ECONOMIE POLITIQUE : LA QUATRIÈME VOIE, L’HUMBILISME
par A.Die, 23 Janvier 2012


Dernier ajout
    En ces temps de campagne électorale, je suis triste de ne pas entendre de candidat proposer ma position, qui me paraît évidemment la meilleure (sinon j’en changerais). Je m’explique.

    Schématiquement, je distingue la gauche pour les fonctionnaires, la droite pour les patrons privés, et le mot centre a été confisqué par ceux qui sont pour les fonctionnaires et pour les patrons privés. Moi je suis contre les fonctionnaires et contre les patrons privés, donc je me situe ailleurs, pour les humbles travailleurs sous pression.



    [Détail : depuis la faillite communiste, la gauche n’existe plu’, et se limite au centre gauche, escomptant que les patrons privés s’enrichissent (aux dépens des humbles sous-payés), avant de les saigner de taxes au profit des fonctionnaires. De même, l’extrême-droite touche les classes populaires via le nationalisme, pour les gens d’ici contre les étrangers (« coupables » d’être nés ailleurs, ou de « sang impur ») – être pour les humbles est par principe contraire : en faveur des travailleurs de pays pauvre avant tout, travaillant plus que nous en gagnant moins (mais ça n’aurait aucun succès électoral ici en l’avouant, l’égoïsme groupiste semblant hélas majoritaire). J’ai choisi le mot humbilisme car, d’après Internet/Google, humblisme et humilisme semblent exister, sans définition claire. Je n’appelle pas humbles (travailleurs) les refuseurs de travail, RMIsés en bouclant les frontières car le paiement du refus de travail n’est nullement extensible à la Terre entière – le RMI insultant un peu plus les humbles (travailleurs), la rétribution du travail étant à calculer par rapport au salaire refusant le travail et non à zéro.]

    On nous dit qu’il faut choisir gauche ou droite, ou les deux, et je ne suis pas d’accord. Plus exactement, je donne raison aux deux dans leurs critiques, pas dans leurs bénéficiaires privilégiés :
- La gauche a raison : l’enrichissement forcené des exploiteurs sous-payant les humbles, pressurés sous menace de licenciement, est moche (cette injustice génère la colère, et police comme justice sont du côté des possessions injustes).
- La droite a raison : la tranquillité sans rendement des fonctionnaires à vie, payée par l’impôt sous menace policière, est moche (si tout le monde était fonctionnaire : ce serait la faillite communiste).
    Cela ne me conduit cependant pas du tout à choisir un des deux camps de privilégiés, ni à les choisir tous les deux, mais à les refuser tous les deux. Au bénéfice de la majorité que sont les petits employés du privé, bien plus besogneux et efficaces que les fonctionnaires et bien moins riches que les patrons et encadrants (ou leaders et apparatchiks en pays staliniens).

    Ma compréhension du principe économique qui fonde le système privé se base sur une simulation :
- Il y a au moins dix habitants ayant besoin d’un toit.
- Le gauchiste embauche à vie 100 ouvriers fonctionnaires, chaque dizaine d’ouvriers fabricant 1 maison par an (productivité 10%, moins en cas de grève), avec salaire annuel 1 Unité (davantage en cas de grève), coût environ 10 Unités/maison. Les maisons sont vendues 10 Unités, bénéfice zéro.
- Le droitiste embauche 10 ouvriers privés, chacun fabricant 1 maison par an (productivité 100%), avec salaire annuel 0,5 Unité – coût 0,5 Unités/maison. Les maisons sont vendues 9 unités par le premier patron, 8 unités par le concurrent obtenant l’affaire, avec 7,5 Unités (par maison, 75 Unités au total) dans la poche de ce patron ne s’étant pas sali à construire.
- Le gauchiste hurle que le patron surpayé exploite l’ouvrier sous-payé, le droitiste hurle que les fonctionnaires ne fichent rien et produisent cher, ne générant aucune richesse. Le centriste prélève 30 des 75 unités du patron pour entretenir 30 fonctionnaires tranquilles – en fait, en France, tous sont centristes, colorés gauche (impôt 60) ou droite (impôt 10), sans remettre en cause la faillite de gauche pure et le recours à l’impôt progressif.
- Le humbiliste raisonne autrement : pas besoin de patron sur-enrichi à commander, pas besoin de tranquillité improductive façon fonctionnaire inamovible. Il est embauché 10 ouvriers privés, chacun fabricant 1 maison par an (productivité 100%), avec salaire annuel 0,5 Unité (coût 0,5 Unités/maison) selon le système privé, MAIS les maisons sont vendues 0,5 Unité sans bénéfice choquant pour des inactifs commandeurs. Au profit des consommateurs (du monde entier, le statut de national étant aussi choquant que le statut de fonctionnaire), pour répondre au mieux au besoin. Et s’il n’y a pas de richissime patron pour acheter des produits de luxe, le humbiliste s’en fout. Si la plupart des femmes pleurent de ne plu’ avoir de « prince charmant » (discrètement esclavagiste), elles sont de droite, et ça les rend moches. La société deviendrait besogneuse, sans plus de ruine par le je-m’en-foutisme (privilégié) de gauche ni violence par privilège (exploiteur) de droite. Le niveau de vie des ouvriers augmenterait fortement en ceci qu’une maison ne vaudrait plu’ 8 Unités (8 ans de salaire fonctionnaire, 16 ans de salaire ouvrier privé) mais 0,5 Unités (1 an de salaire ouvrier).
    Etonnamment, ce n’est absolument pas au catalogue des propositions politiques (en France ou ailleurs, je crois). Une société sans commandeurs ne peut-elle pas tourner ? J’espère que si, puisque les commandeurs privilégiés incarnent l’injustice d’où naît la violence. Si « j’aime les responsabilités » veut dire « j’aime le fric, davantage de fric dans ma poche que dans celle de ceux qui triment dur » (subalternes ou « petites gens du privé » ou étrangers), il faudrait l’avouer. Ça changerait effectivement la donne, mais ce serait très moche, ce que j’appelle « immoral ». S’il n’y a pas de candidat moral, je vote blanc, comme d’habitude. C’est triste. Mais que nos « intellectuels » alliés aux deux camps sont moches, ils ne méritent pas leur titre.
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Corrections 25/01/2012 :
- Le schéma du dessus peut paraître impropre dans la mesure où 3 lampes à 2 couleurs génèrent 8 combinaisons (2 puissance 3) et non 4. Il fallait lire ça comme : 2 premières lampes essentielles (4 combinaisons, 3e lampe explicative).

- On pourra me reprocher d'avoir cru réinventer l'auto-gestion, qui ne marche pas, par expérience. A mon avis, c'est une erreur d'analyse et de méthode. Le problème de l'auto-gestion me semble être que des humbles libérés de leur patron ont voulu adopter les cadences tranquilles des fonctionnaires et/ou avoir tous des salaires de patron, d'où ruine évidemment. Non, il pourrait y avoir pression à la baisse des coûts perpétuelle, type privé, mais simplement sans profit choquant pour l'encadrement. S'il faut un coordinateur ou gestionnaire pour les approvisionnements/encaissements/ventes, tâches improductives, c'est possible, mais au lieu de le rémunérer 75 Unités, il mériterait 0,4 ou 0,2 Unités (car c'est moins fatigant que la construction). Prix de la maison 0,54 ou 0,52 Unités (certes pas 0,50) au lieu de 8 Unités, le bouleversement serait presque identique.
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Ajout 26/01/2012 :
    Pour faciliter mon accès à ce site, j'ai voulu mettre un lien sur mon site Bilan (de mes livres et sites), avec quelques mots d'explication. Mais comment en trois-quatre mots seulement définir l'humbilisme ? J'ai finalement choisi : (économie) mondialiste individualiste sans profiteurs. Je m'explique en quelques mots ici pour éviter les malentendus :
- Mondialiste par opposition à nationaliste (être né de l'autre côté de la frontière n'est nullement un crime selon moi, je comprends que ceux venant piller un système d'aide sociale choquent les locaux, alors il convient à mon avis d'avoir une solution sociale valide pour le monde entier sans privilèges). Et avec le qualificatif "sans profiteurs", c'est totalement différent du mondialisme capitaliste, où des patrons et commerçants occidentaux s'empifrent en traitant les Chinois et Indous en semi-esclaves, avec prix d'achat écroulé et prix de vente un peu moins cher ici. Cela résoudrait par ailleurs le terrorisme (les Palestiniens expulsés racistement ne seraient plu' interdits de rerour, pas besoin de Coran pour ça, seulement de cohérence anti-raciste) et anihilerait la haine anti-occidentale (causée par une minorité gouvernant aristocratiquement le monde grâce aux droits de veto ONU privilégiés). L'ONU serait remplacée par l'OMU, organisation du monde uni, 20 Indiens comptant bien plus que 1 Français et non bien moins. Cohérence morale. (Ce que je dis n'est pas raciste antisémite, Abraham est un de mes ancêtres parait-il, à mon avis ça n'empêche pas l'honnêteté – même si je suis clairement anormal).
- Individualiste par opposition à Communiste ou Socialiste (ou Capitaliste familial) : le droit au repli introverti serait respecté (en enfermant les psychiatres en hôpital psychiatrique ! non, je plaisante). Le but serait zéro impôt, zéro héritage (la réquisition publique des héritages finançant les quelques postes de coordinateurs, peu payés car moins pénibles qu'ouvrier ou femme de ménage). Qu'il n'y ait pas de "nés riches" résoudrait le scandale aristocratique 1788, le scandale capitaliste bourgeois 1916, le scandale occidental 2000, évitant les migrations envahissantes d'aujourd'hui (Africains vers l'Europe, Latinos vers les USA), réparant les enrichissements par envahissements passés (Amérique, empires coloniaux européens). Puisque il y a trop d'humains sur Terre, les lois natalistes disparaîtraient, les religions bibliques (natalistes et esclavagistes) seraient condamnées arguments à l'appui, homosexualité/masturbation/abstinence seraient réhabilitées ou encouragées par l'éducation, le mot amour ne désignerait que la tendresse humaine et plu' la fornication bestiale.
- Sans profiteurs par opposition à la mendicité organisée du RMI ou des moines bouddhistes, ou des fonctionnaires européens obtenant une monnaie forte pour acheter à bas coût les produits étrangers en ruinant l'industrie locale qui les paye pourtant par l'impôt.
    C'est vraiment une nouvelle voie, pas envisagée par le dictionnaire hélas, mais moins incohérente (je crois) que le capitalisme démocratique et que le communisme ne payant pas l'effort.
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Réserve 27/01/2012 :
    Bien sûr, une autre approche serait un monde sans industrie aliénante, avec seulement des artisans et travailleurs indépendants, à production soigneuse sans cadences infernales. C’est possible dans un monde à population réduite. Je crains toutefois que cela fasse des produits très chers (sans économie d’échelle), et dans notre monde surpeuplé, ils seraient presque réservés aux riches, donc requérant les inégalités patrons/humbles ou fonctionnaires en fin de carrière/humbles. Mais je ne suis pas sûr, à débattre.
    La question est aussi géopolotique : j'ai entendu hier à la télévision le programme socialiste rénové, fièrement français patriote et "contre la finance". C'est simplement mensonger, contradictoire : sans la domination financière de la France sur la Chine, nous payerions comme les Chinois "1 litre d'essence = 1 mois de salaire fonctionnaire", et ce n'est absolument pas ce que veut l'électorat socialiste (et encore moins les candidats socialistes aux postes d'élus sur-privilégiés) : aucun candidat n'envisage de dévaluer l'Euro de 99% pour faire revenir l'industrie chez nous, pas une seule seconde non. Seulement l'égoïsme groupiste, "patriote" : "asservissons les sales étrangers, mais que personne n'ose nous asservir nous, quel crime !". Alors je voterai chinois, et ça n'existe pas ici, alors je souhaite que cette civilisation (occidentale) pourrie et idiote s'éteigne. Les Chinois (peut-être pas si humbles mais ambitieux à tradition marchande) risquent la même dérive, hélas. Personne ne réfléchira-t-il jamais ? (que des anonymes comme moi). Vite, il faut que je retrouve des cachets abrutissants sans danger, l' "antipsychotique" Solian m'attaquait le foie.
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Retour à la paix 10/02/2012 :
    J’ai repris le traitement anti-psychotique, malgré ses effets secondaires, et je recommence à dormir. Vue d’ici, cette page est étrange. Il me vient deux idées sans importance à son sujet :
– Si le demi-cercle de république française n’épuisait assurément pas le panorama politique, je ne suis pas sûr que le cercle que j’ai inventé fasse beaucoup mieux. Peut-être qu’il faudrait plutôt concevoir une sphère, avec les équatoriaux de mon schéma vus comme des « mous frileux » par les en-haut (royalistes ?) et les en-bas (bouddhistes indiens ? tous s’abstenir de manger pour s’éteindre en paix). Si j’y avais pensé, je crois que j’aurais préféré cette voie « en bas », et si des excités s’agitent plus haut, c’est leur problème.
– Une autre vue enrichissant le sujet serait de dire que l’extrême-gauche rejoint l’extrême-droite en un extrême-centre, opposé au centre bourgeois. Toutefois je n’adhère pas à l’extrémisme pour ce que j’en connais : je n’aime pas la révolution tueuse, la persécution des objections, la personnification du pouvoir. Un autre thème que j’ignore est l’anarchisme (au centre de la sphère ?), mais il ne me semble pas plaisant : sans police, l’agriculteur ne produirait plu’, étant sûr d’être dévalisé par les inactifs s’il produit, je ne vois pas là un idéal mais une ruine comme le communisme.
    Bilan : je n’ai rien inventé de génial, je trouve seulement nullissimes choquants le centre-gauche pro-fonctionnaires et le centre-droit pro-patrons, qu’ils se soient mis d’accord pour punir de prison l’opinion sceptique (loi Gayssot) les prouvait de toute façon menteurs odieux, ce n’est guère une surprise. Bof, dodo…
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Complément au site humbiliste 17/12/2015 :
    Un ami d’enfance, retrouvé grâce à Internet, m’a gentiment qualifié de « génie » et m’a dit des mots pour moi déroutants : « si la société favorisait les plus intelligents, ça se saurait, cela s’appelle le libéralisme économique ». Je crois qu’il s’agit là d’un malentendu, peut-être lié au fait que je disais lui renouveler mon amitié même s’il était devenu fonctionnaire. En effet, selon la dichotomie usuelle droite/gauche, si je suis hostile à la fonction publique, je serais de droite, libéral, et gentiment il me donnerait ici raison en disant que c’est la voie de l’intelligence. Toutefois, je ne suis pas d’accord, et je vais l’expliquer, ou réexpliquer ici.
    Le triomphe de l’économie libérale, c’est une poignée de gens « ayant réussi » vivant dans un luxe forcené, en commandant aux « loosers » traités en semi-esclaves, sous-payés. Géopolitiquement, les usines partiraient en pays à monnaie très basse (salaires quasi nuls), et ne seraient payés ici que les serviteurs des riches, non délocalisables (et les quelques fonctionnaires, policiers et geôliers notamment, peut-être pas soumis à la concurrence mais en nombre aussi restreint que possible). L’école/université ne serait pas « pour tous » mais pour les « gosses de riches ». Je n’aime pas du tout ce système à familles dominantes et familles dominées. Même à l’échelon individuel, mon expérience professionnelle me prouve que ceux qui « réussissent » ne sont en rien les plus intelligents et honnêtes, mais les plus menteurs/aveugles/manœuvriers, et ce n’est en rien estimable, selon mes valeurs. Dans la jungle économique « libre », ce sont les plus forts qui gagnent, quels que soient les moyens employés. Deux éléments (que je trouve affreux) sont fondamentaux : la publicité (convaincre les gens qu’ils seraient malheureux s’ils n’acquéraient pas le produit X au prix librement fixé par le vendeur, ou ne le volaient pas, mais une police/"justice" féroce les en empêche), le loto (que les humbles désespérés socialement gardent l’espoir que quelques rares chanceux parmi eux deviendront magiquement des riches). Au contraire, je préfère la frugalité et le partage (avec pression pour la performance sans l’oisiveté à la fonctionnaire).
    Il y a toutefois un malentendu possible : logiquement, intelligemment, en économie libérale, les sociétés humbilistes devraient l’emporter sur les sociétés capitalistes, puisqu’à produit égal leurs prix sont nettement plus bas (sans verser de fortune à l’encadrement, aux actionnaires). Le problème est que mensonges et manœuvres, appétit très général pour le luxe et les privilèges, font que la voie humbiliste est inexistante, seulement présente dans mon imagination. L’intelligence économique ne semble donc pas de ce monde. Hélas.
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Double objection et quadruple réponse, 18/12/2015 :
     On me répond deux sujets de désaccord : 1/ Les fonctionnaires sont au moins partiellement productifs (leur travail produit de la valeur, par exemple : les professeurs vendraient leurs cours si l’enseignement était privatisé) ; 2/ Le système inca collectiviste correspond au système dont je parle mais il implique grande frugalité et non civilisation de l’hyper consommation jetable. Je réponds en 4 parties :
A) Pour le second point, je reconnais que mon idéal est frugal, ce qui n’est pas populaire, mais s’avère peut-être anormalement sage. Je me souviens de René Dumont écrivant « nos classes populaires » (françaises ? occidentales ?) « se sont embourgeoisées ». Effectivement, nos « humbles », avec une heure de travail payée 8 litres d’essence font figure de riches vus d’Asie (avec peut-être un litre d’essence pour une semaine de travail). Je pense que ça va déboucher sur une révolution, avec nous dans le rôle des méchants privilégiés. Alors, visionnaire, j’envisage dès maintenant d’accepter la frugalité mondiale – je sais que la Gauche française clame que « nous n’avons pas vocation à partager la misère du monde » mais ça me fait penser aux aristocrates 1788 criant « nous n’avons pas vocation à partager la misère du peuple », d’où guillotine en masse, à courte échéance. (Et nos tribuns donnant des leçons de morale sont discrètement commandeurs des missiles atomiques menaçant d’exterminer abominablement les civils étrangers – cela se paiera un jour, je pense, ça va faire très mal, les débuts du terrorisme anti-occidental ne semblant qu'un avant-goût).
B) Le premier point attire davantage contre-objection. Je ne dénie pas que les fonctionnaires puissent vendre quelque chose, et j’achète moi-même des timbres postaux, par exemple. Ce qu’il y a est simplement que ce n’est pas économiquement viable (la Poste est en déficit chronique, malgré interdiction de la concurrence pouvant faire mieux moins cher). En 1981, le projet socialiste était de nationaliser d’autorité le riche système bancaire (en l’achetant, certes, sans spolier les possédants) et alors, celui-ci aurait dû inonder d’argent la république sociale, pour le bien des gens… mais, un an et demi plus tard, 100% de ces banques étaient devenues déficitaires (donc auraient été en banqueroute, sans Etat providence à hyper-déficit légal, à rembourser par les générations futures...). Ne plus être sévèrement astreints aux cadences infernales, ne plus avoir de produits chers « pour faire du fric », ne plus être en danger de mort quand on se met en grève de manière chronique… cela fait chuter vertigineusement la performance économique. On passe d’un système viable à un système en déficit, même avec suppression des « clients » (à séduire mieux que ne le fait la concurrence) remplacés par des « usagers » (devant remercier qu’on daigne les servir, et devant sous menace armée payer les impôts finançant ce système). A grande échelle, cela a entraîné la faillite soviétique, même avec état policier dictatorial (ce serait encore pire avec état je-m’en-foutiste à l’occidentale). Donc oui, les fonctionnaires peuvent vendre un petit peu, mais pas viablement sans menace armée (jusqu’à preuve du contraire).
C) Je suis gêné par la question enseignante, ma famille étant enseignante (mes 2+4 ascendants et mon grand frère). Mais il me vient à l’esprit une autre contre-objection : pourquoi les profs seraient-ils autorisés à « vendre » (faire du fric avec) leurs cours, alors qu’ils n’en ont pas inventé le contenu ? En effet, notre système légal est entièrement basé sur le Copyright (« URSS inclus ! » était-il marqué menaçant), la Propriété Intellectuelle, et le prof de sciences physiques vendant la relativité générale devrait verser la moitié de la somme aux « ayant-droits » d’Einstein (ou être accusé de spoliation « antisémite ? » s’il s’en dispense). Pourquoi le prof de sport est-il personnellement payé à la place des inventeurs du football, de la mise en forme physique (et de l'athlétisme en renflouant la Grèce en banqueroute ?). Attention : telle n’est pas du tout ma position, je préfère le partage aux barrières légales, je préfère le revenu du travail aux héritages oisifs, mais il y a une contradiction colossale. Enfin, là encore le système parait pourri : le système privé est encouragé par principe de brevet, lui disant « investissez dans la recherche, vous aurez retour sur investissement pendant 15 ans d’exploitation à vous réservée, avec (grâce à notre police, notre justice, justifiant les taxes) punition des contrefaçons, avant que ça devienne patrimoine public, à échéance des 15 ans ». Mais bizarrement cela ne s’applique pas aux ayant-droits de prétendues œuvres d’art, même 200 ans après réservées aux héritiers. Bizarrement aussi, la pression gouvernementale pour les médicaments génériques choisit d’ignorer que les industriels cachent leur savoir-faire pour ne breveter que le minimum permettant de poursuivre en justice la contrefaçon (sans donner la recette intégrale pour que les copies futures marchent aussi bien). Des lois hyper-précises gouvernent le Droit et la Prison, dans un sens totalement incompréhensible. Personnellement, je ne suis pas d’accord sur l’interdiction française de punir le partage gratuit de musique ou films, et je suis heureux si mes dessins plaisent à beaucoup de monde, se les partageant d’autant plus facilement que c’est entièrement gratuit, offert « à l’humanité et au monde intergalactique »… Ceci dit, s’il faut lourd investissement de recherche, impliquant retour sur investissement, cela pourrait faire l’objet de contrat spécial, organisant le retour requis.
