement pourris, futurs-mauvais, condamnables préventivement car futurs condamnables-objectivement avec certitude. Pourquoi jeter à la poubelle cette spécificité grave ? C’est comme… si des nutritionnistes prouvent qu’il faut manger cinq fruits et légumes par jour pour être en bonne santé, un légumophobe va décider que la viande sera appelée « légume au sens large », et il pourra s’adonner à ses orgies carnivores anti-légumes dès lors, mais dans quel intérêt objectif générer un tel détournement de sens (puisque le changement de sens est anti-santé) ? Enfin, je connais ce glissement de sens, coupable à mon avis : mon ami traite de facho quiconque exprime un point de vue sévère, les maquettistes-rêveurs traitent de maquettistes-nazis leurs opposants les maquettistes-réalistes, mais dans tous les cas cette extension insultante vide de son contenu la source (du mal désigné), perdant sa spécificité, je trouve ça grave.
2/ selon Google, la définition de racisme est : A/ Idéologie postulant une hiérarchie des races ; B/ Discrimination, hostilité violente envers un groupe humain : exemples Racisme envers les femmes (sexisme), les homosexuels (homophobie). Cela donne indéniablement raison à mon interlocuteur (linguistiquement), contre la raison (logique et morale) ! D’où l’absurdité que les anti-"racistes-sens-A" sont parmi les racistes-sens-B (puisque hostiles aux racistes-sens-A). Avantage de cette convention verbale : zéro absolu, il s’agit d’un artifice rhétorique pour diaboliser tout opposant à soi-même, en le traitant de raciste, accusation très grave (quand c’est au sens A, et l’amalgame le fait oublier, malhonnêtement).
3/ Dans « La force du préjugé », l’auteur Taguieff disait (en 500 pages avec mille citations littéraires prétentieuses) que les nazis étaient racistes sens 1, classant leur race comme supérieure, et les humanistes (anti-nazis) étaient racistes sens 2, empêchant les afro-américains de se communautariser défensivement en race à part. C’est idiot, je l’avais expliqué, et je proposais de différencier oralement les 2 sens : raçosme orthodoxe à race supérieure ; raçusme universaliste anti-race à part. Oui les deux sens parlent de race mais en sens contraire, il est totalement inutile (et même contre-productif) d’employer le même mot pour les désigner. En fait, Taguieff est un passionné de judaïsme ne disant dans son ouvrage pas un seul mot sur le fait que les Juifos (Juifs fiers) sont des racistes raçostes classant ceux qui leur sont hostiles en racistes raçustes, tandis que les Juifas (Juifs d’origine) sont eux victimes de raçostes opposés (antisémites). Sauver les innocents demanderait de très clairement isoler la faute raçoste (antisémite par exemple), mais protéger Israël raçoste (contre les antiraçostes) utilise l’amalgame traitant de racistes (raçustes) ces opposants. Cela explique très clairement l’amalgame aberrant, qui fait traiter les antiracistes de racistes (comme dans les ouvrages américain puis français sur le nouvel antisémitisme). Il s’agit de manipulation déloyale, intéressée pour disculper de vrais racistes (au sens 1, raçostes). Je ne suis pas d’accord avec cette langue toute pourrie, empêchant de réfléchir, presque.
4/ Dans la définition B du dictionnaire, un mot est capital : « injustifiée ». Or, dans mon hostilité aux fonctionnaires (français), les justifications sont multiples, argumentées (anti-privilèges, anti-je-m’en-foutisme-tranquille). Donc me déclarer « raciste anti-fonctionnaire » revient à dire « je mets à la poubelle sans discussion toutes tes prétendues justifications ». Ce n’est pas du débat honnête mais de l’insulte refusant le débat, ouille !

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Ajout 18/06/2018, Procès
  Hier aux informations télévisées (de « je ne sais plu’ quelle chaîne »), il était annoncé qu’allait bientôt s’ouvrir le procès des dirigeants de France-Télécom, au sujet de la vague de suicides lors de la privatisation (pour devenir finalement la compagnie Orange). La hiérarchie est accusée d’avoir pratiqué le harcèlement moral, au niveau des cadres notamment, à l’occasion de cette privatisation – principe de privatisation qui est farouchement combattu par l’immense majorité des fonctionnaires. --> Mon avis : les fonctionnaires exigent un perpétuel métier pépère, ignorant les dures lois du travail au rendement (pour faire toujours mieux que la concurrence), et trouvent insupportable le travail effectif – au point de se tuer hélas s’ils y sont contraints sous la menace (contrainte usuelle pour les employés du privé). A mon avis, ça ne justifie en rien de condamner la direction ayant généré cette transition, ce sont les fonctionnaires refusant le travail normal qui sont à condamner ! Certes, comme en 1789-93, il faut tâcher d’éviter le suicide aux ex-privilégiés qui entendaient le rester perpétuellement, mais la justice doit casser le privilège, à terme. Je ne crois pas à la psychologie, mais le gouvernement pourrait accompagner les fonctionnaires par ses stupides « cellules de soutien psychologique », pour les mettre enfin au travail à la dure, façon privée (qui assure le niveau de vie occidental, dont bénéficient aussi les fonctionnaires français – sans performance associée). Mais je suis convaincu que pas un mot sur cette ligne mienne ne sera prononcé au tribunal ou sur les médias. Hélas. On m'accuserait d'être un tueur, accusation interdite de contestation pour que persiste le privilège, en continuant à écraser fiscalement les employés du privé, rackettés pour faire vivre tranquillement les privilégiés du "public".

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Ajout 09/07/2018, Souvenirs ± lointains
  Un ami m’accuse de prétendre que le travail fonctionnaire n’existe pas. C’est faux, mais je dois expliquer mon sentiment.
  Depuis l’âge de 3 ans, je connaissais les fonctionnaires via les enseignants, mais j’ai découvert les fonctionnaires purement administratifs vers 1981, j’avais 17 ans et devait me faire recenser, obligation pour le service miliaire alors obligatoire. Je suis allé à la mairie (de Toulouse), et dans la salle recevant le public, personne n’était au guichet, deux employées municipales étant à cinq mètres de là, assises à leurs bureaux, et elles se racontaient leur week-end. J’ai toussoté, mais sans les intéresser nullement. Croyant qu’elles n’entendaient pas, j’ai sorti une pièce de ma poche et je l’ai fait tinter contre le réceptacle de verre. Elles m’ont regardé avec hostilité, mais sans venir demander de quel service j’avais besoin. Alors j’ai attendu, et c’est peut-être après quinze minutes d’attente, comme ça, immobile, quand des adultes sont entrés derrière moi, que l’une a daigné se lever, et venir au guichet, l’air renfrogné, visiblement dérangée dans son confort, escompté.
