PSEUDO-PHILO
Pseudo-philosophie scolaire
par Tifice, 06/06/2014


Je viens de recevoir un SPAM de l’Institut National de l’Audiovisuel m’incitant à « réviser » (si j’avais 17 ans et non 50 ans) « les sujets-phares de la discipline Philosophie » :
1- L’homme peut-il être inhumain ?
2- Comment se préparer à mourir ?
3- Peut-on penser sans préjugés ?
4- Un homme libre peut-il obéir ?
5- L’art nous révèle-t-il quelque chose du Réel ?
6- L’art peut-il être vrai ?
7- Le temps est-il notre malheur ?
8- Faut-il n’avoir plus de désir pour être heureux ?
J’envisage d’aller écouter ce que disent les « philosophes professionnels » sur ces sujets, mais je suis tenté de répondre sommairement ma position sur chaque sujet, avant :

1- L’homme peut-il être inhumain ?
Ce qui est « humain » ou ne l’est pas tient surtout du verbiage. Souvent dans les discours « humain » signifie « bien » et « inhumain » signifie mal, ça n’a rien à voir avec ce qu’on retrouve ou non dans le règne animal. L’amour d’une mère envers son bébé sera ainsi déclaré supérieurement humain (une mère n’aimant pas du tout son bébé étant classifiée inhumaine), alors qu’il est le même chez les truies. L’empathie sera déclarée spécifiquement humaine en cachant les témoignages scientifiques montrant les comportements similaires chez les chimpanzés et dauphins (avec même des cas d’aide inter-espèces). En conclusion j’imagine, la guerre ou le génocide seront pointés comme à la fois spécifiquement « humains » et pourtant « inhumains », ce qui est faux là encore : les bactéries s’entretuent parfois entre frères et sœurs, les fourmilières concurrentes peuvent s’exterminer, etc. Tout ce bla-bla sur le caractère « humain » n’a presque aucun intérêt, du moins n’a aucun intérêt intrinsèque, même s’il peut déboucher sur des réflexions éthiques intéressantes. Notamment, je juge abominables (« inhumains » si on veut) mes ancêtres s’étant prétendus champions de morale contre les aristocrates ou les fascistes, tout en étant partisans de l’esclavage puis de l’indigénat. Mais ça, la philosophie n’en dira pas un mot, puisque ça saperait la propagande en place (surtout aujourd’hui jour de célébration du débarquement allié en Normandie : la propagande fonctionne à plein tube, sans l’ombre d’une réserve : « les Américains sont venus pour sauver la Liberté », je demanderais : « la liberté de nos soumis Malgaches, Indochinois, Algériens ? », non, chut… Hourrah, Hourrah !).

2– Comment se préparer à mourir ?
« Se préparer à mourir » est spécifique du dogme réaliste selon lequel nous sommes tous mortels, de vieillesse. Je n’en suis nullement convaincu. Jusqu’à preuve du contraire, le monde est peut-être mon rêve, et je peux faire n’importe quoi sans que cela conditionne le rêve suivant. Le bla-bla des religieux est nul, non pertinent. Je pense que la pseudo-philosophie oscillera entre les dogmes judéo-chrétiens et athées matérialistes, sans percevoir la logique sceptique/bouddhiste/indouiste d’une pluralité possible des mondes toujours égocentrés. J’ai connu ce scandale à 16-17 ans, quand on me faisait lire Montaigne et d’autres vieux bavards nuls (comme l’imposteur Descartes ayant prétendu réfuter l’hypothèse du rêve sans jamais être invalidé par nos « philosophes »), alors que j’avais plus de recul qu’eux après une vraie tentative de suicide.

3– Peut-on penser sans préjugés ?
Le mot de préjugé me gêne, car je ne l’emploie jamais. Ceci-dit, je perçois ce dont il est question, et ça me rappelle un auteur (Wittgenstein je crois) qui disait que la philosophie devrait commencer sur un cri guttural sans se situer en aval des conventions verbales. Il est clair que l’éducation qui apprend à parler véhicule une propagande éhontée dans bien des domaines, et donc : penser verbalement exprime une foule de préjugés. Ceci dit, mon opinion est que le travail de la pensée digne de ce nom consiste à déboulonner les graves confusions du langage : comme « moi », « juif », « folie », etc. Ce n’est absolument pas le sujet de la philosophie institutionnelle, hélas prise dans la propagande ambiante, en faisant semblant de réfléchir, adorant les anciens et privant de publication les remises en question très graves.

4– Un homme libre peut-il obéir ?
Il est clair que la question de la liberté et de l’obéissance est un verbiage classique en philosophie. Mon prof de philo disait que pour rouler sans accident, il convient de s’entendre pour rouler à gauche ou bien à droite, puis d’obéir à cette règle arbitraire, qui ne brime pas la liberté digne de ce nom (laquelle n’est jamais absolue : « la liberté de chacun s’arrête là où elle empiète sur la liberté d’autrui »). C’est en fait bien moins simple que cela : en régime dictatorial (la règle étant de ne pas offenser le dictateur), la « liberté de pensée » est ainsi préservée, ce n’est que la liberté d’action, de parole, qui est refusée, ce que les philosophes détestent. Au contraire pourtant, le silence total des philosophes quant à la française Loi Gayssot (interdisant le scepticisme) indique que les dogmes israélites sont spécialement exemptés d’équité (comme en matière de racisme), ce qui ruine tout le système, invalide la prétendue logique. La « philosophie » a été volée par les alliés aux dictateurs en place.

5 – L’art nous révèle-t-il quelque chose du Réel ?
Les questions sur l’art et le Réel sont tout spécialement du verbiage creux. Jusqu’à preuve du contraire, la notion d’art est du pur snobisme (art décrétable pour des gribouillis enfantins parés de signature célèbre), et la notion de Réel devrait être mise en cause, tous les arguments écartant l’hypothèse du rêve ayant été invalidés (par moi-même, avec refus des éditeurs français de publier pareille bombe). Ceci dit, j’imagine le bla-bla classique, disant que l’art moderne fait passer des émotions, au-delà du caractère photographique de l’art antique. Bla-bla.

6– L’art peut-il être vrai ?
Il y a deux questions liant art et vérité : d’une part l’art figuratif (avec vrai au sens de réel en oubliant de réfléchir), d’autre part l’art digne de ce nom (en osant déboulonner le concept d’art). J’imagine que les « philosophes » diront que même quand un artiste veut peindre la réalité, il y met de son cœur et de sa sensibilité, ce qui est plus que le simple « vrai » – je dirais à ce sujet, avec les bouddhistes, qu’en un sens, « tout est illusion, rien n’est vrai » et que la photographie peut elle-même basculer dans le non-être au prochain éveil ou réveil. Quand à discuter si un art indiscutablement digne de ce nom est possible : j’en attends encore la preuve ; pour l’instant ce n’est qu’une étiquette signifiant « supérieurement beau, et ceux qui n’aiment pas sont de méprisables incultes » : snobisme agressif et immoral. Le plaisant est plaisant, pour moi, ça ne justifie pas le concept objectif d’art, insensé je crois.