D) Quand je prône le partage, cela me fait revenir en mémoire un détail aperçu dans mes lectures aéronautiques : le gouvernement britannique a été très critiqué pour avoir « partagé » avec les Soviétiques sa technologie du réacteur Néné, ensuite copié pour le MiG-15 qui a mis en déroute l’aviation étasunienne dans la guerre de Corée. Toutefois, je ne vois pas cela comme une objection absolue au partage : les Britanniques, n’ayant pas l’immense budget militaire étasunien, comptaient exporter leurs avions à moteur Nene, à réparer sur place, et cela divulguait de toute façon le secret. Et, dans le monde mondialisé dont je rêve, il n’y aurait plu’ d’armée ni de guerre. Non, je n’ai rien contre la liberté de partage, sauf que je comprends qu’il y a un problème pour justifier l’investissement de recherche (recherche privée, menée pour aboutir à un produit vendable, certes pas recherche publique, à découverte finale entièrement facultative, en un temps indéterminé donc usuellement très long, avec chercheurs tranquilles, pépères).
   Bilan : l’humbilisme reste avec un voyant rouge à Fonctionnaires, et un voyant vert à Humbles. D’ailleurs, ce concept « pour les humbles » peut signifier qu’ils resteront assez humbles sans devenir des « riches vivant dans le luxe gaspilleur » – mais la disparition du fossé entre « classes » rendrait la frugalité moins douloureuse, je pense ; et, ainsi, le Système Communiste a surtout implosé du fait de la jalousie populaire vis-à-vis de l’Occident gaspilleur – en pillant les pays pauvres ; un « monde uni frugal » paraît lui possible, utopique oui mais envisageable.
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Nouvel échange utile, 19/12/2015 :
     Il y a eu semble-t-il un malentendu, désolé. L’objection qui m’était adressée signifiait en fait que les fonctionnaires produisent une valeur ajoutée comme les autres employés, et qu’il n’y a pas de différence entre travail productif et improductif ; par exemple : les employés de l’Aérospatiale étaient des fonctionnaires fabriquant des avions à forte valeur ajoutée.
    J’avoue qu’il me manque des bases pour suivre ce raisonnement, ou bien : il s’agit de bases que j’ai rejetées. Je ne sais pas ce qu'est la "valeur ajoutée" ou "forte valeur ajoutée", ça semble correspondre à ce que j'appelle le "vol légal" (commercial, de droite ou centre gauche). J'ai appris à l'école primaire : « bénéfice = prix de vente moins prix d'achat », et c'est le sens que je crois deviner à la « valeur ajoutée » : prix de revient + valeur ajoutée = prix vendu. Or il ne s’agit en rien de « valeur » intrinsèque indiscutable mais de « prix » arbitrairement exigé, sous protection de la police/« justice » punissant le vol (ou l’accaparement « illégal » en ne laissant que le prix d’achat). Imaginons que j'invente un anti-cancéreux miracle qui serait de l'eau salée à 3,14% (±0,03%) supplémentée de poivre noir ou rouge à 0,14% (±0,01%), prix de revient : 4 centimes par litre, mais comme le besoin est colossal et ma formule secrète, je le vends cent mille Euros la dose d’un microlitre, cela fait une énorme énorme valeur ajoutée. Mais c’est s’enrichir aux dépens d’autrui, de manière totalement injustifiée. La voie humbiliste dirait : si ça revient à 4 centimes par litre, vendons-le six centimes par litre, couvrant les frais de transport et distribution, pour les gens ne pouvant le produire eux-mêmes, le but n’est nullement l’enrichissement (pour luxe immense réservé à celui empochant la différence, façon droite ; ou pour vie pépère de milliers de fonctionnaires improductifs façon gauche) mais la mise à disposition de biens, avec certes paiement des gens faisant efficacement les choses, de façon à ce qu’ils se paient logement et nourriture (non gratuits hors des tribus amazoniennes).
    Et je confirme ma notion de travail improductif : en France existait un impôt dit « vignette automobile », et des politiciens ont envisagé de la supprimer car très impopulaire et ne rapportant quasiment rien aux caisses de l’Etat. Il y a eu aussitôt des grèves dans la fonction publique et l’argument émis m’a marqué : « oui, cet impôt ne rapporte pas grand-chose, mais il sert à payer les gens qui organisent sa perception, l’impression de ces vignettes, etc. Cela doit continuer sans jeter à la rue ces gens respectables, et sans même les obliger à douloureuses reconversions ou déplacements. » Il s’agit là clairement de travail improductif, ne produisant strictement rien pour le bien des gens mais se payant par le racket exercé sur les contribuables menacés par police/« justice ». Maintenant, passons au cas des avions, un peu différent certes. Pour produire un avion de ligne fiable et performant, il faut par exemple dix unités de matières premières et mille unités de travail technique (1 unité fois mille personnes) ; le patron de droite vend cet avion trois mille unités, dix pour les fournisseurs, mille pour les techniciens fabricants, 490 pour l’encadrant et 1500 dans sa poche à lui (ou 1000 pour lui et 500 pour banquiers et actionnaires) ; le patron de gauche le vend soixante mille unités, en embauchant trois mille fonctionnaires à cadences pépères (quand ils ne sont pas en grève, or la menace est constante) et salaires confortables (peu inférieurs pour la base, comparée à l’encadrement aligné sur le privé), le principe est que le bénéfice par rapport au coût minimal est réparti entre producteurs (bien payés et en embauchant plein d’aides pour abaisser leur propre effort) ; l’avis humbiliste le vend 1015 unités, payant aux techniciens fabricants les mille unités minimum comme la droite, mais sans pont d’or pour l’encadrement et le « patron », sans rente pépère pour des semi-producteurs en nombre pléthorique et protégés de l’effort constant.
    Bref : les fonctionnaires totalement improductifs ne sont effectivement qu’un cas particulier, la masse fonctionnaire produit simplement à un prix artificiellement énorme, faute de (pression de la concurrence impliquant) rendement toujours accru et rémunération par tâche toujours abaissée. Bien sûr, la hausse de productivité est possible (automatisation, informatique) aussi dans la fonction publique mais avec immenses réticences des syndicats surpuissants, exigeant maintien (ou essor) de l’emploi (payé même avec déficit, constant ou croissant), avec perpétuelle menace de grève, surpuissante paralysante puisque la concurrence est interdite et la banqueroute impossible. Mais ces critiques anti-fonctionnaires ne légitiment en rien le patron semi-esclavagiste s’en mettant plein les poches avec ses complices encadrants et financiers. D’où l’alternative humbiliste, je le confirme. Incroyablement « envisagée par personne ».
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Lecture PUF, 12/03/2016 :
    J’avoue ne rien comprendre à l’économie, qui se prétend scientifique (et je suis matheux, apte à comprendre théoriquement), j’ai donc demandé à un ami s’il connaissait un ouvrage en la matière. Il m’a conseillé « Histoire de la pensée économique » de Henri Denis, éditions Presses Universitaires de France, 1966 revu 2008. Ce très gros pavé de 725 pages, plein de titres philosophiques, d’équations et graphiques, paraissait très solide, mais… la lecture a été très décevante, j’y vois de gros défauts :
1- Il prétend que le capitalisme a produit deux tendances : minimiser la rémunération des ouvriers et entraîner le colonialisme pour obtenir de nouveaux débouchés. Je ne vois là aucune logique, non : il suffirait de payer davantage les ouvriers pour qu’ils consomment davantage, et les colonisés peuvent être insolvables, leur capacité à consommer n’est en rien un facteur de richesse pour les producteurs. (Des ouvriers à richesse de nababs ne sont pas souhaités par les capitalistes, et les firmes pharmaceutiques n’inondent pas l’Afrique de produits que les Africains n’ont pas les moyens de payer, dans notre monnaie).
2- Il prétend que l’investissement est obligatoire pour que vive l’industrie et que le rendement de cet investissement est garanti, calculable, prévisible. Je ne vois là aucune logique. Souvent, il n’y a aucun retour sur investissement, l’investissement est un pari risqué, et des inventions ont du succès sans requérir d’investissement spécifique. Ce n’est pas clair du tout. L’auteur semble réciter ses bases sans convaincre en rien.
3- Il dit que l’épargne est mauvaise (facteur de crise) en détournant de la consommation, pourtant il y a des tas d’incitations fiscales à l’épargne (défiscalisation d’assurance-vie et d’intéressement bloqué 5 ans), pourquoi ? Et il dissocie l’épargne de l’investissement, c’est à rien n’y comprendre.
4- Il parle de l’investissement et du taux de profit comme automatique, alors que les actions semblent une loterie, avec des ratés industriels imprévisibles, en partie liés à la concurrence (les gagnants gagnent et les perdants perdent, pas l’ombre d’un mot là-dessus).
5- Il a glissé sans aucune réflexion de la période XVIIIe siècle, avec les ouvriers payés tout juste assez pour survivre, à la période actuelle, avec la consommation essentiellement tirée par la publicité : ce n’est plus des "besoins" d’acheter mais des "envies" d’acheter. Ça change tout absolument, mais l’auteur a oublié d’y réfléchir. Et ce n’est pas que de l’embourgeoisement de l’ex-prolétariat occidental : le Tiers-Monde est énorme consommateur aussi de Coca-Cola (certes moins cher que le nôtre) et de Smartphones (certes de versions antérieures aux toutes dernières).
6- Il dit que les années 1945-74 ont été prospères, dans le monde capitaliste dominant, car la décolonisation a créé d’énormes besoins dans le monde sous-développé, et que le capitalisme a intrinsèquement besoin de tels débouchés extérieurs. Je ne comprends rien à cela : quels ouvriers d’ici refusent de consommer deux fois davantage (ou dix fois davantage) ? En quoi y a-t-il un besoin d’externalité ? Le capitalisme paye très petitement ses salariés (la France étant partiellement protégée par son « salaire minimum » contraire aux lois du marché [enchères décroissantes sur les salaires], lois du marché qui triomphent selon l’auteur), et après ce capitalisme se plaint qu’il ne trouve pas de clients ? c’est simplement idiot, idiotissime.
7- L’auteur n’a absolument aucune solution à la crise actuelle (après 1974), son ouvrage de 1966 étant complété par des textes de 1998-2008. Il ne voit pas la Chine phagocyter l’industrie (grâce à sa monnaie faible) au jeu de la concurrence, ruinant les pays dits « capitalistes dominants ». Il ne voit pas le déficit public des pays occidentaux se creuser immensément par un interventionnisme sans limite et sans retour suffisant. Il ne comprend rien, mais il professe. C’est juste lamentable.
8- L’auteur prétend que, contrairement aux autres sciences humaines, l’économie a vécu l’expérimentation de ses théories, grâce à la douloureuse et durable expérience communiste, ayant montré la faillite du collectivisme et le triomphe du marché. Non, c’est là une erreur méthodologique : peut-être que la collectivisation a été mal mise en œuvre et ce qui a raté est donc cet essai-là, nullement le principe sous toutes ses formes. Inutile de se cacher derrière des équations complexes quand on commet de telles bourdes en matière de logique élémentaire.
9- L’auteur dit que l’expérience communiste a raté par non prise en compte du retour sur investissement, par travail devenu de mauvaise qualité (sans plu’ de pression patronale), et il envisage que le capitalisme (sans plu’ de pays à coloniser) soit sauvé par une nouvelle forme d’interventionnisme de l’Etat. Je ne comprends pas et je conteste : les Etats comme la France sont en déficit chronique, donc sans retour sur investissement des dépenses publiques somptueuses ; les fonctionnaires inamovibles tranquilles (et en colère contre les usagers, entre deux grèves, fréquentes et sans risque) y travaillent « à la soviétique » avec salaire de type occidental, combien de temps cette arnaque va-t-elle durer sans révolte ni collapsus ? Puisque les jeux financiers font fuir l’industrie vers l’Asie à bas coût, n’allons-nous pas nous écrouler économiquement ? Pourquoi la réédition de 2008 n’en touche-t-elle pas un mot, pas un seul ?
10- Il manque un autre pan à la réflexion, c’est que le système capitaliste est garanti par la police, la « justice », la prison, interdisant la réquisition et le partage des fortunes insultant la misère et non justifiées par travail. En ce sens, la population est asservie, comme en régime soviétique par le parti unique sauf qu’ici c’est par les fortunés. En termes philosophiques et moraux, cela change tout.
11- J’aurais peut-être mieux fait de lire un manuel scolaire d’économie (c’est parait-il maintenant une discipline au lycée, qu’y raconte-t-on ? comment prétendre à un savoir alors que les économistes échouent à vaincre la crise ? ou à formuler une vision claire et crédible sur la sortie de crise…).
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Croissance ou non ?, 22/03/2016 :
     Mon ami un peu économiste me dit que la Chine ne dépasse pas du tout les autres pays, car son P.I.B. par habitant est minuscule, et qu’on ne peut pas revenir en arrière, car payer les Français comme des Chinois ferait s’effondrer la consommation donc l’économie. --> Cette réflexion m’intéresse quoique je ne l’approuve pas. 1/ Il est très possible qu’une fourmilière à ouvrières peu riches ruine la cigale ventripotente oisive : ça me semble même la conséquence logique des lois du marché. Les peu-demandants vont connaître un essor et les anciens riches vont s’effondrer (sans être rejoints dans leur opulence passée). [C’est le contrecoup logique de la suppression des barrières douanières, qui ont certes accru le niveau de vie des déjà-riches, achetant encore davantage de produits moins chers fabriqués par les pauvres lointains, avant de comprendre que cela ruine leurs propres sources de revenus – et les fonctionnaires, non soumis à la concurrence, portent une énorme part de responsabilité dans ces décisions et leur confirmation durable.] 2/ Je déplore que l’économie pose la croissance éternelle comme un principe indiscutable, une nécessité : pourquoi ne pas concevoir une voie vers le bien-être en situation de décroissance ? Les écologistes ont un peu travaillé sur cette idée (René Dumont en 1974 et 1981 pronait la « croissance zéro », tout l’essor devant aller au Tiers-Monde), mais ne la reprennent guère semble-t-il aujourd'hui, car ce n’est pas populaire, ou cette lucidité est infiniment moins plaisante que l’égoïste « toujours davantage » à courte vue… Pourtant, ici ou là, on entend dire que si l’Allemagne n’a pas de chômage, c’est parce que l’effectif de sa population décroît… alors qu’on nous claironne unanimement en France que la sur-natalité assure la croissance donc l’essor économique et la prospérité. Il faudrait modéliser l’économie en situation de décroissance, je vais peut-être m’y atteler, essayer (sans comprendre pourquoi les experts, prétendus, ne l’ont pas fait, n’en parlent même pas).
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La fausse science économique, 02-04/05/2016 :
    J’ai lu l’ouvrage de Jacques Sapir « Les trous noirs de la science économique. Essai sur l’impossibilité de penser le temps et l’argent ». J’en retiens comme principal enseignement, effectivement très majeur, que les affirmations économiques prétendues expertes sont en fait des abus, basés sur des modèles incohérents ou invraisemblables. Toutefois, j’ai noté plusieurs pages à discuter.
Page 48 : il est expliqué qu’un pays qui produit beaucoup pour sa propre consommation, des biens non commercialisés, a un PIB nul, alors que s’il se met à échanger avec l’étranger, son PIB croît, tandis que sa richesse ne varie pas (ou décroît). « Le paradoxe vient de ce que le PIB (ou le PNB) ne mesure que la production commercialisée. » Je n’avais pas conscience de cela, et cela me semble abattre les dogmes économiques – par principe opposés à l’autarcie, au nom mensonger du bien-être. Il me vient la même idée sur la valeur des monnaies : si tel pays a un PIB de 600 milliards de Pesos locaux, il sera clamé que c’est très pauvre si ce Peso est très mal côté au marché des changes, et ce pays sera dit supérieurement riche si ce Peso a une très forte valeur internationale, quand bien même cela ne changerait rien au pouvoir d’achat local de ses habitants. Loin de ces artifices, je préférerais une monnaie mondiale unique, un salaire minimal mondial unique, etc. alors on pourrait parler d’équité dans la distribution des richesses, le système en place ne semble là que pour brouiller les comparaisons, sans autre avantage que de cacher la domination, l’injustice géopolitique. La transition vers l’Euro a été obscurcie, avec objections cachées par les économistes : on nous faisait miroiter la simplicité d’aller à l’étranger sans change de monnaie enrichissant les banques seulement, mais avoir gravé qu’un millier d’euro est le salaire minimal en France quand il est le triple du salaire minimal en Irlande… cela aurait dû être questionné en termes d’équité (avant que les usines délocalisent, causant ruine relative ici)…
Pages 50 à 53 : critique de l’épistémologue Karl Popper, « le critère de scientificité d’une hypothèse (…) simplement le fait qu’elle soit testable et donc potentiellement réfutable ». Cela m’intéresse fort dans la mesure où j’ai trouvé immensément convaincant l’ouvrage de Popper « logique de la découverte scientifique », invalidant l’induction scientifique, les prétentions scientifiques à La Vérité. 1/ Sapir expose une première cause d’inapplicabilité en économie : les tests sont exprimés dans le langage d’une théorie préexistante, non testée, et donc cela biaise ces tests (validés à tort par circularité ? façon « j’ai raison parce que j’ai raison »). A mon sens, cela ne donne pas tant tort à Popper qu’à ceux prétendant que l’économie est une science. 2/ En économétrie, les conjectures sont « multiples et imbriquées », c’est « illisible en termes de vérification (on ne sait plus ce qui est vérifié) ». Là encore, ça ne donne pas tort à Popper, mais les partisans de la scientificité de l’économie méritent le soupçon (voire toutes les prétendues « sciences humaines »). 3/ Selon Sapir, le but de Popper serait que l’amélioration des théories se rapproche de plus en plus de la réalité, or cela constitue une hypothèse non testable, objecte Sapir. Je ne sais pas quoi penser de cette critique, dans la mesure où cela me semble un procès d’intention, pas le reflet de la thèse que j’ai lue chez Popper. Je suis certes d’accord que l’hypothèse en question est très contestable : le futur est inconnu, et rien ne garantit que s’y appliquera la prévisibilité scientifique modélisant des « lois » (prétendues) facteurs de succès prédictif. Ce n’est pas tant une critique de Popper que des bases de la science en principe général. 4/ Selon Popper, la falsifiabilité est plus importante que le réalisme, et cela choque Sapir. Puisque je suis irréaliste, opposé au dogme réaliste, je suis particulièrement bien placé pour contester Sapir. Toutefois, il semble qu’il y a une foule de présupposés mensongers dans cette affaire : ce que sous-entend Sapir, c’est que le réalisme est vérité quand l’irréalisme est erreur, et poser la question en ces termes lui donne automatiquement raison. Mais il a tort : quelle est sa preuve de réalité (pour réfuter l’hypothèse du cauchemar ?). Non, il n’aborde pas la question, il est plus pratique de clamer avoir raison en faisant appel au (prétendu) bon sens des endoctrinés. C’est nul. Ceci dit, je suis d’accord que l’hypothèse du rêve ruine le projet scientifique/poppérien de prévisibilité, mais Sapir, loin de donner des leçons de réflexion, ne réfléchit pas assez : il reste dans son vase clos de l’économie (quoiqu’il affirme plus loin dans le livre, estimant que la sociologie devrait prendre le pas sur la prétendue science économique).
Page 55 : « Le comportement des partisans des thèses post-modernes et hyper-critiques n’est pas sans rappeler celui de l’enfant qui, parce que son jouet ne fonctionne pas comme il veut, prétend qu’il ne fonctionne pas du tout. » J’entends cette phrase, que je prends comme une grande gifle, mais je la juge imméritée. Je vais prendre un exemple illustratif : si je rejette la météo, ce n’est pas parce qu’elle est 100% inefficace à prédire, c’est parce que – là où elle a prédit 10mm de pluie ± 30% (7mm à 13mm), et que l’on a mesuré zéro mm – elle a prouvé voler sa prétention à la vérité, même approximée. Une vérité est invalidable par 1 contrexemple, ça suffit, quand il est quasi impossible de la valider positivement – cela exigerait de la démontrer sur absolument tous les cas possibles (ce qui est possible en mathématique avec itération infinie, mais impossible en sciences expérimentales où le futur pourra démentir le modèle, l’expérience primant sur la loi imaginée) Certes, on peut « entendre » les prévisions météo, et autres délires de chamanes et voyants, en tant qu’énoncé de possibles vaguement consolidés par tel ou tel protocole, mais ce qui est rejeté (pas puérilement), ce sont ses prétentions à la vérité incontestable. Si on bascule vers le calcul de probabilités, on pourrait aboutir à l’idée que la prédiction pseudo-météo « au pifomètre » (ou avec grenouille), qu’on y croie ou pas matériellement, répond juste à 40% ± 20% (parfois 60%, parfois 20%), que la météo scientifique actuelle répond juste à à 60% ± 30% (parfois 90%, parfois 30%). Le gamin peut simplifier à tort cela en 0%, mais je reste fermement sur la position « ces chiffres démentent un prétendu 100% », et le coup de grâce vient de la philosophie sceptique : votre taux de 60% ± 30% décrit une mesure passée, rien ne prouve qu’il en sera de même pour les prédictions du futur, qui pourra donner 0% (ou 100%), sauf induction (généralisation illogique, risquant erreur totale). On peut certes « croire », scientistement, mais ce n’est pas du « savoir ».