  J’ai revu le même symptôme vers 2007, au Conseil Général (de l’Ain), passage obligatoire pour obtenir la très difficile autorisation d’adoption. Les employées avaient toutes un ordinateur mais ne pianotaient nullement dessus à un rythme infernal : elles se racontaient leurs vacances, se maquillaient, se levaient pour aller se chercher un Nième café. Et quand nous venions pour voir l’assistante sociale, en nous présentant à leur bureau pour être annoncés/mis en attente, elles nous ont clairement fait sentir qu’on les dérangeait, qu’elles n’avaient pas du tout envie de nous servir ou nous aider dans nos démarches.
  Dans les deux cas, nous n’étions en rien des clients, à choyer sinon ils vont ailleurs tarissant la source de revenus, non : il y a monopole, et emploi à vie, même si les usagers sont très mécontents du « service » rendu, faux service, assurément payé par réquisition fiscale sous menace policière/ « judiciaire ».
  Alors, évidemment, quand ces fonctionnaires voient surgir un projet de privatisation les concernant, ils sont en révolution, scandalisés à l'idée de devoir se mettre au travail pour de vrai ! (Et, certes, dans le privé, l’informatisation a fait renvoyer/reconvertir 95% des services administratifs, sans les laisser intouchables sous menace de grève bloquante – à puissance centuplée par le monopole.)
  Même dans l’école, parmi les enseignants, certains sont admirables de dévouement et pour générer des vocations dans divers domaines, quand d’autres sont très mauvais, méprisant les élèves et parents d’élèves, aucunement vus comme clients à qui plaire, mais comme emmerdeurs. Etant fonctionnaires, tous sont impunissables et même assurés de promotion salariale à l’ancienneté, c’est un privilège énorme, et totalement injuste, immérité. Je ne dis pas que personne ne fait rien parmi les fonctionnaires, je dis que le statut fonctionnaire (français) est scandaleux, encourageant au refus de travail hélas – et en tant que racketté pour faire vivre ce système, je proteste, simplement.
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Ajout 10/07/2018, Clarification ± anti-violente
  Les propos ci-dessus se sont vus répondre, par un fonctionnaire ami : « je n’ai rien à ajouter sur ce déferlement de haine anti fonctionnaire.je te donne rendez-vous quand la fonction publique aura disparu. Tu changeras d’avis. » Je ne pense pas que ce soit de la haine : il ne s’agit même pas de la haine anti-privilège façon 1789, voulant couper la tête des privilégiés : il ne s’agit que d’abroger leurs privilèges pour les mettre au standard commun. Ils refusent ? ils font la grève ? D’accord, alors virons-les tous, et embauchons de vrais travailleurs à la place. Un des arguments de mon interlocuteur était que s’il n’y a plu’ d’emploi protégé, cela sera le règne de la corruption, et je ne vois pas pourquoi : les huissiers pourraient être une profession libérale, pas du tout fonctionnaire, et ce serait la probité même : ces gens se ruineraient s’ils trahissaient leur promesse d’honnêteté scrupuleuse.
  Que veut dire « haine » ? Google me répond : « 1/ Sentiment violent qui pousse à vouloir du mal à quelqu’un et à se réjouir du mal qui lui arrive. 2/ Aversion profonde pour quelque chose. »
  1A/ « Violence ». Moi, j’abrogerais sans violence aucune le statut fonctionnaire, les monopoles, l’emploi à vie, la progression salariale automatique à l’ancienneté, l’intouchabilité en cas de mépris de l’usager S’ils hurlent et cassent tout, la violence viendra d’eux, minorité ex-privilégiée, et sera écrasée normalement par les forces de l’ordre, pour le bien général. Que des privilégiés appellent violence leur mise au régime général n’est pas audible : c’est une cessation de faute, pas une faute qui est commise dans le changement. Si les forces de l’ordre, elles-mêmes fonctionnaires, se rebellent et changent de camp, armes à la main, elles seraient déclarées (par le peuple) illégales putschistes et il serait fait appel aux armées onusiennes pour venir les écraser. Oui ce serait violent, comme 1789 quand les privilégiés tuaient pour refuser de perdre leurs privilèges, à la différence près que c’est maintenant en contexte mensonger indéfendable : il s’agit de privilèges au nom prétendu de l’égalité.
  1B/ « Vouloir du mal ». Il ne s’agit pas du tout, dans la suppression du statut fonctionnaire français, de vouloir « du mal » aux fonctionnaires, il s’agit de stopper le mal de leurs privilèges pour qu’ils deviennent bons moralement, normaux simplement, comme tout un chacun. Cela peut se faire tranquillement, et s’ils déclarent « mal » la situation d’autrui, il n’est pas juste qu’ils soient placés au-dessus, mais ils doivent simplement partager cela, trouver ensemble une voie vers un mieux-être commun.
  1C/ « Se réjouir du mal ». Il est faux de dire que relève de la haine l’élément de satisfaction involontaire qui est naturel quand l’oppresseur cesse d’opprimer. Quand un bambin innocent est content, devant un dessin animé, à l’instant où « le méchant » perd, est-ce de « la haine » ? Pas d’accord non, moi j’appelle ça de la justice, au sens justicier, ce qui se situe dans le registre « bien » et pas dans le registre « mal ».
  2/ « Aversion envers quelque chose ». Oui, l'aversion envers l'injustice fait partie du bien. Appeler ça "haine" est usurpé, les académiciens racontent n'importe quoi. A mon sens, "haine aveugle" est un pléonasme, et une rancoeur immensément argumentée n'est donc en rien de la haine.