7– Le temps est-il notre malheur ?
La formulation de « notre malheur » est simplement sotte, insultant la sagesse relativiste, individuelle. Chacun son malheur. Un vieil arthritique dira que le temps est son malheur, et alors ? Une personne violée ou un enfant famélique lui répondront chacun que son malheur est ailleurs, et ils auront raison. Ceci dit, j’entrevois là encore le discours pseudo-philosophique, disant bêtement : « même si vous êtes pleinement heureux, vous êtes condamnés à vieillir, donc à souffrir et disparaître ». C’est simplement idiot, oubliant la sagesse relativiste, fondée sur le « moi ici maintenant », le reste pouvant n’être qu’un rêve, un rêve de plus. Enfin, ça n'épuise bien sûr pas le sujet : j'imagine qu'un lycéen classique dira que Oui, le vieillissement abîme, mais il enrichit aussi, et les vieux sages ont une forme d'utilité en plus des jeunes fougueux. C'est là du bla-bla traditionaliste puisque, à 15-17 ans, je n'étais pas fougueux mais en dépression nerveuse, avec plus de sagesse que la plupart des auteurs qu'on me forçait à lire, à l'école (et un contrexemple suffit à invalider une prétendue vérité universelle).

8– Faut-il n’avoir plus de désir pour être heureux ?
La formation interronégative appelle je crois clairement un « non » en réponse, et cette renonciation à « toujours plus de désir » correspond classiquement à ce qu’on nomme « l’esprit philosophe ». En fait, c’est du bla-bla, dans un occident opulent, gavé de surconsommation. Les goinfrés se donnent ainsi bonne conscience, en disant ne pas pratiquer la logique « toujours plus », mais… en oubliant (la faute morale) que leur surconsommation n’est possible qu’à l’abri de frontières armées, avec expulsion des étrangers et candidats au partage (de travail et rétribution), ce qu’on exigerait si l’on était à leur place (et la morale est « traiter autrui comme on voudrait être traité si l’on était à sa place »)… Il y a certes le cas bouddhiste, le Bouddha ayant professé qu’il faut cesser de vouloir pour ne plus souffrir de ne pas avoir, mais… cela a dérivé vers la mendicité (en désirant la nourriture plus que l’extinction paisible), la théocratie tibétaine (forme d’esclavage au profit des religieux) et la surpopulation asiatique (en continuant à copuler et enfanter en masse). Je ne vois donc que du bla-bla partout.
  En me relisant, je perçois un malentendu complet, avec cette pourrie langue française employant un mot ("plus") pour dire quelque chose et son contraire ("more" et "no more" anglais). Finalement ce n'est pas une question sur le "davantage" comme je l'avais lu (appelant réponse Non), mais sur le "plu' rien" à la façon bouddhiste (appelant pour les Occidentaux la réponse Si). La formulation me parait malhonnête avec son "faut-il", puisque presque rien n'est obligatoire pour tous et toujours, il y a des exceptions (ne serait-ce que possibles). Mais je maintiens que le renoncement au désir est une voie vers la sagesse, même si les ermites sont rares et les joueurs de Loto sont innombrables (ils l'étaient même secrètement en URSS où cela était interdit). Bref, imposer pareille voie serait très impopulaire, tout en étant sage à titre de voie envisageable. La mise en question de la société de consommation dominant le monde occidental me parait plus intéressante, mais hélas hors-sujet ici.
  [Synthèse 07/06/2014 : je ne suis pas content de moi, pour cette erreur de lecture, le "ne plus" ayant été écrit en clair. Je maintiens néanmoins que la langue française est le contraire de la clarté, et l'écriture « la recette du bonheur n'est-elle pas "plus de désir !" » est à double-sens, contraire, selon que l'homographe "plus de" soit lu pluss de = davantage ou bien plu' de = aucun. Bref, puisque le sujet est avec "ne plu' = aucun", il faut le traiter en disant ce que j'ai à dire, différent de la philosophie institutionnelle de Platon à Lévy. D'abord, je dirais comme pour "notre malheur" qu'il est sot de prétendre à une recette universelle marchant pour tous, toujours. Selon les sensibilités et tempéraments, diverses voies sont possibles. Et presque toujours partielles, imparfaites. Toutefois, la voie du Bouddha a un sens : ne plu' vouloir pour ne plu' souffrir de ne pas avoir, d'où extinction catatonique/famélique (et en version romantique sans réincarnation : se tuer plutôt que de perdre le bonheur fou et sombrer dans la routine puis l'inimitié et le divorce). Ce n'est toutefois pas du tout la leçon de la philosophie occidentale, à dogmes judéo-chrétiens, interdisant l'auto-euthanasie et tout ce qui s'en approche. Même en Orient, le Bouddha s'est discrédité par la mendicité (vouloir la nourriture plutôt que l'extinction, vouloir manger soi sans se laisser manger par les fourmis), par ailleurs les dérives vers la théocratie tibétaine et surpopulation asiatique démentent totalement la renonciation au désir. Il ne subsiste de l'idée de départ qu'une forme adoucie : éviter la course infinie vers un "toujours pluss" qui piège dans l'insatisfaction. Toutefois, l'Occident beau-parleur ne pratique nullement cette sagesse, puisque son économie est entièrement fondée sur la publicité (excitant le désir en frustrant la non-possession) et la surconsommation (des "bien-nés" avec expulsion armée des candidats au partage équitable, de travail et rétribution). Il est aussi extrêmement suspect d'entériner tous les désirs passés couronnés de succès (conquête des Amériques, reconquête d'Israël) avant d'interdire, avec armes de desctruction atomique massive, les désirs d'autrui (partage par les Africains et Latinos, retour des Palestiniens expulsés). Là, les "philosophes" sont muets, la fausse accusation d'antisémitisme bloquant toutes les remises en cause de la domination américano-sioniste. La pensée comme la sagesse sont ailleurs que dans la "philosophie", donc. Ce qui me ramène à mon sujet. Ouf. (Certes, on ne peut pas demander à Platon ou Descartes d'avoir prévu la Nakba 1948, mais ils étaient nuls quand même : les Grecs antiques réfléchissaient à leurs propres désirs dits universels en se contrefichant des désirs de leurs esclaves, Descartes chrétien se contrefichait que Jésus israélite, raciste actif, ait professé que les nés-non-Juifs sont des chiens parce que nés non-Juifs. Zéro pointé.)]