Page 56 : « (Les médecins) n’en ont pas pour autant décidé que la médecine était une activité sans objet puisque son triomphe ultime, l’immortalité, était hors de portée (…) Ce n’est pas pour autant qu’il faut cesser de se battre. » Toujours sur la même idée que précédemment, il s’agit là d’une violente critique à mon prétendu infantilisme. Je ne suis pas d’accord : la médecine ne vise nullement l’immortalité selon moi mais le soulagement de la souffrance – ceci étant toutefois embrouillé par le classement en « illégal » de substances soulageantes dont j’ai entendu parler (opium, cannabis, etc.) avec l’aval de médecins parlant d’effets secondaires (chez les bien-portants cherchant là une source de plaisir accru). Et puis… le débat est aussi embrouillé par le dogme sur la mortalité, dont je ne suis nullement convaincu : la disparition d’autrui dit-défunt est réversible tant que la scission réel/rêves n’est pas établie, et la mort du moi peut être un non-sens, ça se discute – mais Sapir ne philosophe pas, il pontifie à l’intérieur de ses idées reçues.
Page 89 : Dans le paragraphe « les limites de l’optimalité », Sapir conteste qu’un optimum objectif soit en vue, et conclut qu’il y a divers critères possibles et diverses hiérarchies envisageables pour ces critères. « le choix n’est plus technique mais relève de la controverse démocratique. » Je doute, moi, à ce sujet : je comprends qu’un faux expert mérite d’être renversé, n’a aucun droit à commander pour imposer son opinion, mais inversement rien ne garantit que la majorité des gens exprimera un point de vue meilleur (un individu lucide ayant raison peut être ultra-minoritaire, voire condamné en démocratie à la prison ou au traitement « psychiatrique »). Par expérience, je constate que les vainqueurs démocratiques ne sont nullement les plus raisonnables mais les meilleurs menteurs, profitant des colères à un moment donné, à leur propre avantage. Mais Sapir, philosophiquement nul ou buté, se refuse à envisager la critique du principe républicain (dit démocratique).
- Page 126 : 1/ « La démocratie fonctionnellement nécessaire (…) qualifie donc une communauté organisée (elle se dote de règles de vérification et de contrôle) et agissante (le pouvoir de modifier sa condition ne lui a pas été retiré). Ce n’est donc pas la démocratie définie par la seule relation électorale libre et régulière de l’individu isolé face au pouvoir. » J’ai vaguement de la sympathie pour cette idée que le principe électoral est une fausse démocratie, n’incarnant par le gouvernement par le peuple mais seulement le choix par le peuple de dominants agissant temporairement à leur guise, même contre le peuple (d’où manifestations publiques de colère, chroniques en France, sur mille sujets, au lieu de pointer la racine du mal). Mais je ne comprends pas que Sapir balance ces idées sans envisager les solutions (référendum d’initiative populaire ?) et les réserves éventuelles à ceci. Pourquoi parler dans l’abstrait théorique sans précisément expliquer les solutions et fausses solutions (avec frontières, le vœu populaire semble l’égoïsme groupiste à l’encontre des étrangers) ? 2/ « on prétend réduire l’organisation sociale à une mécanique déterministe, ce qui justifie la fin du politique au profit de l’expertise (…) Récuser (…) c’est reconnaître qu’il faut mettre le politique au poste de commande. » Je ne suis pas d’accord avec Sapir, à qui il manque fondamentalement le côté « critique du politique ». Ainsi, les antieuropéens pointent le caractère technocratique des institutions CEE sans pouvoir suffisant de l’assemblée d’élus, mais je dénie totalement que ces élus représentent la population, ils ne défendent généralement que leur propre intérêt ou celui de groupuscules super-influents (ou surreprésentés – dans certaines communautés, prendre des fonctions politiques est classé comme devoir pour favoriser la communauté au détriment de tous, le principe de la république étant pourri ça marche parfaitement). Au lieu de prendre position pour un camp, il me semble légitime de voir l’opposition entre deux formes de mal.
Page 177 : « Un économiste, c’est quelqu’un qui vous dira demain pourquoi ce qu’il a prédit hier ne s’est pas réalisé aujourd’hui. » Ce bon mot, effectivement délicieux, me parait peu compatible avec la critique de Popper aux pages 50-53 : le drame est que les prétendus savants économistes sont inaptes à formuler des prédictions se vérifiant, ils ne font que discourir a posteriori pour (prétendre) expliquer ce qui s’est passé, sans qu’ils aient pu le prédire. Quand Popper dit « ce ne sont pas du tout des scientifiques », moi j’estime qu’il a entièrement raison. L’économie ressemble en ce sens à l’Eglise moyenâgeuse « expliquant avec certitude » ce qui s’est passé (gelées tardives, sécheresse, etc.) par des colères de Dieu envers sorcières ou hérétiques ou croyants insuffisamment assidus à l’Eglise. Un autre exemple similaire, me venant à l’esprit, est le sensationnalisme des adorateurs du devin Nostradamus, qui avait tout prédit, absolument tout : une fois que ça s’est passé, on sait ce qu’il avait voulu dire et ça colle merveilleusement – mais bien sûr il ne faut pas demander à ces interpréteurs (ou escrocs) ce qu’il reste à advenir des prédictions (puisqu’ils sont inaptes à prévoir, à « lire » à l’avance). Le bla-bla est certes un exercice comme un autre, un peu difficile et avec quelques individus plus brillants que les autres en ce domaine, mais ça devrait relever du loisir facultatif, non gouverner la loi.
Page 191-194 : « Les bons Princes qui nous gouvernent, fussent-ils politiques ou économiques, tonnent et s’étonnent que des salariés refusent une remise en cause de ce que l’on appelle des "avantages acquis" en échange d’une meilleure efficacité dont tous seraient bénéficiaires. (…) "moins aujourd’hui pour plus demain" (…) Or la résistance à ce type de contrat tacite a toujours été très forte (…) voir que les comportements étaient parfaitement rationnels (…) les salariés n’ont pas confiance dans la direction de l’entreprise (…) et quelles que soient les causes de cette perte de confiance, alors il est rationnel de son point de vue de récuser la transaction. (…) que l’on ne s’étonne pas d’actions sociales a priori "irrationnelles". Que l’on cesse alors de les dénigrer et d’employer à chaque instant ces mots de corporatisme et d’égoïsme pour les qualifier, vocabulaire d’autant plus indécent que l’on connaît les conditions d’existence de ceux qui l’emploient et de ceux auxquels il est destiné. » Là, Sapir me semble commettre la plus grosse faute de ce livre, faute très grave, le disqualifiant intégralement comme prétendu « penseur honnête ». Certes, avec ce discours, il s’attire la sympathie des syndicalistes et défenseurs de privilèges, mais je suis dans l’autre camp, désolé, et je n’ai pas du tout la richesse princière dont il accuse ses contradicteurs. Le problème essentiel est qu’il mélange à dessin deux concepts distincts, la raison et la morale. Au lieu de clamer avec Sapir « n’appelez pas égoïsme la défense des avantages acquis, au contraire c’est très rationnel », je dirai le contraire : « l’égoïsme, moralement moche, est un guide possible pour la raison ». Si le prima est donné au privilège dont on bénéficie (en hurlant contre le privilège dont ne bénéficie qu’autrui), il devient très logique de hurler pour le conserver, pour refuser toute abrogation pour davantage d’équité (ou d’égalité). Sapir emploie une autre ficelle : celle de disqualifier les patrons richissimes qui insultent les petites gens et salissent par leurs propres privilèges la position en question. Non, les patrons ne sont pas seuls sur cette ligne : les petits humbles sont aussi choqués par les privilèges (des fonctionnaires, des CDI, des employés de grandes entreprises, des cols blancs, etc.), mais certes ils n’ont aucunement la parole, seuls les patrons (et politiciens) maugréant devant les micros. Et le monde politique est exempt de raison : seule l’extrême gauche étant réputée défendre les humbles, alors qu’en fait elle milite pour le système communiste, avec privilèges fonctionnaires étendus à tous – d’où ruine, personne ne fichant plu’ rien (« petit travail tranquille », « non aux cadences infernales et aux rétributions au mérite, à-la-tête-du-client », « avancement automatique à l’ancienneté »). Seul dans le désert, j’ai inventé un mouvement politique plus logique, mais sans aucun espoir d’atteindre ne serait-ce que 0,1% des voix, tant l’égoïsme séduit davantage, évidemment. Contrairement à Sapir, je considère que les défenses de privilèges sont égoïstes, immorales, je n’ajouterai pas « irrationnelles » c’est effectivement hors sujet, mais Sapir se montre là dans le camp des pourris – soit c’est un penseur pourri, soit il est lucide mais ment, joue stratégiquement pour s’assurer un succès de librairie, ce qui n’est guère mieux. (Ceci dit, j’ai conscience d’être anormal, suicidaire, envisageant un monde uni sans plu’ les privilèges de niveau de vie occidental, indu, couvert par armes nucléaires, illégales – ce qui est caché par tous les prétendus penseurs et observateurs).
Page 217 : « Qui fut le premier économiste ? Christophe Colomb, car quand il partit il ne savait pas où il allait, quand il est arrivé il ne savait pas où il était, et il a fait tous ses voyages grâce à de l’argent qui n’était pas à lui. ». Délicieux, merci à l’auteur, mais… mêmes remarques que pour la page 177. En ce sens, le titre de l’ouvrage aurait pu être « science économique = une escroquerie généralisée ».
Page 240 : « Keynes va même plus loin que ce constat et lie explicitement l’inflation, c’est-à-dire la dépréciation de la monnaie, au mouvement historique qui voit de nouveaux groupes sociaux s’affranchir de la tutelle des anciens dominants. (…) ils profitèrent aux fortunes de fraîche date aux dépens des anciennes et donnèrent à l’esprit d’entreprise des armes contre l’accumulation des privilèges acquis. » Je ne suis pas du tout convaincu par ce discours. J’ai entendu des politiciens dans les années 1970 clamer que l’inflation ne profitait qu’aux riches et ruinait les pauvres, et cela ne me semble certes pas idiot : les financiers peuvent jongler à leur profit (ou au profit des clients fortunés) avec les dérives monétaires quand les humbles sont désarmés et subissent les hausses de prix qu’ils rattrapent en retard ou incomplètement. Par ailleurs, Sapir comme Keynes trouvent merveilleuses les nouvelles fortunes alors que je les juge coupables, anti-altruistes : elles se construisent toujours au dépens d’autrui, par prix de vente « pour faire fortune » égoïstement au lieu d’être minimal au profit du client, d’autrui.
Page 281 : « Deux économistes se rencontrent. (…) – Tu comprends ce qui se passe ? (…) – Attends, je vais t’expliquer. – Non, non (…) expliquer, ce n’est pas difficile, moi aussi je suis économiste. Non, ce que je te demande c’est est-ce que tu comprends ? ». Excellent, merci. Mêmes remarques que page 217 et 177 : les économistes seraient des escrocs blablateurs. Ce sera plus loin la conclusion du livre, confirmée par plus de 300 pages d’analyse contradictoire, de l’intérieur – même si mes désaccords ici ou là me font craindre que Sapir ne soit pas un modèle d’objectivité.
Page 319 : « Substituer l’équité à l’égalité revient à postuler un monde prévisible et exempt d’externalités ». Ceci vaut pour Sapir démolition du concept d’équité (contre l’égalité) et je ne suis pas d’accord. En sens inverse, on peut aussi parfaitement démolir l’égalité (contre l’équité) : si on rétribue autant le paresseux que le performant, c’est une prime à la paresse, qui conduit à démotiver les méritants, avant qu’ils démissionnent en un je-m’en-foutisme généralisé. Cela a rien moins que démoli l’utopie communiste. Dès les années 1970, bien avant l’effondrement soviétique, on me disait en cours de langue russe que la mentalité à Moscou était « ils font semblant de nous payer, alors on fait semblant de travailler ». Et un reportage français dans une usine soviétique s’étonnait de ne pas voir arriver d’ouvrier, pour allumer les machines, un chef finissant par venir, et répondant – quant à l’absence d’ouvriers : « ils n’ont sans doute pas eu envie de venir », pourquoi se donner du mal si le salaire est inchangé, grâce au triomphe de l’égalité ? Mais, sans égalité ni équité, que reste-t-il ? Le triomphe de quelques malins écrasant la foule, ou la demi-foule des travailleurs méritants ? Je trouve ça simplement injuste, créant artificiellement animosité d’où violence. L’équité me semblait bien la meilleure piste, même si ce n’est qu’à titre de tendance, pas comme modèle prouvé optimal mathématiquement (avec hypothèses contestables).
Page 329 : « La Théorie de l’Equilibre Général (…) échoue à nous fournir une intelligence du monde réel ; elle peut même devenir un obstacle quand des économistes prétendent transposer des raisonnements abstraits sur le monde réel, sans se soucier du réalisme des hypothèses. » Cela sonne comme un tonitruant manifeste de réalisme, contre l’irréalisme, et à mon avis, c’est une erreur de cible. Même si ce monde était un cauchemar, même si le réel n’existait pas (avec basculement de cauchemar en cauchemar), les économistes feraient acte d’abus de pouvoir en imposant comme vérité ce qui n’en est pas. Sapir se trompe de problème.
Page 344 : « Le couple contrôle/responsabilité résulte en vérité du principe de densité ; il implique que le peuple (ou le corps souverain) soit identifié à travers la détermination d’un espace de souveraineté. C’est pourquoi l’ordre démocratique implique des frontières (qui est responsable de quoi), mais aussi une conception de l’appartenance qui soit territoriale (le droit du sol). » Je ne comprends rien à cette prétendue démonstration du bien-fondé nationaliste. Pourquoi un monde sans frontières (sans rejet xénophobe) serait-il exclu ? Comme l’économiste qu’il semble être, Sapir balance comme pseudo-vérités ses opinions les plus contestables.
Pages 346-347 : « Prétendre en effet qu’un traité international est valide à l’infini revient à prétendre que ses rédacteurs avaient la connaissance de toutes les occurrences possibles que le futur réserve, ou qu’ils avaient le droit et les moyens de lier à leurs décisions les générations à venir. » Ce raisonnement me parait gravement faux. En effet, si un traité n’est pas solidement déclaré irrévocable, il sera systématiquement contesté/enfreint et perd donc toute valeur. Mais… si ce principe de validité intemporelle est accusable abusivement d’absoluité absurde, alors ça met en question la forme d’invalidation par Sapir des hypothèses conduisant à la Théorie de l’Equilibre Général. Hum, ça invalide tardivement les trois quarts du livre.
Pages 348-349 : « L’introduction de la notion de légitimité signifie que dans tout acte normatif ou stratégique on peut déterminer qui peut contester quoi et sous quelles formes cette contestation peut s’exprimer. Elle est un moment essentiel pour échapper aux deux polarités qu’il faut également refuser, le formalisme légaliste et l’essentialisme juridique. » Je crois rêver et Sapir me semble là définitivement illégitime : si les staliniens édictent qu’il faut adorer le leader toujours et partout, en public, Sapir conclut que c’est bien et que « il faut refuser » les alternatives à cela. Est-ce de l’idiotie profonde ou une immoralité totale ? (Et c’est célèbre pour le dictature stalinienne mais la démocratie a généré de semblables horreurs, procapitalistes anticommunistes aux USA ou projuives antinégationnistes en France).
Page 352 : « une véritable entreprise de décervelage. Elle est un crime contre la raison et, on le sait, le sommeil de cette dernière engendre des monstres. Elle est fondamentalement le contraire d’une pratique scientifique et s’apparente à un intégrisme idéologique (…) Une démarche scientifique en économie doit assumer l’incomplétude de la discipline, sa nécessaire ouverture à la sociologie, à l’histoire, à l’anthropologie et à la science politique. ». Je comprends une partie : la dénonciation de l’abus de pouvoir au nom fallacieux de la raison. Mais les arguments sonnent faux. Avec le même amalgame on pourrait décrier la prétendue raison, en disant que « on le sait » l’hypertrophie de cette prétention engendre des monstres. Or ce n’est pas la raison, avec ou sans, qui engendre les monstruosités mais l’immoralité, écrabouillant autrui au lieu de pratiquer l’altruisme, ça n’a rien à voir avec la raison (et Sapir s’est rendu coupable de clamer rationnel – et parfaitement légitime – l’égoïsme groupiste, alors que les deux sujets sont disjoints). Par ailleurs, dire que l’économie est secondaire à la sociologie et à l’histoire signifie que son pouvoir prédictif est admis nul, et sa valeur (au-delà du bla-bla) est pareillement nulle. C’est peut-être pour Sapir une piste pour continuer à toucher un salaire, mais j’estime que celui-ci est indu. Cela clôt en forme d’effondrement ce livre jeu-de-massacre mais encore trop positif.
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Explications partielles, 05/05/2016 :
    J’ai reçu d’un ami une série de commentaires et objections et j’estime devoir m’expliquer, sur mes critiques au livre de Sapir.
Page 48 : On me répond que « la valeur d’une monnaie dépend de la puissance économique du pays en question », mais je ne suis nullement convaincu. Je pense au Liban avant ses guerres civiles, qu’on disait « très riche pays de commerçants », ou bien à Monaco, « très riche pays de banquiers ». Dans le système marchand ou capitaliste, un pays peut ne rien produire comme biens de consommation mais s’enrichir énormément par position d’intermédiaire ou de financier (je me souviens d’un livre d’Alain Minc me choquant en affirmant ainsi « laissons l’Asie produire, concentrons-nous sur la valeur ajoutée »). Je persiste à trouver ça très injuste (faut-il attendre une Shoah anti-occidentale pour se poser des questions ?). Et je ne comprends pas l’objection, qui me semble dire « ben c’est comme ça et puis c’est tout ». Oui, on peut s’accommoder d’un système pourri, mais quand il est en crise, en crise confirmée et même chronique, il me parait utile de questionner ses abus.
Page 48 bis : On me dit qu’avec une même somme on crève de faim en France quand on est riche en Egypte, que si on avait tous ici des salaires de thaïlandais la consommation s’effondrerait et ce serait notre perte. Je l’entends bien mais ça me semble l’horizon probable, par logique interne au capitalisme qui nous a tant enrichis : nous ne méritons pas de consommer 50 fois davantage que les thaïlandais, nous sommes beaucoup trop chers et l’emploi part donc là-bas, ne laissant guère ici (à terme) que des fonctionnaires payés à crédit et des commerçants (voir point au-dessus). Oui, ça va s’écrouler, il faudrait le comprendre et en parler, surtout pas clamer (de manière incompréhensible) que l’économie justifie notre prétendue supériorité.
Page 48 ter : on me dit que la richesse d’un pays c’est son abondance d’équipement, et qu’il y a ainsi davantage d’abonnés Internet à Manhattan que dans toute l’Afrique. Mais je ne comprends pas : est-ce que la cause et la conséquence sont départagées ? Est-ce parce que Manhattan est suréquipé qu’il est riche, ou est-ce parce qu’il est riche qu’il est suréquipé ? Je devine qu’on me répondra que les deux vont de pair, mais je comprends encore moins : d’où vient la richesse ? On me répond « du suréquipement », je demande « pourquoi ce suréquipement est-il possible ? », on me répond « parce qu’ils sont riches », bref « ils sont riches parce qu’ils sont riches », circularité, sans l’ombre d’une explication. Je comprends bien mieux le principe marchand : le fric ne va pas tant aux producteurs qu’aux intermédiaires parasitant la relation producteur-consommateur. Jusqu’à ce que ça pète, en pogroms (anti-occidentaux pour les prochains ?).
Pages 50 à 53 : Pour le point 1, on me répond que rien ne semble pouvoir échapper à une démarche scientifique, et je ne comprends pas cette objection. Je considère que les sciences humaines sont du bla-bla menteur prétendant à tort au titre de science, et que me répond-on ? que tout est étudiable par la science ? Qu’est-ce que la science ? Pour Popper, de manière convaincante, il s’agit d’une discipline produisant des modèles prédictifs risquant l’erreur (et pas encore réfutés par l’expérience). Au contraire, une discipline prétendant avoir raison alors que ses prédictions ont été invalidées, ou ne sont pas formulables, ne fait pas « partie intégrante de la démarche scientifique », c’est du moins très contestable, sauf arbitraire décidant qu’il s’agit d’une façon de parler envisageable donc choisie, imposée. A mon avis (argumenté), c’est là un abus de pouvoir. Pour le point 2, on me dit que Sapir n’a pas tort sur les imbrications d’hypothèses, mais je ne disais pas qu’il avait tort sur ce point, je disais qu’il se trompait en concluant que Popper se trompe. La démarche falsificationniste est au contraire lumineuse en économie : s’il y a non-testabilité, il y a simplement non-scientificité, c’est le raccourci que Sapir n’a pas su voir (et ça entraîne son erreur finale : se plongeant dans la sociologie non prédictive pour blablater infiniment). Pour le point 3, on me dit que Sapir applique Popper à Popper, ce qui ne tient pas, et je ne vois pas les choses ainsi : il s’agirait d’une simple invalidation par auto-contradiction. Ce n’est pas dire « puisque vous avez raison, appliquons votre loi et elle prouve que vous avez tort », mais plutôt « à supposer que votre loi aurait raison, elle vous donnerait tort (de formuler cette loi), donc votre loi ne tient pas debout ». Le problème n’était donc pas là dans la critique de Sapir à l’encontre de Popper. Pour le point 4, on me dit « si on suppose que le réel n’existe pas, à quoi bon faire de l’économie ? » et il s’agit d’un malentendu colossal. Même si le réel n’existait pas, j’aurais peur de la douleur, je serais sensible à l’injustice, etc. Ce n’est que dans le discours parental post-cauchemar-nocturne qu’arrive le jugement « c’est à oublier complètement, ça n’a aucune importance puisque ce n’est pas le réel », mais si le réel (tout compte fait) n’existe pas (les parents « réveillants » faisant partie d’un cauchemar suivant), la totalité de l’expérience peut compter « pleinement », et non forcément « pas du tout ».
