J’ose être un employé CONTRE le droit de GRÈVE
Très rare position anticapitaliste anti-fonctionnaire
par Onette Kourajeu, 06-09/07/2019
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   Systématiquement, la télévision claironne que toute grève est par principe légitime car le Droit de Grève est inscrit dans la Constitution Française. Je ne suis pas d’accord, ni avec cette constitution (qui m’est imposée sans me demander mon avis, au nom menteur de l’esprit démocratique) ni avec ce droit de grève, arguments à l’appui, alors qu’en face il n’y a que dogmes totalement dénués d’arguments honnêtes.

1/ Les grèves dans ma vie à moi
  Quand j’étais enfant, souvent ma mère était « en grève », sans que je sache précisément le principe en question. Elle était enseignante responsable syndicale dans la fonction publique. Ces grèves chaque année faisaient partie de la tradition familiale.
  En cours d’Histoire on m’a appris le principe de la grève ouvrière : un patron cupide s’enrichissait fabuleusement en exploitant honteusement le travail d’ouvriers sous-payés, alors ceux-ci disaient un jour « stop, nous cessons le travail, nous cessons de t’enrichir si tu ne partages pas davantage avec nous », ce qui était compréhensible. Et les aléas politiques faisaient selon les époques que ces grèves étaient réprimées violemment en tuant les grévistes, ou que ce « droit de grève » était officiellement reconnu comme légitime facteur d’équilibre juste.
  Ma scolarité s’est effectuée en 1969-1984 sans période de grève scolaire (pour la classe d’âge où je me trouvais), mais il y avait quasiment chaque année une tradition de grève enseignante, les professeurs cessant quelques jours de nous recevoir pour protester contre les réformes de leur ministre (de président élu par le peuple), ça n’avait apparemment aucun rapport avec les grèves ouvrières mais ça portait bizarrement le même nom.
  Puis fin 1984 je suis devenu employé du secteur privé, par hasard : ayant accepté un emploi d’un employeur privé avant de recevoir la réponse positive d’un employeur public. Il était célèbre que le grand patron était multimillionnaire, et refusait/minimisait les augmentations de salaire, mais je me disais « tant pis ». J’avais postulé à ce travail, et j’étais privilégié en étant embauché durablement (je ne sais pas si le mot CDI était déjà courant), il ne me serait pas venu à l’esprit de hurler mes exigences infinies en menaçant d’arrêter le travail, mécontenter les clients, perdre ces clients, sombrer en banqueroute avec le patron (pouvant lui se le permettre avec sa fortune très suffisante pour ses vieux jours). J’avais souffert de divers problèmes avec la fonction publique : employés de mairie discutaillant entre eux en refusant de servir, postiers en colère après les usagers osant déranger leur tranquillité, employés de sécurité sociale follement inefficaces à trouver un interlocuteur répondant aux questions administratives et disgracieux envoyant promener l’usager, etc. Les lois socialistes de 1981 ayant aboli les « syndicats maison » (accusés d’être complices des patrons), il n’y avait que des syndicats pour secteurs public & privé, bataillant essentiellement pour préserver la tranquillité fonctionnaire en laissant exploités les humbles du secteur privé (très peu grévistes puisque sans aucune garantie d’emploi à vie, pénaliser l’entreprise se faisant à leurs propres dépens, sans aucune garantie de ponction fiscale automatique sur clients prisonniers). Ces syndicats ne paraissaient donc nullement justes, nullement sympathiques, je ne me suis pas syndiqué, sans aucune hésitation même.
  Une année pourtant, un mot d’ordre a été lancé dans mon usine pour 1 heure de grève, en protestation à telle ou telle mesure de la direction (genre : bloquer les salaires, sauf très hauts salaires, en période de forte inflation). Personnellement, je ne voyais pas l’intérêt à hurler ainsi de colère cette fois plutôt qu’une autre, le monde privé étant ainsi construit sur une injustice de principe, sans abus particulièrement insupportable cette fois. Mais mes collègues étaient en colère que je ne sois pas moi aussi volontaire pour cette grève, et j’ai demandé à voir le leader syndical, lui expliquant qu’il générait de l’inimitié entre collègues, de la violence réprobatrice, bien plus dérangeante que les actes habituels de la direction, pas nouveaux. Ce syndiqué m’a répondu qu’il avait conscience de cette pression tendant à forcer à la grève les non-grévistes, et c’est pour cette raison qu’il ne faisait appel à la grève que très rarement, uniquement en cas d’abus très franc de la direction. J’ai donc, pour ne pas me fâcher avec mes collègues (donc sous contrainte, sous la menace), fait grève 1 heure comme tout le monde. Victime de violence prétendue juste à tort.
