Les adolescentes qui tuent pour rire
Jolies vietnamienne et polonaise contre naïf premier de la classe
par Lavictim’, 23/12/2016

Chère my-bah,
  Un ex-camarade de lycée vient de me faire une remarque chamboulant mon Univers tout entier, et là j’essaye de digérer ce cataclysme cosmique… : selon lui, une jeune fille de 15 ans (comme tu étais en 1979, il y a 37 ans) ne peut absolument pas aller danser en boîte de nuit, s’y chercher un homme, ce serait du détournement de mineure, totalement exclu (par les responsables, les « videurs » à l’entrée des boîtes). J’en ai la tête qui tourne : ça remet en cause les bases entières du monde, toutes les évidences de ma vie saccagée, ratée, pour rien de rien, qu’un mot pour rire ?
  Ça se passait en cours de langue rare, où le prof lamentable ne faisait pas vraiment cours, me laissant faire des maths et les filles devant papotaient. En écriture codée à notre façon, je vous appellerai toutes les trois : my-bah, culbu, jocluh, ce que vous décoderez aisément, vous, bien sûr. Chère my-bah (très très chère à mon cœur à l’époque), je n’écoutais pas vraiment vos papotages de manière indiscrète, mais… une des raisons pour laquelle je t’adorais était ton silence, et là, que tu parles m’intriguait, crois-je me souvenir. Et tu as dit quelque chose comme « Moi, tous les samedis soirs, je sors en boîte, pour me chercher un vrai beau mec ! ». Et là, le monde s’est écroulé pour moi. Je pourrai rechercher dans mon journal intime la date exacte, et si j’avais encore 14 ans et demi ou déjà 15 ans, mais le gosse ado que j’étais est mort, à cette seconde – et ça allait conditionner toute la suite de ma vie, post-mortem en quelque sorte. Si tu as dit ça pour rire, pas du tout pour de vrai, c’est un malentendu colossal, une catastrophe universelle, j’en ai la tête qui tourne.
  Je reprends pas à pas, pour fixer mes idées. Qu’est-ce qu’a été ma vie, de zéro à quinze ans, ou treize quand je t’ai rencontrée, my-bah ? Je n’étais rien, rien de rien, qu’une sorte de légume vivant au jour le jour. Je n’aimais pas mes parents parce qu’ils me forçaient à manger de la nourriture selon moi immonde (fromage, tomate, saucisson, banane), je n’aimais pas mon frère écraseur qui m’appelait « chien galleux », j’avais bien aimé mon camarade xavier, réservé quasi-muet, mais on avait déménagé à 600 kilomètres, l’ambition de mon père passant avant notre équilibre, j’aimais bien dessiner et puis construire des petits avions d’étagère ne volant pas, et j’aimais les bonnes notes, parce que mon père m’y encourageait et parce que j’essayais de bien faire. C’était rien, rien de rien, cette « vie ». Et puis je suis entré en classe de quatrième, et… j’ai commencé à avoir du poil sous le nez et ailleurs aussi, bof, peu importe, mais… les hormones ou quoi, la poitrine des filles de la classe devenait jolie, et… un match serré pour la place « premier de la classe » nous impliquait, toi la petite vietnamienne de la classe et moi, pas sur un mode hostile jaloux mais comme amical et doux, et… j’ai commencé à te trouver jolie, la pluss jolie de la classe, la seule jolie du monde, enfin : ma préférée, plus exactement… bon, avec le recul, je me rends compte que ce n’était pas de l’amour, mais je croyais que si. Dans notre livre de français de troisième, je suis tombé par hasard sur le poème de Paul Eluard « la courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur », et ça m’a fait pleurer, d’émotion pure, moi qui n’aimais pas « la poésie » jusqu’alors. Tes yeux bridés avaient conquis mon cœur… Et puis, avec l’orientation en fin de troisième, j’ai renoncé aux études que j’avais envisagées (vers le bac technicien E) pour espérer rester avec toi (vers le bac général-maths C), et ça c’était à 100,00% « pour toi » (et un tout petit peu pour le confort de ne pas avoir à prendre le bus, traverser la Garonne vers le lycée Déodat). J’avais commencé à écrire un journal intime, à dessiner tes cheveux bouclés (à la réflexion, je ne comprends pas pourquoi tu étais naturellement frisée, cas exceptionnel pour une vietnamienne – ta famille venait-elle d’une ethnie particulière ? proche de la frontière cambodgienne ? et les cambodgiennes ressemblent aux philippines, ça explique toute ma vie). Bon, en classe de seconde, miracle : je me suis retrouvé dans ta classe, sur 5 ou 6 classes de seconde C, « ouf ! ». Je n’imaginais pas qu’en fait, cette année allait me tuer… J’étais occupé à briller en sciences physiques, je m’accrochais pour bien faire aussi en maths, très très difficiles à l’époque (le prof refusant les questions « pour comprendre » avec le jugement sévère « vous comprendrez à la maison ! »)… Je ne cherchais pas à imaginer un futur, mais, dans mon esprit, il était presque clair : on allait rester toi et moi dans la même classe (alors qu’en fait en première-terminale on n’a pas été dans la même classe), moi premier = « champion » intellectuel (donc adoré par toi ?) et toi avec quelques difficultés maintenant (avec la forte hausse de niveau requise en inventivité). On lierait amitié peu à peu, et puis le Bac nous séparerait, moi allant en école d’ingénieur en dessin aéronautique, et toi je ne sais pas où, mais acceptant qu’on se revoie, tendres regards… puis demande en mariage de ma part cinq ou dix ans après, et le bonheur, simple (sans enfants qui hurlent). Et c’est dans cet Univers en construction que tu as dit à jocluh que tu te cherchais un « vrai beau mec », donc pas moi du tout ; au contraire un danseur, un vieux à voiture et/ou fric, un « homme » (pour les machins salaces dont on avait entendu parler en « éducation sexuelle » en classe de troisième), pas un gentil copain garçon, Je me suis effondré, là, sentimentalement mort et enterré. Enfin, ce corps continuait à vaguement respirer, boire et pisser, et le « plu’ rien au monde » que j’étais a un peu continué, à écouter les profs racontant n’importe quoi sans rien comprendre aux cataclysmes du monde. Et puis ta meilleure amie, la petite blonde polonaise culbu, me souriait, très doucement, affectueusement, gentille. Elle avait été arrêtée médicalement un mois en début d’année, pour dépression nerveuse, et n’avait jamais rattrapé son retard, devenant dernière de la classe au lieu d’habituelle médiocre moyenne. Mais… ses sourires gentils me touchaient, et… on a comme sympathisé, peu à peu, à distance, sans se parler. Regards. Avant de détourner les yeux, timides, tous les deux. Et je me suis dit que culbu, en fait, devait être amoureuse de moi depuis deux ans et demi, en étant très triste que je te préfère, my-bah, que je ne voie que toi… Et ça me semblait injuste, de ma part et de tout l’univers, car – dans mon esprit – il avait toujours été clair que my-bah était ma préférée même si culbu (l’autre douce réservée de la classe) était « encore pluss jolie »… Et je suis tombé amoureux de culbu, amoureux fou cette fois. Enfin, pas au sens sexuel mais je serais mort pour elle, sans hésiter, si un tueur ou quoi avait menacé des élèves. Et comme elle allait redoubler, je lui ai proposé mon aide en sciences physiques et puis en maths, mais au lieu d’accepter en rougissant : incroyable, elle a dit non. Timide ? (Elle disait que son grand-père rescapé d’Auschwitz l’aiderait, mais ce n’était pas le sujet, juste un