  Post-scriptum 11/07/2018 : à la réflexion, je voudrais ajouter un élément familial faisant le lien entre les thèmes « haine » et « souvenirs », en matière de relation à la fonction publique. Dans ma famille, de 2 parents enseignants publics et 4 grands-parents enseignants publics, ma petite sœur a été « sauvée » par l’enseignement privé… Déclarée débile incapable par l’enseignement public, elle qui ne s’intéressait en rien aux disciplines scolaires, elle a été placée en « dernière chance » dans l’enseignement privé, réputé respecter chaque élève puisque « client » (à remercier, choyer) et non « usager » (devant dire merci si on daigne le servir), et… elle s’est avérée apte à la scolarité, avant de réussir très correctement dans les études supérieures, puis réussir professionnellement (emploi solide trouvé, promotions multiples). La logique de l’enseignement privé faisait le gros effort de voir ce qu’il pouvait y avoir de bien en elle (à juste titre, la suite l’a prouvé), alors que la logique de l’enseignement fonctionnaire la méprisait pour ne choyer que les fonctionnaires imposant leurs propres désidérata… Et mes parents utilisaient à leur profit ce statut « privé » de client, tout en profitant de leur statut fonctionnaire pour être dispensés de la dureté du travail privé, c’est simplement moche. « Faites ce que je dis (comme client), pas ce que je fais moi-même (comme fonctionnaire) ». Enfin, ils pouvaient eux, individuellement, respecter l’élève faible ou peu scolaire, mais en étant solidaires (syndicalement) de leurs collègues broyant les faibles. Je n’ai pas été étonné qu’ils fassent jouer la concurrence durement, pour leurs achats (de biens et services) tout en étant eux-mêmes protégés (par statut) de la concurrence. Même principe, d’égoïsme groupiste, jouissant du privilège. Je n’ai pas de haine à leur encontre, je trouve seulement ce côté (dont ils ne sont pas responsables) : moche. En abolissant le statut fonctionnaire français privilégié, je ferais cesser cette petite honte, pour une vraie égalité, en nécessité pour tous d’effort au travail, en faveur des clients.
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Ajout 12/07/2018, Nième scandale pro-fonctionnaire
  J’ai vu à la télévision sur chaine privée (confirmée sur le web : https://sauvegarde-retraites.org/docs/Etude%20Reversion%202017%20%20(3)%20(1).pdf ) que les pensions de réversion étaient très différentes entre privé et public. L’exemple télé disait quelque chose comme « Si un mari qui touchait 1800€/mois de retraite décède, sa veuve touche 900€/mois s’il était fonctionnaire, 300€/mois s’il était issu du privé. » Pourquoi cette grande injustice pro-fonctionnaire (+200%, ou +100% sur l’exemple du site, qui parle d’injustice « la plus scandaleuse ») ? Comme d’habitude, on pourra me rétorquer que l’état se veut un employeur exemplaire, donnant le bon exemple, mais… loin d’être un riche employeur partageant ses fortunes, il s’agit d’un employeur en déroute, en déficit chronique, protégé de la faillite exclusivement par la loi (du plus fort). Donc il distribue des privilèges qu’il n’a pas les moyens de payer, c’est affreux, et lié à la force phénoménale des grèves fonctionnaires exigeant « avantages », en situation de monopole légal – qu’il convient donc d’abattre, à mon avis. Soit interdire la grève aux fonctionnaires, façon allemande (les fonctionnaires n’ayant nullement à contrer un patron exploiteur s’en mettant plein les poches sur leur dos, non), soit autoriser la concurrence en supprimant l’éternité d’emploi fonctionnaire – d’où leur mise au chômage après faillite très probable, les gens préférant être servis comme clients (toujours mieux en rapport qualité/prix) que méprisés comme usagers dérangeant le train-train pépère escompté.
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Ajout 03/12/2018, Compléments
  Mon ami fonctionnaire me réplique :
1/ Tu veux la peau des fonctionnaires ; c’est un choix que tu risques de regretter.
2/ L’administration a globalement des fonctions de contrôle. Ce qui compte c’est l’honnêteté et la rigueur, et ça ne cadre en rien avec une activité privée. Imagines-tu sérieusement une police privée ? qui d’ailleurs serait sans doute plus chère.
  Je lui ai répondu :
1/ Je ne veux nullement « tuer » les fonctionnaires, je veux abolir leurs privilèges simplement.
2/ Mon expérience est exactement inverse : les assistantes sociales (pour adoption) et la juge (pour jugement d’adoption) pratiquaient tout le contraire de l’honnêteté : l’abus de pouvoir, la jouissance dans la capacité de nuisance. C’est affreux et pas idyllique. Avec monopole, ça devient même incontournable, c’est une abomination.
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Ajout 11/12/2018, Suite
- Je ne suis pas d’accord que la fonction publique est dévouée. Le principe des incessantes grèves fonctionnaires n’est nullement de servir au mieux l’usager mais d’emmerder au maximum l’usager pour obtenir des avantages corporatistes, c’est de l’égoïsme tout au contraire de l’altruisme.
- Je ne suis pas d’accord que la fonction publique est peu payée : elle est certes moins payée que les très riches du secteur privé (patrons et cadres supérieurs, ce qui est une honte qui disparaitrait avec mon économie humbiliste), mais la base publique est davantage payée que la base privée (comme d’habitude, raisonner sur la moyenne est faux, surestimant l’indicateur central du privé, la médiane montrerait le contraire). Avec mes camarades étudiant à l’IUT bio, on savait qu’obtenir une place en hôpital public amène amélioration financière pour les laborantins payés au lance-pierre en petits labos d’analyses privés, c’est très connu dans ma branche (même si, majeur de promo et acceptant travail à la campagne, j’ai eu la chance d’avoir une place dans une grande entreprise à produits chers, moins dure côté salaires).
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Ajout 21/12/2018, Non-grévite ?
  Mon ami fonctionnaire m’affirme solidement que dire les fonctionnaires en grève chronique est à la fois faux et insultant.