  Quelques années après eurent lieu les grandes grèves fonctionnaires, contre réforme « Jupé » des retraites je crois : les fonctionnaires déclaraient totalement inadmissible d’être aussi mal traités que les employés du privé, avec 40 années de cotisation pour la retraite au lieu de 37 et demi, je crois. Il était clair que ce n’était nullement une grève contre l’injustice maximale mais une grève corporatiste pour conserver des privilèges non partagés, injustement. L’argument entendu était que le privé n’avait qu’à faire grève aussi, pour exiger alignement sur le public, « vers le haut ». Mais si nous faisions grève, les clients nous quittaient, nous remplaçaient par la concurrence étrangère, et c’était la ruine, le licenciement. La grève symbolisait donc l’injustice exigée, par des petits privilégiés (certes pas millionnaires, mais injustement surclassés par rapport aux humbles travailleurs – vrais travailleurs d’après l’expérience que j’avais des fonctionnaires, faux travailleurs « pépères » et crachant sur les usagers).
  Il y a eu ensuite (ou avant ?) la « grève » des camionneurs : pour obtenir telle ou telle mesure catégorielle dans le secteur des transports, les chauffeurs routiers bloquaient les routes. Ça s’appelait grève alors qu’il ne s’agissait nullement de cesser de rouler pour leur patron mais d’emmerder l’ensemble de la population en bloquant les routes (et les gens allant travailler, comme moi avec mon usine à la campagne sans lieux d’habitation à côté). La grève symbolisait l’acte de force des puissants intouchables, et je ne comprenais pas pourquoi l’armée n’était pas envoyée exploser ces emmerdeurs actifs. Les collègues ayant la télévision expliquaient que le gouvernement laissait faire en escomptant le « pourrissement » de la situation, les bloqueurs se fatiguant et renonçant pour finir.
  Plus tard je crois, j’ai entendu parler des grèves lycéennes de ma petite sœur : elle allait manifester en hurlant qu’il fallait davantage d’argent pour l’éducation nationale, n’allant donc plu’ au cours, et cela s’appelait « grève » (un peu comme les grèves étudiantes de 1968 dont j’avais vaguement entendu parler, même si les cours d’histoire s’arrêtaient à 1945). Revenant voir mes parents ce week-end là, de ma campagne lointaine, j’ai vu arriver « de manif » ma sœur radieuse, et je lui ai demandé si elle voulait que je paie davantage d’impôts pour ses professeurs ? Etonnée, elle m’a répondu que pas du tout, elle était seulement aller crier joyeusement comme ses copains copines, c’était du folklore festif, pas du tout des exigences sérieuses pour que les gens soient davantage matraqués fiscalement (concept dont elle ignorait tout, à 16 ou 17 ans).
  Bien plus tard, j’ai appris qu’en Allemagne (de l’Ouest à l’époque), les fonctionnaires n’ont pas le droit de grève, puisque devant servir le public et n’étant nullement exploités par un patron milliardaire. Ça me paraissait le bon sens.
  J’ai aussi entendu parler des grèves ultra-fréquentes dans le domaine du transport aérien de passagers : puisque cent métiers sont requis pour que ce travail soit effectué en toute sécurité, les syndicats bloquent indéfiniment le système avec grève tournante de 1 métier à la fois, acceptant tour à tour 1% de perte de salaire pour globalement bloquer 100% de l’activité. C’est d’une puissance colossale, conduisant à des salaires mirobolants dans l’aérien, injustes par abus de pouvoir. De même pour les grèves fonctionnaires dans l’électricité quand j’étais enfant : le monopole rendait énorme la puissance des grèves, sans aucune alternative possible que de céder, pour les chefs et les usagers, d’où des privilèges fabuleux chez EDF comme la retraite à âge réduit, l’électricité quasi gratuite pour leurs familles, les villages de vacances pour les employés, etc. Tout le contraire de la justice (partageuse entre tous les travailleurs méritants). J’ai entendu que c’était pareil pour la SNCF, avec retraite à 50 ans, voyages gratuits pour leurs familles, etc. L’injustice semblait la norme, dite « acquise » grâce aux grèves, hum, moi j’en déduisais que ces grèves étaient injustes.