prétexte officiel à lier amitié personnellement…). Enfin, mon cerveau marchait à mille à l’heure, chamboulant toutes mes bases, et je lui ai donné raison : peu importait les maths et les sciences, le sentiment était un milliard de fois pluss important. Je l’ai invitée au cinéma… Mais elle a refusé aussi. Elle culbu pourtant passionnée de cinéma, réputée l’experte de la classe en cinéma. Et puis elle m’a dit de la laisser tranquille, et elle a redoublé, et moi cet été-là, je me suis jeté de la falaise. Mort, physiquement mort cette fois. Enfin, des secouristes et docteurs (post mortem ?) ont recousu, drogué, remis debout le corps cassé. Mais culbu n’a pas répondu à ma lettre, a refusé de me parler quand je suis retourné au lycée. Trois ans plus tard, tandis que, fidèle désespéré, je pleurais chaque soir pensant à elle, elle a accepté de « faire le point » avec moi. Enfin, au rendez-vous qu’elle a fixé, elle n’est pas venue… mais elle a donné un autre rendez-vous, et finalement elle m’a écrit qu’on ne se reverrait plu’ jamais, qu’elle espérait que j’aille mieux. J’étais là mort, définitivement. Enfin, le légume que j’étais (malgré l’obtention d’un bac maths mention très bien, ce qui était immensément rare en 1981, surtout pour un dépressif n’apprenant plu’ les leçons) a cessé ses études de médecine – entamées parce qu’un ancien prof de maths (l’oncle de jocluh) m’avait dit que culbu aimait les médecins – et j’ai voulu devenir balayeur de crottes de chiens, zéro, végétant simplement hors du cimetière pour ne pas charger la conscience de celle que j’aimais, sans retour. Enfin, pour ne pas chagriner follement mon père ambitieux, j’ai accepté de faire quand même des études courtes de technicien supérieur, puis j’ai accepté un emploi (très loin et à la campagne, perdue) de technicien pas supérieur, en refusant toutes les promotions ensuite. Vivant sans sortir ni rien, pleurant en écoutant gémir Mickey Newbury regrettant sa copine l’ayant laissé tomber… Une dizaine d’années après, dans notre usine est arrivée une petite jeune fille (« nampucua », exact prénom de ma copine polonaise, imaginaire, à l’image de culbu) ressemblant énormément à culbu, et j’ai eu peur. Quand mon service contrôle, menacé de fermeture (dans mon esprit lucide, ayant invalidé les mesures que nous pratiquions pour rien), m’a nommé chef sans discussion, devant chaque jour dialoguer avec la sosie de culbu (qui regardait avec intérêt le bel ingénieur de production automatisée – avant de se mettre en couple plus tard avec le bel électronicien chef d’escalade), j’ai démissionné, sentant pointer la catastrophe. Et je pensais ne plu’ pouvoir payer mon loyer, être jeté à la rue, mourir de froid, d’accord. Mais le service recherche a demandé à me récupérer et je n’ai donc fait que changer de service, implantant dans ce service la technique dont j’étais devenu « spécialiste ». Et culbu avait eu trente ans, pas répondu à mon envoi de livres (philosophie antiréaliste et romances tristes) que j’avais écrits pour elle… j’ai osé lui téléphoner. Et elle a accepté de m’envoyer une photo d’elle maintenant, à faire en recontactant un de ses amants photographes (ai-je cru comprendre, même si une simple image-machine à deux sous aurait amplement suffi à mon « bonheur »). Mais cinq ans plus tard, elle n’avait toujours pas envoyé cette photo, et je lui ai légué par chèque de banque toutes mes « économies » (grand résidu de mon petit salaire presque pas dépensé). Je l’avais désignée légataire universelle et je pensais mourir (sans importance puisqu’elle n’avait rien à foutre de mon cas), et je tentais simplement d’envoyer l’argent