Double contresens en langue française
par fiston-2, 27/12/2015 (pour MF/JP/NJ, et aussi PF)

I – Le problème des adjectifs condamnés
II – La dictature des « faits »
Bilan
Mise à jour 2019
Mise à jour 2020
Mise à jour 2021

    Hier à l’occasion d’une fête de famille, un détail double m’a marqué :
I/ Ma mère, gouttant au mousseux apéritif qui lui était servi, a dit quelque chose comme « il est pas mal ce mauvais champagne », et mon père, là, nous a fait un reproche (à ma mère et moi) : « vous parlez toujours en abusant des qualificatifs, empêchant toute discussion, le mot "mauvais" était ici de trop, comme d’habitude chez vous ».
II/ Ma sœur a donné entièrement raison à mon père, racontant une anecdote voisine : à son travail, elle avait commis une erreur récemment (pointée par son chef), en se plaignant dans un mail que le vendeur, encore une fois, n’avait pas transmis la facture au service Comptabilité, alors qu’il est incorrect de parler ainsi, d’écrire ainsi. « Encore une fois » était de trop, il faut rester purement factuel (concluait-elle).
    Je ne suis pas du tout d’accord avec cette double leçon, que je trouve doublement inappropriée (ou deux fois doublement erronée, à voir). A tête reposée, cette nuit (de mon anniversaire) je m’explique : je me lève dans le noir silencieux pour mettre par écrit l’argumentaire qui se construit dans ma tête. C’est un sujet sérieux, presque grave, conditionnant entièrement ma façon d’écrire. (Freud le psy obsédé sexuel expliquerait évidemment que le fils est amoureux de sa mère, quand la fille est amoureuse de son père, mais ce n’est pas le sujet du tout, c’est un vrai sujet sérieux en lui-même).

I – Le problème des adjectifs condamnés
    Quand ma mère parle de mauvais champagne, elle n’empêche aucune discussion, et une réponse possible (pas de moi-même mais de quelqu’un aimant le vin) peut parfaitement être « moi, je ne suis pas d’accord : je le trouve excellent, ce quasi champagne ».
    Idéalement, il devrait y avoir clarté dans l’adjonction de qualificatif, et ce n’est hélas pas prévu par la pourrie langue française (ou anglaise, ou russe, ou latine) :
- Soit « jugement personnel » exprimant une simple opinion, à débattre éventuellement ;
- Soit « affirmation objective » prétendant supprimer tout débat.
    A la façon des déclinaisons latines ou russes (rosa-e en complément de nom, rosa-m en complément d’objet), on pourrait ainsi dire mauvais-o pour mauvais objectif et mauvais-è pour mauvais « pèrsonnel » (je préfère ne pas trop dire « subjectif » car l’objectivité est parfois définie comme inter-subjectivité). Clamer que mauvais-è est un sens impossible constitue une erreur. Dire que le qualificatif mauvais-è empêche toute discussion est une seconde erreur : tout est discutable, même l’emploi de mauvais-o (affirmatif écraseur) est contestable par un « ne dis pas mauvais-o, je ne suis pas d’accord donc ta prétendue objectivité est une subjectivité, il te fallait donc logiquement dire mauvais-è ». Aucun qualificatif n’interdirait le débat…
    Par ailleurs, j’ai déjà expliqué ailleurs que je n’aimais pas les adjectifs français ou humains à cause d’une ambiguïté entre deux sens très distincts, non explicités : soit général quasi-pléonasme (que j’appellerais « g ») soit particulier sous-groupe (que j’appellerais « s »). Quand un article ou discours parle des dangereux schizophrènes, est-ce que cela affirme que tous les schizophrènes sont dangereux (dangereux-g) ou est-ce que ça ne parle que de la petite minorité de schizophrènes qui sont dangereux (dangereux-s) ? Soit cela suit l’exemple théorique « les horribles nazis » (officiellement tous les nazis sont horribles) soit au contraire l’exemple « les chats noirs » (tout le monde a déjà vu aussi des chats blancs ou gris ou bruns). Le sens n’est pas clair. Combiné à la remarque précédente, cela donne une foule de nuances :
- « ce mauvais-og champagne » : ce champagne qui est indiscutablement mauvais comme tous les champagnes sont objectivement mauvais [mon opinion à l’âge de 6 ans].
- « ce mauvais-ès champagne » : ce champagne que personnellement je trouve mauvais et qui appartiendrait à la sous-catégorie des mauvais champagnes même s’il y en a des bons [l’opinion de ma maman je crois].
- « ce mauvais-èg champagne » : ce champagne que personnellement je trouve mauvais, comme je trouve mauvais tous les champagnes [mon opinion actuelle].
- « ce mauvais-os champagne » : ce champagne qui est indiscutablement mauvais même s’il y a d’autres champagnes qui sont bons » [opinion possible d’une cousine ayant tordu le nez sur ce breuvage, sans rien dire, trop sûre de se faire incendier sinon].
    Grapho-mathématiquement ça donne un tableau à 4 cases :