  Je lui ai répondu ceci : « Ma vision des fonctionnaires en grève chronique ne prétend pas être indiscutable prouvée par les faits (tu sais que je ne suis pas réaliste). Simplement, elle est dans mon esprit comme résultat de l’expérience : 1/ A la mairie des Toulouse, dans les années 1970-80 tout au moins, il y avait (en plus des grèves occasionnelles pour tel ou tel sujet imprévu) une journée de grève annuelle payée, au titre de tradition, et les syndicats devaient chercher chaque année quelle revendication y serait clamée, je trouve ça incroyable mais c’était véridique indiscutable, me disait-on là-bas à l’époque. 2/ Les syndicats présents dans mon entreprise (CFDT et CGT) grognent que nous ne faisons jamais la grève et qu’il n’y a certes plu’ que les fonctionnaires qui ont une forte pratique de la grève, je ne crois pas qu’ils soient des menteurs insultant leurs confrères syndicalistes fonctionnaires. 3/ Dans mon enfance, ma mère enseignante publique responsable syndicale faisait la grève très régulièrement, chaque année je crois, en tout cas à chaque changement de ministre avec nouvelle loi, ça faisait partie de la normalité usuelle. 4/ Sur le principe, le fait d’avoir un employeur à banqueroute impossible rend possible et facile la grève dure et longue, il est donc naturel qu’elle soit pratiquée dans la fonction publique française, sans son caractère suicidaire effrayant dans le privé (les clients allant ailleurs d’où perte d’emploi et ruine personnelle). 5/ Mon frère enseignant public avait protesté une année « merde, ces salauds n’ont pas payé la grève cette fois, si j’avais su que c’était pas payé, je l’aurais pas faite ! », oui les grèves fonctionnaires étaient tellement puissantes et reconduites, que passait souvent, comme condition à la reprise de travail : le paiement des jours de grève, déclarant l’état coupable du conflit donc à payer par lui ; effectivement, avec ce privilège d’être payé qu’on travaille ou fasse grève, c’est une immense incitation à la grève fréquente. Les mœurs ont peut-être un peu changé depuis lors, certes. Au grand regret des syndicats et de la gauche pro-fonctionnaires. ».
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Ajout 11/01/2019, Anti-corruption
  Quand il est argumenté que c’est pour garantir leur honnêteté et leur indépendance que les fonctionnaires sont employés à vie et assez bien payés en France, je le démens formellement. J’ai été employé dans le privé, sans emploi à vie, sans avancement à l’ancienneté déconnecté de la performance, ai-je pour autant été corrompu ? Pas du tout : le simple fait d’être payé, même mal, impose l’honnêteté, sans se vendre au concurrent pour torpiller l’employeur par exemple. Pourquoi le fait-on ? Pourquoi est-on honnête dans le privé (au bas de l’échelle) ? Simplement pour ne pas être renvoyé, pour ne pas être classé malhonnête perdant toute possibilité d’emploi, bref le bâton suffit, ça ne justifie aucune carotte. La même sévérité, très exactement, pourrait s’appliquer à la fonction publique. Si ce n’est nullement le cas, c’est qu’il y a explicitement privilège, à mon avis.
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Ajout 13/01/2019, Contesté encore
  On me dit que la fonction publique est un service public, sans aucun rapport avec une logique d’entreprise, et par ailleurs que les fonctionnaires sont très surveillés par leurs chefs, vérifiant la performance avec statistiques très attentives, constamment. Je réponds :
- Il n’est absolument pas vrai que la fonction publique est un service public : les grèves fonctionnaires visent explicitement à emmerder au maximum les usagers, tout au contraire de les « servir » au mieux.
- Les enseignants n’ont pas à répondre de leur performance : au titre de la « liberté pédagogique », ils ont le droit de faire à leur guise, tout en prétendant au bien objectif. De même pour les juges, assistantes sociales et psychologues départementaux avec qui j’ai eu à souffrir dans l’adoption de mon fils : ces gens-là jouissent d’emmerder le public et n’ont semble-t-il aucun compte à rendre à personne (ou à des chefs complices, pareillement fonctionnaires tranquilles et cachant le problème, énorme).
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Ajout 22/01/2019, Explication clarifiante
  Un ami fonctionnaire soupire : « j’ai déjà épuisé ma salive à te démontrer qu’il n y a aucun "privilège" fonctionnaire mais la maladie libérale qui t’a atteint est apparemment incurable. »
  J’ai plusieurs fois dénié être libéral, puisque refusant les paradis fiscaux, le surpaiement des chefs, la fortune spéculative et même commerçante, mais j’ai répondu cette fois sur un autre point : « Je ne dis pas que tous les fonctionnaires automatiquement sont privilégiés, je parle des fonctionnaires français actuels (ou depuis 1981, date pas liée à l’arrivée du PS mais à mon bac me conduisant à la vie adulte en un sens, regardant un peu autour). En Allemagne, les fonctionnaires n’ont pas le droit de grève et cela me parait juste puisqu’ils ne sont pas pressurés par un patron milliardaire. Aux Philippines, les fonctionnaires ont un micro-salaire façon communiste, comme ils ont un rendement faible de type communiste. Aux USA, les fonctionnaires sont virables comme tous les employés, et Reagan a ainsi viré 100% des contrôleurs aériens, à cause de grève chronique. Ce n’est qu’en France qu’il y a privilège éhonté, à ma connaissance. Ce n’est pas idéologique mais argumenté. »
  J’avais répondu une autre fois (11/01/2019) « les fonctionnaires français ont le privilège d’emploi à vie, quelle que soit leur performance personnelle et quel que soit le déficit global de l’entreprise étatique, leur salaire n’ayant rigoureusement aucun rapport avec la satisfaction des clients mais venant du racket fiscal : prélèvement autoritaire d’argent sous menace de la police prétendue « force de l’ordre » et de la prétendue « justice ». [Et il y a d’autres petits privilèges : avancement automatique à l’ancienneté, retraite sur les 10 meilleurs années au lieu de 25, pensions de réversion plus fortes, etc.]. Si le client est très insatisfait, soit il ne peut pas choisir un autre prestataire car il y a monopole, soit il peut aller voir ailleurs mais sans pour autant cesser de payer pour le service public prétendu. D’où le privilège faramineux de la grève sans aucun risque (de banqueroute, creuser le déficit étant simplement reporté d’autorité sur les sommes à rembourser par nos enfants dans le futur), et du travail à rythme communiste (pépère refus du travail dur) avec salaire occidental (trépidante course à la performance), et sans les inconvénients du système communiste allant avec le principe 100% fonctionnaires (état policier, persécution des arguments dissidents), bref c’est le beurre + l’argent du beurre + les fesses de la crémière… et ce n’est pas juste en système mixte privé/public, avec ces privilèges publics financés par racket du performant secteur privé (principe socialiste français, gauche non communiste). ».