avant de mourir, au cas où il y ait malentendu, comme « Ah oui, j’ai complètement oublié de t’envoyer ma photo, tiens la voilà ». Et j’ai acheté mon premier téléphone, à presque 35 ans donc, enregistreur, au cas où elle me cherche dans l’annuaire et appelle… Effectivement, elle a appelé, pour me commander d’aller voir un psychiatre immédiatement (pour m’enfermer avant que je me tue ?). Et je suis allé voir à la grande ville la psy qu’elle a indiquée, qui a conclu une imbécilité freudienne, et je suis tombé de mon quatrième étage. Encore une fois, les pompiers et docteurs ont plâtré et reconstruit le corps cassé, et quand deux ans plus tard je suis ressorti, c'était pour rien, comme une nouvelle vie post mortem. Au téléphone, impossible de joindre culbu, qui s’était mise sur liste rouge pour ne plu’ que je l’importune, et tant pis si j’en crevais, la salope… moi qui avais tout pardonné, des décennies, là je ne pouvais plu’. Et… je me suis dit que je m’étais trompé en classe de seconde, préférant finalement culbu à my-bah : non, puisque ma visée n’était nullement sexuelle mais simplement amicale, j’aurais dû continuer à préférer my-bah. Mais l’annuaire ne retrouvait évidemment pas my-bah, sans doute mariée évidemment (quand culbu préférait jouir de la consommation échangiste de mâles multiples… moi exclu, romantique idiot, « saleté »…). Là-dessus arrive dans ma boîte aux lettres une publicité pour une agence matrimoniale asiatique, avec des sosies de my-bah dites « douces jeunes filles effacées, fidèles, rêvant d’un protecteur tendre »… j’ai écrit, puis payé… et je me suis retrouvé marié à une philippine deux ans plus tard… comme une my-bah bis (sans tes yeux bridés, my-bah, les austronésiennes vahinés ont simplement ton petit nez adoré)… Comme si mon cœur n’avait jamais cessé de balancer entre la polonaise-blondinette et l’asiatique-pacifique… (quand je ferme les yeux, mon double reste l’ami de nampucua, pas d’une asiatique…). Et là-dessus, on me dit que ma my-bah avait sans doute plaisanté, en parlant de ces danses en boîte le samedi soir… Me tuant pour rien, pour rire, pour se donner un genre ? Là, je me sens moins que rien, un jouet, déplaisant, mis à la poubelle, à sa place, bien méritée…
  J’avais remarqué que les douces introverties (my-bah, culbu) ne fumaient pas quand leurs collègues « voulant se donner un genre », des airs d’adultes, tétaient la clope, mais je n’avais pas imaginé que – loin d’être des anges adorables – les pures jeunes filles innocentes, « timides », allaient elles aussi s’amuser à tuer des garçons, des hommes.
  Quelle horreur, ce monde… Mickey Newbury pleure « I don’t think much about her no more », je ne pense plu’ beaucoup à elle : bien moins que chaque seconde maintenant… Et c’est triste, car ces tueuses ne le méritent pas. Je ne te dis pas merci, my-bah…



----- Complément sur le mot « dépressif » (05/01/2017) -----
  Je regrette d’avoir ci-dessus employé le mot « dépressif » pour me désigner moi-même à l’époque. Certes, j’entendais ce mot médical mais il était entièrement faux. Je ne suis plu’ sous antidépresseurs mais sous antipsychotiques, et c’est pareil : les docteurs et pharmaciens me semblent en matière « psy » des escrocs. Etre triste à mourir n’est pas une maladie, ce n’était pas moi le problème mais les comportements (criminels ?) qui m’ont cassé menu, approuvés comme « normaux » par cette société pourrie, je crois.

----- Sérieuse objection reçue (07/01/2017) -----
  On me répond deux éléments raisonnables très majeurs :
1/ Il n’est pas choquant qu’une jeune fille rêve d’un prince charmant illusoire, au moins temporairement.