J’aurais voulu écouter le « cours », pour confirmer que le contenu ne m’apporte rien, n’abordant pas mes objections et confortant mes craintes quant à la parole officielle. Mais ce cours (de 14 heures) est payant, non gratuit, et cet argent ne me paraît a priori pas mérité (je préfère aider ma belle-famille étrangère dans la misère). J’ai toutefois écouté la partie gratuite, de 11 minutes, sur le sujet 4 (Un homme libre peut-il obéir ?). Je n’y ai trouvé aucune surprise, qu’un très clair appel à la soumission envers les philosophes professionnels, notamment antiques, tous affirmés « géniaux ». Erreur méthodologique et éthique, pour des nuls ayant oublié de réfléchir (le croyant Descartes en théorie de la connaissance, les esclavagistes grecs en philosophie morale). Toutefois, j’ai noté 3 mots appelant débat, dans le discours de la professeure interviewée : esclave, fou, action. A) Il me paraîtrait utile de pointer le scandale des révolutionnaires chantant la Liberté avant de devenir esclavagistes ou colons : la liberté est généralement du bla-bla pour cacher la dictature. C’est pareil de nos jours avec la Loi Gayssot, interdisant le scepticisme, ce que s’abstiennent de noter les professeurs et auteurs professionnels (ce qui leur évite la prison mais rend leur discours : nul). B) Le dogme sur la folie privatrice de liberté est nul, sachant que la folie est décrétée subjectivement par des scientistes aveugles ayant défini la « rationalité pathologique » (la logique est dite maladive si elle dérange l’ordre en place). En Occident moderne comme sous dictature communiste stalinienne, exactement. Je suis sous antipsychotique, mais les relents de pensée qu’il me reste suffisent à dénoncer le vol commis. C) En termes d’action, quelle serait ma conclusion ? Je continuerai à hésiter entre "montrer la logique de ce qui se passe" sans obéir aux commandements de silence (donc au risque de la prison) et "me taire" en restant bêtement soumis aux dictateurs menteurs. La vraie philosophie est je crois dans le pointage de cette hésitation difficile, non dans le second camp en roucoulant des frivolités admirant les « grands auteurs » menteurs.
En conclusion générale : oui, la philosophie pourrait être intelligente, pertinente, supérieurement importante pour guider l’action, mais la discipline a été volée par des blablateux traditionalistes roucoulant du Rien (érudition passéiste). L’école entérine ce scandale et le professe comme juste et nécessaire (sans aucunement aborder l’opinion adverse). En 1981, j’ai eu la note alors exceptionnelle de 17/20 en philo au Bac, aujourd’hui j’aurais plutôt 03/20 ou zéro : il est interdit de réfléchir, la philosophie consiste à blablater très fièrement sans déranger. Enfin, c'était en classe scientifique C, avec philo peu majeure, pas en classe Littéraire A, avec philo importante, mais la règle est la même en Sciences (j'ai eu au Bac la note aussi exceptionnelle à l'époque de 18/20 en Maths) : mes "supérieurs" m'ont traité de malade mental parce que j'ai démontré une fraude mathématique dans les textes réglementaires gouvernant toute la pharmacie mondiale : chut, il faut en profiter, pérorer, surtout pas démontrer quelque chose de gênant en cassant le riche ordre en place (riche ici)...

Post-scriptum : je le disais, il s'agit de position personnelle. Quand j'écris "tel truc est nul", ça ne veut pas dire que c'est "objectivement" démontré nul (pour tous et pour toujours), ça signifie que j'en ai démontré l'incohérence d'une manière qui me satisfait, et que (pour me faire changer d'avis, ce qui reste possible,) il faudrait m'en prouver la cohérence.

Ajout 10/06/2014
Ma mère va relire ce que j’ai écrit, et je crains qu’elle soit choquée, que j’insulte mes grands-parents, traités d’inhumains alors qu’il s’agit de héros de la résistance (contre la barbarie nazie). Dois-je immédiatement présenter des excuses et me dénier ? Ce n’est pas si évident. A la réflexion, loin de voir une guerre 1939-45 des très gentils (les Alliés et les Juifs) contre les très méchants (l’Axe), avec le mystère des exterminations de civils à Dresde/Tokyo/Nagasaki (nullement classifiés crimes de guerre), j’y vois une guerre du mal contre le mal : 1940-1943 était en un sens une grande gifle méritée par les monstres qu’étaient les Alliés et les Israélites :
– Alliés : vous adorez la conquête, la morale dit « traitez autrui comme vous voulez être traités à sa place », alors soyez conquis maintenant ! (et tués si vous vous rebellez, sort normal des indigènes).
– Israélites : vous vénérez l’esclavage y compris celui des enfants, la morale dit « traitez autrui comme vous voulez être traités à sa place », alors soyez esclaves maintenant ! (et tués si votre rendement est nul, sort normal des esclaves).
Cela bouleverse tout ! Jamais je n’ai entendu le milliardième de ces remises en question philosophico-historiques à l’école (et mes grands-parents étaient précisément enseignants). La propagande abrutissante règne à l’école, ça me semble pleinement confirmé. L’intelligence critique (de mes camarades refusant les cours ?) est saquée, avant d’être combattue (comme pour moi, lucide tardivement : prison chimique ou physique)…