2- Synthèse actuelle
  Là où il n’y a pas travail productif de bénéfice financier, travail exploité par richissime patron injuste, je pense que le droit de grève n’est pas justifié. Il n’y a pas à invoquer d’égalité de droits (public = privé) quand la situation n’est en rien la même (emploi fragile ≠ emploi à vie).
  Le travail à vie sans risque de banqueroute ne me parait pas un bonheur généralisable : les communistes ont essayé mais ont abouti à la misère, les employés tranquilles cessant tout effort, comme nos fonctionnaires mais sans salaire élevé assuré par ponction autoritaire du performant secteur privé. Donc la grève tranquille sans risque devrait s’éteindre, en toute justice. Cela ruine intégralement les idées dites « de gauche ».
  Je ne suis en rien « de droite », car je condamne l’enrichissement du patron, des actionnaires : s’il y a enrichissement, c’est que les prix ont été trop élevés, bien au-dessus du nécessaire, aux dépens des clients, ce qui est injuste, anti-altruiste, condamnable comme immoral à ce titre. Cela ruine intégralement les idées dites « de droite ». Note : avec prix abaissés, on gagnerait des parts de marché, d'où production accrue, emploi accru, c'est tellement mieux.
  Evidemment, le simplisme manichéiste fera que les gens de droite me condamneront comme gauchiste, et les gens de gauche me condamneront comme « réac de droite », ils n’ont simplement rien compris, et ne proposent en rien une proposition plus satisfaisante (seulement « privilèges aux riches », « privilèges aux fonctionnaires », aucune justice, au sens premier du terme, même s’ils peuvent gouverner les lois et tribunaux en prenant le pouvoir avec promesses mensongères, injustement).
  De même, la grève ne devrait pas être permise si l’employeur est en déficit, cas contraire de la caricature du patron s’enrichissant démentiellement en opprimant les travailleurs. Indirectement, cela interdirait aussi la grève des fonctionnaires français, l’état étant en déficit chronique depuis des décennies.
  Enfin, en regardant plus large, notamment avec la révolte des gilets jaunes, on peut dire que la grève n’est qu’une modalité des « conflits sociaux ». Comment aborderais-je cet évènement qu’est le conflit social ?
– Les lycéens actuels font grève tous les vendredis pour le climat (pour que les gouvernants protègent mieux le climat actuel) : je n’appelle pas ça grève, car il s’agit d’improductifs n’apportant rien, ils ne font qu’abaisser leur niveau déjà mauvais en étant admis par un système laxiste visant à diplômer tout le monde même sans efficacité de travail. S’ils ne veulent pas recevoir les cours, supprimons-leur les cours et mettons-les au boulot, sans qualification dans les champs, à la place des machines agricoles « à pétrole » (mauvaises pour le climat, comme ils disent). Et si ces enfants gâtés pourris passant 4 à 12 heures par jour devant les écrans voulaient sincèrement lutter contre les atteintes au climat, supprimons leurs smartphones et ordinateurs, consommateurs inutiles d’énergie, ruineuse de climat (ou de santé via les centrales nucléaires à déchets dangereux des centaines de milliers d’années). Alors là, leur mouvement s’éteindrait, j’en suis sûr : ils ne veulent que hurler en groupe en asservissant autrui à leurs commandements, ils ne veulent en rien perdre leur petit confort pépère, privilégié. J’aurais dit pareil pour les étudiants en grève en 1968 : s’ils ne sont pas contents, supprimons les universités, produisant des masses de riches inutiles, aisément remplaçables par des humbles de bonne volonté, non vociférateurs d’exigences.
– Les cheminots faisaient grève (en 2017-2018 ?) pour préservation des « avantages acquis ». Je ne suis pas d’accord : ces prétendus avantages sont des privilèges, et ce serait aux non-bénéficiaires, très majoritaires, d’imposer démocratiquement quoi faire. Référendum, pas du tout action victorieuse de minorité privilégiée. (Et pas non plu’ de la minorité gouvernante, à 20% d’opinion favorable dans les sondages).
