Aotearoa, Mururoa, Mitteroa…
De traduction en réflexion
par Antikol Onyalist, 14/08/2022

Contexte
Première approche, la justice historique
Deuxième approche, l’oubli
Conclusion

Contexte
  (Etant enfant, j’avais adoré la bande dessinée de Tanguy et Laverdure : « Menace sur Mururoa » [de 1969 quoique je l'ai lue vers 1974 à 10 ans], mais je culpabilise a posteriori*, hum.)
   J’avais vu passer l’autre jour une nouvelle Internet (MSN/Slate : « La Nouvelle-Zélande pourrait bientôt changer de nom »**) disant que les Maoris autochtones voulaient remplacer le nom national de Nouvelle-Zélande, faisant référence à des colons néerlandais avant victoire de colons britanniques, par Aotearoa, terme polynésien ancien, et changer le drapeau qui inclut en partie le drapeau britannique. Effectivement, Google Traduction propose la langue Maori et Nouvelle-Zélande s’y dit Aotearoa (qui sonne comme Mururoa, Borabora – roa signifiant long en maori). De même, Wikipedia dit que Polynésie Française se dit Pōrīnetia farāni en Tahitien. Qu’est-ce que j’en pense ?
[* : Cncernant la bande dessinée "Menace sur Mururoa, j'avais à l'époque été bon public, suivant le scénario qui disait que les Français étaient les gentils quand les méchants étaient les opposés aux essais nucléaires, Asiatiques ? voulant provoquer une catastrophe pour les faire interdire. Après l'affaire Rainbow Warrior, je ne suis plu' sûr du tout que cette lecture simpliste soit adéquate, j'ai le sentiment d'avoir été manipulé, endoctriné. L'arme nucléaire anti-villes me parais monstrueuse, mais pas un mot à ce sujet dans le livre, donc les opposants étaient dans leur bon droit. Et même, en termes de légitimité officielle, les gouvernants français étaient en faute lourde à ce sujet, trahissant sans le dire le traité international signé, qui exige de faire supprimer "en toute bonne foi" les armes nucléaires possédées. Et puis, les soldats français en Polynésie étaient en position de colons surarmés, écrasant les locaux de leur prétendue supériorité (pas morale, au contraire : militaire brutale). Bref, on m'intoxiquait à penser que les méchants étaient les gentils, et que les justiciers étaient les méchants. Il fallait pour le comprendre une prise de recul dont j'étais incapable à l'époque, non par bêtise puisque j'étais classé surdoué, mais par manque d'informatrion contradictoire.}
[** : à https://fr.style.yahoo.com/nouvelle-z%C3%A9lande-pourrait-bient%C3%B4t-changer-193000764.html?guccounter=1 }