Page 126 : Pour le point 1, il m’est répondu que le but de l’ouvrage de Sapir n’est pas politique, donc il est normal qu’il n’aille pas très loin de ce côté. Je ne suis pas bien d’accord : explicitement, Sapir demande que les pouvoirs soient donnés au politique, et c’est totalement irresponsable de prendre ainsi parti sans même ébaucher les réserves évidentes à cela. Pour le point 2, je reconnais une faute dans mon expression, mea culpa : ce ne sont pas « les antieuropéens » qui s’opposent au caractère antidémocratique de l’Europe politique actuelle, ce sont des opposants à cette Europe-là, y compris des Européens convaincus (seulement désignés/insultés comme « antieuropéens » par les discours en faveur du système en place). C’est un mot maladroit, d’accord, mais mon sujet n’était pas là : je voulais surtout dire que je n’ai absolument aucune confiance dans la représentativité des élus, européens ou autres, l’expérience montrant le contraire (même si ce sont peut-être des juges plutôt que des parlementaires qui ont malhonnêtement tranché au nom de l’Europe sur la prétendue compatibilité entre la loi Gayssot française et la liberté d’opinion au sens des Droits de l’Homme universels).
Page 177 : On me rétorque une phrase forte que je cite : « Ce n’est pas parce que la plupart des économistes sont des charlots que l’économie est une pseudo-science ». Je suis gêné : l’objection me semblerait majeure s’il y avait en économie d’une part des charlots d’autre part des vrais scientifiques, mais je ne vois aucun, absolument aucun, de ces derniers. Puisque tous les économistes (à ma connaissance) échouent à prévoir, à démontrer que leurs modèles ne sont pas déjà réfutés, cette potentialité n’est pas encore à l’ordre du jour. Sapir lui-même, qui démolit tout le monde, ne fait qu’ouvrir des pistes de recherche timide, en fin d’ouvrage, sans aucun résultat encore obtenu. On pourrait éventuellement dire que l’économie serait une « future-science », mais aucun élément n’étaye cette affirmation.
Pages 191-194 : on me reproche de faire entièrement l’impasse sur l’histoire du mouvement ouvrier européen, marqué de répressions féroces et de centaines de morts voire plus. Je l’entends mais je ne suis pas d’accord : le mouvement ouvrier européen, dans sa variante non communiste, se battait (de manière certes sanglante), non pour abattre les privilèges des riches mais pour obtenir une place au soleil, en embourgeoisant les ouvriers d’ici par rapport aux ouvriers étrangers, asiatiques notamment. Cette stratégie aboutit à la ruine présente, les usines partant vers les vrais prolétaires restants, en Asie. Avoir joué l’égoïsme sans partage a donné des victoires locales, égoïstes à courte vue, je confirme entièrement mon opinion. Ces luttes n’étaient pas irrationnelles, mais immorales (contre des chefs encore davantage immoraux non partageurs), et la logique renvoie une grande gifle en retour.
Page 217 : il m’est signalé que cette plaisanterie sur Christophe Colomb avait déjà été utilisée à l’encontre d’un socialiste, peut-être Churchill. Effectivement, mea culpa : ce n’est pas excellent si c’est une simple reprise. Ceci dit, il me semble que c’est différent si on se moque d’un politicien faisant n’importe quoi n’importe comment, le but de la République étant seulement d’avoir le pouvoir, sans autre prétentions que mensongères pour séduire l’électorat naïf, c’est très connu. C’est assez différent ici appliqué à un économiste prétendu expert indiscutable, avec autorité faisant taire les humbles prétendus incompétents. Par ailleurs, même si Churchill est réputé héros, je vois en lui un monstre horrible – le général Harris, qui a commandé les exterminations de civils (et bébés) allemands en 1940-45, a plaidé après sa retraite que l’ordre venait entièrement de Churchill, ce n’est pas n’importe quoi mais c’est immensément grave (et bien sûr couvert par la propagande qui continue à célébrer cette « victoire », à adorer les exterminations de non-juifs).
Page 240 : il m’est répondu que l’inflation n’a jamais gêné les pauvres si les salaires suivent. Je n’en suis pas convaincu, pour deux raisons : 1/ Pour que les salaires suivent, il y avait peu d’automatisme mais c’était des violences chroniques (grèves, non-grévistes hués par leurs collègues, etc.). 2/ C’est peut-être à l’occasion de ces augmentations de salaires répétées que les travailleurs occidentaux sont devenus privilégiés à l’échelle du monde, d’où les délocalisations maintenant – il aurait été plus sain de contester la richesse des riches que d’exiger « toujours plus » en bas de l’échelle locale, ce qui conduisait droit dans le mur, et nous y sommes.
Page 319 : on me dit que je me trompe car définissant l’égalité ou l’équité comme l’uniformité. Je vais vérifier les définitions dans le dictionnaire, mais j’entendais les mots ainsi : égalité = même rétribution pour chaque travailleur (ou non-travailleur éventuel), équité = rétribution liée au mérite (même ratio rétribution/mérite pour chaque travailleur). D’après le dictionnaire Larousse en ligne, égalité vaut uniformité, équité est différent et renvoie à ce qui est « dû » (autrement dit : mérité, me semble-t-il), ça ne me donne pas tort, je crois.
Page 329 : ce qu’on me répond me semble hors-sujet, car ce que je contestais était le double emploi du mot réel, alors que ce n’est pas du tout le sujet selon moi (l’abus des économistes serait aussi injuste en rêve).
Page 344 : on me répond par une autre justification du nationalisme « si on regroupe des gens qui ne veulent pas vivre ensemble et qu’on les fait voter, c’est la guerre civile assurée. » Simplement, je réponds que refuser de vivre avec l’étranger, c’est la xénophobie, le racisme, et depuis la Shoah, c’est réputé être mal (à juste titre je pense) – avec montagnes de mensonges chez les orateurs pour continuer à encourager le patriotisme, sportif, consumériste et autre.
Pages 346-347 : il m’est répondu qu’un traité censé être irrévocable peut être dénoncé, le problème étant que l’Europe libérale s’accroche à des éléments faux. Ce n’était pas vraiment mon propos mais je l’entends.
Pages 348-349 : on me répond que le problème, c’est que le stalinisme n’a jamais été élu. Je ne vois pas le rapport : Sapir donne raison à la répression de la contestation, et je trouve ça odieux. Je signalais que c’est aussi pratiqué dans deux systèmes à élection, le problème n’est donc en rien spécifique des tyrannies officiellement dites telles.
Page 352 : on me répond qu’il n’était pas possible de tout traiter sans prendre trois mille pages, d’accord mais un mot de réserve sérieuse aurait pris moins d’une ligne. On me dit aussi que dénoncer l’intégrisme libéral et le scientisme ambiant mérite quand même quelque salaire, et je ne suis pas d’accord : je dénonce aussi plein de choses, mais je fais ça sur mon temps de loisirs, à titre de centre d’intérêt, tandis que je travaille au service d’autrui, de quel droit ce type-là escompte-t-il salaire pour blablater sociologiquement ? Je ne pense pas qu’il a de « clients », donc il s’agit d’emploi public, payé par impôts réquisitionnés sous la menace, et ce n’est pas joli. Je confirme mon hostilité à ce Jacques Sapir.
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Polémique, 11/06/2016 :
    Je ne sais pas quoi penser de l'actuelle violence concernant la loi travail El Khomri, anti-populaire et anti-parlementaire même. Je ne suis pas du tout de droite mais je comprends que les employeurs privés français embauchent le moins possible car ils sont empêchés de débaucher si l'activité baisse. S'il y avait liberté de débaucher, il y aurait aussi beaucoup plus d'embauche (façon britannique), certes pas solide, et les gens ayant une place tendent à refuser ce système, mais pourquoi les gens sans travail (et les jeunes) refusent-ils cette voie ? J'ai l'impression qu'une majorité de nantis hurle pour le maintien de ses privilèges, et les jeunes hurlent aussi parce qu'ils entendent bénéficier des mêmes privilèges, ça me semble aveugle, mais c'est effectivement majoritaire. En face sont d’autres nantis exploiteurs prenant une part exagérée des richesses générées. Si on me demande de prendre parti pour un camp ou bien l'autre, je refuse donc et me déclare neutre, voyant le mal dans chaque camp sans m'y allier contre l'autre. J’ai l’impression que les sans-emplois et emplois précaires sont jaloux des emplois solides du privé qui sont jaloux des cadres supérieurs surpayés et des emplois éternels du public sans performance obligatoire ; à mon avis au contraire, ces privilèges mériteraient d'être tous cassés, l'état en déficit licenciant bon nombre de ses fonctionnaires, les grandes entreprises abandonnant les salaires énormes de leurs employés dirigeants, c'est le principe humbiliste encore une fois, anti-favorisés-injustement. Oui, la vie serait dure, mais elle est déjà dure pour les ouvriers chinois et nous ne méritons pas d'être mille fois plus opulents qu'eux simplement parce que nos aïeux les massacraient à coups de canons.
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Face à un keynésien, 29/01/2017 :
    Un ami, se disant partisan des thèses économiques keynésiennes, m’exprime un certain nombre d’objections, que je vais essayer de parer.
* « Suis-je libéral (déviant) ? ». Il me classait comme libéral car je suis contre les frontières économiques, et j’ai dit que ça me semblait de l’amalgame, comme je pourrais le classer libéral car il est pour la liberté de procréer/surpeupler alors que je préfère une décroissance de la population mondiale, avec partage équitable entre tous les (quelques) restants. Mais il n’est pas d’accord que je le dise libéral, il affirme que les mots ont un sens, que le libéralisme est une doctrine qui croit que le capitalisme fonctionne très bien tout seul. Mais… donc je ne suis pas libéral moi non plu’ : je ne suis pas spécialement partisan du capitalisme (je désapprouve les héritages, les fortunes aux commandeurs, l’exploitation du travail de peine par la finance, etc.). Je ne suis pas marxiste non plu' (n’aimant pas l’interdiction de la propriété privée, les privilèges aux apparatchiks, le fonctionnariat pour tous, etc.). En matière politico-économique, socio-économique, je suis à l'évidence "sceptique", réservé contre tout, sans idée claire quant à une voie correcte et crédible.
* « Certains bons travailleurs sont-ils improductifs ? ». Mon ami a été choqué que je dise que la police ou le contrôle qualité étaient improductifs, assurant une forme de paix/acceptabilité mais en coûtant sans produire. Il vient d’ajouter que "quand on fait de la comptabilité, les frais improductifs participent à la formation de la valeur ajoutée". Cela me gêne, car je ne crois pas à la valeur ajoutée, qui me semble un mode de racket ou vol légal, faisant payer davantage que ça ne coûte par simple décision arbitraire fixant le prix final. Participer à ce vol ne me parait en rien méritoire. Et si on fait de la pub, pour créer de faux besoins, des frustrations artificielles chez les non-acheteurs, cela se finance aussi par un surprix, donc ça participe pareillement à la valeur ajoutée, ce n'en est pas moins dégueulasse pourri à mon sens.
* « Les ouvriers français se sont-ils embourgeoisés ? ». J’avais cité à mon ami le mot de René Dumont disant que le prolétariat ici n’a plu’ mondialement une place de prolétariat mais de bourgeois profitant du vrai travail de peine sous-payé, et il est choqué. Il me dit que le temps de travail a été divisé par 4 en 60 ans, que c'est inéluctable, mais je ne suis pas d'accord : le très dur travail est parti en Chine et donc l'emploi industriel disparait en France. Ça ne nous annonce en rien un "paiement à ne rien faire" mais une ruine totale et proche, je crois. Sauf à nous faire domestiques complices des financiers exploitant le travail de peine, maintenant asiatique, et je n'aime pas ça du tout. En 1789, les domestiques des palais royaux espéraient le maintien des privilèges assurant leur bien-être relatif, je n'en pense pas moins que la justice était/est ailleurs, dans la suppression des privilèges, "aristocrates" ou "bourgeois" ou « occidentaux ».
* « Les français sont-ils privilégiés ? » Mon ami affirme que ne pas crever de faim n’est pas un privilège, et qu’il faudrait commencer par partager les grandes fortunes. Non, à mon avis, le privilège des ouvriers français par rapport aux ouvriers philippins est de faire 35 heures de travail hebdomadaire au lieu de 70, avec salaire mensuel médian de 700 litres d'essence au lieu de 7. Oui, la France s'est embourgeoisée et le travail de peine méprisé est maintenant ailleurs, principalement. Quant aux grandes fortunes non partagées, j’invite à faire le parallèle avec le petit baron en 1788 qui aurait vociféré "c'est une injustice et un scandale : le roi jouit de cent milliards de sous par an et moi d'un seul milliard, il possède un million d'hectares et moi dix mille seulement, taxant dix millions d'habitants et moi dix mille seulement, je dis non à l'injustice : non aux grandes fortunes !". La réplique évidente, façon 1789, étant "tais-toi, privilégié pourri aussi, riche à ne rien foutre qu'à racketter la population laborieuse, le problème principal n'est pas qu'il y a pire que toi mais le problème est aussi ta position de petit privilégié pareillement".
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La sombre farce du bonheur Prugien, 06/02/2017 :
    J’ai un désaccord persistant avec un ami, qui me répète deux éléments pour moi non convaincants (bien qu’en plein accord avec Wikipedia et l’ouvrage économique « en finir avec le libéralisme à la Française », voir avec les thèses keynésiennes en général) :
1/ un état n’est ni un ménage ni une société commerciale, il peut vivre richement et prospérer avec une dette croissante ou éternelle. 2/ un état est au-dessus des lois et peut se permettre des actes antérieurement classés illégaux.
Pour expliquer mon désaccord, je vais présenter une preuve par l’absurde :
    « Votez PRUG ! Le Paradis à la Française ! Moi, Jean-Marine Le Prof, enseignant super-supérieur à l’école supérieure des Hautes Etudes Economiques Et Ethniques Entièrement Envisageables (HE-6), je suis candidat à l’élection présidentielle 2017. Très au-dessus des querelles politiciennes gauche-droite et autres, j’incarne le Parti du Revenu Universel Gaulois. A l’instant même où je serai élu, la France sortira de l’Euro et adoptera la monnaie « le Franço » (1 Ç = 100€), multipliant aussitôt par 100 le PIB national (en ridicules dollars d’autrefois) ! Et multipliant par 100 pareillement le salaire de chaque employé ! Mais le travail salarié ne sera en fait plu’ nécessaire : grâce au Revenu Universel Gaulois (RUG = mille Ç/jour, trois mille fois supérieur au SMIC actuel, sans condition de travail aucune), plu’ personne ne cherchera du travail, ce sera le paradis pour tous. Fabuleux. Evidemment, les maudits sceptiques (encore en liberté, et en vie, avant l’élection) ont 2 objections, 1/ le financement pour ce faire ; 2/ l’immigration/non-compétitivité consécutive. Le PRUG répond avec la plus grande fierté et crédibilité : 1/ A l’instant de mon élection même, sera créée la BCG banque centrale gauloise, avec un capital de 10 puissance 999 Franço, attribués par décret. Celle-ci prêtera 10 puissance 36 Franço à l’état prugien chaque jour (milliards de milliards de milliards de milliards), sans difficulté aucune puisque le crédit crée de la monnaie. Et puisque rembourser un crédit détruit la monnaie, et que c’est mal quand l’état risque de manquer de monnaie, l’Etat se dispensera de rembourser, pour ne pas détruire la richesse. Géant ! Personne encore n’y avait pensé ! Cela assure à la France Prugienne des finances quasi illimitées. 2/ Tous les politiciens chantent fièrement notre hymne national « qu’un sang impur abreuve nos sillons ! » mais sans nullement en mesurer le sens profond. Les Prugiens (dits aussi Françaëliens) remédieront à cela : le projet national deviendra d’égorger les étrangers et leurs enfants, bébés, tous coupables d’avoir le sang impur pourri, sales races ! (et tous coupables de haine anti-prugienne = racisme anti-sémigauloisisme, haine viscérale de la Race Élue que nous sommes !)… Les blonds à yeux bleus, descendants des envahisseurs vikings, seront éventrés. Les bruns à yeux sombres, descendants des envahisseurs romains et arabes seront décapités sous les hourras populaires. Les roux à yeux verts, descendants de sales Irlandais ou Vénitiens, seront démembrés à la hache, hi-hi-hi, on va bien s’amuser ! L’ONU applaudira car la France fera remplacer les dites « Nations Unies » par « les Régions Unies », privant de droit de véto les jaunes chinetoques et cow-boys moitié peaux-rouges pour les réserver à Ile de France, Bretagne, Occitanie, Corse, Alsace-Lorraine. Les fuyards imbéciles seront évidemment interdits à jamais de retour, et aucune immigration ne viendra affadir notre Paradis National, les comités d’exécution capitale régnant aux frontières, aéroports, gares (pour la Sécurité Nationale, valeur sacrée, valeur toute première). Tout cela au nom de la religion prugienne dont je suis le prophète, le Messie divin, et la Déclaration des Droits de l’Homme garantit pour toujours la Liberté de Religion ! Et paf, c’est gagné ! Et bien sûr le pétrole mondial (et cetera) sera réquisitionné au profit de la France Prugienne, aucunement payant pour les Français de Souche, fiers Gaulois triomphants ! Quant à la compétitivité nationale et la capacité à exporter : il n'y en aura aucunement besoin ! On n'enverra plu' du tout aux sales étrangers nos géniaux produits, on les gardera pour nous ! Et pas besoin de balance commerciale excédentaire ou quoi puisque nos finances sont illimitées, répétons-le ! Votez pour moi, offrant LA solution à tous les problèmes ! »…
    Hum, non, c’est une farce, une mauvaise plaisanterie, je pense.
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Un référendum très majeur ? 08/02/2017 :
    J’ai entendu dire qu’un syndicat (de fonctionnaires) exige un référendum « pour ou contre la fonction publique » (pour cesser de la rogner toujours plus, façon droite et gauche-droitisante à la blair-hollande-valls, mais convenir de sa profonde nécessité). Ce référendum qui est proposé/exigé me parait biaisé : il demande de choisir entre 2 mauvaises solutions je crois, la privatisation totale et ne rien toucher au système actuel. Je verrai les choses différemment : OUI à une fonction publique (travaillant sans chercher à amasser un maximum de fric) MAIS avec deux changements, 1/ l'interdiction de grève (façon allemande) puisque les fonctionnaires ne sont aucunement pressurés par un richissime patron exploiteur, 2/ la suppression du caractère "emploi à vie", l'état pouvant/devant licencier en cas de déficit. Avec le simpliste choix oui/non, ça interdit cette correction du problème, ce n'est pas juste. N'en déplaise au syndicat, oubliant apparemment de réfléchir de manière contradictoire. comme d'habitude.
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Erreurs stratégiques, 19/05/2017 :
     Aux dernières élections présidentielles françaises, ce mois, les observateurs unanimes ont expliqué que le vote ouvrier français n’était plu’ d’extrême-gauche (communiste ou trotskiste) mais d’extrême-droite (nationaliste), « hélas ». De la même manière aux USA, le vote extrémiste, anti « mous du centre » a conduit les masses laborieuses à voter incroyablement pour Donald Trump et sa petite tribu de milliardaires (d’extrême-droite selon les critères français). Je vois une explication à cela : un ami me désapprouvait de ne pas aimer les allocations familiales (que je juge xénophobe dans un monde en surpopulation avec interdiction de visas pour les gens de pays pauvres), me disant que ce sentiment mien était « de droite » (considérer que toute indemnité/allocation est comme un détournement de fonds). Je m’insurge contre ce classement. En effet, beaucoup d’employés modestes gagnant 1000 euros par mois pour environ 160 heures de travail sont dégoûtés de constater que les refuseurs de travail touchent eux 750 euros par mois, et si on se fait accuser d’être de droite pour ce sentiment, ça conduit effectivement les votes à droite, presque automatiquement, variante colérique anti-système plutôt que pépère installée. Il n’y aurait aucun mystère mais une erreur stratégique de la gauche donneuse de leçons.
     Le problème est que l’extrême-droite n’est par principe pas du tout tournée vers un paradis égalitaire pour les humbles travailleurs, mais pour la jouissance des grandes fortunes par quelques-uns, dispensés même de solidarité partageuse. D’où le mieux colossal apporté par ma voie humbiliste : non aux privilèges de droite (pour les milliardaires, les célébrités, les commandeurs), non aux privilèges de gauche (pour les fonctionnaires, les refuseurs de travail, les artistes), mais oui aux travailleurs laborieux (précaires, du monde privé).