    Bref, la langue (en place, sans préciser lequel des 4 cas est concerné) n’est pas claire, c’est une mauvaise usine à malentendus au lieu d’être un bon outil d’expression clarifiante. Les littéraires amateurs de jeux de mots adorent, certes, mais les esprits logiques souffrent. En tout cas, c’est la faute du système nous ayant embrigadé avec l’éducation, ce n’est pas une faute personnelle d’expression (de moi ou de ma mère). Heureusement, on peut inventer mieux et c’est ce que je fais ici.
    Certes, imposer une clarification lourde à chaque emploi de mot serait très contestable : puisque je suis content que les déclinaisons grammaticales aient disparu en Français venu du Latin, je n’exige nullement que l’on doive se re-poser plein de questions avant d’oser prononcer un mot, sous peine de « faute ». Mais la solution qui me parait alors évidente repose sur la convention « tout est discutable », autrement dit l’adjectif a par défaut le sens « -ès », sauf argumentaire décidant sciemment d’affirmer les sens « o » ou « g », et ces 2 prétentions écraseuses sont elles-mêmes contestables. Nous reprocher un sens écraseur que l’on ne pensait pas est une faute, refuser d’entendre notre plaidoyer est nous écraser injustement, seconde faute, oui.

II – La dictature des « faits »
    Je ne suis pas d’accord qu’il y ait 2 modes façon Noir et Blanc : des faits incontestables à dire et des opinions contestables à taire : à mon avis, tout n’est qu’opinions, pouvant être dites. (Quoique, en France 2015, je risque la prison pour cette opinion illégale, oui au pays menteur de la Liberté prétendue, puisque mon avis personnel ose ne pas respecter le dogme officiel sur la Véracité de la Shoah brûleuse/gazeuse de vivants…).
    Il y a plusieurs décennies, j’ai bâti la philosophie antiréaliste du scepticisme égocentrique, démolissant la reconstruction cartésienne ayant anti-logiquement prétendu vaincre le doute. Il n’y a donc pas de faits incontestables. Certes, ceci est abusivement classé « maladie mentale » en Occident (et j’étais/je suis/je resterai ? sous antipsychotiques) mais c’est considéré comme supérieure sagesse en Inde (le Bouddha, Sri Maharaj, etc.).
    Davantage dans le détail, je conteste le supérieur hiérarchique de ma sœur, qui l’a poussée à se reconnaître fautive : entre un vendeur qui par inadvertance oublie de transmettre la 100e de ses factures, et le vendeur qui sciemment oublie pour la 90e fois de transmettre sa facture malgré 7 rappels à l’ordre passés (oubli valant « je vous emmerde, parasites connards bouffeurs de paperasse »), ce n’est absolument pas le même évènement (et cela, que l’évènement soit reconnu contestable ou prétendu véridique, autrement dit : que l’on soit dans un rêve ou pas). Il est donc parfaitement légitime de rappeler le contexte situant l’évènement constaté. A mon avis, ce que le supérieur a ici désapprouvé, ce n’est pas que le contexte soit rappelé, mais qu’une « vile » subalterne se soit permis de mâcher le travail d’analyse comme si le « supérieur » ne servait à rien (qu’à entériner le jugement évident), crime de lèse-majesté !
    Autre point concernant le douteux dogme « il faut toujours être factuel », je me rappelle les propos de Bernard d’Espagnat sur la mécanique quantique et sa « contra-factualité » : ce qu’on appelle « être magnétique », c’est certes attirer de telle façon la limaille de fer (s’il y en a), mais s’il n’y a pas de limaille de fer, alors être magnétique c’est que l’on attirerait la limaille de fer de telle façon s’il y en avait. Le magnétisme a ainsi été défini en contradiction du dogme factuel, et avec un immense succès : circuits RLC (résistances-inductances-capacités), électronique, informatique. L’interdire arbitrairement me parait très abusif.

