réfutation psychiatrique

La psychiatrie invalidée ?
(05/05/2018, par Dee Sident, sous traitement antidépressif depuis suicide 1979, puis sous traitement antischizophrène depuis suicide 1998)


  J'ai appris par hasard qu'une camarade de classe d'autrefois (collège 1976-78, lycée 1978-80), copine de ma double assassine, et nièce du prof m'ayant sauvé/trompé une fois (fin 1979), était devenue psychiatre, pédo-psychiatre (pour "malades mentaux" jusqu'à 18 ans), et je voudrais lui présenter ma réfutation de sa discipline. Elle n'a peut-être pas le temps de lire, trop occupée pour de mauvaises raisons. Sinon on verra ce qu'elle répondra.

Ma Démolition philosophique 1993
Mes compléments 2018
Dernier ajout à ce jour


1/ Ma Démolition philosophique 1993

  (Extrait de mon livre « Contre la Réalité » écrit/imprimé en 1991-93, publication refusée par les éditeurs car "trop logique, effrayant". Pages 50-61 de sa mise à jour Internet « Echapper à la dictature réaliste » , 2005).

Plan :
II.2 – Face au jugement psychiatrique
A – Un second procès moral ?
 a) Différence et anormalité
 b) Déviance et folie
 c) Une affaire de goût
B - L'absurdité des questions déstabilisantes
 a) L'intelligence peut être maladive
 b) Droits de l'homme et crimes historiques
 c) La sagesse parentale
C – Soigner, de force, le pauvre fou
 a) Le mythe de la souffrance psychotique
 b) Le bonheur introverti serait un faux bonheur
 c) Au risque de faire souffrir
D – Alibi scientifique et contre-attaque
 a) Consolider les prétentions objectives
 b) Les égarements mathématiques des médecins
 c) Maladie et singularité

Développement :
II.2 – Face au jugement psychiatrique

  Dans ce qui précède, il a été évoqué une prise en main sévère, voire une oppression, à l'égard des personnes de tempérament schizoïde. En fait, les moralisateurs n'étaient peut-être pas les acteurs principaux de cette lutte, puisque les croisades inquisitrices semblent avoir été remplacées par de simples railleries ou insultes ; les psychiatres justifient de bien plus grandes craintes car ils disposent d'un outil répressif restant d'actualité : les attitudes de repli victorieusement consolidées sont frappées du label de maladie, et soignées, c'est-à-dire activement combattues.
  Les réflexions qui seront développées sur la psychiatrie doivent être resituées dans le cadre très particulier hérité de la première partie du livre. Vu le discrédit que la philosophie égocentrique a porté sur souvenirs et observations, l'adversaire qui sera affronté n'est pas la discipline évolutive à laquelle se référeraient des docteurs informés, mais une menace quelque peu monstrueuse, telle qu'elle apparaît à une de ses victimes potentielles. Devoir admettre que les électrochocs ont été abandonnés, que la médecine s'est adoucie, « humanisée », est difficile quand cauchemars et réalité sont mis dans le même sac, à savoir l'ensemble des mondes subis.

A – Un second procès moral ?