     Mon problème est que ce n’est nullement présentable à élections françaises car, comme je dis non aux privilèges des enrichis, non aux privilèges des fonctionnaires, je dis non aux privilèges des occidentaux. C’est donc mondialement que l’humbilisme est une invention majeure, mais en occident elle n’a rigoureusement aucune chance électorale. On pourrait voir là une « erreur stratégique » aussi, si le but était l’accès au pouvoir, la jouissance du pouvoir et de ses privilèges, mais justement tel n’est nullement l’objectif. Il s’agit seulement de concevoir un monde plus juste, plus équitable, sans privilèges (même à nos profits ici). J’ai donc le sentiment d’avoir raison même si tout le monde ici me donne tort. (Avec l’aide des médicaments antipsychotiques, débilitants, je digère, presque…).
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Complément sur la dette, 19/11/2017 :
    J’ai vu le long reportage d’Arte « La dette, une spirale infernale » ( https://www.youtube.com/watch?v=1CHf5QrmWI0 ) que m’avait conseillé un ami keynésien pour tordre le cou à mon opinion « de droite » (selon lui) selon laquelle la dette c’est mal et il ne faut pas s’endetter (c’est bien mon opinion mais je récuse qu’elle soit de droite). Après avoir vu ce très long film dépassant 80 minutes, je ne suis nullement convaincu :
– Une des bases présentées est que les banques créent de la monnaie par le crédit. Je n’y crois pas. Le crédit doit être remboursé, et aucune monnaie n’a été créée, il ne s’agit que d’un artefact d’écriture considérant acquis ce qui a été promis, et si la promesse n’est pas tenue tout s’écroule, le prêteur se paie en ruinant l’emprunteur (ce qui est regrettable mais paie une faute).
– Il est aussi affirmé, doctement, qu’à partir des années 1970 les banques centrales européennes ne pouvaient plu’ à la fois prêter aux états et garantir la stabilité de la monnaie (d’où transfert de la dette publique auprès du secteur bancaire privé, cupide et voulant toujours plus de profit, aux dépens des états), et je ne vois pas du tout pourquoi, comment. On m’affirme mais je n’y crois pas pour autant. Sur le principe, je ne comprends rien à l’ancien système : comment l’état, via sa banque centrale, peut-il se prêter à lui-même ? ça me parait insensé. (Enfin, c'est cohérent avec l'idée que le crédit crée de l'argent à partir de rien, mais ça me semble absurde, en voie d'écroulement quand la supercherie sera démontée).
– Il est affirmé que la croissance éternelle est un besoin non négociable. Je ne suis pas d’accord : les états occidentaux hyper-consommateurs n’ont en rien à accroître encore et encore leur consommation, et l’ancien objectif de René Dumont me paraît meilleur : zéro croissance pour nous et rehausser le tiers-monde à la place. La butée écologique est aussi à prendre en compte : le gaspillage est bon pour la croissance, mais s’avère toxique (« mauvais pour la planète » dit-on aux enfants). Enfin, je désapprouve l’aliénation « toutes les mères doivent travailler », avec nounous et aides ménagères (ou rancœurs domestiques « les hommes ne fichant rien à la maison »), qui produit des familles courant après les sous en abandonnant les enfants : même si c’est très positif pour le PIB, c’est le contraire d’un pas vers le bien-être.
– Les politiques d’austérité sont unanimement condamnées par ce reportage et je ne suis nullement d’accord : la source du problème me semble avoir été de dépenser davantage que l’on a, stopper ceci est qualifié d’austérité alors que ça me semble le simple bon sens, l’hygiène financière élémentaire.
– Il est expliqué, sans que je sois d’accord, qu’un peu de dette est parfaitement légitime, car la croissance la rembourse au fur et à mesure. Non, la dette n’est légitime que si on parvient à la rembourser petit à petit en ayant des comptes positifs ; si on doit emprunter pour rembourser ses dettes, c’est qu’on dépense beaucoup trop. Dépenser encore davantage en prétextant que c’est pour favoriser la croissance me paraît l’inverse de ce qu’il faut faire.
– Ceci dit, je n’ai rien contre l’annulation politique de la dette qui casserait la fortune des fortunés. Mais cela me semble une guerre du mal contre le mal, encore une fois : la cigale trop dépensière qui finit par spolier la fourmi méchante qui s’enrichissait des bêtises de la cigale. A mon avis, mieux vaut que la cigale arrête de batifoler frénétiquement.
– On nous parle aussi du cas de la Grèce et il est mal traité à mon avis : ce n’est pas du tout la faute de l’Europe si la Grèce dépensait beaucoup plus que ses revenus fiscaux. Et que la dette des Grecs vis-à-vis du secteur privé ait été convertie en dette vis-à-vis des états européens me parait insensé : ces Européens comme nous Français sommes endettés et en déficit, nullement en position de prêteurs. A la fin, les gens d’ici paieront (goberont le non-remboursement), mais ça me semble du racket organisé, à grande échelle.
– Il est aussi expliqué que les banques au bord de la faillite (suite à la crise des subprimes) ont été sauvées par les états (d’où banco gagnant-gagnant pour les banques, s’enrichissant à prêter et ne souffrant pas s’il y a défaut de remboursement) ; à mon avis, cela a été une grave erreur, il fallait laisser s’écrouler ce système pervers, pour rebâtir une économie saine, pas soumise à la pourriture financière. Et je ne dis pas que les banques privées sont condamnables en ceci qu’elles étranglent les états donc les gens, non, je dis que les états/gouvernants sont coupables de dépenses publiques très exagérées (au profit de fonctionnaires privilégiés non soumis à concurrence et perte d’emploi, avec grévite chronique en France, et au profit de RMIstes refusant le travail) et qu’il faut tout repenser. Je ne suis donc ni de droite (pour la fortune bancaire privée) ni de gauche (pour la tranquillité fonctionnaire et l’assistance RMIste ou « revenu universel » même avec refus de travail).
– Enfin, il est signalé que chez les romains, un endetté ne remboursant pas devenait esclave, ainsi que sa femme, et c’est intéressant : ça dément d’une part le qualificatif « protestant fanatique voyant la dette comme péché » dont m’affublait mon ami, et d’autre part ça resitue un des points qui m’a choqué dans l’Evangile. Jésus parle d’un surendetté ne pouvant pas rembourser, qui va donc devenir esclave ainsi que ses enfants, mais qui a lui-même affranchi un esclave avant, et Jésus fait dire que cette bonne action passée doit lui valoir d’être gracié à son tour. Moi, au contraire de Jésus, je trouve que l’esclavage (surtout des enfants de coupable) est une monstruosité. Et il est malhonnête quoique habituel qu’on nous parle de l’esclavage selon les horribles Romains alors que Jésus-Christ était entièrement d’accord sur le principe. Les papes depuis Vatican 2 nous disent que les esclavagistes d'autrefois étaient de mauvais chrétiens, mais non, ils s'agissait de gens mauvais car chrétiens (et ne cachant pas les horreurs embarrassantes du judéo-christianisme source).
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Réflexions post petit-déjeuner, 25-27/02/2018 :
    Un ami m’accusait de vouloir faire fabriquer les galettes bretonnes (pour goûts français) à Shanghaï, en ruinant la planète par le transport lointain inutile, mais j’ai répondu que non, je ne suis pas mondialiste « ultralibéral » : mon choix (théorique, imaginaire) n'est pas de faire travailler les semi-esclaves chinois pour tout, en empochant dans ma poche occidentale les bénéfices, je pense que nous devrions gagner comme des chinois (sans énorme bénéfice pour personne) et alors la production locale serait moins chère que la production lointaine.
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Moralité des frontières, 26/03/2018 :
    Un ami keynésien me dit qu’il juge les barrières douanières morales, ce qui s’oppose au mondialisme de ma position humbiliste. Et le keynésianisme a assuré la prospérité durant les 30 glorieuses dit-il. Je ne suis pas convaincu du tout. A la fin de ces années (1963-73), la France n’avait pas de matières premières (pétrole, fer, etc.) mais les importait au prix très bas du marché ouvert, tout en s’opposant de manière féroce aux importations dans les domaines où nous produisions. Ça me semble illogique déloyal, c’est « vouloir le beurre et l’argent du beurre », « faites ce que je dis et pas ce que je fais ». Depuis, le marché ouvert s’est généralisé, ruinant notre industrie qui a délocalisé, mais notre prospérité passée me parait imméritée, toute liée à la dominance d’ex-état colonial, sur-favorisé à l’ONU avec un droit de véto pour la 21e population du monde, interdit aux 2e et 4e.
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Grève cheminote, 04/04/2018 :
    Actuellement, la France est paralysée par une dure grève dans les trains, posant d’énormes soucis aux gens, et les télévisions censurent leur colère pour ne montrer que des usagers compréhensifs, approuvant au moins partiellement les grévistes. Ce n’est pas mon cas. A mon avis, cette grève est l’absolu contraire du service public, donc soit il faut abolir le droit de grève pour les fonctionnaires (à la façon allemande), soit il faut abolir le monopole rendant les clients victimes impuissantes de ces grévistes. Pas un mot en ce sens sur les télévisions, censure totale. Et non, ce n’est nullement un avis de droite : je suis d’accord pour que le grand patron de la SNCF et ses cadres ne gagnent pas plus que le SMIC, ça n’a rigoureusement rien à voir avec un mépris des riches envers les pauvres, c’est une réaction des humbles face aux petits privilégiés* que sont les fonctionnaires (même si les grands privilégiés seraient à casser aussi, en cessant de voter capitaliste par exemple, cessant de jouer au Loto). Oui, je suis peut-être seul mais mon opinion est ferme.
* : et pourquoi zéro (ou un) jour de carence au lieu de 3 ? il s’agit explicitement de privilège. Et il ne s’agit pas de cadeau généreux de la part d’un employeur richissime : ici l’employeur est en déficit chronique, empruntant pour payer les intérêts de sa dette perpétuellement croissante, ce qui est la ligne directe vers la faillite. Donc les « avantages » obtenus de cet employeur sont des abus de position dominante, avec grèves imparables du fait de monopole (abusif) et non-faillite couverte par l’Etat en cas de performance exécrable en service.
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Preuve par A+B, 25/04/2018 :
    Un ami continue à me dire « de droite » parce que je critique les fonctionnaires, notamment les « privilèges des cheminots », sans guère parler des hyper-privilèges des millionnaires. C’est un total malentendu par amalgame. L’idéal des gens de droite est l’immense luxe des fortunés, or cela n’existerait pas avec mon système, du tout : la police ne protègerait pas les propriétés imméritées (acquises par spéculation, héritage, loterie, bénéfice abusif), donc cela ferait hurler à la mort les gens de droite, me classant à l’ultragauche, pire encore que l’extrême-gauche trotsko-communiste. Et je ne parle pas de remplacer la police publique par milices privées : non, les miliciens et leurs commanditaires seraient condamnés pour violence illégitime à l’encontre de partageurs légitimes. Ceci dit, je reprends un tout petit morceau de l'argumentaire (dit « de droite ») là où il critique les privilèges fonctionnaires, en particulier cheminots. Mais si l’Islamisme est critiqué par des chrétiens, et par des athées sensiblement en les mêmes termes, ça n’implique absolument pas que les athées sont chrétiens (ou vice versa), sauf amalgame insensé.
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Synthèse avec la logique démocronde, 18/11/2018 :
    Discussion où je réponds à un ami :
- Je suis comme toi choqué par les immenses fortunes bénies par Macron, mais je l’entends répondre : avant lui, ces fortunes partaient s’exiler fiscalement à l’étranger, faisant profiter les économies étrangères à la place de la nôtre. En voulant les re-taxer durement, tu les ferais re-fuir, ça ne parait pas idéal. J’ai moi la solution (quoique utopique) : un monde uni sans frontière aucune, donc zéro paradis fiscal.
- A mon avis tu te trompes dans ta critique de ma position (que tu dis « raisonnement faux ») au sujet de l’injuste richesse occidentale. Je prendrais un exemple à moitié fictif (inspiré de trucs professionnels, mais je déforme peut-être) : les géloses pour pousse bactérienne que nous fabriquons sont chères, faites avec du gélifiant acheté à bas coût en Asie, fait avec des algues acheté à très bas coût en Asie aussi ; tu dis que nos géloses sont chères, certes, mais c’est parce que les ouvriers français ont donné une immense valeur aux viles matières premières asiatiques ; je l’entends, mais… notre concurrent (avant nous) fait produire à bas coût ouvrier les géloses en Asie aussi, c’est très possible techniquement, et du coup il casse les prix et prends le marché à notre place… En quoi le surpaiement occidental du travail était-il mérité ? En rien. Certes, avec ton antilibéralisme interdisant les délocalisations, tu pourrais échapper à ce phénomène, mais il n’empêche que tu es complice de l’injustice alors que je la condamne. Et non, je ne suis pas du tout un « ultralibéral mondialiste », je dis que pour le client, c’est super d’avoir des géloses moins chères, mais elles devraient être 30 fois moins chères (si le prix de revient est divisé par 50, ou 30 compte tenu du transport) alors que notre concurrent capitaliste les vend seulement 2 fois moins chères, pour gagner 100% du marché et faire un max de bénéfice familial pour les chefs empochant la différence entre 2 et 30… Tout repenser ainsi pour corriger est le principe humbiliste : encourager la logique privée au profit maximal des clients, pas des profiteurs.
- Tu dis inadmissible mon principe de partager la misère du monde, je l’entends oui, jouis de tes privilèges oui, peut-être que le passage à la guillotine des occidentaux sera dans 100 ans et on serait déjà morts de vieillesse tranquille, je me permets quand même de penser juste, à l’avance, auto-critique, comme un vieux noble renégat en 1701 (classé « inadmissible » comme tu le fais de moi).
- Merci de ton objection sur la pollution inhérente à la mondialisation (production asiatique, consommation occidentale), mais ce n’est pas un immense défaut de mon système : puisque disparaîtrait la surrichesse occidentale, il n’y aurait plu’ ces transports en masse. Les ouvriers français seraient concurrentiels puisque gagnant comme les chinois, et ils n’achèteraient pas plus que les chinois donc rien à transporter en masse. Ce serait un monde, non de misère mais de frugalité, tu préfères le luxe occidental injuste, c’est moche je trouve. Je te comprends, mais ne dis pas que je suis aberrant.
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Nouveau démenti, 21/12/2018 :
    Mon ami me répète que ma critique de la fonction publique fait de moi un incontestable libéral, et je l’ai dénié une nouvelle fois : « Si sur un sujet X parmi 26 sujets, j’aboutis à une conclusion identique aux libéraux, ça ne veut en rien dire que je suis pour cela libéral, ou que toute mon opinion à ce sujet a été une reprise passive de ce qu’en disent les libéraux. Non, j’ai écouté divers points de vue et forgé ma propre opinion, sans rien devoir admettre des conventions propres aux libéraux. C’est une affaire de logique : "libéral implique anti-fonctionnaire" peut être vrai quand "anti-fonctionnaire implique libéral" est faux. Comme "multiple de dix implique pair" est vrai quand "pair implique multiple de 10" est faux. S’il y a équivalence logique, les deux implications contraires sont toutes deux vraies, c’est un cas possible, mais en rien une universalité (raisonner comme si c’était une universalité est le principe de l’amalgame, avec généralisation abusive : "tous les nombres pairs sont multiples de 10 puisque les célèbres nombres pairs 10 et 60 et 100 le sont, et les autres font pareil semble-t-il"). »
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Diverses objections, 22/12/2018 :
    Mon ami me dit : « Oui on peut considérer, c’est ton cas et celui de l’actuel ministre Lemaire, que les salariés n’ont rien à défendre et donc qu’ils ne devraient ni être syndiqués ni grévistes. Etrange mais c’est une vision des choses. Très à droite. » Je réponds : « Je t’explicite ma position : selon moi, les salariés occidentaux sont injustement privilégiés et qu’ils veulent toujours davantage de privilèges (en excluant les migrants voulant en profiter) est incorrect moralement. Ceci dit, en totale contradiction avec la droite, je considère que les riches parmi les occidentaux (chefs, rentiers, stars) sont encore bien plus en faute morale, carrément scandaleuse. C’est le principe de l’humbilisme mondial : gloire aux pauvres travailleurs, surtout de pays sous-payés (pas nous). ».
    Il me dit aussi : « Economiquement il n'y a plus de frontières. Faire venir ou laisser venir des migrants n’appartient pas forcément à une vision libérale, qui, elle, est plutôt la délocalisation ». Et je réponds de même : « Le mot libéral est intrinsèquement lié à la liberté maximale, or les polices des frontières (anti-migrants) sont un des contraires de la liberté. Mon désaccord avec les dits-libéraux serait ainsi que je suis beaucoup plus libéral qu’eux. C’est jouer sur les mots peut-être, c’est inconfortable pour moi, puisque je récuse l’amalgame de me classer parmi les dits-libéraux. »
    Il me dit enfin « Oui, la fin du mois commence le 15. C’est le niveau trop faible des salaires dû à un libéralisme forcené qui a conduit à ça, pas autres choses. ». Je réponds « Je répète mon désaccord quand tu dis que le libéralisme a conduit à des salaires trop faibles d’où ruine (et protestation "gilets jaunes"). Je ne veux pas défendre le libéralisme mais l’équité m’empêche de te suivre. Le libéralisme, en cassant le système des barrières douanières, a fait qu’il y a des vêtements maintenant à deux euros (fabriqués en Asie) ce qui booste considérablement le pouvoir d’achat, même si ça s’équilibre avec des salaires poussés à la baisse par course à la compétitivité. Bref, le libéralisme fait payer moins mais fait aussi baisser les prix, le pari étant qu’il y aura au total gain en pouvoir d’achat (ratio salaire/prix). Peut-être que ce pari s’avère perdu, mais ce n’est pas aussi simple qu’une univoque pression à la baisse des salaires, aberrante. Si tu veux rétablir avec Keynes la fermeture des frontières, tu fais simplement un autre pari, celui que la hausse des salaires sera supérieure à la hausse des prix. C’est ton droit de préférer ce pari à l’autre, mais il n’y a pas je crois d’aberration totale des libéraux quand les keynésiens seraient indéniablement dans la vérité évidente. »
    Et puis il conteste une phrase où je parlais de Mélenchon allié des communistes, en arguant que Mélenchon n’est pas communiste. Je réponds : « La gauche dont Mélenchon les écologistes et socialistes veulent toujours davantage de fonction publique (certes sans atteindre les 100% de fonctionnaires façon communiste) et c’est ce que la population refuse. Si Fillon a gagné la primaire de la droite (et aurait été élu président s’il n’y avait pas eu le pénelopegate) c’est je crois parce qu’il était le seul à dire "faisons ce qui n’a jamais été fait, baissons de huit cent mille le nombre des fonctionnaires, paf, maintenant (et donc résolvant le problème de la dette publique et des impôts excessifs)". A mon avis, c’est en ça que Mélenchon (pro-fonctionnaire) perd face à Le Pen, parmi les opposants forts au système en place. »
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Histoire de loup, 26/12/2018 :
    Elément d’intérêt : on me dit « le libéralisme économique n’a jamais été que la liberté du loup dans la bergerie », je l’entends mais à mon avis il faut ajouter le contraire : « le dirigisme étatique, c’est un ordre qui est celui du loup attaquant les moutons rangés en batteries sans défense » (racket fiscal, comme le dénoncent les gilets jaunes).
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Fonction publique v2.0, 11/01/2019 :
    Un ami fonctionnaire répète que j’ai une haine irrationnelle des fonctionnaires. Et je ne suis absolument pas d’accord :
- Je n’ai pas de haine envers les individus qui profitent d’un statut injuste sans en avoir en rien été les créateurs. Mes grands-parents, mes parents, mon seul frère, mon meilleur ami, sont tous fonctionnaires, et je n’ai pas de haine envers leurs personnes. Je souhaiterais simplement que les privilèges fonctionnaires soient abrogés.
- Concernant la rationalité de ma critique des fonctionnaires, elle me parait établie : les fonctionnaires français ont le privilège d’emploi à vie, quelle que soit leur performance personnelle et quel que soit le déficit global de l’entreprise étatique, leur salaire n’ayant rigoureusement aucun rapport avec la satisfaction des clients mais venant du racket fiscal : prélèvement autoritaire d’argent sous menace de la police prétendue « force de l’ordre » et de la prétendue « justice ». [Et il y a d’autres petits privilèges : avancement automatique à l’ancienneté, retraite sur les 10 meilleurs années au lieu de 25, pensions de réversion plus fortes, etc.]. Si le client est très insatisfait, soit il ne peut pas choisir un autre prestataire car il y a monopole, soit il peut aller voir ailleurs mais sans pour autant cesser de payer pour le service public prétendu. D’où le privilège faramineux de la grève sans aucun risque (de banqueroute, creuser le déficit étant simplement reporté d’autorité sur les sommes à rembourser par nos enfants dans le futur), et du travail à rythme communiste (pépère refus du travail dur) avec salaire occidental (trépidante course à la performance), et sans les inconvénients du système communiste allant avec le principe 100% fonctionnaires (état policier, persécution des arguments dissidents), bref c’est le beurre + l’argent du beurre + les fesses de la crémière… et ce n’est pas juste en système mixte privé/public, avec ces privilèges publics financés par racket du performant secteur privé (principe socialiste français, gauche non communiste).