– Les gilets jaunes hurlent que les travailleurs (et retraités) humbles n’ont pas assez de revenus pour finir le mois. D’accord, cela traduit des dépenses supérieures aux revenus, donc diminuons les dépenses : supprimons la publicité, déclarons « privilège de certains » et non « droit de tous » l’accession à la propriété immobilière, en encadrant les loyers éventuellement. Oui, il y a des solutions, toutes autres que hurler en bloquant les gens par la force groupiste. Quand j’étais célibataire, j’avais un très petit salaire (comme mes collègues syndiqués hurleurs), mais je n’en dépensais que les deux tiers environ, faute de besoin : je ne partais pas en vacances, ne sortais pas, je vivais tranquille, et passer à un mode hyper-consommateur ne me parait pas justifier hurlements d’exigence. Le bla-bla économique sur la croissance infinie n’est pas crédible, ne devrait pas justifier la course à la dépense : s’il y a besoin de plus grande consommation, ouvrons nos frontières (sans plu’ de xénophobie active, de gauche comme de droite et extrême-droite) aux pauvres du tiers-monde, ne demandant qu’à consommer, ne serait-ce qu’un dixième de nous. De même les lois natalistes ici sont xénophobes puisque la population peut augmenter autrement en ouvrant les frontières, et toujours plus de monde n’est pas obligatoire au bien-être économique : les Allemands à population décroissante n’ont pas de chômage car il y a bien plus d’offre de travail que de candidats au travail.
– Les camionneurs ont menacé de se joindre aux gilets jaunes pour bloquer encore plus imparablement. Non, que la liberté de circuler soit rétablie en cassant ces barrages par l’armée. Le fait qu’il y ait désaccord avec les gouvernants n’autorise pas la violence bloquante sur les gens innocents. (J’ai lu que les camionneurs italiens, voulant faire « grève », avaient demandé conseil à leurs collègues français, « experts » en efficacité – je trouve ça atroce, il est anormal que la loi du particulier le plus fort règne).
– Les enseignants correcteurs du Bac 2019 font grève contre la réforme Blanquer et donc ne rendent pas les notes du Bac, en ne risquant qu’une retenue de 3 jours de salaire. A mon avis, puisqu’ils ruinent tout le travail pluriannuel d’enfants innocents dans cette affaire, cela mérite sanction lourde : exclusion. Avec embauche de vrais employés, méritant leur salaire en effectuant le travail demandé par l’employeur, sans exiger autogestion.
– Des partisans de la résistance civile (en faveur du climat) bloquent un pont, et hurlent au scandale si on les déloge de force. Je ne suis pas d’accord : bloquer les gens, qui vont rater des rendez-vous médicaux, trains ou avions, sans avoir rien fait de mal, est un acte de violence méritant d’être cassé par la force publique. Certes, la désobéissance civile est légitime là où elle combat des lois injustes (comme la discrimination raciale aux USA 1950, l’interdiction de s’habiller avec des vêtements islamistes en France, l’exception Gayssot à la liberté de pensée et d’expression, etc.), mais c’est la loi injuste qu’il convient de combattre, pas faire n’importe quoi contre des innocents en prétendant désobéir à un pouvoir injuste (prétendu responsable du préjudice activement commis).

3- Proposer mieux
  Dans tous ces cas, il nous est claironné « le droit de grève fait partie intégrante de la constitution », alors je suis d’avis de révoquer cette constitution idiote, faisant opprimer les gens par des puissants (syndiqués ou gouvernants ou excités à la gilets jaunes bloqueurs), pour que le référendum règne, enfin démocratiquement, et « d’initiative populaire » par principe, pas selon le bon-vouloir des puissants, se prétendant faussement représentants pour faire ce qu’ils veulent sans révocation punitive possible.
  Et ce référendum, honnêtement, serait sans frontière tribale antihumaniste : référendum mondial cassant la privilégiée « patrie » ici (France ou Europe), discriminant les gens innocents et travailleurs nés de l’autre côté de la frontière.