Bilan
    Les dogmes sur l’absence de « qualificatif d’opinion » et de « commentaire utile au-delà des prétendus faits bruts » sont très discutables, contestables. Au contraire de ce qu’affirment ces dogmes.
    Si la langue est intrinsèquement formatée pour interdire les opinions, les clarifications, j’estime qu’elle aboutit à des condamnations injustes et, sauf réforme future, mérite la poubelle.

------------- Mise à jour/répétition 2019 (14/10/2019)
  Hier sur visiophone Skype, mon père me reprochait encore, dans mes écrits, l’emploi de qualificatifs orientés empêchant toute discussion, selon lui. J’ai répondu que ces qualificatifs n’étaient qu’expression de mon opinion, pouvant parfaitement être discutés, avec arguments, mais il a dit que je refusais tous les arguments.
  Cela me semble très injuste, comme reproche. Je l’illustrerai de 2 exemples :
1- Hier aux informations était présenté le ralliement du célèbre ex-premier-ministre Raffarin, basculant de la droite au centre en clamant quelque chose comme « l’extraordinaire Macron a (fait ceci), le génial Macron a (fait cela), l’hyper-compétent Macron a (accompli ceci), le très courageux Macron a (entamé cela) », etc. Oui, ces qualificatifs sont des avis personnels, en rien d’incontestables associations dites prouvées indéniables, et cela n’empêche en rien de les contester : au contraire, les contester est une bonne introduction au débat. C’est cela, discuter. [J’ai écrit un argument positivement, mais en le mettant sur ce site, je m’aperçois que je ne fais que réinventer en 2019 ce que j’avais déjà conclu en 2015 : Je note aussi qu’est toute pourrie (sans que ce soit ma faute) la langue française (ou les langues humaines) ne différenciant en rien dans l’expression « ce bon pain » les deux sens distincts « ce pain que j’affirme incontestablement bon » et « ce pain que moi je trouve bon mais que peut-être presque tout le reste du monde trouve médiocre voire mauvais » (accuser de dire un sens quand on veut dire l’autre me semble un reproche déloyal vis-à-vis de la personne accusée), en clair il faudrait dire quelque chose comme bonu-pain ou bonè-pain (bon-Universel ou bon-pÈrsonnel), mais ça ne se décrète pas en solitaire puisqu’illisible sans convention générale formant tout le monde.]
2- Mon épouse aime regarder une émission télévisée dans laquelle des propriétaires de chambres d’hôtes vont essayer les produits concurrents et les noter, avec commentaires (comme « incorrecte séparation entre le coin chambres et la partie accueil », « décoration prétentieuse dans le couloir » ou « le tableau au-dessus du lit est vulgaire et moche », etc.). Oui, il s’agit par principe d’avis personnels, sans en rester au sobre et objectif énoncé du nombre de chambres, prix, mètres carrés. Mais c’est cet aspect « jugement personnel » qui engendre discussion, argumentations déniantes et contre-argumentations justifiantes, avant réconciliation ou fâcherie butée. C’est la preuve illustrée qu’un avis non-neutre n’empêche pas du tout la discussion, au contraire.
  Mais une explication me vient d’un souvenir : mon père (ex-professeur géographe) s’amusait qu’un ancien élève lui ait dit « monsieur, quand on a étudié avec vous l’URSS, on vous a classé indéniablement-communiste, mais quand on a ensuite étudié avec vous les USA, on vous a classé indéniablement-capitaliste, on ne savait plu’ où vous situer ! Ah-ah-ah ! ». A mon avis, le problème (pour mon père choqué par mes écrits) vient de cette déformation professionnelle-là (qu’il l’ait développée lui-même ou reçue comme instruction pédagogique), qui me parait très contestable. Enfin, je comprends qu’est très incorrect un enseignant qui dirigerait ses élèves devant réciter en contrôle de « connaissances » : « le merveilleux URSS (…) les abominables USA (…) » [ou l’inverse], puisque sa fonction d’information serait trahie, détournée pour orienter politiquement des futurs électeurs, de manière partisane. Mais, à la place de ses élèves reconnaissants, le remerciant pour avoir enseigné « le merveilleux URSS (…) les merveilleux USA (…) », moi contestataire je lui reprocherais de ne pas avoir présenté le tableau sous la forme « l’URSS montre mauvais les USA (…) les USA montrent mauvais l’URSS (…) », éveil à l’intelligence critique et à la résistance face à la propagande qui dénonce l’autre en oubliant ses propres fautes. A mon avis, les jugements négatifs sont très utiles, pas du tout à censurer ou auto-censurer (au nom d’une objectivité en fait contestable), et en débattre est précisément ce qui fait discussion.