Première approche, la justice historique
   Sur le principe, je n’aime pas beaucoup le mode tribal antique de gestion de l’humanité, qui ferait chasser les Britanniques de Nouvelle-Zélande, les Français de Corse, Polynésie, Occitanie, etc. Ce mouvement, hypothétique, aurait l’avantage de consolider la recolonisation d’Israël 1948 dans un immense mouvement d’ensemble, sans racisme projuif (même si celui-ci est manifeste, d’origine biblique, avec complicité de Déclaration des Droits de l’Homme 1948 alliée aux religions du Livre – sacralisant le droit de pratiquer sa religion même si cette religion est raciste, esclavagiste, génocidaire, terroriste, etc.).
   Toutefois, instrumentaliser ainsi l’Histoire pour une présente haine vengeresse ferait aussi chasser les Etatsuniens pour recréer une Amérinde (Sioux, Cheyenne, Iroquois, etc.). Or cela les USA, première armée du monde y sont totalement opposés, évidemment, puisqu’ils deviendraient les victimes des justiciers alors qu’ils se voulaient être eux-mêmes les justiciers du monde, imposant leurs desiderara au nom d la justice incontestable. Donc les pays voulant effectuer pareille réparation seraient rayés de la carte par 100 ou 1000 ogives atomiques, millions ou milliards de morts, civils principalement, est-ce ce que je veux ? Non, donc cette forme de justice-là n’est pas possible. Donc Israël état juif n’est pas possible, sans racisme favorisateur outrancier (ce n’est pas du tout que l’antisionisme est raciste antijuif c’est qu’il est anti-« racisme-projuif »). La recréation d’Aotearoa et autres (Corsica, Occitània, Catalunya, Amerindia, …) déboucherait sur un monde brulé/vitrifié façon Mururoa, l’atoll polynésien où les gouvernements français (de droite et gauche) faisaient exploser leurs bombes atomiques en essai.
   A ce sujet, les Néo-zélandais sont réputés haïr les Français depuis l’affaire du Rainbow Warrior, des espions français ayant (en 1985) fait exploser le bateau de l’ONG Greenpeace militant contre les essais nucléaires, avec un civil tué sur le sol néozélandais, avec dénégation officielle des autorités françaises criant à la fake news, avant que l’avalanche de preuves fasse reconnaître la justesse des accusations. Et le ministre de la Défense Charles Hernu avait démissionné (sans sanction), comme fusible protégeant le président François Mitterrand ayant pris la décision. Personnellement, j’aurais été d’accord pour au contraire remettre, menottes aux poignets, Mitterrand aux Néo-zélandais, pour emprisonnement voire peine de mort : on ne tue pas impunément comme ça, surtout à l’étranger, surtout en mentant pour cacher ses fautes, surtout en se prétendant représentant d’un peuple entier, en fait lui innocent, surtout pour œuvrer à l’emploi d’armes de destruction massive anti-civils criminelles contre l’humanité, et en infraction avec le Traité international de Non-Prolifération chapitre Désarmement. C’est grave et cela méritait punition énorme, au lieu d’étouffer le truc et réélire l’affreux bonhomme (qui avait fait cocus tous mes camarades de classe garçons qui avaient déjà 18 ans en mai 1981, lui ayant promis de réduire à 6 mois le service militaire, ce qu’il n’a nullement fait, disant explicitement aux électeurs, une fois élu : « allez-vous faire foutre, je fais ce que je veux »…). Et pour le meurtre du Rainbow Warrior, le grand commandeur est davantage coupable que le petit exécutant obéissant aux ordres (deux des espions du dispositif ayant fait de la prison en Nouvelle Zélande). Ce n’est pas hors-sujet : quand il y a un différent, il convient de réparer les fautes commises immédiatement, non traîner des rancœurs pendant des décennies ou siècles, avec sanctions appliquées ensuite à des personnes pas nées au moment des faits. C’est bien le problème de la logique historique. Voilà la filiation Aotearoa-Mururoa-Mitteroa. Mais avec apocalypse nucléaire au bout (lancée par les USA intouchables), ça ne convient pas.