Réponse maternelle (19/06/2014) : la réponse de ma maman appelle des objections intéressantes.
* « Pour ma génération (et la tienne aussi peut-être) le bac signifiait la fin des "Humanités" classiques qui t’avaient appris à "admirer" les grands auteurs en 1e et les grands penseurs en Terminale… Fiches, révisions, et surtout pas d’idées personnelles. » --> C’est partiellement différent pour ma génération (Bac 1981) par rapport à celle de mes parents (Bac 1952-53) : la prétendue élite scolaire n’était plus les « lettres » mais les « sciences », avec suprématie des Maths, ambitieuse, entièrement fondée sur démonstration totale par le professeur (sans faire réciter/appliquer des théorèmes parachutés). Cela a peut-être disparu peu après, avec le mouvement socialiste vers les 80% de reçus au Bac et les classes en « sciences de l’ingénieur ». Mais je fais partie de cette génération toute bizarre, au milieu, focalisée sur la logique, en n’ayant rien à faire des convenances de salon (« Lettres ») et des récitations techniques (d’ingénieur).
* Ma mère cite avec délectation, sur ces sujets philosophiques pointés par l’INA, Socrate, les Epicuriens et les Stoïciens, Rousseau et Montesquieu, tout en convenant que « de nouveaux horizons ont été ouverts à la philosophie par les sciences contemporaines et par la fréquentation de philosophies non occidentales. » --> C’est riche, effectivement, s’il s’agit de discourir pour ne rien dire. Tout change, totalement, si l’on dit au contraire : "peu importe d’où ça vient, telles sont les données du problème, telles sont les incohérences où chercher une voie". Mais non : la philosophie (scolaire et institutionnelle) ne sert pas le moins du monde à pointer les incohérences dominantes, il s’agit de blablater savamment sans faire de vague. Là est le drame, là est le vol. Pas un philosophe ne demande "puisque l’on a rendu Israël aux Hébreux (prétendus), pourquoi ne rend-on pas les Etats-Unis et les Antilles aux Amérindiens ?", non, pas question de passer au crible logique les dominations qui régentent le monde actuel, pas une seule seconde ! Cela fait des salons courtois et des foules stupides, hurlant pour préserver leur petit confort, explosant sur les bombes "terroristes" sans rien comprendre à rien, déléguant le pouvoir aux instruits (y compris celui de décider l'attaque militaire), roucoulant des noms de célébrités littéraires et appliquant les dogmes entendus dans leurs études ("la Croissance", "l’Europe", "la Nation", "la pleine légitimité religieuse si les religions laissent le pouvoir aux politiques", etc.).
* « Je pense comme toi que la "Vérité Historique" n’existe pas plus que "la Vérité" en général. » --> Ah bon, mais puisque notre intelligentsia est constituée de moutons blablateux, cette opinion est – sans aucun problème – devenue passible de deux ans de prison, pour offense "antisémite" au dogme officiel sur la Shoah ! (dénier la véracité des génocides de Mohicans ou Caraïbes étant bien sûr permis, puisque les victimes en étaient de « sales non-Juifs »)… La pensée n’existe plus dans ce pays, c’est ce que je disais. La dictature triomphe, avec plein accord de la pseudo-philosophie, la même qui (chez les anciens) oubliait de s’offusquer de l’esclavage, oubliait de s’offusquer du racisme chez l’Israélite Jésus. La pensée n’est pas dans la vénération des auteurs pistonnés autrefois, non, elle est dans la logique sans concession, cherchant les principes guides et les appliquant équitablement, à nos dépens même.
* « Les guerres coloniales au XIXe siècle étaient vues comme des aventures exaltantes et civilisatrices ; au XXe siècle comme des horreurs. » --> Je ne crois pas, non : ma scolarité a eu lieu au XXe siècle, et on ne m’a nullement dit que la possession française des territoires d’outre-mer était un scandale horrible, au contraire. Et c’est tout seul que j’en suis venu à penser, à l’âge adulte, que les droits de veto ONU pour Grande-Bretagne et France (ex-empires, devenus 21e et 23e populations du monde) étaient un scandale aristocratique, prétendant à tort à la démocratie. Sans aucune incitation des médias, « débats » inclus. L’inéquité, l’illogisme (secrètement anti-altruiste)… règnent. En prétendant à tort à l’intelligence.
* Ma mère dément être « prise d’une admiration immodérée pour ceux de nos ancêtres qui se sont trouvés confrontés à une invasion, une injustice, un massacre » et se demande seulement ce qu’elle aurait fait à leur place. --> Entendu, toutefois dans l’histoire de ses parents pendant la deuxième guerre mondiale (qu’elle a écrit et qui m’a passionné), j’avoue n’avoir pas lu la moindre réserve au principe « Troupes allemandes = méchants, Civils français = gentils (sauf collabos) ». Or, je le répète, les civils français d’alors (et leur prétendu « héros » Charles De Gaulle) étaient des partisans de l’indigénat, avec travail obligatoire (forme d’esclavage) des colonisés malgaches au service des colons, minoration des voix autochtones en Algérie (sauf juives, « bien sûr »)… Oui, moralement, ces Français méritaient d’être à leur tour traités en indigènes. Comme les trop fiers athéniens antiques méritaient de devenir à leur tour esclaves. (Même si les Allemands nazis ou Perses esclavagistes n’incarnaient qu’un autre Mal, pas le Bien justicier). Ceci dit, tout seul, je n’aurais rien pu y changer, mais je crois que j’aurais écrit un livre en 1930, m’offusquant de l’indigénat et du nationalisme, avec refus évidemment des éditeurs, préférant infiniment les blablateux traditionalistes. Pseudo-philosophes, voleurs. Rien n’a changé (si ce passé a existé). Hélas.