2/ Au lieu de se tuer, il est bien plus approprié d’attendre, les changements d’avis sont courants.
  Je l’entends bien mais je suis partiellement en désaccord :
1/ J’étais immensément naïf à l’âge de 15 ans, et il est clair que la situation avec my-bah était simplement deux rêves qui ne sont pas en phase, ce qui est normalement bénin. Toutefois, avec my-bah je n’ai connu qu’une désillusion très douloureuse, faisant s’écrouler mes rêves de pré-adolescent, ça ne m’a pas vraiment tué en tant qu’individu humain, viable dans la douleur ou contrariété. Le problème est peut-être en partie éducatif : au lieu de nous bassiner avec du Molière en alexandrins, et autres bla-bla, il aurait été plus judicieux de nous éveiller aux difficultés des relations inter-personnelles. Et je ne parle pas du message brut en « sciences naturelles » dit « éducation sexuelle », mais d’un éveil des cœurs, à comprendre l’autre, ne pas surinterpréter, attendre de vrais feux verts, envisager les risques d’erreur, etc. Je pense aussi qu’une part très majeure du problème est le dogme social idiot sur l’égalité masculin-féminin : alors qu’une fille de 15-16 ans est une adorable femme mariable, un garçon de 15-16 ans est un ridicule garçonnet pitoyable. D’où clash, prévisible, et les statistiques de suicide chez les garçons de 15 ans mériteraient autre chose que des regrets « sans (vouloir) comprendre ».
2/ Rétrospectivement, je peux reconnaître qu’avait tort le suicidaire que j’étais à 15 ans, choisissant la facilité et grandiosité d’une mort immédiate, cassé, plutôt que le rude et vil chemin de l’attente d’une amélioration possible, incertaine. (Enfin, je relie ça avec mon « anorexie » antérieure : si à l’âge de 10 ans, on m’avait mis un revolver sur la tempe en hurlant pour que je mange du fromage, je serais mort en héros, presque content de mourir sous la torture, et là me semblait la grandeur, le bien, le juste, le beau). Mais ça ne s’applique pas au suicidé de 34 ans, ayant attendu douze ans sans dire le moindre mot (1981-1993), dans la souffrance intense et muette, et qui se voit re-re-refuser même une camaraderie innocente et superficielle, coûtant si peu à la demoiselle (1 minute-bonjour 1 fois par an). Appelé à se faire interner chez les dingues dangereux horribles, pour crime de tendresse platonique, ça c’était trop, carrément insupportable. Enfin, en un sens, puisque c’est du passé révolu, il est possible de chercher à comprendre ce qu’il y avait d’insupportable en cela. Je crois que le pire était qu’implicitement, inacceptablement, germait l’idée « en fait, elle est très horrible, très méchante, j’ai gâché ma vie pour rien de rien à attendre cette peste, confirmée affreuse ce que je ne voulais pas voir, c’est la négation de ce qu’il y avait de plus beau en moi, il ne reste rien, rien, rien. » Et ce n’était guère admissible d’un simple « OK », c’était une explosion létale, vécu tel en tout cas. Ce n’est qu’après la détresse immense de deux ans d’hôpital, assommé par les médicaments, qu’a pu émerger l’idée, sous forme tolérable, « je me suis trompé, en l’adorant ». Je me demande encore comment ce changement a pu se faire, mais je crois deviner la réponse : au cours de ma très longue hospitalisation, j’avais très envie que vienne le soir, pour rêver, puis j’ai demandé papier et stylo, pour écrire mes rêves (pour les relire moi-même, changer la fin en mille variantes), et j’ai été très malheureux quand, temporairement, les excès médicamenteux ont brouillé mes yeux m’empêchant d’écrire, toute ma vie étant là, dans la rêverie idyllique (enfin : pas sirupeuse mais avec imaginaires méchants et héros). J’ai en ce sens été sauvé par le personnage imaginaire de nampucua, qui est devenu le centre de ma vie sans plu’ faire référence à son modèle « réel » culbu. Sorti de l’hôpital avec ce profond changement, vécu au jour le jour, confirmé des centaines de jours, j’étais prêt à tourner la page culbu, cette fois.