Deuxième approche, l’oubli
   Si, au contraire, on juge que les USA ne doivent pas être décolonisés pour réparation historique (en mettant à la poubelle le prétendu "devoir de mémoire"), alors équitablement il ne fallait pas décoloniser la Palestine en 1948. Les leaders étasuniens, férocement sionistes, feraient exploser aussi quiconque irait en ce sens militairement, donc c’est l’impasse, anti-équité, atroce, dominatrice injuste. Pour le triomphe judéo-chrétien de la Bible, dans l’esprit des leaders étasuniens, religieusement fanatiques (en disant tant pis si c’est raciste anti-amérindien et anti-arabe, et puis anti-asiatique pour exploiter les semi-esclaves ouvriers chinois, ça va ensemble, affreusement cohérent).
   Mais bon, dans une réflexion imaginaire sur le papier, voyons où cela conduirait. La Nouvelle-Zélande ne redeviendrait pas Aotearoa, ne deviendraient pas indépendantes Catalogne, Corse, Polynésie, Occitanie, etc. Mais… comment justifier les nations ? Pourquoi la Polynésie serait-elle dite française à l’autre bout du monde ? On ne peut pas approuver les envahissements passés en interdisant les réparations présentes (et envahissements présents, type Russie en Ukraine et Chine Populaire à Taïwan). Donc la seule solution que je perçois est une remise à zéro de la planète, sans plu’ la modeler au nom de l’Histoire passée. La sanction serait l’abolition des nations : tous les humains seraient frères et sœurs dans un monde uni. Pas d’indépendance de micro-morceau d’accord, mais pas non plu’ de nation jalouse rejetant les « « étrangers ». Langue mondiale unique l’Espéranto (ou le pinyin ?), condamnation de la légende biblique de Babel affirmant qu’une humanité unie est trop bien donc cela offense inadmissiblement Dieu se voulant supérieur (le sale type… pas « bon dieu » du tout),. Un milliard d’Africains pourrait venir en Europe, 1 milliard d’Est-Européens pourraient venir en Europe de l’Ouest, un milliard de Latinos pourrait venir aux USA. En ayant instantanément le droit de vote local. Ce serait la fin de l’injuste domination occidentale, civilisation monstrueuse antihumaniste, c’est bien, en un sens. Pour justifier encore cette abolition des nations, je peux dire aussi que les injustices géopolitiques, avec nations riches et nations pauvres, viennent de l’Histoire, or quand des enfants de bandits naissent avec une cuillère en argent dans la bouche, ils naissent innocents oui, mais ne doivent pas profiter des fortunes volées : il faut rendre l’objet du vol, alors il y a innocence, pas avant, sinon il y a culpabilité (certes pas vol actif mais recel de vol avec jalousie en refusant de partager).
   Mais tous les gouvernants d’Occident (notamment France, Royaume-Uni, USA, nucléairement armés) s’y opposeraient farouchement, et leurs peuples également, sauf illuminés suicidaires comme moi, ultra-minoritaire sans-frontiériste
   Certes, on pourrait dire que l’apocalypse nucléaire serait évitée si était enfin respecté le traité de non-prolifération nucléaire, chapitre désarmement (des ex-déjà nucléaires) mais d’une part les gouvernements en question y sont farouchement opposés, contrevenant à ce traité qu’ils agitent exclusivement pour empêcher d’autres de les rejoindre, et avec l’appui majoritaire possible de leurs peuples avides de domination et supériorité (intoxiqués par le patriotisme sportif télévisuel) ; d’autre part, des luttes à mort sans bombes atomiques ne seraient pas davantage propres, avec bombes incendiaires type 1944, brûlant vifs les bébés sous les hourras de triomphe de nos chefs de commémoration, quelle horreur… (ce n’est pas que Mitterrand qui méritait la prison à mon avis, mais Mitterrand-Chirac-Sarkozy-Hollande-Macron, pour apologie de crimes contre l’humanité, et peut-être les prédécesseurs mais j’étais alors enfant pas lucide observateur).

Conclusion
   Il ne semble pas envisageable qu’il y ait de la justice en ce monde. Tout et son contraire conduisant au massacre d’innocents, et la voie médiane de consensus sur l’actuel étant profondément injuste d’où petits massacres (« terrorisme ») par révoltés bien compréhensibles, hélas.
   Alors… la seule solution raisonnable semble de s’en foutre, regarder ailleurs, ne pas avoir d’opinion. Pour ne pas se ranger dans un camp de tueurs. Certes, on sera toujours affirmé par le camp d’en face faire partie d’un camp de monstres, et ce n’est hélas pas faux, mais il semble n’y avoir aucune solution. Donc, sans enthousiasme, le mieux consiste à dessiner, ou cultiver des fleurs, en attendant d’exploser sur une bombe justicière, ou être vitrifié par un missile atomique. Le résultat semble à peu près le même : mort violente, perçue comme injuste, mais pratiquée par des justiciers, qui simplement ne vont pas au bout de leur raisonnement pour en percevoir l’impossibilité morale (la non-honorabilité).
   Soupirs. Enormes soupirs.
   Mea culpa spécifique à moi-même : avec 4 cancers en moi, en cours d’évolution, je n’ai pas devant moi trente années d’espérance de vie, accepter une mort prochaine peut donc me paraitre acceptable davantage qu’à des jeunes, scandalisés. Mes maladies graves, en quelque sorte, me confèrent le privilège d’accéder à la sagesse défaitiste, non-violente, inactive. Sans que ce soit entendable par autrui. Je l’exprime quand même pour moi, égoïstement, en un sens. Mais tout le monde est égoïste, même l’Abbé Pierre et Mère Thérèsa faisaient ce qu’ils faisaient parce que ça plaisait à leur ego.