Auto-objection, 20/06/2014. Quand je dis que la philosophie est absente de ce pays car personne ne demande pourquoi on ne rend pas les USA aux Amérindiens comme on a rendu Israël aux Hébreux (prétendus)… je m’expose à une critique cinglante : « ce n’est pas du tout de la philo, ça, c’est de la politique ! ». Je ne suis pas du tout d’accord, et je m’explique ci-dessous.
1/ Etymologie. Je crois que philo-sophie vient du grec antique pour dire « amour du savoir ». Mais ce n’est qu’une source anecdotique, avant l’invention proprement philosophique (au sens de cenceptualisation intellectuelle) du non-savoir sceptique, déniant toute légitimité au prétendu savoir.
2/ Contenu. Mon professeur de philo en terminale, Monsieur Urvoy, disait joliment que la philosophie consiste à explorer les 3 sens du mot « bien » (ou « bon », je ne me souviens plus, ça revient au même) : le « vrai » en théorie de la connaissance (j’ai ainsi ruiné les prétentions scientifiques, bien plus encore que Karl Popper), le « juste » en philosophie morale (j’ai ainsi inventé la voie démocronde ruinant la domination occidentale), le « beau » en théorie de l’art (j’ai ainsi détruit le concept d’art). Donc, oui, un tiers environ de la philosophie se mêle de politique (ou une moitié, le bla-bla sur l'art s'évanouissant sans vrai enjeu), mais au plan des grands principes théoriques, pas du calcul politicien pour acquérir et conserver le pouvoir. Il ne s’agit pas de flatter l’électeur pour qu’il me désigne comme son représentant, il ne s’agit pas de flatter le lecteur pour faire un succès de librairie, il ne s’agit pas de flatter le correcteur pour obtenir une bonne note, il s’agit de décrypter (dans le complexe monde autour de moi) de grandes erreurs de principe, en proposant si possible leur solution simple (sans chercher à la mettre en application, écrasant les objections, ce qui est là de la politique). Bref, c’est tout le contraire de la philo à la Bernard-Henry-Levy, qui pourfend l’islam (dit « islamo-fascisme ») et guide antidémocratiquement le président de la république française dans l’attaque militaire de la Lybie, en oubliant commodément de questionner pareillement la légitimité morale du judéo-christianisme… ça c’est du combat politicien, nullement de la raison pure. Marx et Machiavel étaient des philosophes, eux, même si les marxistes et machiavéliques étaient/sont des politiciens (ou combattants engagés pour le règne de ces dominants). Il y a peut-être l’exception des trotskistes ou anarchistes, refusant la personnification du pouvoir, mais d’après ce que j’entends aux élections, ils se battent pour (maintenir ou accroître) les privilèges des fonctionnaires occidentaux, ce qui n’est qu’une version groupiste du pouvoir injuste.
3/ La philosophie morale à l’œuvre. Dans l’Athènes antique, le philosophe pouvait dire : « stop, arrêtons toute cette mascarade de pseudo-élite intellectuelle : nous détesterions être esclaves alors que nous adorons avoir des esclaves, nous ne nous dirigeons donc pas du tout vers l’harmonie altruiste du respect mutuel mais vers le renversement par d’autres candidats à la domination injuste. » Idem dans le Moyen-Âge féodal avec le servage, semi-esclavage au profit raciste du « sang bleu » (avant révolution sanguinaire, par des esclavagistes outre-mer...) – et il aurait été pertinent de pointer le catalogue des absurdités morales dans les textes bibliques prétendus sacrés (génocide judaïque au nom de l’Amour, assassinat chrétien pour délit d’opinion, etc. – en seconde lecture, je perçois un malentendu possible : je ne parle pas ultra-classiquement de génocide des juifs et assassinat de chrétiens, mais je parle très gravement de la légende juive glorifiant le génocide, et de l'appel par Jésus-Christ à assassiner les incroyants) consolidant l'ensemble par mécanisme de carotte et bâton invérifiables (Paradis ou Enfer post mortem). En 1939, il aurait fallu pareillement dire : « nous avons très peur d'être colonisés et traités en indigènes, alors comprenons que nous sommes dans la totale erreur/horreur morale : abrogeons l'indigénat et rendons leur liberté aux peuples que nous opprimons, et questionnons à la Société des Nations la légitimité des oppulents Etats-Unis nés ainsi d'un gigantesque génocide raciste ». Dans l’Occident moderne, je dis pareillement que la propagande règne pour cacher la domination américano-sioniste abrutissante, idiote, conduisant droit dans le mur : la prochaine extermination en retour. Oui, cette dénonciation porte sur des abus politiciens, enfreignant la logique, risquant logiquement un terrible retour de bâton, l’intelligence consisterait à le percevoir. Même si le percevoir n’est pas du tout plaisant, pour notre petit confort matériel et divertissement ("Culture"). Voilà ce que j’avais à dire sur la fausse accusation « c’est de la politique, ça, pas de la philosophie ! » : si, justement, c'est là de la vraie philosophie, pas de la fausse philosophie, érudite.
4/ Réserve. Comme je suis sceptique, je dois ajouter que je ne prétends pas du tout que le tableau de l'Athènes antique ou de la société médiévale constituent la Vérité indéniable : il s'agit de vues de l'esprit illustrant simplement un possible, très instructif sur le plan des mécanismes, des erreurs.

Contre objection (21/06/2014) : on me dira sans doute (la propagande fonctionne ainsi) qu’en critiquant l’Occident, j’insulte atrocement les victimes des terroristes, que je me chierais dessus de honte si mes proches étaient à leur tour assassinés par des terroristes. D’où la leçon sarkoziste : « l’intelligence est dans le camp du Mal, l’autorité doit primer ! ». Je ne suis pas du tout d’accord : la même fausse-leçon aurait été proférable au philosophe de Dresde 1944 (né allemand mais anti-nazi), dont les proches auraient été brûlés vifs par les alliés (pas du tout justiciers angéliques mais pratiqueurs chez eux de ségrégation raciale) ; il n’empêche que ce philsosophe auto-critiquait à raison le mal injuste qui l’entourait, et pouvait légitimement noter que la mort le touchant maintenant était un autre mal injuste, qu'on aurait pu prévenir en étant moins monstrueux. La philosophie est précisément ce mouvement de pensée préférant la lucidité honnête – auto-critique, prévenant l’horreur – à la propagande aveugle, qui ne sert que la pourriture cachée, avec complicité des blas-blas passéistes monopolisant le domaine prétendu philosophique (pseudo-philosophie).

Synthèse, 23/06/2014. On ne me répond pas alors j'objecte tout seul...
    Bien sûr, il peut paraître aberrant que je me réfère à des situations passées (pour illustrer) tout en condamnant le passéisme. Enfin, une explication aurait pu être que l’expérience passée montre (avec différentes grandes occasions manquées) qu’il ne faut pas se cacher les problèmes présents pour discourir des "maîtres" antérieurs. Mais ce n’est pas mon point de vue, qui me paraît une évidence logique, en contexte sceptique doutant du passé ; toutefois, puisque la philosophie est confisquée par les érudits passéistes, je réplique avec leurs valeurs (non probantes en tant que vérités, mais effectivement instructives en tant que possibles).
    Autre aspect : le point commun que je vois entre la Grèce antique, la Bible, le Moyen-Age, la conquête de l’Amérique, le nazisme, l’Occident 1930-1945, l’Occident 1990-2014, c’est ma critique philosophique de la « domination » en place, injuste car raciste… (Je fais démarrer la période actuelle à 1990, date de la loi Gayssot, qui interdit totalement de douter de la Shoah antijuive en autorisant pleinement à dénier le génocide amérindien). Il ne s’agit pas tant d’identifier une domination secrète que de remettre en question le sentiment de domination « juste » chez les dominants, domination de « droit divin » pour ce qui est des descendants d’Abraham, des « nobles » européens , des conquérants de l’Amérique. Le problème de cette asymétrie méprisante, écraseuse, est qu’elle génère la révolte, presque automatiquement chez les humains. Or les Israélites hurlent au scandale raciste si on les maltraite, eux qui s’autorisent à maltraiter les races qu’ils jugent inférieures (voir leur Bible sacrée, raciste pro-juive et esclavagiste). Ça ne tient pas debout, équitablement, ça ne tient donc debout que par la force écraseuse, celle de la loi en France : ce n’est pas du tout le racisme qui est interdit (cela protégerait entre autres les individus d’origine juive, classant la Bible parmi les horreurs avec Mein Kampf) c’est très explicitement « le racisme et l’antisémitisme », ce qui interdit d’envisager/prouver un racisme judaïque ou sioniste, puisque cette hypothèse/preuve est déclarée antisémite… C’est totalement malhonnête, c’est la loi française, armée de police, « justice », prison. Et les pseudo-philosophes n’en disent pas un mot, bien sûr (sauf pour approuver sous les caméras le fait de pourchasser les antisionistes, déclarés antisémites), occupant tout leur temps « philosophique » à décortiquer les discours de Platon ou Epicure (ou à diaboliser/combattre spécifiquement les adversaires du sionisme, façon B-H Lévy). La philosophie vraie consiste au contraire à pointer la contradiction ambiante, même si ce monde pourrait être un rêve temporaire (hypothèse philosophique interdite par la loi Gayssot dictant ce qu'est La Vérité…). La philosophie semble morte, oui, et je suis en prison chimique, en attendant un "malencontreux accident" si ma pensée persiste à survivre un peu.