  Par ailleurs, si j’ai refusé récemment un argument de mon cousin (ayant mis mon père en copie), qui a conclu que cela stoppait toute discussion, c’est qu’à ma démonstration technico-scientifique en chimie, il m’opposait un faux argument d’autorité (« l’expert a dit », comme on dirait ailleurs « le pape a dit », « le prophète a dit »). Non, ce n’est pas un argument, cela, c’est une injonction condamnant sans justificatif le crime de dissidence. La domination sociale de l’expert, comme celle du professeur exactement, est invalide logiquement. Mathématiquement, j’ai prouvé que des professeurs universitaires se trompaient, enseignaient des formules statistiques (célèbres mais) erronées ; biochimiquement, j’ai prouvé que des experts officiels mentaient ; alors me jeter à la face, en réponse, un choix d’entière crédulité envers l’autorité, ce n’est qu’une opinion fragile, entendable mais convaincante en rien. Je n’appelle pas du tout cette objection de ma part « refuser un argument », contrairement à si on me disait « tu as commis une faute de signe entre tes 7e et 8e ligne » ou « tu as oublié que tel appareil détermine la composition isotopique de chaque pic selon la loi Untel ». Il y a une différence entre refus buté arbitraire et discussion entre personnes de bonne volonté maniant des éléments probants (plutôt que des injonctions à la crédulité soumise).
  Ceci expliqué, j’en reviens à l’école professée par la génération de mon père : avec le recul, je condamne totalement cette « éducation » qui nous dressait à devenir des soldats obéissant aux ordres du président : en 1978-83 avant mes vingt ans, le futur annoncé était l’holocauste atomique explosant la planète quand les Soviétiques attaqueraient le camp du Bien (nous « évidemment »), avec réponse semblable de notre part et par nos alliés. Jamais nulle part on ne nous donnait les éléments pour comprendre ce que le camp d’en face pouvait nous reprocher, c’était de la propagande pleine et entière, interdisant le mea culpa et le changement, possible par vote ou engagement politique éventuel. Certes, dire en quoi l’URSS se prétendait bien n’était pas de la diabolisation totale, mais l’énorme manque était d’expliquer en quoi les uns et les autres étaient très critiquables. En mutilant notre intelligence critique, on nous formait comme moutons obéissants, chair à canon. Ce n’est que parce que l’URSS s’est effondré tout seul qu’a disparu ce futur annoncé, broyant les avis pertinents et affirmés libres alors qu’il y avait condamnation (au titre erroné de « empêchant la discussion »).
  Maintenant, ça semble un peu pareil avec l’Islamisme comme ennemi. Les médias n’envisagent pas le moindre reproche à notre camp, et j’ai dû tout repenser (presque inventer) en solitaire pour écrire mon livre « La guerre du Mal contre le Mal », envisageant un procès Nuremberg bis contre la conquête massacreuse de l’Amérique, ayant fait la fortune occidentale, recel de crime contre l’humanité. Je ne sais pas ce que disent les enseignants actuels à mon fils mais j’ai entendu que le ministre promettait que seraient affichées dans chaque classe les paroles de La Marseillaise à savoir chanter, alors que moi je les montre criminelles contre l’humanité, avec le double appel à A/ verser le « sang impur » des étrangers (et bébés de même sang, puisque ce ne sont pas les actes qui sont là jugés quand est condamné le sang, ce qui a été décoré officiellement pour les équipages français des bombardiers RAF en 1944-45, célébrés chaque 8 Mai, ne choquant que moi apparemment) et B/ que le dit ennemi massacre sans hésiter les civils ici, tous s’affirmant soldats engagés… Mais si je parle des paroles « atroces » de la Marseillaise, mon père dira que ça empêche toute discussion, chanter/répéter comme un benêt ces paroles semblant l’idéal enseignant public, courroie de transmission de la propagande gouvernementale. Je ne suis pas d’accord. Oser résister à l’endoctrinement prétendu neutre, ce n’est pas une faute d’expression empêchant débat, c’est surtout un refus de se soumettre à l’autorité illégitime, appliquer sa légitime liberté de jugement personnel bien plus logique et moral que l’autorité.