- Toutefois, je reconnais que le système privé a trois inconvénients énormes : 1/ le gaspillage de compagnies différentes faisant la même chose, le total étant une offre de service dépassant la demande (puisque chaque concurrent vise à répondre à 100% de la demande), avec multiplication des invendus jetés ; 2/ le recours à la publicité massive pour guider les clients, fut-ce en leur suscitant de faux besoins artificiels – ce qui est bon pour l’économie prétendent les économistes classiques adeptes de la croissance infinie, mais que je récuse, préférant une frugalité sereine et écologiquement viable, avec partage mondial des richesses et non super-luxe local en chassant les étrangers pauvres voulant venir ; 3/ L’atmosphère d’hostilité au concurrent escomptant ruiner celui-ci pour en tirer profit accru (à l’opposé d’un travail commun pour le bien de tous).
- La synthèse de ceci, humbiliste, me semble une fonction publique v2.0 (repensée du tout au tout) : abroger pour les fonctionnaires le privilège de l’emploi à vie, abroger pour l’état le droit à déficit durable et dette croissante, instaurer pour les fonctionnaires une incitation constante à l’accroissement de performances (faire mieux/moins cher) sous menace de licenciement sans indemnités, suppression du droit de grève (puisqu’il n’y a nullement exploitation par un patron richissime s’en mettant plein les poches). Alors, effectivement, il n’y aurait plu’ besoin de secteur privé, puisque sa logique de performance aurait été intégrée au secteur public, et le secteur privé pourrait être aboli, la publicité serait interdite. Ce ne serait plu’ le luxe de l’hyper-consommation (ruinant la planète, et suscitant l’hostilité mondiale des pays pauvres jaloux), ce serait la frugalité responsable, harmonieuse, partagée équitablement. Oui, je rêve, c’est une utopie, nullement partagée par les très majoritaires candidats au luxe, mais c’est mon opinion, solide, rationnelle (ici expliquée).
- Précision au sujet de l’abolition du droit de grève : cela s’entend après suppression de l’injustice ambiante actuellement – les chefs ne seraient plu’ du tout surpayés de manière indécente, genre hauts fonctionnaires ou cadres supérieurs. Il est faux d’affirmer que sans ces salaires colossaux, il n’y aurait pas de candidats aux responsabilités. J’ai entendu 100 fois l’expression « moi j’aime les responsabilités », et à mon avis ce n’est que dans la moitié des cas que cela cachait en fait « j’aime le fric ». Quand j’étais dans l’enseignement secondaire, il y avait pléthore de candidats pour devenir « chef de classe », et sans aucun paiement ni « avantage », ça flatte simplement l’égo de certains tempéraments, pas besoin de surpayer les chefs, pas besoin d’injustice salariale énorme, pas besoin de grève donc (dans le monde auquel j’aspire).
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Discussion encore avec un ami fonctionnaire de gauche, 13/01/2019 :
- Tu as raison qu’il est contestable d’appeler « extrême-gauche » l’appel à un peu de justice sociale. Mais… ce n’est pas une adhésion forte de ma part à une classification officielle, seulement la prise en compte d’un système officiel dont tu as raison de dire qu’il est contestable. Officiellement, François Hollande et Manuel Valls sont de gauche (je sais que tu les classes à droite), donc immensément plus à gauche peut être dit « extrême-gauche » (simple gauche dans ton système de valeurs). Ce n’est pas moi qui ai décidé de classer Hollande à gauche, alors ne me reproche pas moi de classer Mélenchon à l’extrême-gauche. Tout ça n’est qu’une façon de parler, de toute façon, dans un contexte généralisé de mensonge dit république. J’ai entendu l’autre jour dans un débat une citation célèbre (j’ai oublié l’auteur) : « un bon président de la république est un candidat qui est populaire, pour promettre plaisamment, avant de devenir président impopulaire, pour faire ce qu’il y a à faire ». En fait, ça n’a rien à voir avec la démocratie (le peuple gouvernerait), mais c’est du mensonge organisé (élire et donner pleins pouvoirs durables au meilleur menteur, qui a bien dissimulé ce qu’il veut faire contre le peuple). [D’où le candidat François Hollande promettant d’être « l’ennemi de la finance » avant de faire tout le contraire une fois au pouvoir.] Je ne suis pas d’accord avec ce système, mais dire que Mélenchon est à l’extrême-gauche est simplement répéter ce qui se dit presque unanimement dans les médias, ce n’est pas une classification personnelle venant de droitisation forcenée de ma part, non.
- Je ne suis en rien de droite, beaucoup moins que Hollande et Valls qui applaudissaient les millions de Carlos Ghosn et son exil fiscal aux Pays-Bas. L’humbilisme consiste à dire : non à la pourriture pro-patrons (droite), non à la pourriture pro-fonctionnaires (gauche). Que tu refuses tout avis anti-fonctionnaire en le classant à droite est une erreur lourde, par amalgame, injuste. Manichéiste.
- Avec ton système keynésien à frontières fermées, tu ferais tout pour que les gilets jaunes et la population laborieuse ici ait le ventre plein en laissant crever de faim les sales étrangers interdits de venue, je classe ça en xénophobie active, désolé, et pas par amalgame mais arguments à l’appui. Mon système mondialiste (démocronde) a lui la moralité de viser l’équité pour l’humanité entière, c’est immensément différent. Me classer en allié des hyper-patrons semi-esclavagistes est un contresens absolu, vu que je condamne (avec mon système humbiliste) le sur-paiement des chefs, l’enrichissement spéculatif et même commerçant.
- Je ne suis aucunement d’accord avec la politique ultra-libérale rémunérant immensément les chefs, se cachant en paradis fiscaux, c’est un des contraires de ma position. Si les gilets jaunes ne voteraient en rien pour moi, c’est qu’ils exigent le luxe (pour eux-mêmes, en chassant les étrangers) alors que je vise la frugalité pour tous, ex-étrangers compris (dans un monde sans frontière). Tu sembles avoir un problème à envisager ma 3e voie, comme si tu n’arrivais pas à concevoir autre chose que mal=ultralibéralisme, bien=antilibéralisme de vraie gauche (nationaliste pro-fonctionnaires). C’est du manichéisme simpliste, selon moi. Mais merci de m’aider, en le disant, à parer cette objection très majeure.
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Prix, 24/01/2019 :
    Mon meilleur ami objecte à mon programme imaginaire : « Un smic mondial : je suis contre. Tu vas le fixer comment ? A 5 dollars, en Thaïlande on est peut-être riche, en France on crève de faim. C’est justement tout le débat de la mondialisation économique que tu promeus, Pas moi. » Je réponds : « Si les gens ici gagnaient 5 dollars par mois, les commerçants ici ne vendraient plu’ du tout au même prix, sinon il y aurait zéro acheteur donc banqueroute. Les prix de vente ne tombent pas du ciel, contrairement à ce que pensent les gilets jaunes (et ce que fait semblant de penser le gouvernement). J’en avais entendu parler à propos du prix des voitures françaises en Belgique, deux fois moindre qu’en France, les constructeurs confirmant que c’était très logique selon eux. Oui, pour avoir une voiture de chez nous, à pièces très disponibles, les acheteurs sont "prêts" à payer deux fois plus, alors ça leur est vendu deux fois plus cher, ce n’est aucunement que le produit vaut intrinsèquement deux fois plus, intouchable. La discussion sur le niveau de vie, c’est-à-dire revenus/prix devrait prendre en compte ces prix totalement abusifs qui constituent la normalité marketing. »
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Différence absolue, 02/02/2019 :
    Mon ami néo-keynésien répète inlassablement que je suis libéral et même ultralibéral, en dépit de mes dénégations, contradictoires selon lui, et j’estime devoir faire le point. Ce n’est pas simple ici car j’ai séparé en deux sites ma position : démocronde-politique et humbiliste-économique, les deux se recoupant intimement en fait.
• Les keynésiens veulent une certaine fermeture des frontières, pour que chaque pays s’enrichisse, quand les ultralibéraux veulent l’ouverture absolue des frontières à la concurrence. De ce point de vue-là, mon anti-nationalisme me classerait parmi les ultra-libéraux, MAIS je conteste que ces prétendus libéraux en soient : ils vivent richissimes à l’abri de frontières armées anti-migrants, donc ils dénient à ces migrants la liberté de venir tenter leur chance ici (comme les ancêtres de ces libéraux sont allés tenter leur chance en Amérique, c’est négationné, hum…), bref sur le plan migratoire, les prétendus ultralibéraux sont antilibéraux. Donc je serais bien plus libéral que les ultralibéraux, différent d'eux en tout cas.
    Certes, certains des grands patrons ne sont pas murés en France mais acceptent aisément de s’expatrier en Amérique ou à Singapour, etc. Oui, mais leur salaire est en monnaie forte occidentale, présupposant que la fortune occidentale ne s’écroule pas, ce qui serait le cas en laissant deux milliards de migrants venir dans cette zone dite riche. En ce sens, même si ces patrons se délocalisent, leur fortune me semble indissociable de la xénophobie occidentale anti-migrants.
• Inversement, mon ami me dit que l’ouverture des frontières conduit automatiquement à la hausse des inégalités avec hausse démentielle des fortunes de grands patrons. Je ne suis pas d’accord du tout : la concurrence mondiale dans le domaine du management conduirait là encore aux enchères décroissantes, avec baisse des coûts, des revenus (aussi bien peut être bien moins cher). Ce qui fait l’envolée des revenus de grands patrons, c’est la pourriture des conseils d’administration qui les votent, où siègent d’autres patrons (conviés pour leur prétendue « expérience ») qui voteront des salaires gigantesques en escomptant avoir de même en retour. C’est totalement déloyal, anti-concurrence : des gens bien plus pertinents pourraient les remplacer dans ces conseils d’administration, à profit (pour les entreprises). Par ailleurs, le principe humbiliste démocronde consiste à ne plu’ surpayer le commandement, donc ces inégalités colossales disparaîtraient.
    Comment faire pour empêcher les revenus énormes des patrons ? me demande-t-on. Je l’ai déjà dit, il s’agit de ne plu’ protéger par la loi la fortune indue. Bref, au lieu que le multi-milliardaire s’achète cent villas luxueuses protégées par la police pour tous, ces propriétés seraient classées injustes, et des migrants pourraient les prendre, la police ne faisant qu’enfermer les gardes privés qui s’y opposent. De même, l’employé de banque qui volerait cent millions à un tel riche-injuste ne serait pas hors-la-loi, sauf que sa nouvelle fortune à lui ne serait pas davantage protégée policièrement et se diluerait donc au fur et à mesure des prises de possession par les pauvres. Voilà comment faire. Oui, c’est totalement révolutionnaire, mais en tout cas c’est totalement différent du système des prétendus ultralibéraux se disant vainqueurs profiteurs de la mondialisation.
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Détails pas inintéressants, 12/02/2019 :
    Je réponds à mon ami me disant en contradiction.
- Où as-tu vu que je condamne les pillages de magasin ? quand un bijoutier milliardaire super-luxe se fait subtiliser des rivières de diamants, je ne pleure pas du tout, non. Ceci dit, je n’aime pas la violence brutale ou casseuse. Il n’y a pas contradiction. Je trouverais normal que des migrants viennent s’installer dans la quatorzième villa super-luxe de Johny Hallyday, mais s’ils attaquent avec barre de fer pour tout casser, je n’aime pas ça. Il n’y a pas contradiction, désolé. Certes, c’est le principe militaire/gladiateur de l’épée et du bouclier : pour vaincre un bouclier, il faut une épée super-violente sinon impossible, sauf que dans un système politique nouveau, il suffit de rendre illégal le bouclier (autour de la fortune injuste) pour qu’il y ait prise de possession partageuse sans violence, éh oui (et merci de m’avoir conduit à le formuler).
- Je ne comprends pas ton histoire de salaire naturel (auquel je ne comprendrais rien, donc « comme au mouvement gilets jaunes »), qui serait quelque chose comme 1500 euros/mois en France et 300 euros/mois en Irlande et 30 euros/mois en chine. Eh, tout ça vient des prix, qui s’ajustent à ce que les gens peuvent payer. Il n’est nullement « naturel » de décréter que les besoins des Français sont 5 fois plus forts que ceux des Irlandais et 50 fois plus forts que ceux des Chinois, c’est un pur artifice monétaire, voulu par de puissants aveugles (Raymond Barre et sa politique du Franc fort, syndicats avec leur mot d’ordre implicite « toujours plus »).
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La concurrence capitaliste en question, 25/03/2019 :
    Ce jour sur chaine de télévision C-News, lors d’un débat, Nathalie Arthaud, de Force Ouvrière, a répondu, à des politiciens LaREM et RN qui se disputaient, qu’en fait ils étaient d’accord entre eux, pour un monde de concurrence capitaliste effrénée, pour la guerre de tous contre tous, au lieu de privilégier l’humain.
   C’est intéressant, car je ne suis pas capitaliste (pas pour le mérite du capital supérieur au mérite du travail) mais pour la concurrence. Sans la concurrence, seraient restés hors de prix, non grand public, le papier, le stylo, le téléphone, l’appareil photo, l’ordinateur, etc. Sans concurrence, c’est une cristallisation sur un état de fait sans progrès aucun en bien-être. C’est pour ça que le peuple en pays communiste jalousait le peuple en pays capitaliste, et qu’il fallait le mur de Berlin pour empêcher la fuite pleine d’espoir de mieux être.
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Fausse création de richesse, 12/04/2019 :
    J’ai été mis en invalidité, type 2 selon la sécurité sociale française, et l’assistante sociale a dit que la banque dans ce cas pouvait annuler les échéances de prêt restantes pour l’achat de maison en cours, il faut relire le contrat. Dans mon cas, c’était l’assurance AXA qui couvrait, et j’ai donc fait les demandes. Le médecin spécialiste qui avait demandé ma mise en invalidité a répondu sur le papier de l’assurance à remplir : invalidité totale = oui ; possibilité d’autre emploi = non. J’ai donc envoyé ça avec confiance à l’assureur, mais la réponse du « médecin-conseil » de l’assureur a été « Non, on ne paye pas : ça ne vaut pas invalidité 100% ». Je pensais porter plainte pour escroquerie, mais Internet m’informe que tous les plaignants dans ce cas, très usuel, sont déboutés par la « justice », qui accorde aux assureurs l’entière liberté d’ajouter a posteriori des conditions de refus (comme « sauf maladies mentales » ou « seulement si requiert présence constante d’une tierce personne, pour manger, se laver, etc. »). Imparable, mensonge imparable puisque la « justice » est complice de cette arnaque. Et certes, « à la Macron », ces assureurs sont des gagneurs, qui s’enrichissent, « créent de la valeur » donc (selon Macron et la droite), en oubliant simplement de noter que c’est aux dépens des clients trompés, comme rackettés malhonnêtement (quoique légalement avec complicité des législateurs et juges). C’est une variante du mensonge commercial usuel, c’est abject. Humbilistement, l’enrichissement ainsi illégitime serait condamné, dissuadé par punition sévère (et pas « prison avec télé et promenade » mais travaux forcés ou peine de mort), pour que la situation de vente soit au profit des clients.
    P.S. Je note aussi que le prétendu « médecin-conseil » de l’assureur trahit le serment médical : il se comporte en employé pour faire du fric au profit de son employeur (et de lui-même via prime), tout au contraire de venir en aide aux gens souffrants. Tout se confirme pourri dans la prétendue Elite économique, égoïste-groupiste malhonnête.
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Ajouts divers, 14/04/2019 :
- J’aurais dû préciser mon schéma initial : « Patrons » désignait les enrichis sans « travail de bas d’échelle », donc ce groupe compte non seulement patrons mais cadres supérieurs, actionnaires et rentiers, riches marchands ; « Fonctionnaires » désignait les fonctionnaires sauf très hauts fonctionnaires à qui les gouvernements français de gauche comme de droite ont donné d’énormes salaires dits « alignés sur les cadres supérieurs du secteur privé » ; « humbles » désignait les travailleurs de bas d’échelle privée, mais pas les chômeurs/rmistes refuseurs de travail désagréable et mendiants choisissant la rue (parce que les foyers sociaux interdisent alcool et drogue ?). Il s’agissait donc de trois groupes particuliers pas d’une scission universelle à somme faisant « 100% des gens ».
- Discutant avec un ami, refusant que je ne sois ni clairement capitaliste ni clairement anticapitaliste, j’ai répondu : Je suis entièrement anticapitaliste, contrairement à ce que tu affirmes, simplement je note que beaucoup des critiques envers la gauche sont fondées, même si plus encore de critiques envers la droite le sont aussi. Comme tu refuses toute autre position, tu me classes à tort dans un camp, c’est injuste. Est-ce qu’Einstein était galiléen ou newtonien (= antigaliléen) ? il était juste de dire « ni l’un ni l’autre » sans obliger à dire « c’est contradictoire, il faut choisir ».
- On me dit que je suis partisan du capitalisme le plus dur (un bol de riz par jour pour tout salaire, pour les employés), et c’est un malentendu absolu. Le capitalisme est un mode d’organisation visant la fortune des riches (héritiers, marchands, chefs) en pressurant impitoyablement la main d’œuvre (voulue très pauvre, ne partageant que très peu ou pas du tout la richesse produite). Mon point de vue est presque diamétralement opposé : je suis pour condamner la richesse indue, sans travail ou par commandement sans peine, ce n’est en rien de rien capitaliste. Simplement, côté partage de la richesse produite, je suis opposé au groupisme de semi-privilégiés : les occidentaux, les fonctionnaires, les cheminots, les rmistes français, etc. pour que la rétribution paie la peine équitablement, avant hausse éventuelle commune, équitablement au mérite individuel, sans paiement du « statut » (apparatchik du parti, fonctionnaire, français, etc.). Il s’agit d’un anticapitalisme se distinguant de l’extrême-gauche française en ceci qu’il a pour idéal le courageux travailleur de peine chinois et pas du tout le tranquille fonctionnaire français en grève chronique. Oui, celui qui gagne pour son dur travail seulement un bol de riz par jour me parait très admirable, mais dans mon système il n’y aurait aucun richard (ou chef) pour l’exploiter abusivement : si tout le monde sur Terre ne peut gagner qu’un bol et demi de riz, que ce soit le salaire, et si on peut monter à trois bols, que ça devienne le salaire mais pas spécialement pour les nés français ou les chanceux à statut untel – le mot capital ne serait même pas défini. Par comparaison, on peut dire que je suis un peu comme un noble renégat 1788 espérant abroger les privilèges, et auquel les autres « nobles » reprochent d’être partisan de la misère la plus dure : « pour tous, qu’il n’y aura plu’ qu’un quignon de pain par jour et rien d’autre, quelle cruauté ! » ; c’est un malentendu total : il s’agissait d’abattre le luxe immérité des dominants (maintenant les dominés dans la misère), pour que tout le monde progresse ensemble, partant effectivement de peu mais progressant possiblement jusqu’à viande chaque jour pour tous ici deux siècles après (et même viande deux fois par jour, à bas prix, pour les improductifs étudiants en sociologie dont les tickets Restau-U sont sponsorisés par l’Etat Providence).
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Drame de Notre Dame, 18/04/2019 :
     Ce jour dans un débat sur C-News (« l’heure des pros ») il y a consensus pour dire que l’incendie de Notre Dame à Paris est un drame émouvant aux larmes chaque Français, même non catholique. En disant que cette cathédrale, c’est notre histoire même, ce qui fait la fierté d’être français, même si quelques « crétins » ont raillé cela en disant qu’il s’agissait de « délire de petit blanc » (avant expulsion éventuelle de syndicat étudiant). Il y a aussi « hystérie anti-riches » au sujet des dons, est-il clamé (en faisant taire la personne de La France Insoumise contestant Le Système, dite consternante parce que s’opposant aux riches sous-imposés finançant l’art depuis toujours). Et moi, quel est mon sentiment ?
     Je n’ai nullement été ému aux larmes par cet incendie en direct, qui était simplement très spectaculaire, comme aurait pu l’être celui d’un gratte-ciel ou autre. Je ne suis nullement fier d’être français, même si c’est la nationalité administrativement inscrite sur mon passeport. Quant à l’histoire de France, c’est à mon sens une horreur esclavagiste/colonialiste à privilèges aristocrates, je n’y vois aucun motif de fierté (et les « Lumières » prétendues comptaient l’esclavagiste Voltaire approuvant l’extermination des Amérindiens, et la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen est stupide, j’en ai démoli aisément la prétendue moralité).
     De cet incendie je retiens essentiellement deux choses :
– Cela a été une aubaine fabuleuse pour le président Macron, qui n’avait quasiment rien à répondre aux Gilets Jaunes et qui a tout annulé (à ses réponses à ce sujet) du fait de cet incendie. Il ne me semble pas pour autant prouvé qu’il l’ait fait allumer (une aubaine chanceuse est envisageable), mais ça ne me parait pas impossible non plu’.
– Les dons pour la reconstruction de cette cathédrale, de 200 millions d’euros par un milliardaire français, 100 millions par un autre (en renonçant à l’exemption fiscale de 67% sur ces sommes) me choque : comment ces ultra-riches ont-ils pu amasser de telles fortunes ? en pressurant leurs employés, sous-payés, et en surfacturant les clients, floués – c’est la fortune de l’injustice et je condamne cela sans aucunement dire bravo et merci. Ils semblent persuadés de s’acheter ainsi un billet pour le Paradis post-mortem, mais je dirais comme le pape Jean-Paul 2 abattant la dictature Marcos aux Philippines : l’argent donné à l’Eglise n’assure pas la récompense céleste, au contraire ce qu’il faut faire c’est respecter les petites gens.
     Au total, dans ce débat, je donnais à 98% raison à la personne de La France Insoumise, qui était en ultra-minorité (1/8), simplement je suis en désaccord avec elle, qui voulait de l’équité fiscale pour financer mieux les services publics : à mon avis, les services publics sont un gaspillage pour des petits privilégiés injustement.