Suite à une intéressante discussion de vacances, avec ma maman (merci) 09-14/07/2014.
    Autrefois, ou ailleurs que dans ma classe, la philosophie n’était pas présentée comme une bipartition entre « théorie de la connaissance » et « philosophie politique », mais comme un ensemble plus complexe, prétendu plus riche, intéressant aussi. 5 branches selon les souvenirs de ma mère : la psychologie (fonctionnement de l’individu), la sociologie (fonctionnement des sociétés humaines), la morale (valeurs), la métaphysique (transcendance ou non), l’histoire de la philosophie/les cosmogonies. C’est ce dernier point, seul, qui m’intéresserait, donc : l’organisation du monde, soit sans transcendance (philosophie antique, philosophie des lumières : liberté-égalité-fraternité), soit avec transcendance, ou bien religieuse (judaïsme, christianisme, islam) ou bien antireligieuse (marxisme, maoïsme). Ma mère voit là des antagonismes ne prêtant pas à discussion et compromis : panthéisme amérindien/capitalisme étasunien, juifs/arabes en Israël, marxistes/capitalistes, l’humanité fonctionne simplement ainsi. Ceci m’intéresse, aide à réorganiser ma pensée, quoique je ne sois pas pleinement convaincu. Je vais reprendre le sujet « au départ » :
   Je pense que l’humain (peut-être comme un autre animal) balance entre deux sentiments : l’égoïsme et l’empathie (se faire plaisir directement ou aimer apaiser la souffrance de l’autre). L’égoïsme a évidemment l’inconvénient de se heurter à l’égoïsme contraire d’autrui, et cela génère la violence, à tous les échelons (entre individus, dans une famille, entre familles/cités/nations/continents). Je vois simplement deux voies distinctes pour adoucir ce chaos brutal : la philosophie s’en remettant à l’intelligence et au débat, d’une part, la religion choisissant d’obéir à une parole indiscutable dite supérieure, d’autre part. En ce sens, la religion apporte une forme d’ordre, effectivement, mais elle se heurte comme les autres égoïsmes à ses concurrentes, et n’envisage pour vaincre que la force, la terreur, la guerre (en plus de la classique carotte du bonheur post mortem, invérifiable, réservée aux seuls adeptes évidemment). A mon avis, la philosophie ne consiste pas à observer cela en laissant chacun libre d’écraser son prochain : il s’agit au contraire de dire « stop, ouvrons les yeux, discutons, écoutons les bons arguments opposés me conduisant à l’auto-critique, espérons qu’autrui fasse de même (ne pas s’autoriser ce qu’on interdit à autrui), trouvons un terrain d’entente, pouvant apporter la conciliation, l’harmonie humaine (inexistante semble-t-il jusqu’à ce jour, avec guerres plus ou moins tribales et oppressions perpétuelles). »
   Ceci posé, comme objection immédiate, je reprends posément les points maternels :
– J’ai appris à l’école (dans les années 1970-1980) que psychologie et sociologie n’étaient pas des branches de la philosophie mais des sciences (« sciences humaines »). Depuis, j’ai détruit les dites sciences humaines, en montrant qu’il ne s’agit que de bla-bla prétentieux, s’appuyant mal sur l’outil statistique, incompris ou travesti, plus encore que dans les contestables biosciences. En tant que bla-bla prétentieux, ça s’apparente effectivement à l’érudition philosophique (que je nomme pseudo-philosophie), et le principe des paradigmes (théories temporairement dominantes) rejoint les « écoles de philosophie dominantes ». Ce n’est en tout cas pas du tout mon sujet. La science ne tient debout que par l’interdiction des objections (l’hypothèse du rêve, l’hypothèse du créateur tout puissant), le bannissement militaire de l’auto-critique (seuls les hauts diplômés, réciteurs serviles, ayant droit à émettre un avis) : ça n’a rien à voir avec la philosophie proprement dite, hésitante voire frileuse, envisageant les dérapages à partir de toute idée apparemment bonne.
– « La morale, les valeurs » est un sujet qui me fait froncer les sourcils, m’évoquant surtout de grands mots menteurs dans les discours rhétoriques de propagande (ou diabolisation de l’adversaire). Toutefois, je considère que « philosophie de la morale » et « philosophie politique » sont quasiment synonymes : comment concilier égoïsme moteur et bien-être-ensemble – par choix raisonné pour éviter la révolte/punition, si ce n’est par choix généreux (la générosité naïve étant elle cassée par la mendicité refusant le travail et par le je-m’en-foutisme fonctionnaire préférant souvent le libre bon-vouloir tranquille plutôt que le service du public payeur). Sans l’aspect spécifiquement politique, cela inclut certes en plus une dimension familiale, avec laquelle j’ai quelques difficultés : le besoin d’écraser (par l’autorité) l’égoïsme enfantin sans bornes, puisque expliquer et faire réfléchir échoue totalement sur les esprits immatures. Enfin, je vois plutôt là une difficulté pratique, je situe la philosophie davantage dans l’harmonisation entre adultes, pas du tout satisfaisante à ce jour, la gestion des petits monstres enfantins (dits adorables bambins par d’autres avis, féminins notamment) me paraissant en première analyse un sujet secondaire, ou très différent en tout cas.
– La métaphysique ne me semble nullement un sujet de discours – non que je sois matérialiste obtus déniant la possibilité d’un au-delà, au contraire (je pense avoir invalidé le dogme réaliste), mais la possibilité d’un inconnaissable s’exprime en trois mots ou trois lignes, ne prêtant (par principe) pas à des développements quant au contenu. La Bible peut faire des milliers de pages, elle n’en est pas moins nulle en pouvoir convaincant, étant réfutable au départ par un « j’y crois pas » entièrement légitime. L’auto-persuasion, l’auto-hypnose par incantations ou prières, est un choix comme un autre, mais je classe ça dans le divertissement ou les drogues douces, pas dans la pensée réfléchie, justement difficile en ceci qu’elle se base sur l’autocritique constante, examinant l’objection d’autrui (s’il est cohérent ou signale une incohérence).