Conclusion/ Je me suis partiellement trompé dans mon texte initial : seule culbu m’a tué, à 15 ans puis 29-34 ans, pas my-bah. Tout laisse à penser qu’elle aurait fait pareil, mais ce n’est pas certain : elle aurait pu accepter une simple amitié. D’accord. Je n’en garde pas moins la conviction que les filles de 15 ans se choisissent des hommes mûrs, en souriant si en crèvent les garçonnets de 15 ans dans leur classe. C’est moche, ce n’est pas forcément de leur faute à elles, c’est juste « mal pensé », au nom du dogme idiot de l’égalité.

----- Danse danse danse ! (29/12/2018) -----
  Hier toute la journée, j’étais profondément malheureux, et je pense ressortir des valises le traitement antidépresseur emmené vaguement en vacances. J’étais aux Philippines, à une très grande fête de famille de peut-être 200 personnes, avec une vingtaine d’adolescentes de 15 à 19 ans, dont une dizaine plus jolies que Miss Univers (maquillée), et… toutes, toutes, dansaient (se secouant toutes seules) avec des sourires de bonheur immenses, radieux, extatiques. Tant mieux pour elles, en un sens, mais… ça me rappelle my-bah et culbu, danseuses assidues aussi, quand je n’étais absolument pas danseur. Et… ma copine imaginaire, nampucua, n’est absolument pas danseuse, non, « par principe » même, presque. Lors de cette fête, mon beau-frère américain dansait, lui, souriant un peu mais sans donner l’impression de plaisir intense, au contraire des demoiselles. Moi je restais assis, dans un coin, les yeux par terre, malheureux, répondant « j’ai sommeil » quand on me demandait si ça va. Je vais essayer d’ordonner tout ça dans mon esprit.
  Quand j’étais adolescent moi-même, ma petite sœur faisait de la danse classique, et ça me désintéressait, simplement. Toutefois, elle a tenu à ce qu’on aille toute la famille « admirer » son gala de danse de fin d’année, et j’y suis allé comme mes parents, indifférent plutôt amical (sans mon frère sportif qui « avait un match » je crois). Les petites filles en tutu faisaient les trucs de ballet de la télévision, prétendus « beaux », bof peu importe, l’important était que ma petite sœur soit contente. Mais après ce ballet des fillettes en danse classique, le spectacle se poursuivait en danse moderne des adolescentes, avec une musique toute autre, très rythmée, ce que mon père appelle « la branle des ours ». Et… mon adorée my-bah en faisait partie, de même qu’une fille de la classe aussi (de 3e ? une prénommée kopuh). Et elles se trémoussaient en grande joie, moi ça m’attristait profondément, sans que je clarifie clairement ce sentiment en moi.
  L’année d’après je crois, immensément déçu par my-bah, me snobant en cherchant « un vrai beau mec », je suis tombé fou amoureux de sa copine culbu, tristounette touchante et faible. Mais elle m’a rejeté, me brisant le cœur cette fois, et j’errais perdu dans Toulouse, en voie d’arrêter mes différentes activités (secourisme, aïkido, etc.). Elle a redoublé, puisque refusant mon aide scolaire, je ne la revoyais plu’ (elle refusait de me revoir) et je crois que je l’ai croisée dans le couloir du dojo, rue de la pomme. Alors que je venais pour une des dernières fois aux séances d’aïkido, self-défense douce, au premier étage, elle allait juste en dessous, aux séances de danse moderne (dont la musique super-rythmée martelait jusqu’au-dessus, toujours). Et j’étais là immensément malheureux, de la voir (refusant de répondre à mon bonjour comme d’habitude) et allant s’éclater de joie à se trémousser en diable… Toujours pas de pensée en moi contre la danse, de manière réfléchie.