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Précédent majeur, 19/04/2019 :
    En lisant la bande dessinée étasunienne Economix (4e édition, 2019), je découvre une phrase très importante : « Années 1920 (…) C’est alors que survint Henry Ford (1863-1947), un homme bizarre aux idées bizarres, telles que (…) Bien payer les ouvriers (…) se révéla si efficace que le coût par unité chuta. Au lieu d’empocher la différence, Ford baissa son prix. » Ainsi, l’humbilisme (de mon invention) serait simplement une redécouverte du fordisme : que la performance privée n’enrichisse pas des très riches mais soit employée pour baisser les prix, au profit des clients.
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Correction, 22/04/2019 :
    Un ami objecte de manière intéressante à mes propos sur le fordisme : « Je suis tout à fait étonné que tu t’intéresses à Henri Ford. Ce dernier est l'archétype du keynésien. Doctrine que tu a toujours combattue par ton libéralisme extrême. Ford n’a jamais baissé ses prix, c'est une erreur du livre mais a trouvé de nouveaux clients, ses ouvriers et surtout ceux de ses concurrents. Ces derniers, bien payés, pouvaient donc s'acheter des automobiles sorties des usines Ford. Nous sommes à l'antithèse de considérer le salaire uniquement comme un coût (ce qui est ta doctrine). »
    J’ai répondu : Ma position n’est nullement 1/ je suis ultralibéral ; 2/ donc je suis antikeynésien ; 3/ donc… Non, pas du tout du tout. A mon avis, la performance privée ne doit pas profiter à des exploiteurs mais au client, ce qui était ici dit doctrine d’Henri Ford, et j’applaudis totalement, c’est pour moi le pont numéro 1 (principe de l’humbilisme). Je ne savais pas être antikeynésien avant que tu m’en parles, mais j’ai toujours été anti-« dette croissante », il s’avère que c’est anti-Keynes donc je suis anti-Keynes, d’accord. Maintenant tu dis qu’Henri Ford était keynésien, donc ça signifie que je ne suis pas fordiste, merci de l’information, que ne me donnait pas le livre Economix. Pour ce qui est du salaire facteur de prospérité puisque somme consommatrice, je te répète que ce n’est pas crédible une seule seconde : sinon, il n’y a aucune crise actuelle, il suffit de distribuer des milliards de milliards au tiers-monde qui consommera mais non, ça pas question, pourquoi ? ça ne me parait nullement cohérent.
    Je peux préciser aussi pourquoi je suis anti-« dette croissante » : ces dettes seront à rembourser par nos enfants et petits-enfants, cela me semble leur léguer un héritage criminel, égoïste (pluriel ou groupiste) pour que nous vivions au-dessus de nos moyens, à leurs dépens. Certes, l’état a des actifs mais s’il les vendait tous pour rembourser les dettes colossales, l’offre pléthorique ferait s’effondrer les prix et donc les chiffrages des valeurs en actif sont totalement faux, surestimés idiotement (c’est comme ça que s’est effondré le système des subprimes je crois, réquisitionner toutes les maisons impayées faisant s’écrouler leur prix de vente donc récupérer infiniment moins que leur valeur prétendue).
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Confirmations et « Travaillisme », 05/05/2019 :
    Discutant avec mon correspondant habituel, j’ai répondu encore :
- Tu me dis « tes thèses ultralibérales conduisent nécessairement à ruiner les pauvres des pays riches au profit des riches des pays riches et des riches des pays pauvres. » Non, je ne suis absolument pas ultralibéral en cela, puisque je ferais interdire la richesse indue, tout au contraire ! Je ruinerais les occidentaux pour les amener au niveau de vie asiatique, enfin partagé sans privilèges, c’est tout. Et les riches là-bas seraient dépouillés par la loi, pour améliorer petitement le sort des autres, mais surtout pour stopper l’injustice d’exploitation du travail par le capital.
- Il me parle de la misère qui existe ici et que je nie selon lui. Je réponds : En empochant 5 Euros par heure, un mendiant occidental peut se payer des vêtements que ne peuvent pas s’offrir les ouvriers asiatiques qui les fabriquent, oui je considère ce mendiant comme privilégié injustement, à l’échelle du monde.
- Il se dit insulté que je le considère comme « à cerveau lavé par les médias », mais je réponds : Oui, je maintiens que tu n’as bonne conscience que parce que les médias nous lavent le cerveau à répéter qu’ici est le bien incontestable. Moi qui suis autocritique, plaidant coupable face à l’Asie exploitée par nous, j’ose penser différemment, simplement. Tu préfères la parole officielle (ou para-officielle via médias faisant semblant de critiquer, pour des broutilles), d’accord.
- Tu dis dans un autre mail « je ne reviendrai pas sur le fait que tu es entièrement pro capitaliste. C'est assez évident. » Et… le principe du capitalisme est que ceux ayant plus de fric que la normale veulent toujours plus de fric, en exploitant pour cela le travail des sans fric, payés au minimum (ou un peu plus, avec Keynes et votre idée que les salariés sont des clients). Or moi je ne suis absolument pas pour cette gouvernance du capital au-dessus des travailleurs, absolument pas. Dans mon système, il n’y aurait que des travailleurs (vivant frugalement) et des refuseurs de travail (miséreux), sans aucune classe luxueuse oisive au-dessus. Je suis anticapitaliste mais humbiliste (et le mot britannique « travailliste » aurait pu me plaire s’il n’avait déjà été pris, avec plein de choix que je ne connais pas, et n’approuverais certainement pas tous).
- Tu me dis (au sujet de mon site http://www.kristofmeunier.fr/ricardo0.htm ) « ce que tu as sans doute invalidé ce n'est pas le capitalisme mais la mondialisation ultralibérale. Ce qui est dommage c'est que c'est en contradiction absolue avec ton idée de l'abolition des frontières. Je suis pas certain d'avoir les connaissances mathématiques suffisantes pour prouver ou invalider ta théorie. » C’est un malentendu encore. 1/ Je n’ai pas invalidé la mondialisation ultralibérale qui se conçoit comme exploitation des esclaves asiatiques (de ce côté je suis contre pour raison morale, pas du tout mathématique). 2/ Ce que j’ai invalidé c’est la prétention : « les échanges entre nations profitent automatiquement à tous, même si on est peu productifs », ça c’est faux, mathématiquement. 3/ Ma théorie sur l’abolition des frontières pour les personnes n’a aucun rapport avec ce sujet des profits dans les échanges de marchandises, il n’y a pas contradiction mais hors-sujet total. 4/ Dans mon esprit démocronde, ce sujet serait traité par une autre voie : il y aurait monnaie unique sur la planète et smic commun, donc pas de pays/zones esclaves et pays/zones exploiteurs. 5/ Il resterait la question de « facilité locale », effectivement, que je n’ai pas du tout abordée jusqu’ici. Effectivement, produire des pommes se fait en zone tempérée (ou en frigo cher en zone tropicale) et produire des mangues se fait en zone tropicale (ou en étuve chère en zone tempérée), et intervient le coût du transport si on envisage de faire venir d’ailleurs, et il y a le problème écologique de ce transport. Pas facile, je n’ai pas encore réfléchi à tout ça, mais je ne suis pas buté en refusant les idées, ça se discute je pense. Envisager une vraie mondialisation équitable oblige à tout repenser. Enfin, ma réponse première est qu’avec mon système, le niveau de vie serait frugal, donc il n’y aurait pas de mangue (lointaine ou chère d’ici) mangée en pays tempéré, et pas de pomme mangée en pays tropical, pareillement. Pas de riches, pas de luxe exotique.
- A propos des dons pour Notre Dame brûlée, tu dis « les pauvres petits riches exploités par un pays quasi communiste s'enfuient à tire-d'aile Airbus. Voilà les salades qu'on nous a toujours servi. Les masques tombent. » Et je suis moins sûr que toi : il me semble que le milliardaire ayant donné 100 ou 200 millions était celui qui s’était exilé fiscalement et auquel le journal Libération avait accordé une couverture « casse-toi, riche con » en se moquant de l’expression de Sarkozy « casse-toi pauvre con ». Et des dons sont venus du monde entier, pas seulement de France. Je ne suis pas sûr que ces dons choquants démentent qu’il y ait eu exil fiscal. Ceci dit, je suis contre l’exil fiscal, qui n’existerait pas dans mon système de monde uni (donc totalement dénué de paradis fiscaux).
- Dans un autre mail tu dis « un individu de gauche ne considèrera jamais qu’un salarié est un privilégié. Ce qui te classe bien sûr encore une fois à droite ». Hum, je dirais presque le contraire, absolu. Dans la boîte où je travaillais, le PDG vers les années 2003-2011 était un salarié, ami du fils du créateur de l’entreprise, et son salaire était 400 smic, une fortune indécente à mon avis (avec lui qui refusait les petites augmentations annuelles disant que ça coulerait l’entreprise), oui je trouve ce privilège scandaleux, et je le dis au nom d’idées de gauche (tendant vers l’égalité). Le principe moral (à mon avis, extrême-gauchiste) est qu’il convient d’abattre les privilèges, vus du point de vue du miséreux exploité (et actuellement il s’agit du travailleur en usine asiatique, nous classant à juste titre nous en privilégiés).
- Je suis effaré quand tu écris « Mais apparemment faire payer les riches au niveau mondial tu n’y songes pas. » Eh, mon principe humbiliste consiste à interdire la fortune imméritée, donc l’intégralité de la fortune des rentiers serait confisquée, pourquoi dis-tu que je n’y songe pas ? Certes, j’en parle moins parce que ce n’est pas un sujet de désaccord/débat entre nous, mais ça ne justifie pas ton contresens total.
- Rebelotte, tu me dis : « tout ce que tu préconises est ce que préconisent les ultralibéraux et Macron en tête ». Absolument pas : Macron/Thatcher/Reagan encensent le millionnaire créateur de mon usine (avant rachat), alors que je le classe en voleur presque bandit, et menteur en plus. Et les ultralibéraux, Macron en tête, sont de virulents nationalistes, en termes de circulation des personnes, tout le contraire de moi, aussi de ce côté-là.
- Tu me dis aussi : « il n'y a aucun malentendu. La mondialisation que tu soutiens, mondialisation des hommes et des capitaux ne peut conduire qu’à la situation actuelle que tu prétends changer. Plus on mondialisera plus les écarts de revenus seront concentrés et importants. Toute l'histoire du mouvement ouvrier justement est de se débarrasser de plus en plus des travaux d'esclaves. Travaux que tu promeus. » Je confirme qu’il y a total malentendu : tu aurais dit au noble révolutionnaire voulant abroger les privilèges en 1788 « eh, tu veux que tout le monde soit esclave ! »… ben non, je plains les pauvres et voudrais casser les privilèges des esclavagistes qui les exploitent… Avec mon système, il y aurait mille fois moins d’inégalité, sauf que les « pauvres » d’occident dégringoleraient encore plus bas, ce que tu refuses, jaloux de garder tes privilèges…
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Points divers, 19/05/2019 :
    Je réponds à un ami me donnant tort sur plein de points :
- Tu te trompes totalement sur mon but : il n’est pas la plus extrême pauvreté mais l’absence de privilèges. Si, en l’absence de privilèges, il n’y a pour tous qu’une extrême pauvreté, alors hélas oui, ce sera une conséquence, mais ce n’est nullement le but. Ta vision prétendue de gauche est toute pourrie et explique je pense l’insuccès de Mélenchon : tu te bats pour la préservation des privilèges fonctionnaires, des privilèges refuseurs de travail, alors les électeurs ne te suivent pas et, ne trouvant pas quels protestataires approuver, se tournent vers Le Pen hélas. Ou l’abstention, mais « la France insoumise » (vraie gauche ?) n’a pas le succès qu’elle croit automatiquement devoir lui parvenir.
- Je n’ai pas changé d’avis que les salariés occidentaux sont privilégiés, ce qu’il y a c’est qu’il y a des hyper-privilégiés encore pires. Comme les petits barons étaient des petits privilégiés en 1788 même s’ils étaient moins opulents que la super riche famille royale.
- Je ne dis pas que les ennemis de l’égalité sont exclusivement les salariés occidentaux mais les riches dont les salariés occidentaux. Bien sûr que je n’innocente en rien les milliardaires occidentaux (ou non-occidentaux) rentiers oisifs.
- Ce que tu dis sur le caractère extrême-droite de plus en plus du monde entier m’intéresse. Effectivement ça explique que les gilets jaunes récitent du Mélenchon (qualifié d’extrême-gauche) mais votent Le Pen (qualifiée d’extrême-droite). Je crois que c’est le principe du bouc émissaire : les gens pas contents cherchent des coupables, et les dominants ici (qui sont les vrais coupables) donnent à haïr les étrangers et migrants, avec succès hélas. Sans la moindre cohérence car si on refuse les migrations, les USA doivent être rendus aux Amérindiens et on prendrait dix mille ogives nucléaires sur la tronche. Non, c’est un discours malhonnête, inéquitable, qui réussit à convaincre les masses idiotes, se trompant de colère, et ne pas donner la parole aux lucides gêneurs comme moi (menaçant la domination occidentale) aide à consolider le truc. Le fait que les endoctrinés aveugles aient le pouvoir en démocratie me parait le principal inconvénient de ce système. C’est comme ça que s’est écroulé aussi l’Union Soviétique, sans démocratie proprement dite : Eltsine a fait croire aux Russes que leur pauvreté venait de la charge insupportable des républiques annexes (musulmanes notamment), ça a excité la haine, et ces satellites ont été exclus avec colère. Avant que s’écroule le communisme (la misère persistant après éclatement de l’empire), et les dirigeants suivants estiment que ces annexes satellites, c’était un atout stratégique, d’où reconquête de la Crimée par exemple. Exciter à haïr les « gens pas comme nous, nés ailleurs » est une recette qui marche très fort en politique, hélas. C’est le principe de la tribalité humaine, esprit de famille un peu étendu, je considère que c’est une tare, mais je suis minoritaire à penser ainsi, donc balayé en démocratie (ou vraie démocratie, sans le mensonge d’appeler démocratie l'oligarchie d'élus façon république).
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Explication à un ami, sur l’argent, 05/06/2019 :
    Tu expliques de manière argumentée notre désaccord sur l’ouvrier chinois, merci. Mais je reste en désaccord total, et absolument pas ultralibéral puisque les ultralibéraux sont de riches exploiteurs de semi-esclaves alors que je souhaite à tous de partager la condition frugale de travailleur en bas de l’ex échelle. Tout d’abord, quand tu dis « il y a assez d’argent dans le monde pour… », tu contredis ce que tu dis plus loin : l’argent n’est en rien une richesse objective mais une convention précaire, pouvant s’effondrer du jour au lendemain ou presque (cf. inflation à la dix mille pour cent dans l’Allemagne des années trente ou le Venezuela actuel, ai-je entendu dire). Même si l’empire du tsar comptait beaucoup d’argent, ça n’a pas empêché le régime soviétique ayant tout confisqué de faire faillite, dans la misère. Je ne souhaite pas que tous soient miséreux mais qu’il n’y ait plu’ de privilège par statut (anti-mérite). De même en 1789, avoir voulu l’abrogation des privilèges n’était nullement vouloir que toute la population devienne misérable, même si pouvaient le clamer (à tort) des sortes de « privilégiés de gauche » à ta façon d’occidental de gauche. Je ne crache pas sur ta position, je crois la comprendre, mais la trouver moche : selon moi il s’agit d’un mécanisme tendant à dire « tous ceux qui gagnent plus que moi sont des salauds à dévaliser par l’impôt, que je gagne plus que d’autres est par contre très normal, il ne faut rien y toucher (sinon, c’est se faire allié des pires esclavagistes milliardaires) ». A mon avis, c’est de l’égoïsme triomphant, mais ne te crois pas insulté : mon premier ouvrage « contre la réalité » avait pour thèse qu’absolument tout le monde est égoïste, ce qui n’est en rien une insulte – même le généreux est ainsi parce que ça lui fait plaisir (même le torturé n’avouant pas, pour protéger ses confrères, agit pour se juger lui-même valeureux).
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Autre courrier à un ami, sur l’ouvrier polonais en France, 06/06/2019 :
- Je n’ai nullement dit que les polonais (qui occupaient en France les emplois d’ouvriers agricoles avant que le SMIC augmente en Pologne) sont devenus fainéants, je ne faisais que noter ce que disait l’agriculteur en question : il y a moins attractivité en France pour les Polonais maintenant que décroit le différentiel France/Pologne (et les chômeurs français ne sont pas candidats). Je ne vois pas où je me contredis en cela.
- Bien sûr que le salaire sert en partie à se loger, ça n’a rien de spécifique aux salaires d’ouvriers agricoles. Le fait de refuser un emploi parce que le logement n’est pas gratuit est donc bien un refus de travail, je ne me contredis pas. (Ma famille était privilégiée en ce sens, mon père chef d’établissement scolaire ayant eu un logement de fonction pendant toute mon enfance, de 5 ans à 18 ans).
- Certes, ce n’est pas cher payé, le travail d’ouvrier agricole, mais les chômeurs français n’en sont pas moins « refuseurs de travail peu payé », ce que je dis depuis le début et que tu contestes sans me convaincre en rien (et en prétendant que je n’ai aucun argument ce qui est faux).
- Oui, la position de salarié, depuis Germinal ou quoi, n’est pas l’opulence roulant sur l’or, mais la nouveauté de la France actuelle, c’est le refus du travail peu payé pour préférer vivre des allocations et redistributions (principe socialiste ou socio-communiste ou socio-démocrate ou gaulliste social etc.). Ce n’est en rien être esclavagiste que de constater cela. C’est constater qu’ici a été organisé un privilège nullement généralisable à la Terre entière, donc fondé sur la xénophobie refuseuse de migrants voulant jouir de ce système aussi (et en ce sens, il est 100% faux que la gauche + centre est immigrationniste comme le dit Marine Le Pen, l’administration de François Hollande refusait les visas à notre famille philippine tout autant que Sarkozy et maintenant Macron, même s’ils mentent pour diaboliser spécifiquement Le Pen).
- Ce que je dis est très sérieux contrairement à ton jugement parachuté. Et ne te trompe pas (contrairement à d’habitude) de conclusion : ce que j’observe n’est nullement une position d’esclavagiste vivant dans le luxe en faisant trimer les esclaves, c’est une position de travailleur voyant des abus chez d’autres petits à côté de lui, loin du luxe des grands milliardaires. Enfin, maintenant que je suis exclu du monde du travail (ayant été déclaré « inapte »), je ne suis plu’ vraiment travailleur mais privilégié oisif, en tout cas je parle du point de vue qui était le mien quelque chose comme 2 ans en arrière.
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Antiriche non fiscal, 25/06/2019
    Un ami me reproche une incohérence, moi qui dit ne pas aimer les riches ni les impôts : « si tu ouvres totalement les frontières, ce ne fera que renforcer les inégalités sauf à déposséder les riches de force ». J’ai répondu : Mon rêve n’était pas de déposséder les riches par la force (fiscale), mais de cesser la complicité de police-justice avec la fortune imméritée. Exemple : si Johny Hallyday voyait cambriolée sa 14e maison et venait portait plainte, dans mon univers il se verrait répondre « quelle est la preuve que cette fortune prétendue vôtre est méritée ? et pas acquise par surfacturation aux dépens d’autrui ». Du coup, il ne viserait plu’ le luxe inouï mais baisserait drastiquement le prix de ses disques et concerts, au profit des gens, des ex-pauvres (et lui cesserait d’être hyper-riche, sans réquisition fiscale). Ça se serait appliqué pareillement aux galeries d’analyse de mon premier employeur, millionnaire injustement avec prix faramineux (voir site http://www.kristofmeunier.fr/biograf0.htm ). C’est ça l’humbilisme.
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Cinq cents fortunes, 04/07/2019
     Hier et aujourd’hui, la chaîne de télévision LCI parlait de la liste des 500 plus grandes fortunes de France, et j’ai entendu ce matin quelques éléments de débat à ce sujet. C’était à première vue équilibré : il était dit (côté gauche) choquant qu’il y ait ces fortunes immenses comme insultantes pour les travailleurs pauvres et donc à matraquer par impôts pour partage obligé, et en face (côté droit) il était dit que ces très grands fortunés créent des emplois, des richesses.
     Mais il était oublié la voix différente, humbiliste : le tort de ces immenses fortunés est d’avoir vendu trop cher, bien au-dessus des besoins ; leur fortune est donc illégitime par principe, bâtie aux dépens des acheteurs. Et condamner ces fortunes n’a aucun rapport avec la voie gauche voulant en profiter (après pression énorme des patrons sur les petits employés du privé) pour choyer des millions de fonctionnaires tranquilles.
     Bref, j’apporte une autre voix majeure à un faux débat tronqué, apparemment idiot, aveugle.