– Pour ce qui est de l’organisation du monde, je répète que la philosophie ne me semble pas se situer dans le comptage extérieur des guerres entre tribus, chacune étant certaine de détenir l’accès exclusif à La Vérité, à La Justice, à la Beauté. Je compte comme philosophie le pointage des contradictions propres à chaque système, et c’est encore mieux si cela débouche sur une tentative de conciliation globale par l’intelligence convaincante plutôt que par la force brute détruisant physiquement les porteurs d’objection. Pour cela, il ne convient pas d’approuver la « logique » (interne) des religions écraseuses, mais de les délégitimer comme inadmissibles par principe (principe égoïste de refuser à autrui ce qu’on s’accorde, mouvement peut-être agréable quand on gagne mais explosif puisque on peut en être victime). Les Israélites vénèrent le génocide et l’esclavage, mais hurlent à l’intolérable si cela les touche eux… éh, en réfléchissant équitablement, il ne faut pas faire à autrui ce qu’on n’aime pas subir, et ce principe qui me parait évident (l’altruisme) permet l’harmonie (renonçant au goût de la domination bestiale), il est je crois l’intelligence, en matière morale/politique. Hélas, les Chrétiens – qui constituent finalement la branche prosélyte du judaïsme – vénèrent Jésus qui a appelé à tuer les incroyants (éloignant leurs enfants du Dieu hébraïque) tout en étant immensément choqués d’être tués pareillement par les Islamistes… éh, en réfléchissant équitablement, il ne fallait pas faire ainsi soi-même. C’est aussi le cas en économie : les Occidentaux vénèrent discrètement la finance (en jurant éventuellement le contraire), jouissent des monnaies fortes qui leur assurent à bas prix des tonnes de produits construits par les quasi-esclaves asiatiques, mais ils hurlent quand cela fait fermer leurs usines, disparaître leurs salaires. Eh, on n’a pas le beurre et l’argent du beurre : il ne faut pas traiter autrui en esclave miséreux quand on ne veut (bien sûr) pas devenir soi-même esclave/miséreux, dominé par les puissances financières, sans cœur. Pareil (quoique inverse) pour les communistes, régnant par la force pour écraser les objections, les dissidences, avant d’être écrasés par une autre force, contraire, toute aussi contestable objectivement. Il y a bien sûr des objections à l’altruisme, et elles méritent examen attentif :
. On n’aimerait pas être tué, cela signifie-t-il qu’il faut interdire la peine de mort même pour les violeurs tueurs d’enfants ? (contre l’avis populaire, et le très fier républicain Mitterrand a balayé la volonté de la populace qu’il méprisait). Je pense que cela revient au célèbre principe paradoxal « pas de liberté pour les ennemis de la liberté » : « pas de vie sauve pour les ennemis de la vie sauve ». Un policier qui abat un tueur en série (qui pointait son pistolet sur un innocent de plus) ne me parait pas condamnable – pas à féliciter sous les acclamations de joie (genre « 8 Mai » acclamant les militaires victorieusement tueurs), mais à approuver avec immenses regrets. D’ailleurs la prison à vie, logé-nourri par les producteurs sans contrepartie aucune, est une forme d’injustice aussi, ne méritant certes pas peine de mort mais au moins punition, grand inconfort (même si je n’aime pas l’inconfort)…
. Puisque je n’aime pas être interdit de croire ou ne pas croire (par la loi Gayssot), comment puis-je prôner l’interdiction des religions bibliques, en opprimant peut-être comme le communisme les simples croyants n’ayant rien fait de mal que croire au Paradis post mortem (ou ne pas croire le roman scientiste) ? C’est très différent : les communistes étaient anticléricaux, combattaient le lavage de cerveau que pratiquaient les églises dès le berceau pour dresser chacun en soldat suicidaire obéissant à n’importe quoi pour gagner le Paradis post-mortem. Je dis au contraire que la croyance en un Paradis post mortem est entièrement légitime, toutefois les catalogues de rites sont injustement réconfortants (dispensant à tort du comportement juste envers autrui) et les appels religieux au meurtre sont criminels. Les livres bibliques me semblent donc à classer avec Mein Kampf dans les horreurs idiotes, amenant très logiquement une immense gifle en retour (même s’ils peuvent être légitimement réécrits en version expurgée des horreurs). Libre à chacun de croire « gagner une place au Paradis éternel » en collectionnant les fleurs roses-violettes à cinq pétales ou en honorant la mémoire d’un innocent crucifié il y a deux mille ans – mais justement, Jésus-Christ n’était pas innocent : c’était un esclavagiste appelant au meurtre des infidèles, et le vénérer lui, comme vénérer Hitler, devrait être interdit pour que le monde tienne debout sans guerres perpétuelles (ou extermination des avis différents, ce qui marcherait certes, à son horrible manière, mais cela s’avère effectivement atroce quand on est placé du côté des victimes, si on n’a pas l’intelligence de le percevoir avant, sur le principe).
. Dans le conflit amérindiens/étasuniens, je ne vois pas tant l’affrontement de panthéistes et de monothéistes ne pouvant pas se comprendre, je vois un affrontement entre deux horreurs : les autochtones qui pratiquaient la guerre tribale à outrance, et les colons qui prenaient pour animaux les peuples humains non cités dans la Bible raciste. Deux horreurs abominables. Loin de célébrer la naissance des USA, je dirais que ces génocidaires sont dans la totale erreur (égoïste) en ayant exigé le droit de migration avant de le refuser à autrui (mitrailleuses à la frontière mexicaine – comme il y a la police à la frontière portuaire côté européen). Si Européens et Etasuniens ont acquis la richesse en conquérant le monde, il faudrait équitablement qu’ils prônent la libre migration pour tous, à leurs dépens maintenant (en partageant la misère du monde), le reste est de l’égoïsme xénophobe. Je juge que les prétendus antinazis ordinaires, patriotes ou européanistes de gauche comme de droite, sont eux-mêmes des quasi-nazis quasi-Israélites, écrasant les mal-nés pour privilégier les bien-nés. Faut-il pour autant casser l’équilibre paisible de petits groupes amazoniens autarciques en permettant l’irruption de milliers de migrants ? C’est une question très difficile, mais un choix cohérent, honnête, mériterait d’être effectué, sans réserver la libre migration aux Occidentaux (avant que nous soyons à notre tour exterminés…). Or c’est précisément l’inéquité nationaliste ou continentaliste qui constitue le fondement de l’Occident moderne, dont les dominants – ogives anti-civils à l’appui – veulent voler les Amérindiens et Palestiniens avant de se paver de vertu derrière l’intouchable légalité. La philosophie ne peut pas là être neutre, je crois, il y a faute d’un côté – même si les plus efficaces des excédés en face sont aussi des monstres, voulant faire pareil pour leur propre chapelle. Avec la technique rhétorique de l’amalgame, et du trop fameux « principe de précaution » (condamnation au bénéfice du doute), l’auto-critique est donc diabolisée, la réflexion honnête : condamnée, huée, insultée, ou même légalement interdite. Victoire du mensonge sur la réflexion, je crois que la philosophie doit par principe dire non à cette manœuvre, au lieu de se cantonner aux frivolités passéistes respectant le diktat présent des autorités, dictatoriales en prétendant le contraire. La philosophie, en ce sens, est donc par essence « secrète », dissidente, la pseudo-philosophie prétendant très normalement occuper la place, sans déranger les puissants. En Occident moderne comme sous régime stalinien, exactement (il en va de même pour la psychiatrisation des objections, d’ailleurs).