  Deux ans plus tard, culbu a accepté de me revoir, pour faire le point, et… elle disait qu’elle ne connaissait pas les garçons, à l’époque où on s’était connus, sous-entendant que ça avait changé, peut-être qu’elle était devenue femme, peut-être qu’elle prenait la pilule et multipliait les conquêtes… Et un de ses plus grands souvenirs, disait-elle, était d’avoir dansé dans les abris (« et tout ça… »), en Israël, qui était son pays selon elle. Moi je recevais ces informations toutes à la fois, sans bien réaliser, pressentant que c’était la dernière fois de toute ma vie que je la voyais. Mais je réalise maintenant que m’était jetée au visage l’évidence « danse en public et sexe bestial, ça va ensemble »…
  A la réflexion, je vois les choses ainsi (en pensant qu’hier à la fête, même des vieilles de 70 ans dansaient avec intense bonheur apparent) : pour les femmes et jeunes filles, la danse est un plaisir sexuel (se secouer la poitrine en rythme), qui apporte jouissance aux jouisseuses, et la danse rythmée disco (« I will survive » plus grand succès hier) leur rappelle ou évoque le martellement coïtal jouissif. Peut-être comme le « adada sur mon bidet » grand-parental pour les fillettes, coutume devenue suspecte de pédophilie excitant les fillettes pour les préparer à baiser (ai-je entendu dire, par des gens trouvant cette interprétation psy absurde). Bref, la danse disco serait une forme de masturbation en public, autorisée (ou applaudie) par la coutume en Occident depuis ma génération. (C’est en 1978 que sortait le film « la fièvre du samedi soir » je crois, et je me suis tué en 1979). J’ai entendu dire que les Musulmans Islamistes (et laïques de la génération de ma grand-mère) interdisaient ou déconseillaient la danse aux femmes, car jugeant cela trop impudique. Et j’avais entendu dire aussi que des intégristes catholiques condamnaient la danse, puisque sexuellement suggestive, contraire à leurs valeurs (puritaines). Je pense aussi au célèbre Michael Jackson, qui avait coutume de se toucher/frotter le pénis au plus fort de l’excitation danseuse, avec de petits cris orgasmiques. Oui, tout cela va dans le même sens, et… nampucua, elle au contraire, a honte de tels comportements, dont elle s’abstient évidemment (sans rien dire, sans donner tort aux avis différents), « coincée » selon les autres, mais n’aspirant nullement à se décoincer d’un blocage subi, non, c’est un sentiment très profond – que je juge « beauté intérieure ».
  Bref, je vois les danseuses comme des avides de sexe, bestiales, et les refuseuses de danse comme des timides adorables. Quand 100% des jolies jeunes filles, en vrai, s’avèrent danseuses, je déprime et préfère rêvasser, à ma nampucua imaginaire…
  (Remarque : c’est peut-être moins lié qu’on pourrait le penser à la scission extraverties/introvertie. En effet, la timide introvertie reste sagement repliée, mais en théorie elle pourrait se secouer en se touchant, à la Michael Jackson, si elle n’avait pas pour valeur de base une extrême pudeur. Inversement, une extravertie bavarde compulsive peut refuser la danse physique excitant les yeux mâles pour préférer se saouler de prières religieuses déclamées en réunion).
  (Remarque 2 : je n’ai jamais compris pourquoi des hommes dansaient, sans la jubilation extatique des femmes ce faisant – sauf Michael Jackson, couinant de jouissance. Apparemment, ils se mettent en dansant en bonne position pour honorer les femelles excitées, toutes émoustillées par le fait de s’être bougé les seins en cadence.)