  Pour revenir sur le principe de base : le maudit capitaliste s’enrichissant en sous-payant les travailleurs, il y a d’autres solutions que la violence gréviste, comme la punition légale de l’exploitation, sa condamnation après référendum. La population pourrait ainsi décider que les revenus par personne ne doivent pas dépasser un ratio de 1 à 4, y compris footballeurs, acteurs, chanteurs, patrons, présidents. Avec allocation très minime pour les handicapés inaptes au travail (ou malades ou comateux végétatifs). Et sans héritage aucun, puisque le mariage et la naissance ne sont en rien des mérites personnels à récompenser financièrement. Cela résoudrait 99,9% des injustices « capitalistes », sans plu’ aucun besoin de grève hurlante, de violence à l’encontre des non-grévistes, sans plu’ de requête de privilège, sans plu’ blocage d’innocents en prétendant menteusement que la faute vient d’en face (ne cédant pas aux exigences). Et puisqu’il n’y aurait plu’ de tribalisme, disparaitrait le quasi-esclavage des travailleurs asiatiques, les délocalisations d’usines vers l’Asie, les produits bon marché venus d’Asie : ce serait un retour de l’Occident à la frugalité travailleuse. Et la publicité serait interdite, pour casser la course à l’hyperconsommation et son « pouvoir d’achat » prétendu sacré, non partagé avec les pays pauvres, à l’abri de frontières armées et d’armes atomiques illégales (Traité de Non Prolofération Nucléaire, à chapitre désarmement bafoué sans le dire). Par ailleurs, les héritages étant abolis, le statut "pays riche" disparaitrait, l'Euro et le Dollar seraient dévalués de 99%, rendant très coûteux l'essence, le café, pour ne plu' exploiter financièrement les pays lointains, crime aussi choquant que le patron riche exploitant ses petits ouvriers.
  Oui, il n’y a rigoureusement aucun besoin de droit de grève, il n’est ± sensé que dans un monde tout pourri, mal pensé, et activement menteur (égoïste en se prétendant généreux). C'est mon avis, nullement invité dans les débats prétendus contradictoires.

---------- Ajout 31/08/2019 : Revenir sur la grève lycéenne
   J’ai entendu dire que la jeune célébrité suédoise (Greta Thunberg) ayant enclenché la grève internationale des lycéens pour le climat était « plus intelligente que les adultes », et j’ai objecté (ailleurs) quant à l’intelligence de la crédulité scientiste, mais je voudrais ici revenir sur l’aspect « grève ». Est-il intelligent de refuser l’école gratuite payée par solidarité en ponctionnant les contribuables ? Je ne crois pas : si à cette grève répondait le jugement « vous refusez l’école gratuite, d’accord, alors elle est supprimée, ne restera que l’école payante », ce serait une calamité pour les familles pauvres, aller dans ce sens est-il intelligent ? Je ne crois pas, du moins moralement. (Je comprends que certains extrémistes très à droite, façon étasunienne, approuvent que l’école diplômante et la richesse future soient réservées aux gosses de riches – mais moi, d’utopie égalitariste, je trouve ça injuste, inéquitable).
   « L’obligation de scolarité » n’est pas une exploitation semi-esclavagiste (façon capitaliste/colonialiste) faisant du fric en exploitant les enfants contraints, pas du tout : c’est un moyen de permettre aux enfants d’échapper à l’obligation familiale d’aller très jeunes gagner des sous au lieu de faire des études. Ce ne sont pas les enfants qui sont contraints méchamment (avec refus possible par grève), ce sont les parents esclavagistes qui sont partiellement dépossédés de leur autorité. Refuser cela, de la part des enfants, parait incompréhensible, comme un malentendu colossal ayant oublié de réfléchir. L’école gratuite « obligatoire » est un cadeau, refuser ce cadeau avec cris de colère devrait entrainer la sanction « alors allez vous faire foutre, ce cadeau est supprimé, tant pis pour vous ».
   Ceci dit, je comprends l’idiotie profonde des jeunes : je suis passé par là (le nez dans le guidon, m’efforçant d’apprendre comme c’était commandé, sans trop savoir pourquoi), et rien de rien dans ma scolarité ne m’a donné à réfléchir au contexte scolaire public, c’est un grave manque, organisé (bêtement). Au lieu d’apprendre qu’il y a 577 députés élus tous les 5 ans, etc. l’éducation civique aurait dû faire comprendre « qui paie l’école publique, pourquoi, en échange de quoi ». Les enseignants eux-mêmes enseignent les programmes prévus, c’est compréhensible et pas fautif, mais les penseurs de ces programmes me semblent en faute lourde, dressant des moutons stupides au lieu d’esprits à rendre intelligents lucides, comprenant les droits et devoirs (au lieu de 100% de droits et 0% devoir, notamment : il n’y a pas devoir de travail mais droit de grève).