------------- Mise à jour 2020 (09/08/2020)
  Un ami contradicteur (sur divers sujets) débat avec moi de manière intéressante je crois : « Je n’affirme rien "doctement". Je trouve parfaitement insultant ce qualificatif. Tu me demandes mon avis, je te le donne. Ne t’attends pas à ce que je sois d’accord pour te faire plaisir, j’ai trop de respect pour toi pour le faire. »
  Ma réponse : Désolé si tu t’es senti insulté quand je disais que tu parlais « doctement », mais j’ai vécu ça comme de la légitime défense. Tu me contredisais avec les mots « il faut comprendre que », ce que je croyais entendre comme « tu ne comprends rien, écoute-moi qui détiens le savoir et vais te faire comprendre », et c’est ce ton professoral (à tort selon moi) que je traitais d’attitude docte.
  / « Il faut comprendre » n’est pas un avis personnel, de type « personnellement, je crois que », mais une prétention à l’objectivité supérieure. Désolé si moi aussi, j’ai parfois une expression comme ça qui m’échappe, mea culpa. Mon père me reproche chaque adjectif et chaque adverbe, même, disant que ces qualificatifs faussement objectifs empêchent le lecteur de lire et contredire. Pas facile. Le mieux serait que la langue française contienne un code introductif précisant la nature du propos écrit, comme {jp} = je pense que, {ia} = indéniablement il faut admettre que. Mais je dois me débattre avec la mauvaise langue que m’a inculqué l’école, hélas.

------------- Mise à jour 2021 (28/01/2021)
  « Oh, quel joli ciel bleu » n’implique nullement « ce ciel est objectivement bleu et je méprise les daltoniens le voyant gris ou rose ! ». De même, « je mets ceci sur la table basse » n’implique nullement « cette table est anormalement basse et je méprise les gens de petite taille et enfants la trouvant normale bien ! ». Non…
  Un adjectif ne me semble inclure aucune affirmation prétendue objective intrinsèque, mais c’est par principe de base un qualificatif relatif au point de vue de la personne qui s’exprime. Affirmer le contraire me semble une faute, tant logique que morale : une accusation mensongère, par amalgame injuste avec des prétentieux dictateurs s’affirmant « sachants ».
  Un écrivain disant « par cette chaude après-midi » serait sinon accusé d’insulter le point de vue des Tropicaux, et « par ce matin frisquet » serait une insulte aux Eskimos, etc. Ben non, tout est relatif, affaire de point de vue, sauf expression explicitement universelle, comme « par ce matin vraiment frisquet (ce que personne au monde ne peut nier pour quelque raison que ce soit) »…
  Bref, condamner (dans mon expression écrite) les adjectifs d’opinion me semble un excès déplorable, de faux neutre prétentieux, de pratiquant actif de l’abus d’autorité. Désolé, telle est mon analyse, sévère en légitime défense.