. Même dans l’Union Soviétique, qui se prétendait super-champion du partage altruiste, la population adorait (secrètement) le Loto (interdit, illégal) : le contraire du partage, la richesse imméritée (« géniale si c’est moi et les miens qui en profitent »). Je dirais personnellement que la puissance publique (garantissant la propriété méritée) n’a pas à protéger les gains au loto (ou gains par la spéculation sans effort), lesquels seraient donc volatils, impossibles. De même pour les fruits du mensonge commercial, faisant surpayer ce qui n’a pas de lien avec le coût mais avec l’envie d’acheter – excitée par la publicité, coupable de frustrer les pauvres et les poussant à la violence d’accaparement. Parler de cela serait autrement plus instructif, en philosophie scolaire, que les détails des discours de Platon ou Aristote… Chercher la logique du monde autour, contester l’erreur logique, même prétendue légale ou sacrée (donc intouchable en pratique). Ce n’est pas facile, c’est simplement intelligent, visant l’honnêteté. Au lieu de cela, l’école apprend à adorer les célébrités, puis le débat médiatique est entièrement focalisé sur le star system des politiciens, avec pour seul débat de fond la concurrence entre deux formes d’égoïsme : la droite (être domestiques un peu riches des très riches, même si les très riches ne méritent pas leur fortune) et la gauche (être un peu riches en dévalisant les très riches, même si ça capote quand plu’ personne ne cherche à devenir très riche donc à mettre la pression sur les faibles). Les dogmes sur la « légitimité » des héritages, sur la « supérieure valeur » du commandement, sur la « beauté » des champions écraseurs, rendent la situation presque désespérée : personne ne semble réfléchir à ses propres dépens, calculant simplement que cela éviterait la prochaine guerre… Tant pis pour l’humanité ? Peut-être, mais c’est dommage : j’ai l’utopie de croire que chacun pourrait comprendre, penser juste, chercher à bien faire sans écraser.
. Là où je tombe sur ma propre incohérence, c’est dans la gestion des « résistants à la compréhension » : je parlais de tuer les meurtriers, je ne savais pas quoi faire avec les enfants égoïstes refusant d’écouter l’évidence, j’imagine que la situation serait semblable avec certains des adultes dits « fous » ou « handicapés mentaux » ou « croyants fanatiques », pouvant camper fermement sur leur position (préférer l’égoïsme brutal, personnel, à la conciliation avec autrui, peut-être plus juste mais moins agréable selon certaines valeurs, avouées ou intuitives, ou dites « transcendantes » pour rejoindre le mot de ma mère). C’est là hélas tomber sur le recours à l’autorité, qui a avili le communisme comme il avilit l’Occident (brimant l’introversion et le scepticisme notamment), broyant des innocents de simple sensibilité différente. Je pense toutefois qu’il est injuste d’écraser par la force les opinions argumentées, contournant la voie centrale avec de bonnes raisons – mais cette réserve est la porte ouverte à tous les discours menteurs, maniant la rhétorique pour cacher le Mal derrière un prétendu Bien. Je ne vois pas la solution. En un sens, je ne suis nullement prêt à prendre en charge le monde, je préfère me situer en victime du broyage injuste par une autorité abusive – c’est plus confortable, quoique davantage « masochiste » que « responsable ».
. Un autre point auto-destructeur, pour l’altruisme, est le problème de l’humanisme brimant le monde animal. Avec la Genèse Biblique appelant à écrabouiller les animaux, c’était commode, mais sans cet arbitraire, avec sensibilité amérindienne ou écologiste ou autre, on est complètement perdu. Oui, tel gentil chien-chien affectueux est bien plus adorable que l’humain Adolf Hitler, mais les Anglais interdisent ainsi de manger du cheval, les Indiens de la vache, etc. Rien n’est idiot en la matière, et il n’y a aucune limite claire : quand un humain se lave, il extermine des bactéries « innocentes », faut-il ne plus se laver quitte à sentir abominablement mauvais ? faut-il ne plus écraser les moustiques cherchant seulement à survivre (ou nourrir leurs bébés innocents) ? peut-on refuser de manger du doux lapin mais avaler d’innocentes carottes assassinées, écorchées vives ? Un cheveu tombé ou un ongle coupé n’est-il pas en un sens inhumain, mangeable ? Un débile profond ou comateux végétatif, moins habile et sensible qu’un chimpanzé, est-il plus respectable que lui ? Rien n’est clair à ce sujet, si on ose douter du dogme parachuté. L’idéal altruiste n’est donc nullement en vue, sans groupisme assimilable à une forme de racisme, ou « espècisme » ce qui revient au même (choyer entre autres des monstres, broyer entre autres des innocents). Il semble falloir assumer une part d’auto-contradiction. C’est semble-t-il le point final de la philosophie, qui est un échec, une simple prise de recul partiel, avant de laisser aller la violence du monde. Ça ne justifie simplement pas tout, et les objections argumentées restent fondées, justes, s’il n’y a pas mensonge. La philosophie n’est donc pas plus morte en Occident qu’ailleurs, elle constitue simplement le pointage d’incohérences choquantes, sans (jusqu’à preuve du contraire) pouvoir faire infiniment mieux. En ce qui me concerne, j’ai inventé le non-réalisme anti-scientifique, l’humbilisme anti-gauche et anti-droite, la géopolitique démocronde, mais j’échoue à respecter les bébés hurleurs et les moustiques. La philosophie ne mène à rien, ne faisant que dénoncer des erreurs sans parvenir à toutes les éviter soi-même, obligatoirement semble-t-il. Le discours frivole sur les célébrités d’antan n’est pas inférieur en respectabilité, la pseudo-philosophie est simplement un divertissement anodin, au sein d’un monde bien triste, peut-être injuste à jamais. (Même si les Israélites, les Etasuniens, les Européens, les Islamistes, ont spécialement tort, je le confirme – espérons que les Chinois fassent mieux dans la « civilisation » suivante).