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Ajout 19/03/2019, Publicité encore
   J’ai été désagréablement frappé par des publicités répétées, en faveur de la banque Crédit Mutuel, l’argument systématique étant « puisqu’il n’y a pas d’actionnaires ici, il n’y a que les clients à satisfaire ». Cet argumentaire-là me parait doublement faux :
1/ Patron. J’ai été employé du privé plusieurs années avant que la compagnie soit mise en bourse, et cela n’a pratiquement rien changé. Qu’il faille satisfaire directement « le patron » (et son encadrement) ou bien indirectement des actionnaires, cela ne modifie rien à la relation vis-à-vis des clients, possiblement pressurés pour faire du bénéfice.
2/ Employés. Les enseignants publics, chaque année en grève, ne servent absolument pas que les enfants et parents d’élèves (« clients usagers ») : ils servent avant tout eux-mêmes, la satisfaction de leurs propres désidératas, en se contrefichant de l’opinion des personnes prétendument servies.
   J’ignore les spécificités du principe mutualiste (actuel) mais le fait de dire « pas d’actionnaires donc idéal » ressemble à une mauvaise caricature du capitalisme, passant à côté des problèmes qui se posent, en termes de respect des « clients » (au sens large).
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Ajout 13/04/2019, Clarification
  Un ami était en profond désaccord avec moi, il me disait « les fonctionnaires sont des salariés comme les autres. Les priver du droit de grève est scandaleux. »
  J’ai expliqué le contraire. Les fonctionnaires ne sont pas du tout comme les employés de secteur privé : nullement exploités par un patron richissime se faisant (avec leur travail sous-payé) un max de bénéfice à leurs dépens, ils sont employés dans un système à but non lucratif et tout ce qu’ils exigent et obtiennent est payé par les clients dits usagers. Leurs grèves viennent je crois toujours d’un refus d’obéissance hiérarchique en forme d’exigence d’auto-gestion, ça n’a aucun rapport avec le monde privé, où la soumission est habituelle et la grève n’intervient que si l’encadrement vraiment dépasse les bornes. En effet, la grève dans le privé est un semi-suicide : les clients non livrés vont passer à la concurrence et l’entreprise risque de faire faillite, ce qui n’existe pas dans la fonction publique (soit il y a monopole avec usagers prisonniers, soit c’est avec concurrence mais les fonctionnaires se contrefichent d’être en déficit ou déficit croissant puisque l’état éponge, en ajoutant ça à son déficit chronique). Moi je trouve que le scandale est l’abus éhonté du privilège fonctionnaire. Les Allemands interdisant la grève aux fonctionnaires ne sont nullement des monstres : il y a de très solides raisons à cela, que tu refuses, exigeant privilège total – c’est compréhensible mais je trouve ça injuste. C’est en partie ce qui a produit l’effondrement syndical dans le privé : les syndicats nationaux (obligatoires depuis Mitterrand 1981) se battent entre autres choses pour le maintien des privilèges fonctionnaires et ça les rend antipathiques pour les humbles employés du monde privé. Leur argumentaire est qu’il faut étendre au privé les avantages du public, ajustement par le haut, mais les employés savent qu’on ne serait plu’ concurrentiels dans le privé (par rapport aux concurrents étrangers sans ces « avantages » pour le personnel) d’où faillite et ruine.
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Ajout 21/04/2019, Clarification encore
  Mon ami fonctionnaire me dit : « Quand j'ai affaire au secteur privé je dirais que c'est tout autant le bordel (passes-moi l’expression) que dans l'administration. C'est ta mauvaise foi qui voit exactement le contraire. ».
  Et je réponds : Je suis d’accord que le privé est scandaleusement imparfait, et menteur en plus (c’est ce qui m’en a exclu), ce que je voulais dire c’est que : si tu n’es pas content d’un fournisseur privé, tu le remplaces par un concurrent et il est ainsi puni (donc forcé à l’effort de te plaire), alors qu’avec la fonction publique, chier au nez de l’usager est la grande routine, sans aucun risque de banqueroute et ruine. Ce n’est nullement de la mauvaise foi de le constater et le comprendre.
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Ajout 16/06/2019, Non parallèle communiste
  Avant-hier, j’ai longuement discuté avec une retraitée polonaise (ayant commencé sa carrière professionnelle sous régime communiste puis ayant continué dans le système privé français, tout en entendant parler des amis fonctionnaires), et cela me conduit à revoir certains de mes jugements sur les fonctionnaires français, merci à elle. (C’était à un repas d’une soixantaine de retraités – et invalides comme moi – de mon ex-entreprise, et elle avait la malchance de ne trouver personne de son service, donc connu, sauf moi ayant passé 9 ans dans ce service-là – 1984-1993 – et elle a souhaité s’asseoir à côté de moi pour ne pas être qu’avec de complets inconnus – de l’autre côté de moi, il y avait des très anciens, une génération avant nous, et en face de nous il n’y avait personne, suite à des annulations, on a donc parlé, tous les deux, environ trois heures. De météo, de vacances, de langue polonaise, mais pas seulement.)
  Avant, je pensais que la position statutaire de fonctionnaire français était un privilège, joignant tranquillité du travail façon communiste (à 100% de fonctionnaires, et rendement tendant vers zéro, en méprisant l’usager) avec le salaire du monde privé (à l’américaine, fondé sur la performance maximale pour le client payeur). Et cela sans la rigueur sévère de la dictature communiste mettant la pression pour que ça tourne un petit peu quand même.
  Mon ex-collègue polonaise, elle, parlait de ces décennies difficiles dans le monde privé français, à changements incessants, souvent aberrants et contre-productifs, mais auxquels on était astreint d’obéir, c’est normal, c’est la vie d’employé (du monde privé). Mais, de manière inattendue, elle a dit qu’elle entendait des amis et parents de son (deuxième) mari qui parlaient d’un autre monde : celui des fonctionnaires (français). Avec environ zéro rendement, zéro obéissance, mais toute une organisation efficace pour travailler le moins possible, en ménageant son petit confort personnel – ça la faisait rire. Je ne l’ai pas contredite, j’ai souri, approuvé, pensant à ma mère enseignante, autrefois en grève chronique avec ses collègues pour refuser les décisions ministérielles en exigeant liberté de faire ce qu’ils voulaient, comme travail, forme d’autogestion contestant toute autorité (sauf la leur envers les usagers élèves/parents d’élèves, méprisés)...