   Ça me fait penser à un souvenir immensément douloureux, qui a brisé ma vie : Sylvie dernière de la classe en seconde au lycée Fermat, en 1979… J’espérais l’aider, mieux lui expliquer les cours, la sauver du redoublement (qui allait nous séparer), mais elle m’a envoyé promener, me tuant de chagrin. Or, je l’ai compris bien plus tard, quand elle a été bachelière puis diplômée de l’université : elle n’était nullement une pauvrette humble en difficulté, elle faisait là un an de grève scolaire, se reposant pendant un an au lieu de travailler scolairement, par choix personnel de se la couler douce un petit moment (logée/nourrie/blanchie tranquille). Était-ce une grève « intelligente », légitime ? Je ne crois pas : cela fait payer un an de plus les professeurs par la collectivité (et nourriture etc. par la famille), prétendument pour aider à l’insertion mais celle-ci est refusée, caprice d’enfant gâté, à l’abri du besoin (et sans sanction d’aucune sorte à ce caprice). Moi, amoureux fragile, je n’étais nullement en mesure de discerner cela à l’époque, mais je le fais maintenant (ma tendresse fidèle aveugle ayant été cassée 19 ans plus tard quand elle, échangiste assoiffée de nouveaux mâles, a voulu me faire interner chez les dingues).
  Par ailleurs, l’idée (qui ne me convint pas) selon laquelle « la grève est toujours légitime, par principe » s’avère mensongère. En effet, un contribuable qui ferait la grève des impôts serait automatiquement envoyé en prison (sinon tous feraient grève et pour toujours, d’où faillite publique totale – alors les « payés par l’impôt » policiers/magistrats/gardiens de prison frappent en légitime-défense, selon eux, et la loi écrite pour eux). De même pour les employeurs qui voudraient faire la grève des cotisations sociales (sinon faillite du système de redistribution, ce que refuse la majorité du corps électoral). Donc, je relis le mot « grève autorisée », non pas comme « juste combat contre l’oppression », mais comme « privilégié refus de servir ». En ces temps de chômage de masse, les CDI (emplois stables) sont privilégiés par rapport aux emplois précaires, et si ces privilégiés refusent de travailler, c’est un abus de position dominante, et ils mériteraient d’être remplacés par de vrais travailleurs, recrutés parmi les demandeurs d’emploi. Idem pour les fonctionnaires en grève chronique (sans risque) qu’il conviendrait à mon avis de remplacer par des employés du privé, sans privilège d’emploi garanti à vie (avec ou sans travail consenti). Certes, ma position sera évidemment insultée comme « de droite », mais c’est tout le contraire : je serais d’avis d’interdire le capitalisme, l’exploitation du travail de peine par le capital (et par les fonctionnaires, dispensés d’effort, payés par réquisition fiscale), et cela au profit des vrais humbles que sont les courageux travailleurs étrangers, asiatiques notamment, traités comme esclaves par nos sociétés occidentales (prétendue « gauche » comprise, refusant l’abolition des frontières anti-migrants). Bref, je préfère le travailleur au riche investisseur et je préfère le travailleur au gréviste, pareille position n’est pas proposée par les politiciens français, hélas. Les gens de droite insultent cela comme gauchiste, les gens de « gauche » insultent cela comme « de droite », ils n’ont rien compris. Hélas. Je m’explique, dans mon coin, simplement.

---------- Ajout 09/10/2019 : Réforme des retraites 2019
  Le gouvernement Macron a eu le courage (suicidaire ?) de s’attaquer aux 42 « régimes spéciaux de retraite » pour instaurer un régime unique universel, alors qu’un politicien (pessimiste ou bien visionnaire ?) autrefois avait dit que cela casserait n’importe quel gouvernement. Et les manifestations hurlantes commencent, toutefois ce n’est pas aussi simple que « "fonctionnaires privilégiés" imposant leurs desiderata aux "employés du privé payeurs" » :
– Régimes autonomes : certaines professions libérales (privées sans patron) hurlent que soit cassé leur système propre, en faisant dorénavant cotiser davantage et plu’ longtemps pour toucher moins, et en dévalisant pour l’Etat la réserve en stock. Cela me parait illégitime : une profession comme celle d’avocat a beaucoup de cotisants (car métier très répandu maintenant) et peu de retraités (car métier rare autrefois), dire que cela automatiquement vaut juste grande-retraite à petite-cotisation ferait que, pour un métier disparu comme celui de mineur, il n’y aurait plu’ de retraite versée. Non, le principe de retraite commune par répartition est peut-être discutable voire condamnable (à remplacer par retraite personnelle par capitalisation ?) mais son principe est la solidarité entre tous sans logique corporatiste profitant des aubaines particulières. Hurler à l’injustice dans ce cas est faux : il s’agit d’égoïsme groupiste, cassable par référendum. Quant à la cagnotte dite dévalisée par réquisition, il me semble suffire de la partager entre cotisants avant entrée en vigueur de la loi (mais certes l’Etat rapace peut l’interdire, peut-être, ça serait injuste oui).