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Application ?, 07/07/2019
     Un ami (qui se disait effrayé par mon programme économique si mis en pratique, et auquel je répondais que ce n'était qu'un rêve de principe) me dit : « je ne vois pas vraiment l'intérêt d'un système économique que l'on ne souhaiterait pas appliquer. ». Je lui ai répondu : Que ça ne t’intéresse pas est ton droit entier, chacun ses goûts. Et je souhaiterais appliquer mon système, mais on me dit non, on l’écrase avec d’autres systèmes et un choix dirigé refusant d’envisager ma voie et, simplement, je ne pars pas en guerre pour écraser moi à la place des autres. Je subis et je rêve à mieux, dans mon coin, c’est tout. Imaginer mieux m’intéresse. Ceci dit, si par chance inouïe (peu probable) mon système intéressait des gens influents, je ne répondrais pas du tout « allons-y, et nommez-moi roi », mais « attendez, ce n’était qu’un rêve à moi, si vous le prenez au sérieux il faudrait que la terre entière cherche d’urgence les objections possibles et cercles vicieux à craindre sans que je les ai détectés », pour ne pas recommencer une ânerie comme le communisme, bien en principe aveugle a priori, mais atroce en pratique, tout dénaturé pour répondre aux problèmes non envisagés au départ.
     Il me dit aussi, concernant l’enseignement public/privé : « justement choyer ceux qui payent n’est pas vraiment juste dans l’éducation. L’éducation doit être un droit et si possible garant d’une certaine égalité. Donc sortir du privé justement ». J’ai répondu qu’il y a un malentendu grave, et/ou intéressant, je crois. L’enseignement public n’est en rien dénué de payeurs, ce qu’il y a c’est que les payeurs sont les « usagers » contribuables rackettés sous la menace qu’ils soient contents ou non de la prestation fournie (c’est le principe de la fonction publique à la française). Donc, là où le privé fait en sorte que les clients soient contents, le public dit crotte au contentement des usagers. Ce n’est pas de la justice du tout, c’est de l’injustice en aval de racket immoral. Ceci dit, je comprends un peu ce que tu dis : n’est pas jolie la caricature de l’enseignement privé qui ferait dérouler un tapis rouge (avec moult diplômes offerts) aux gosses de riches en refusant l’entrée aux gosses de pauvres. La solution encore une fois me parait humbiliste : avec le respect privé du client, ne pas avoir des prix exorbitants réservés aux riches, mais faire décroitre énormément les prix pour offrir le service optimal même aux humbles (choyés comme clients et non méprisés comme usagers).
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Mon semi-libéralisme, 18/07/2019
     Le mot libéralisme en économie semble comprendre deux aspects : laisser faire (donc un minimum de lois et d’état) et encourager les échanges (traités de libre échanges entre états). Un ami néo-keynésien me traite régulièrement d’ultralibéral de droite et ça me semble injuste :
- Certes, je trouve qu’il y a trop d’état côté français, mais pas par principe, au contraire en conséquence des abusifs privilèges fonctionnaires, et de l’effrayante dette publique chronique (à rembourser un jour, sauf liquidation vorace par les prêteurs). Le principe d’état me parait aussi moche en étant un principe de discrimination raciste, repoussant l’étranger même bébé, pour prétendue faute « de naissance » indépendamment des actes et mérites individuels (à respecter avec humanisme antiraciste – au sens propre de racisme, sans rapport avec le prétendu « racisme antivieux » nommé par amalgame dénaturant le sujet).
- Je suis au contraire favorable à davantage de lois sans laisser faire les mécanismes d’injustice actuels et passés, les dominations en place (ou prétendue « naturelles »).
- J’ai démoli (par la logique et les mathématiques) la fausse démonstration par Ricardo du système d’échange automatiquement gagnant-gagnant, ce qui ruine en un sens le dogme ultralibéral.
    Ceci posé (pour dissiper les amalgames injustes, manichéistes), j’avance sereinement dans l’exposé de mon semi-libéralisme (dirigiste et anti-ultralibéral) :
- Je n’aime pas le rejet des produits étrangers par principe, car je vois en lui un protectionnisme xénophobe, injuste contre le mérite en concurrence loyale (je suis libéral de ce côté).
- Mais je comprends que l’import (sans douanes dissuasives) de produits étrangers ruine les producteurs locaux, et la planète, polluée par le transport à longue distance, intercontinentale par exemple (je suis anti-libéral de ce côté).
- A mon avis, les consommateurs voulant des produits peu chers s’opposent évidemment au programme anti-libéral (je suis libéral en les comprenant), car les produits d’ici actuellement s’avèrent très chers à l’échelle mondiale, du fait de monnaie politiquement voulue forte et puis focalisation locale (± obligée) sur le haut de gamme pour très riches du monde entier. Si on bloquait (ou gênait) les importations, la pression de concurrence à la baisse des prix disparaitrait, d’où envolée des prix, effondrement du niveau de vie.
- Toutefois, je ne pense pas être contradictoire avec ces côtés à la fois libéraux et anti-libéraux, ma synthèse requiert « simplement » des changements très majeurs :
1/ (anti-libéral) Condamner l’enrichissement par « surfacturation si l’absence de concurrence le permet », principe marketing que j’appelle fortune illégitime, vol légal.
2/ (anti-libéral) Imposer arbitrairement de dévaluer immensément notre monnaie, pour ne plu’ être un pays riche en pouvoir d’achat d’importations, mais partager la frugalité mondiale, honnêtement. Ça n’interdirait pas l’amélioration en richesse, mais au prorata du travail effectué, pas par la « force » monétaire mystérieuse, héritée sans mérite aucun.
3/ (libéral) Après les étapes 1 et 2, il y aurait concurrence loyale sans frontières douanières, il se trouverait simplement que les produits locaux (et non « polluants par transport ») seraient moins chers, puisque dispensés des frais de transport. Cela résoudrait à la fois les problèmes de délocalisation d’usines (problème majeur actuel) et l’injuste exploitation des semi-esclaves asiatiques.
    Simplement, pour parvenir à ce résultat (imaginaire), il faudrait accepter une dégringolade du consumérisme frénétique des Occidentaux, injustement « riches » (et férocement jaloux de leur « pouvoir d’achat »). Avec le système de démocratie locale, ce serait automatiquement refusé (accepté peut-être par des utopistes, genre 0,01% de la population), mais avec honnête démocratie mondiale sans privilèges nationalistes de pays dominants (donc avec principe démocronde en usage, imaginaire), ce serait adopté en fermant leur gueule aux égoïstes dominateurs occidentaux (très minoritaires privilégiés) en une sorte de 1789 bis (14 juillet 2189 ?).
    Ceci explique ma cohérence relative, quoique inacceptable ici et maintenant.
    Toutefois, pour être complet, je dois expliquer pourquoi je ne crois pas en la (moins douloureuse ?) alternative keynésienne, c’est-à-dire investissement public massif avec dette très accrue mais retour sur investissement automatiquement très positif :
– Si les frontières sont ouvertes, donner plein d’argent aux gens leur fera consommer plein d’importations, sans guère acheter le luxe local, donc sans emploi local, sans cotisations sociales/fiscales locales, d’où non-retour sur investissement, mais seulement plongeon colossal dans la dette non remboursable.
– Si les frontières sont fermées, la France (ou l’Europe) n’aurait plu’ ni pétrole ni gaz ni uranium ni café ni terres rares ni rien, et c’est un retour à la misère moyenâgeuse à mon avis.
– Autrefois (trente glorieuses), cela a pu fonctionner en écrasant les pays producteurs, exploités, en imposant des prix très bas pour ce que nous leur achetions et en vendant très cher ce que nous leur fournissions, mais c’était un mépris colossal, exploiteur éhonté, et ils peuvent dire Non maintenant, intelligemment, cassant cette domination. Cela ne tenait debout qu’avec géostratégie atroce, maintenant là-bas au pouvoir des roitelets locaux, opprimant les producteurs tout en vivant luxueusement à l’occidentale avec nos produits immensément surfacturés. Il suffit que l’honnêteté démocratique devienne mondiale pour que cette immense injustice s’écroule. Personne n’en parle, évidemment, comme si les querelles de personnes ici remplaçaient la réflexion très profonde, simplement équitable.
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Ré-explication encore, 30/07/2019
    Mon ami fonctionnaire néokeynésien semble m’indiquer que je n’ai pas été assez convainquant dans mes justifications passées. 1/ il me répète que le fait que je veuille « pas plus d’un bol de riz par jour » pour l’ouvrier est typiquement de droite, 2/ il dit aussi que « vouloir réduire les dépenses » à ma façon se paie par de la croissance en moins.
    Je réponds, donc :
1/ Contrairement à la droite, je ne souhaite pas « un bol de riz par jour à l’ouvrier » ET luxe énorme pour le chef, le marchand, le banquier, non, je suis partisan d’interdire la richesse (bâtie aux dépens des acheteurs) en partageant la frugalité, sans privilège aux Occidentaux. Condamner les banques et les riches, comme je le fais, est tout le contraire de la droite, mais comme les pro-fonctionnaires (français) sont différents de moi en se disant à gauche, ils me classent différent donc à droite, c’est faux. Ça me semble ressembler à la situation suivante en 1788 sur une autre planète : la droite est royaliste, la gauche veut destituer le roi pour partager sa fortune entre barons contes vicomtes, là-dessus arrive un républicain voulant abolir aussi le (petit) privilège des barons contes vicomtes et alors… les barons classent ce républicain à droite ! (puisque hostile aux barons !). Erreur totale : il est encore plus à gauche que la prétendue gauche des barons (en fait droite un peu moins à droite que les royalistes). De même, en voulant abolir les petits privilèges des fonctionnaires et des occidentaux (en plus des riches/rois), je suis encore plus à gauche que les pro-fonctionnaires (ou je suis à gauche et eux : au centre droit), ça me parait une immense évidence, je ne comprends pas l’affirmation contraire parachutée sans explication.
2/ Je suis hostile au dogme du besoin éternel de croissance, je suis pour la décroissance avec René Dumont (disant que la classe ouvrière occidentale s’était embourgeoisée) et avec les écologistes (que la droite classe en bobos gauchistes). Quant à cette expression « bol de riz » pour discréditer ma position, euh… à la radio dans le taxi m’emmenant à l’hôpital hier, ils disaient qu’avec notre train de vie il faudrait 2,5 planète pour l’humanité (en ressources à consommer), et avec le train de vie américain : 5 planètes (Internet le dit aussi : https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/tribune-quand-lespèce-humaine-dépasse-les-bornes/ar-AAF1TiN?ocid=spartandhp ). Mon ami semble juger que c’est à cause des milliardaires exclusivement, moi je pense que c’est à cause des populations occidentales dans leur ensemble. Je ne sais pas si des sources économiques départagent nos idées.
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Monnaie numérique et capitalisme, 08/08/2019
    Mon ami néokeynésien me reproche souvent d’être à la fois capitaliste at anticapitaliste, ce qui est impossible. Or j’ai entendu ce jour lors de discussions à la télévision un élément qui me fait prendre parti dans ce choix « pour ou contre le capitalisme ». Le débat portait sur la création de nouvelle monnaie par Facebook et de nouvelle carte de crédit par Apple, les commentateurs disaient que les « GAFA » (sociétés du numérique, Google Amazon Facebook Apple etc.) ne veulent pas devenir des établissements financiers mais veulent que tous nos paiements passent par eux, afin qu’ils aient les données sur tous nos achats, et se rémunèrent en vendant cela à des publicitaires pour nous faire de la publicité ciblée, ultra-efficace, rentable pour les payeurs de publicité. Telle serait l’économie du 21e siècle, à laquelle les gouvernements n’ont rien compris, encadrant sévèrement les banques maintenant mais ignorant tout de ce nouveau business autour du paiement. Or… une de mes grandes idées est d’interdire la publicité, donc cela court-circuiterait totalement ce nouveau capitalisme, et même l’ancien.
    En effet, le principe du capitalisme me parait le suivant (exemple simplifié) : alors que l’artisan moyenâgeux fabriquait 10 objets par an pour 8 euros chacun et les vendait 10 euros, bénéfice 20 euros, l’industriel fait appel au capital (d’actionnaire), par exemple 500 euros, pour construire une usine industrielle fabricant 1000 objets par an pour 0,5 euros chacun (avec les économies d’échelle), qu’il vend 6 euros chacun, emportant le marché et mettant en faillite l’artisan, Bien sûr s’il n’en vend que 10, la dépense aura été 1000 euros et le retour 55 euros, ce serait la faillite industrielle donc le secret est la publicité qui génère de faux besoins (ce que je condamne) et fait vendre 200 objets (au moins). La dépense aura alors été 1000 euros et le retour 1100 euros, d’où 1000 euros équilibrants (« amortissement » ?) et 100 euros de marge, pour par exemple 3 euros payant les deux ouvriers (1,5 euros chacun), 27 euros payant le chef d’usine, 70 euros versés aux actionnaires, et la deuxième année, la marge est de 600 euros, soit 3 euros partagés entre les ouvriers, 127 euros pour le patron avec super-bonus, 470 euros pour les actionnaires qui se goinfrent, et commencent à faire du bénéfice sur les 500 euros investis. Si au lieu de 200 objets achetés, les 1000 sont vendus, c’est même la fortune (des actionnaires, du patron, et les ouvriers même y gagnent un peu, en ayant un emploi confirmé, voire un peu plus si on leur verse 0,5 euro de « participation aux bénéfices » façon capitalisme gaulliste). Mais sans publicité, on risque de ne passer que de 10 objets vendus à 12 (quelques clients refusant le produit trop cher initialement se mettant à l’accepter au prix réduit), et cette usine à faire du fric ne fonctionne pas.
    Bref, oui le capitalisme est une usine à enrichissement, à surconsommation encouragée, ce n’est absolument pas ma voie. J’interdirais la publicité, coupable de générer des faux besoins, des frustrations chez ceux ne pouvant pas acheter (même au nouveau prix réduit), des violences d’acquisition répondant à cette frustration (et violences policières/carcérales allant avec). Le capitalisme ultralibéral, lui, mettrait aux enchères décroissantes le salaire des ouvriers (internationalement si les lois ici fixent un salaire minimum) pour qu’actionnaires et patrons se goinfrent encore plus ; le capitalisme socialiste, lui, taxerait durement patron et actionnaires (pour payer plein de fonctionnaires tranquilles et en grève chronique), en faisant très petitement augmenter l’ouvrier (ou pas du tout). La voie humbiliste à ma façon, elle, interdirait la publicité donc la voie capitaliste/hyper-consommatrice/anti-écologiste ; ce n’est pas un refus de la concurrence, car si 3 artisans se groupent en coopérative pour faire des économies d’échelle, ils peuvent baisser leur prix de revient, donc baisser le prix de vente (voire éventuellement augmenter un peu leur bénéfice, justifiant pour eux-mêmes aussi cette association).
    Une seconde limite humbiliste serait de fixer à un ratio 1 à 4 les revenus par individu. Donc s’il s’agit d’un investisseur unique, il ne gagnerait plu’ 300 fois plus que l’ouvrier mais au maximum 4 fois plus (pareil pour le patron, 4 fois et pas 80 fois). Ça ruinerait les fortunes indécentes qui caractérisent (et salissent) le capitalisme dans lequel l’improductif écrase le travailleur de peine.
    Une troisième limite humbiliste serait de stopper l’exploitation du travail par le capital : l’argent touché par les actionnaires ne correspondant à aucun travail, il serait déclaré illégitime, non-protégé par la police publique (et avec punition d’éventuelle police privée), donc librement volable, donc nullement recherché.
    Enfin, je ne suis pas forcément partisan de l’immobilisme sans concurrence nous laissant (ou faisant revenir) au Moyen-Age, donc j’admets le principe d’une mécanisation faisant passer le prix de revient de 8 euros à 0,5 euros, mais… elle ne serait pas financée par un milliardaire oisif empochant presque tous les bénéfices, puisque les revenus par personne seraient limités à « 1 à 4 » empêchant cet enrichissement démentiel à la source du capitalisme. Par contre, effectivement, ce pourrait être l’investissement d’une banque à but non lucratif (et non autorisée à prêter plus qu’elle n’a). Qui plus est, dans mon système, il n’y aurait pas énormes bénéfices, car si le prix de revient est abaissé de 8 euros à 0,5 euros, le nouveau prix de vente ne serait pas 6 euros mais 0,6 euros, au bénéfice des clients et non des vendeurs. Ça change tout, et fait s’effondrer le principe de très grande richesse capitaliste. Il peut y avoir un mieux-vivre, lié au fait qu’à 0,6 euros au lieu de 10 euros, davantage de clients potentiels y auront accès, mais le but n’est nullement la fortune financière de quelqu’un tirant les ficelles, protégé du partage par lois et police/justice/prison complices.
    Conclusion : mon idéal est anticapitaliste totalement, pas du tout au milieu entre capitalisme et anticapitalisme, mais ce n’est pas « de gauche/socialiste/insoumis » car hostile aux privilèges fonctionnaires.
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Parallèles et syndicats, 17/08/2019
    Dans une discussion avec un ami néo-keynésien (qui me traite d’ultra-libéral ce que je dénie), je soulevais deux questions :
1/ Me dire de droite revient au principe de 1788, où les barons opposés au roi (de droite) classent « à droite » les républicains opposés aux barons. Erreur : ne sont pas « à droite » les « plus à gauche qu’eux ». Tu es dans le clan des ouvriers français et moi dans celui des ouvriers du tiers-monde, ce n’est pas que je suis à droite mais plus à gauche que toi. Ceci dit, je ne me reconnais pas dans la peinture brossée par les médias, disant que l’ultra-gauche sont des hyperviolents casseurs de flic, non moi c’est en version défaitiste, c’est immensément différent.
2/ Par ailleurs, une des raisons du rejet des syndicats par les gilets jaunes est que ces syndicats sont très suspectés d’être en connivence avec le patronat (la CGT aurait touché des milliards, de « francs » à l’époque, pour faire semblant de s’opposer mais canalisant/apaisant/étouffant le risque révolutionnaire), et je crois que les lois socialistes de 1981 allaient dans ce sens : une rente de situation pour les syndicats, payés par les entreprises ou les impôts plutôt que par leurs adhérents.

    Mon ami a objecté de façon très intéressante :
1/ Ce que tu refuses de voir, et c’est en ça que tu es de droite, c’est que les ouvriers français et des pays émergents ont fondamentalement le même intérêt.
2/ Quant aux syndicats, je n’ai jamais dit que c’étaient des anges mais les remplacer par quoi ? toute la question est là. Les syndicats américains étaient (ou sont) infiltrés par la mafia. On voit les conséquences de leur disparition. Et je ne crois pas que cela a aidé les pauvres du tiers monde. »

    J’essaye de répondre, ce n’est pas facile :
1/ Je ne crois pas que les ouvriers français aient les mêmes intérêts que les ouvriers chinois : les ouvriers français tirent un immense bénéfice (en pouvoir d’achat en vêtements, jouets, électronique, etc.) du sous-paiement des ouvriers chinois producteurs et de leur sur-paiement relatif à eux acheteurs. Groupistement, c’est le nationalisme qui dirige, et les français veulent écrasement dominateur par puissance financière supérieure quand les humbles chinois auraient davantage intérêt dans une équité mondiale, leur faisant partager le niveau de vie occidental (des ouvriers occidentaux, sans parler des milliardaires, qu’il y a beaucoup ici et maintenant un peu chez eux aussi), quitte à ce que ce rapprochement se fasse symétriquement par hausse d’eux et baisse de nous (ce qui fait hurler ici, ouvriers inclus). Que, dans chaque pays, les humbles veuillent réquisitionner la fortune des profiteurs, c’est compréhensible et effectivement similaire, mais pour ce qui est des relations entre pays, il y a divergence totale, je crois. Ça me fait penser aux années 1950 : les ouvriers français de métropole gagnaient peu mais étaient favorables à l’indigénat plaçant les autochtones des colonies encore plus bas qu’eux, les ouvriers indigènes pestaient aussi contre les milliardaires mais avec la différence de classer les ouvriers blancs parmi les nantis, petits nantis déjà. Le comprendre et donner raison aux plus humbles (indigènes autrefois, ouvriers chinois aujourd’hui) est tout le contraire de la droite, c’est à gauche de la prétendue gauche.
2/ Ce qui me gêne dans le principe syndical c’est qu’il s’agit d’une « force de masse », un groupisme comme le nationalisme. Au lieu de respecter l’individu, il s’agit de laisser naturellement s’affronter (en quelques sorte « ultra-libéralement ») les forts : les rares très riches d’un côté, les masses de syndiqués d’un autre côté. Quant au petit isolé, il est broyé, par ces deux entités fortes, et je ne suis pas d’accord. A mon avis, ce pour quoi bataillent les syndicats (dans le monde privé) devrait être géré par la loi et pas du tout par la grève : que l’échelle des revenus soit tronquée à « 1 à 4 », alors le partage serait automatique, l’exploitation du travail de peine par le grand capital disparaitrait, pas besoin de bagarre répétée partout, en fustigeant injustement les non-combattants comme complices. Quant aux syndicats des fonctionnaires français (devenus seuls syndicats avec les lois socialistes de 1981 interdisant le syndicat-maison dans le privé), leur bataille est la préservation des privilèges que n’ont pas les humbles, et je suis pour leur disparition pure et simple (des privilèges comme des syndicats bataillant pour eux). Enfin, pour ce qui est de la situation américaine (étasunienne), je pense que c’est très différent : d’après ce que j’ai entendu dire, le but populaire n’est nullement dans ce pays l’égalité, mais la chance pour tous de devenir hyper-riche écrasant les autres (vœu d’être un « winner »). J’ai entendu dire qu’aux USA, quand quelqu’un voit passer une voiture de luxe, il s’écrit « j’aimerai avoir la même un jour », alors qu’en France, la réaction dite normale est « quel enfoiré ce riche, je vais l’arracher de là à coups de pieds au cul ». Je ne connais donc pas la logique syndicale étasunienne, si elle envie le patron sans le désapprouver de ne pas partager.