  Ce qui me parait important, c’est que mon ex-collègue polonaise ne faisait absolument pas le rapprochement fonction publique française/fonction sous régime communiste, ceci n’ayant rigoureusement rien à voir. Apparemment, comme dans le système privé occidental où le chef (et petit chef) aboie des ordres, dans le système communiste le supérieur (ou l’officier politique) aboie des ordres, c’est purement dans la fonction publique française que les employés refusent les ordres, c’est un privilège total, sans équivalent, et payé – puisque les « clients » sont insatisfaits – par la réquisition fiscale par la force (police « justice » prison). Effectivement, c’est inouï, c’est un privilège très choquant (quand on n’en est pas bénéficiaire), ça explique l’insuccès de la gauche en France, pro-fonctionnaires français payés par pression sur le privé français (où les chefs pressurent les faibles pour dégager les marges). Oh non, ces masses de petits faibles ne votent pas du tout pour « toujours davantage de fonctionnaires au statut », toujours davantage de privilégiés, à leurs dépens à eux. Logique. Enfin, ils se trompent en votant Rassemblement National, prenant pour boucs émissaires les migrants (sans réfléchir que nos migrants à nous ont conquis le monde et assuré notre richesse injuste mondialement – la télé complice étouffe toute pensée à ce sujet). J’ai inventé la solution démocronde humbiliste mais cette frugalité besogneuse est bien moins tentatrice que les promesses égoïstes-groupistes paradisiaques.
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Ajout 04/07/2019, Notes d'examen
   J’entends à la télévision depuis hier que des enseignants correcteurs refusent de rendre les notes du Bac si le ministre ne se plie pas à leurs exigences d’annuler la réforme prévue de l’enseignement, et il est dit que c’est prendre les enfants innocents « en otage », les enseignants répliquant que c’est l’entière faute du gouvernement refusant la négociation.
   A mon avis, même si la réforme en question est peut-être comme d’habitude idiote, en face c’est une violence de fonctionnaires privilégiés. Quand on est employé, le travail consiste à appliquer les commandements venant de la hiérarchie, il n’y a pas à faire grève à la moindre offense au souhait d’autogestion, en pénalisant les clients tout en affirmant que la faute en incombe totalement à la direction. Je serais d’avis de supprimer le statut d’employés à vie pour ces odieux privilégiés : qu’ils partagent le sort commun d’obéir à la direction et de servir les clients (qui sinon iront voir ailleurs, ruinant la profession), sous peine de renvoi pour faute lourde. Bien sûr, pas un seul mot n’a été envisagé sur cette ligne aux informations, sur la demi-douzaine de chaînes télévisées que j’ai vues. Mais ce n’est pas juste.
   Le penser, le dire, n’est absolument pas de la haine anti-fonctionnaire, c’est de la légitime défense contre abus de pouvoir privilégié.
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Ajout 08/07/2019, Nouvelle grève enseignante
   Sur mon site au sujet de l’orthographe scolaire (abusivement illogique selon moi), j’avais écrit : « A mon avis, les enseignants publics n’ont absolument pas valeur professionnelle de cadres du privé. Le refus d’obéissance aux instructions (avec exigence d’autogestion et grévite chronique) est une spécificité d’improductifs privilégiés, méritant renvoi (abolition totale du statut fonctionnaire d’employé à vie). »
   Un ami fonctionnaire, quoique pas enseignant, me répond : « Ce que tu appelles une volonté d’autogestion, dans une vision comme d’habitude bien à droite, des enseignants est le droit pour les professeurs de choisir ce qu’ils veulent enseigner. Je crois que ce droit ne leur est pas contesté dans l’enseignement supérieur. Comme en médecine, hélas. Pourquoi donc le limiter à l’enseignement supérieur ? Après je te laisse comme d’habitude à ta haine des fonctionnaires. Ce que tu veux c’est caporaliser les fonctionnaires. Ces derniers n’étant que des larbins qui recitent ce qu’on leur dit de faire. C’est justement le statut qui leur permet de défendre l’intérêt général contre leur hiérarchie inféodée à un pouvoir dictatorial. Tu as semble-t-il choisi ton camp, c’est ton droit. »
   Je réponds ici :
   Ce que tu dis me conforte totalement dans ma position, pas du tout de droite mais d’extrême-gauche pro-humbles du privé. Les fonctionnaires français sont des privilégiés totalement incroyables, comme des enfants pourris gâtés et infiniment exigeants. Les employés, par principe normal, effectuent le travail que leur donne à faire l’employeur payeur, bien sûr que ce n’est nullement à eux de décider ce qu’ils veulent faire ! Dans le temps, j’avais une femme de ménage, et si je lui disais « s’il vous plaît, pourrez-vous nettoyer la cuisine ? ce meuble et celui-ci, j’en aurai besoin demain », il serait paru totalement incroyable/inouï qu’elle réponde « Non, pas question, moi je veux au contraire nettoyer la chambre aujourd’hui, et si vous osez me commander autre chose j’arrête le travail jusqu’à nouvel ordre ! en vous empêchant de nettoyer ça vous-mêmes ! sale briseur de grève salaud pourri de droite ! je fais ce que je veux, c’est moi qui décide, et c’est vous qui payez, allez (quand je daigne accepter une tâche, ou que vous vous pliez à mes exigences) ! et je suis votre employée à vie, interdit à jamais de me virer si mon travail est désastreux ! C’est la loi, incontestable ! ». Très mauvaise science-fiction, proprement inimaginable ? Pour les fonctionnaires enseignants, privilégiés incroyables, c’est pourtant la normalité, l’exigence chronique : c’est à eux de décider.