a) Différence et anormalité
• Fondamentalement, si autrui m'expédie devant un psychiatre, c'est qu'il estime mon comportement anormal et l'attribue à un fonctionnement mental également anormal
.   La première question qui se pose est de savoir si, à la réflexion, j'estime être effectivement anormal ou bien au contraire semblable à autrui. Le fait d'avoir adhéré à une cosmologie égocentrique répond de manière claire : je suis le centre du monde vécu, alors qu'autrui n'en est qu'un objet ; de mon point de vue, je ne suis donc absolument pas dans la position d'un humain quelconque. Si le standard de normalité est autrui, alors je suis fatalement anormal : je suis « moi ».
  Certes, si autrui possédait une pensée autonome, il pourrait se faire la même réflexion, et l'égocentrisme, le sentiment d'anormalité serait lui-même un critère de normalité. Inutile de s'étendre sur cet imbroglio potentiel, car autrui se déclare pensant tout en déniant être le centre de l'univers. L'égocentrisme assumé est donc bien contraire à la norme d'inspiration altruiste.
• Les pensées d'autrui étant inaccessibles, il faudrait peut-être cantonner le problème de l'anormalité aux comportements – gestes et paroles. Mais dans ce domaine, tout ne semble que convenances, codes de conduites relatifs aux différentes cultures. La réserve discrète, jugée anormale en pays latin, constitue peut-être une condition de normalité en pays nordique, où l'exubérance et le parler haut sont plus rares. De même la recherche de solitude et la fuite des situations conviviales pourrait être normale dans un milieu de trappeurs volontaires ou ermites.
  Le fait d'être déclaré « incontestablement anormal » paraît donc, en matière de comportements, injuste.
• Le comportement de l'étranger n'est cependant pas toujours aveuglément condamné. Un individu est souvent déclaré « anormal, à moins que dans son pays tout le monde soit comme cela ».
  Cette idée de « cas isolé », non imputable à un conditionnement par l'éducation, pourrait justifier la notion d'anormalité si celle-ci n'avait une connotation péjorative. Pourquoi donc les communautés seraient-elles seules à bénéficier de la tolérance, tandis que les choix personnels originaux seraient condamnables ? Le respect des minorités fait souvent penser à une alliance machiavélique avec les différents lobbies influents, sans que soit pris en considération le droit personnel à vivre en paix dans la différence.
  Il n'y a pourtant aucun lien entre la rareté d'un point de vue et sa respectabilité. Un précurseur, comme autrefois le personnage de Galilée, ne mérite pas forcément la sanction d'un tribunal populaire, susceptible d'être aveuglé par les préjugés et l'endoctrinement. De même, dans le monde chrétien, la sainteté désigne la suprême grandeur d'âme de quelques individus, se détachant nettement de l'égarement commun dans les futilités, l'idolâtrie facile et l'égoïsme.
• Une autre aberration vient de l'élitisme qui caractérise la société qui semble m'entourer. En effet le modèle adulé n'est pas l'être normalement médiocre et laid, mais au contraire le génie nobélisé, la star éblouissante, le milliardaire parti de rien.
  Il y a donc deux poids deux mesures : l'être différent qui fait des envieux est applaudi, l'être différent qui inspire le dégoût ou la pitié est déclaré anormal, et sa différence est à ce titre combattue.
  Baser la psychiatrie sur le label d'anormalité serait donc justifier une répression par un jeu de mots.

b) Déviance et folie
• Confisquer la liberté individuelle d'un être ne respectant pas les normes exigées pourrait se justifier plus correctement par le fait qu'il dérange, qu'il menace la cohésion sociale et constitue donc un danger.
  Tomber ainsi sous l'accusation de déviance n'explique cependant pas la spécificité du label de folie. Le débat sur la santé mentale d'un criminel est exemplaire à ce sujet : même si la loi est clairement enfreinte, il reste une question, partiellement indépendante, concernant le statut de l’accusé.
• Il semble ainsi que soient distingués les fous irresponsables et les immoraux punissables. La frontière entre les deux catégories semble extrêmement fIoue, mais conduit pourtant sur des voies radicalement différentes.
  Le manque de clarté caractérisant le but de l'incarcération rend le tableau encore plus obscur. Emprisonner un criminel est-il destiné à le punir et venger ses victimes ? à protéger la société de sa dangereuse présence ? à dissuader d'autres personnes de se livrer aux mêmes actes ? La prison a-t-elle vocation à la réinsertion sociale et donc à une guérison quasi psychiatrique de l'anomalie comportementale, ou a-t-elle vocation à l'exclusion, forme légalement adoucie du désir populaire de lynchage ?
  Inversement, l'irresponsabilité du malade mental – décrétée par un psychiatre – s'avère semble-t-il incompréhensible par la majorité de la population. Comment un acte volontaire peut-il être absous ? comment une volonté peut-elle être involontaire ? en quoi la pulsion meurtrière du mari trompé est-elle un crime quand un paranoïaque n'est pas déclaré responsable de ses actes prémédités ?
  Il n'y a aucune raison de se soumettre a priori aux jugements de prétendus experts, sans essayer de comprendre la situation.
• Apparemment, le criminel serait vu comme un être raisonnable, pleinement à même de choisir entre l'obéissance à la règle et une satisfaction égoïste plus jouissive mais assortie d'une punition (potentielle ou bien inévitable). Bref, le criminel serait un individu ayant choisi le rôle du méchant dans le jeu social, que ce soit sournoisement, ouvertement ou ponctuellement. Telle durée de prison serait donc un juste prix pour expier telle faute. L’individu à sa libération aurait payé pour les méfaits commis et se verrait donc de nouveau offrir la chance d’une vie sociale respectable dans le camp des honnêtes gens. Il est fait confiance à sa raison pour comprendre par expérience le confort relatif d'un comportement compatible avec la loi.
  Ce serait là le point clé différenciant le criminel du fou ou du débile. La raison de celui-ci serait en effet perturbée ou déficiente, et le très normal dilemme entre un effort moral et un égoïsme condamnable serait absent. Dans ces conditions, une punition conventionnelle n'aurait aucune vertu curative, et il faut recourir soit à une exclusion définitive (le fou serait « chassé de la tribu », parqué dans un asile-mouroir ou exorcisé par le bûcher), soit à un arsenal de soins attentifs, et ceci justifie l’hôpital psychiatrique. Pour prendre un exemple : un paranoïaque se sentant persécuté et à qui l'on infligerait une peine d'emprisonnement, se verrait conforté dans ses hypothèses, et s'enfoncerait dans sa logique au lieu d'en sortir. Pour l'en extirper, il faut donc court-circuiter le système fondé sur liberté et répression.
• Ces propos sur la criminalité ne semblent pas a priori concerner le schizophrène terré dans Ie mutisme et l'immobilité, ou l'autiste discret aux gestes doux, mais l'important est qu'une case ait été réservée aux individus présentant une différence comportementale socialement condamnée et ne donnant aucune prise aux incitations et sermons classiques.
  Quant au schizoïde suivant la pente qui conduit à la schizophrénie, il justifierait des soins préventifs, même s'il s'efforce discrètement de montrer le minimum requis de sociabilité. Une fois la folie assimilée à une forme de maladie, la logique médicale prend le pas sur Ies mécanismes se contentant d'assurer la paix sociale.