  Tout ceci m’amène à la conclusion, pour moi majeure, que quand on entend parler comme victime (d’attentat ou d’accident) de « jeune fille de 15 ans, innocente, une enfant », je réalise qu’on m’a trompé assidument, et qu’en fait il s’agit d’une femelle bestiale, commençant à bouffer du mâle, en se contrefichant de tuer les garçonnets de son âge, sa jouissance à elle passant avant tout.

----- Oublis pas bénins (31/12/2018) -----
  J’ajoute d’autres éléments sur la danse, oubliés en premier jet :
1/ J’ai entendu dire qu’Elvis Presley, dans les années 1960, n’était filmé aux USA (puritains) qu’au-dessus de la ceinture, car son déhanché était comme explicitement sexuel (à coups pubiens/péniens ?). Oui danse et sexe peuvent aller étroitement ensemble, quand cela excite fort les filles.
2/ Peut-être qu’une faute énorme, gravissime, de ma part (me faisant rater toute ma vie), a consisté à ne pas aller voir le film « Saturday night fever » en 1978, à 14 ans. En effet, il mettait en immense vedette John Travolta, avec l’enthousiasme total de culbu, et quand je vais aujourd’hui voir comment il danse dans ce film (exemple : https://www.youtube.com/watch?v=LUID0jSh2Ic ) oui, il s’agit de mimer (en musique cognante) l’acte d’amour bestial, ce qui donc excitait fort celle que j’allais prendre pour une toute timide ingénue, à tort complètement…
3/ Si Michael Jackson montre une forme masturbatoire de la danse masculine (toucher, glapissements orgasmiques, exemple : https://www.youtube.com/watch?v=kDj0Rbnedwk ), peut-être était-ce lié au fait qu’il soit classé « à moitié femme ». Je me souviens du sketch des inconnus : « Michael Jackson : Blanc ou Noir ? Gris ! Homme ou Femme ? Joker ! »…
4/ Un ami me fait remarquer que la danse, dans de nombreuses tribus africaines, est surtout masculine, virile, préambule à la guerre intertribale. Effectivement c’est autre chose que le disco d’ici, plaisant surtout aux femmes (et mâles en chasse à celles-ci).
5/ Il me dit aussi qu’il y a un film américain dont le titre est « les vrais durs ne dansent pas », pour le côté féminin ou efféminé de la danse chez nous. Internet m’ajoute le titre original « Tough guys don’t dance », 1987, et la critique juge que c’est un fantasme misogyne d’homme à homosexualité latente. Ce n’était pas du tout mon état d’esprit en critiquant la danse : je préfère les filles non-danseuses aux filles danseuses et aux garçons.
6/ Il me dit enfin qu’il n’est pas convaincu par mon avis qu’il définit comme « nos danseuses occidentales sont des nymphomanes en mouvement ». Euh, il faut que je vérifie le sens de nymphomane dans le dictionnaire, parce que ça ne semble pas des femelles en chaleur avides de mâles mais des masturbatrices heureuses, ce qui est bien pour elles, d’accord, mais un peu indécent, pas plaisant à voir comme exhibitionnisme jouisseur. Le dictionnaire Internet dit que nymphomanie signifie exacerbation pathologique des besoins sexuels chez la femme. Je ne voulais pas dire ça de la danse féminine pour plusieurs raisons : a) je pense que ça concerne aussi les jeune filles de 15 ans pas encore devenues femmes ; b) je ne pense pas que ce soit pathologique mais que ce soit hélas la normalité naturelle, non bridée par la louable et rare pudeur personnelle ; c) à mon avis, ce n’est pas un phénomène typiquement féminin mais constitue le parallèle à ce que dénonce le mouvement MeToo chez les hommes, tous accusés d’être constamment des chimpanzés en rut : il s’agit simplement de la tendance naturelle à la bestialité avide de jouissance sexuelle (danse chez les femmes, envie de viol ± contenue chez les hommes), et ça ne me parait pas joli, simplement. Je préfère l’humanité timide, plus « humaine » au sens de moins bestiale.