   Certes, cela a un sens dans certains cas, c’est le remplacement de la relation employeur-employé par une autogestion sans chef. Ce n’est même pas communiste (régime au contraire très autoritaire), c’est une forme d’anarchie, peut-être viable au monde des bizounours mais il me semble qu’elle n’a jamais fonctionné ici autour – avec la faillite de LiP etc. (les ouvriers-patrons s’accordent des rendements pépères de fonctionnaires, et la performance s’écroule, type misère soviétique, jusqu’à la faillite si ce n’est pas financé par le racket policier de contribuables prisonniers). Le statut fonctionnaire me semble donc une aberration imméritée, responsable de l’état catastrophique de l’éducation publique en France. Certes la mesure de celle-ci est biaisée par l’écroulement des exigences (genre 90% de reçus au Bac… avec un niveau maintenant inférieur au certificat d’études d’autrefois), mais à échec avéré dans les comparaisons internationales (genre France 23e pays d’Europe pour le niveau des élèves de tel âge).
   Ça me semble concerner avant tout les enseignants mais d’autres fonctionnaires sont peut-être impliqués (si ce n’est tous) : dans mon travail, dans le secteur privé, nous avions parfois des contacts avec les chercheurs fonctionnaires du CNRS, et pareille aberration semblait pour eux la norme : ils travaillaient exclusivement sur ce qu’ils voulaient, ne tolérant pas d’être dirigés par des questions de débouchés ou d’utilité, d’avoir à obéir à des impératifs de rendement et de coût. Ces privilèges (cachés, légaux et pas dénoncés par la pensée unique ne voulant fâcher aucune corporation) sont très tristes, très injustes. Et je ne dis pas du tout ça d’un point de vue de droite, pas du tout : j’accepterais que tous les millionnaires soient dévalisés, ruinés, là n’est nullement le problème – ce qui me choque (en dehors de l’exploitation du travail par le capital des oisifs) est la fausse humilité des travailleurs privilégiés à « statut fonctionnaire » et salaire élevé de type pays riche (riche par performance privée pour les clients, avant racket fiscal).
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Ajout 25/07/2019, Fausse accusation de haine
   La loi contre la haine en ligne étant en passe d’être votée parait-il ( https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/liberté-dexpression-et-lutte-contre-la-haine-sur-internet-un-difficile-exercice-déquilibriste/ar-AAEMHWi?ocid=spartandhp ), mes propos qualifiés par certains de « haine anti-fonctionnaire » vont-ils devenir illégaux ? J’aurais spontanément tendance à dire « non, pas du tout, ce n’est pas de la haine mais de l’argumentation anti-injustice », mais j’en reviens avant à la définition de « haine ». Selon Google :
1/ Sentiment violent qui pousse à vouloir du mal à qqn et à se réjouir du mal qui lui arrive. Exemple : Vouer à qqn une haine implacable. Synonymes : aversion, répulsion, -phobie
2/ Aversion profonde pour qqch.
  C’est idiot alors d’interdire « la haine » en général, car deviendrait illégale la pensée unique elle-même, exprimant évidemment l’aversion envers l’injustice, l’esclavage, le meurtre, le viol, l’aristocratie, le racisme, l’apartheid, le nazisme, l’exploitation d’humains, le sexisme, le machisme, l’abandon d’animaux domestiques, la torture, etc. Tout le monde serait accusable de haine, les procureurs ayant entière liberté de décider ce qui est poursuivable ou non, cet arbitraire signerait une dictature. Donc cette loi est absurde menteuse, une de plus hélas. C’est donc apparemment intenable sur le plan logico-moral, mais ça semble un calcul politique dictatorial sans l’avouer : oui, toute position politique réagissant à un abus risque d’être interdite au titre de l’interdiction (sélective) de la haine. Mes positions argumentées anti-privilèges-fonctionnaires, anti-racisme-judaïque, anti-abus-scientiste, deviennent toutes sanctionnables, au titre de l’interdiction politique prétendue loi de droit commun contre la méchanceté intolérable (ma haine). Mensonge, avec condamnation au silence, ruine et prison, à la clé. Abject. Non, nos législateurs ne méritent pas leurs salaires, voleurs, ils interdisent seulement de le conclure, de le prouver… Dictature confirmée.
  Je rappellerai aussi que la grande victoire 1789 fut un triomphe de la haine antiroyaliste, que 1944 fut un triomphe de la haine antinazie, et non, ce n’est pas du tout « la moindre haine » qui par principe est injustifiable, inadmissible. Bloquer « dorénavant » toute nouvelle haine présupposerait que nous soyons au Paradis, et ceux qui l’affirment s’avèrent partisans des injustes installés (privilégiés du système actuel, interdisant la contestation affirmée « haine » fautive) : héritiers, chefs, occidentaux, juifos, fonctionnaires, exilés fiscaux, etc. Vastes sujets, bientôt censurés hélas.

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Ajout 04/08/2019, « Liberté » enseignante (complément de l'ajout du 08/07/2019)
  Mon ami fonctionnaire (non-enseignant) m’oppose l’idée très intéressante que je suis très contestable en déniant la liberté de l’enseignement, comme pour souhaiter un endoctrinement pseudo-éducatif aux ordres du pouvoir en fait anti-démocratique. Et il dit que la liberté enseignante (plus forte aux USA qu’en France) est une évidence comme la liberté de diagnostic en médecine. J’entends cette objection, très intéressante, mais… je ne suis pas pleinement d’accord.
1/ J’ai entendu la semaine dernière que, dans la compagnie fonctionnaire Air France, le syndicat des pilotes venait enfin, 5 ans après, de permettre le développement de la filiale à bas coût Transavia, qu’il bloquait victorieusement jusque-là. Les journalistes plaisantaient « c’est de l’autogestion ? dans cette compagnie, ce n’est pas du tout le patron qui décide ? ». Et la réponse des experts prétendus (et ici assez convaincants, pour une fois) était « oui, c’est ça, la fonction publique à la française ». Je pense donc fermement que les grèves enseignantes se situaient effectivement dans cette exigence victorieuse d’autogestion comme les grèves Air France, EDF, SNCF, etc. et pas comme une spécificité totale propre à l’enseignement.