– Régimes fonctionnaires particuliers (RATP, SNCF, policiers, enseignants, etc.) : là, il me parait clair qu’est exigé le maintien de privilèges, obtenus par grève (privilégiée sans risque) ou lobbying (via ministre favorisateur), et la justice (morale, pas légale) ferait casser cela, tout en envisageant une forme de « prime de pénibilité » s’appliquant à tous indépendamment du statut, donc concernant le privé tout autant.
– Régime fonctionnaire général : tandis qu’il est signalé que le nouveau système changera peu de choses pour les gens du privé, il est reconnu clairement que les fonctionnaires seront grandement perdants, ne serait-ce qu’avec l’abandon du calcul sur les « 6 derniers mois », pour devenir sur « toute la carrière » (assez proche du privé sur les « 25 meilleures années »), ce qui est dit totalement inacceptable, par les bénéficiaires. Cela revient au principe des grèves anti-Jupé de 1995 : les fonctionnaires refusent de perdre leurs privilèges pour être traités comme les employés du privé majoritaires qui les paient. Ça me semble un abus de position dominante, une injustice.
  Mais le principe de grève fonctionnaire est tellement puissant (injustement) qu’il pourra obtenir satisfaction, peut-être (injustement). D’ores et déjà, le gouvernement a promis que cela n’interviendrait qu’à partir de 2040 environ, pour les employés entrés dans la vie active après entrée en vigueur de la nouvelle loi, respectant donc les acquis des travailleurs actuels. C’est donc tout le contraire d’une abolition des privilèges, c’est comme si en 1789, il avait été décidé : « les pas-encore-nés de familles nobles n’auront plu’ droit aux privilèges à partir de maintenant (les privilégiés actuels restant privilégiés de plein droit, bien sûr, puisqu’ils l’exigent en hurlant) ». Oh non, ce n’est pas une grande et superbe victoire de la justice, mais une timide réduction (dans un lointain futur) des privilèges. Au nom de la grève prétendue « des gentils contre le méchant », mensonge. Les méchants sont les grévistes, dans ces cas-là (autres qu’opprimés par un patron milliardaire). Le référendum casserait cette logique mauvaise, en rétablissant le principe démocratique selon lequel la majorité des gens imposent la justice aux minorités privilégiées. Et avec référendum d'initiative populaire comme je le souhaite, cela remplacerait manifestations et grèves (donc supprimables de la constitution) quand des gouvernants abusent de leur pouvoir indument.

---------- Ajout 14/02/2020 : Retraites, suite
   La crise sur la réforme des retraites n’est pas achevée, mais la situation a déjà grandement évolué : il n’est plu’ du tout question de régime universel pour tous mais de régime global avec spécificités (pour police, armée, cheminots, etc.). Qui plus est, il y a eu divorce entre les arguments claironnés vers le public et les diktats vainqueurs : ainsi il a été dit que les conducteurs de train travaillent de nuit, et que les policiers sont dangereusement dans la rue, mais par corporatisme ils ont exigé et obtenu que la retraite spécialement avancée pour eux concerne toute la branche (même les employés SNCF ne travaillant pas de nuit, même les employés administratifs de police). Mensonge, injustice. Et les employés du privé travaillant la nuit, eux, n’auront pas du tout les mêmes droits que ceux accordés aux cheminots (les transporteurs privés de fond attaquables aussi n’auront pas la reconnaissance de danger avec retraite avancée), tout est faux, biaisé, malhonnête. C’est le résultat et le principe de la grève fonctionnaire, honteuse.
   Par ailleurs, je n’ai entendu personne nulle part dire qu’allait cesser la différence public/privé de calcul sur les 6 derniers mois ou les 25 meilleures années, qui produit une différence considérable de pension, au bénéfice du public au détriment du privé. Il semble aussi que les cotisations retraites soient (et doivent rester) inférieures dans le public que dans le privé, mais je n’en suis pas certain. Le contexte honnête n’est donc nullement de hurler à l’injustice « cassant les services publics », oh non. L’interdiction de la grève (partout, ou dans la fonction publique puisque non asservie par un capitaliste) me choquerait moins que ce qui se fait actuellement.

---------- Ajout 14/02/2020 bis : Argument alternatif
   J’envisage une autre façon d’interdire la grève aux fonctionnaires, qui est à moitié dans la loi je crois, mais pas respectée : « si les fonctionnaires ont l’avantage énorme d’un emploi garanti à vie, c’est en échange d’un non-droit à la grève, l’obligation constante étant de servir le public, sans droit à refuser de servir ».
   Toutefois, je ne suis pas partisan de cette voie, car l’emploi à vie, même avec employeur en déficit, me parait aussi un privilège usurpé, injustifié. Je préfère l’argument qu’il n’y a pas de grève fonctionnaire autorisée car l’état n’est pas un cupide individu s’enrichissant sur leur dos, non pas du tout, donc pas besoin de violence en retour. Actuellement, la grève fonctionnaire n’est pas une hostilité à exploitation (qui n’a pas lieu) mais une exigence violente d’auto-gestion et/ou d’avantages spéciaux, points qui ne font pas partie du principe salarié, à mon avis (travail contre salaire).

---------- Ajout 16/03/2020 : Pas « de gauche »
  Un ami me désapprouve, disant « Jamais un homme ou une femme de gauche ne prêcherait pour interdire le droit de grève. Mais c’est ton droit de le vouloir. »
   C’est une confusion totale : cela revient à dire « tu as le droit d’être de droite, et tu l’es assurément puisque opposé à la grève ».
   C’est totalement faux, c’est là une déformation marxiste de la vision sociale, avec multitude de prolétaires pauvres exploités, brimés par les quelques riches écraseurs, et les pauvres n’ayant comme moyen d’opposition que la cessation du travail (qui enrichissait les riches non partageurs). Oui, cela a pu être très pertinent en 1850, mais en France 2000-2020, avec grève presque uniquement des fonctionnaires, cela n’a absolument rien à voir. Font grève les personnels privilégiés à statut, autorisés à mépriser les usagers, et ne risquant nulle banqueroute (le client se fournissant ailleurs sans revenir) puisque l’Etat éponge indéfiniment tous les déficits, à crédit incroyablement (à rembourser par les générations futures). Dans le monde privé, oui il y a des fortunés injustes, minimisant les salaires des employés les enrichissant, toutefois… à mon avis personnel, la solution n’est nullement la grève mais le référendum d’initiative populaire, le peuple majoritaire déclarant illégaux ces quelques enrichissements énormes non travailleurs. Je ne parle pas de les réquisitionner par l’impôt, forme de racket au profit de fonctionnaires pépères, mais de ne plu’ garantir par la police les riches propriétés puisque considérées volées (par vol anciennement légal). Réduire les revenus individuels à une fourchette 1 à 4, les héritages allant à l’Etat si besoin un peu de coordonner le tout (sans taxes ni impôts). Pas besoin de violence dans chaque entreprise, agressant les non-grévistes, et faisant acte d’intimidation par piquet de grève, alors qu’il serait bien plus légitime de résoudre le problème partout. Oui, la Constitution l’interdit, et je la trouve toute pourrie, au contraire d’un électeur de droite (ou centre ou gauche modérée à la Mitterrand 1981-95). Décréter que seule la grève convient à l’esprit de gauche me choque. On peut imaginer bien mieux, infiniment plus juste (bien plus à gauche). Peut-être que ce n’est pas réaliste, oui je suis irréaliste, mais aucunement de droite. (Les riches chéris par la droite seraient ruinés avec mon système juste, et les fonctionnaires petits privilégiés y perdraient aussi leurs privilèges, l’humilité besogneuse devenant la règle pour tous). Sans plu' aucune grève, pas besoin, non.
   Certes, les réalistes de 1840-1920 raisonnaient autrement, mais ça ne justifie pas de me juger avec les catégories d’alors, périmées et inadaptées actuellement ici.