2/ Le fait que les grèves enseignantes soient menées par des syndicats, au nom de la force groupiste, lamine la liberté individuelle autant que la pression d’un gouvernement décideur. Le professeur isolé, par exemple d’opinion « no border » en géographie, serait laminé par ses collègues autant que par l’employeur. Les luttes de clans entendant chacun dominer ne me semblent pas illustrer loyalement l’idée de liberté. Et si on conteste ce que je dis sur l’idée no border, il suffit de prendre des exemples davantage condamnés clairement : au nom de la liberté éducative (contre le pouvoir), un enseignant serait-il autorisé à enseigner les bienfaits de la traite négrière, du génocide antisémite, de la pédophilie active, etc. ? J’en doute fort, la loi lui serait jetée à la face, loi qui est domination du pouvoir.
3/ Le problème bien plus général de l’enseignement, français tout au moins, est que la liberté de l’élève est écrabouillée par l’autorité professorale, et il me parait indécent que ces professeurs réclament pour eux-mêmes une liberté qu’ils n’accordent pas à leurs élèves (sanctionnés s’ils n’obéissent pas au prétendu Vrai énoncé par l’enseignant, la réponse « j’y crois pas » étant notée zéro, et valant redoublement/exclusion, du moins à mon époque avant la direction Jospin « diplôme pour tous »). C’est un vaste sujet, dont j’ai une connaissance particulière de par mon vécu familial, mon père ayant été chef d’établissement scolaire : beaucoup d’enseignants se la jouaient révolutionnaires prolétaires en lutte contre l’oppression de l’administration, alors que (à mon avis, mon père ne le disant pas) c’est eux professeurs qui oppressaient les élèves, vrais humbles-soumis dans cette affaire…
4/ Même si, en cinquième république française tout au moins, le gouvernement (comme les parlementaires) fait à sa guise en disant crotte à la population (interdiction du référendum d’initiative populaire), il serait légitime que cette population commande ce qui doit être transmis aux enfants. Or les enseignants pourraient encore hurler et exiger de faire à leur guise, refusant de se soumettre à quiconque au nom de la liberté d’enseignement. Je n’ai pas du tout l’impression que, dans les grèves enseignantes, ce soit le mode politique de gouvernance qui soit remis en cause, mais bien plutôt l’entrave à la liberté individuelle de faire à sa guise (avec les réserves du point 2/ néanmoins).
5/ En médecine, la liberté de diagnostic repose sur le principe qu’est cherchée une « cause » aux symptômes permettant de soigner avec efficacité, et le pouvoir politique (ministère de la santé) n’a aucune connaissance de la cause diagnosticable en chaque cas individuel, il est donc normal qu’il ne commande en rien dans ce domaine, c’est très différent de l’éducation, Enfin, le gouvernement peut lancer des campagnes genre « prévention de l’ostéoporose », visant un diagnostic préventif ciblé qui est généralisé à toute la population d’âge concerné principalement, et – comme pour les enseignants – le devoir des employés médecins est de pratiquer ce pour quoi ils sont payés, ça ne veut pas dire qu’ils doivent obéir à une injonction préalable comme « déclarer 23% malades » mais qu’ils doivent opérer leur diagnostic comme cela a été décidé pour le bien de la population dans son ensemble.
  Bref, dans un monde idéal plein de liberté argumentaire partout, oui les enseignants résisteraient au pouvoir, les élèves résisteraient aux professeurs, les électeurs résisteraient aux gouvernants élus trahissant les souhaits majoritaires, etc. Ce n’est absolument pas le tableau ici autour. Donc ceux qui approuvent tout ce qui leur fait commander autrui et hurlent là où ce sont eux-mêmes qui sont commandés… ne me paraissent pas avoir un combat juste. C’est en ce sens que je suis hostile aux grèves enseignantes.

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Ajout 18/08/2019, Gaz
  Mon ami fonctionnaire désapprouve mon propos ci-dessus, qu’il traduit en un horrible « les fonctionnaires, il faut les gazer », et cela me semble mériter deux mots de discussion.
1/ Sans peine de mort. Je ne suis aucunement partisan de condamner à mort les fonctionnaires mais simplement d’abolir les privilèges des fonctionnaires français (emploi à vie même en cas de déficit chronique, grève sans risque de banqueroute voire autrefois grève payée, retraite favorisée sur les 6 derniers mois voire autrefois après moins d’années de cotisation, moins de jours de carence en cas de maladie voire autrefois zéro carence, pension de réversion plus fortes pour les veuves du public que du privé, etc.). Et l’abolition des privilèges n’a presque rien à voir avec une mise à mort : je désapprouve certains révolutionnaires 1789-93 qui décapitaient en masse les ex-privilégiés, à mon avis l’abolition des privilèges est une punition nécessaire et suffisante. Certes, puisque cette privatisation est activement combattue par grève fonctionnaire (à monopole) cherchant sciemment à emmerder les gens, cela pourrait mériter punition supplémentaire, mais légère, genre taxe spéciale/amende/privation de vote, sans du tout aller jusqu’à une mise à mort.
2/ Le mot sacré « gazer ». Lors d’une manifestation « pour le climat » à Paris cette année, des manifestants bloqueurs assis ont été aspergés à bout portant de gaz lacrymogène dans le visage par de nombreux policiers, et quand certains débatteurs se sont offusqués qu’ils aient été ainsi gazés alors que ne faisant aucune violence, la dénommée Lévi a crié qu’il était honteux d’employer ce mot gazer, strictement réservé aux chambres à gaz nazies, à la mise à mort par gaz tueur (sans se contenter de faire moucher et pleurer, désagrément). Je pourrais ainsi m’offusquer qu’il soit prétendu que je veux passer les fonctionnaires à la chambre à gaz exterminatrice, mais – puisque le mot a parfois 2 sens – mon ami voulait peut-être dire que je veux « incommoder » les fonctionnaires, comme leur asperger au visage du gaz irritant. Mon objection 1/ serait alors un malentendu. C’est possible, et personnellement, je n’aime pas cette langue française (ou humaine) qui donne aux mots des sens seconds signifiant presque le contraire des sens premiers, conduisant aux amalgames et malentendus. Je n’approuve pas l’expression disant qu’en 1789-93 les aristocrates non tués ont été gazés, cela ne fait qu’embrouiller le débat : il y a eu abolition des privilèges, c’est tout, pas besoin d’employer des mots à double sens dramatisant artificiellement et faisant peser un soupçon d’opinion horrible/inadmissible/terroriste.