c) Une affaire de goût
• Les propos qui précèdent tendraient à ramener la démence à un mécanisme sociologique : l'inadaptation nommée folie serait liée à la promiscuité subie et chacun pourrait, sur une île déserte, vivre (ou mourir) sans que trouve un sens la notion de santé mentale. Cependant, cette idée rappelant l'anti-psychiatrie n’a rien à voir avec une position égocentrique sur le sujet, et il convient de revenir au point de vue servant de cadre à cette étude.
  Honnêtement, il faut reconnaître que je serais moi-même dérangé par des maniaques en crise ou des hystériques m'agressant gratuitement avec force hurlements. Implicitement, j'adhérerais donc au rejet de certains individus, dont le cas est heureusement rare – et s'il faut les nommer « fous » pour qu'une étiquette verbale désigne ce statut, je ne vois pas d'objection à cela.
• Il faut toutefois faire une réserve de taille : c'est que ce rejet de ma part est une simple affaire de goût (aspirant au calme, je n’aime pas être agressé, bousculé, rudoyé, culpabilisé, etc.).
  D'une part, il paraîtrait injuste de mobiliser la société afin de conforter mon désir de protection, d'autre part je mettrais dans le même sac que les fous expansifs bon nombre de notables respectés, tels que moralistes ou psychiatres (ainsi d'ailleurs que les jeunes brutes écumant les banlieues et se voyant excusées par les intellectuels au nom de l'ennui dans les grandes cités – il ne s'agit pas ici de participer à une lutte des classes).
  La dernière barrière classique entre fous et non-fous, la raison (ou la « compréhensibilité »), est abattue par la chosification d'autrui : les personnages qui me dérangent peuvent être considérés comme des marionnettes, et leurs pensées virtuelles ne m'intéressent pas. Dès lors, le label de folie devrait s'appliquer indistinctement aux personnes dont le comportement me dérange, et la respectabilité serait réservée aux êtres qui ne m'embêtent pas. Ou, inversement, on pourrait en revenir à une vision enfantine incluant les fous expansifs dans l'ensemble indifférencié des « méchants ».
• Un argument sérieux pourrait être opposé à cette vue : l'un des facteurs spécifiques aux fous serait leur imprévisibilité, ce qui rapprocherait d'une part certains autistes et hystériques, entrant périodiquement dans des crises de violence, d'autre part les notables inquisiteurs et les moutons anonymes. Mais là encore, pour un égocentrique rêveur, la scission intuitive se situe ailleurs en ce qui concerne le sentiment de prévisibilité : les personnages de mes rêveries sont dociles et m'inspirent confiance, tandis que ceux rencontrés dans les mondes subis me placent sur une position défensive, inquiète. Et s'il fallait parmi ces derniers tracer une nouvelle frontière, je rangerais avec les hystériques les individus irritables ou de mauvais caractère dont je crains les foudres inopinées, les bandes de loubards faisant tournoyer leurs chaînes, etc... Inversement, je pourrais me familiariser à la compagnie de quelques êtres totalement repliés, qui m'inspireraient alors confiance.
  Isoler la classe des individus me procurant un malaise n'aboutit donc absolument pas à recouper ce qui est habituellement qualifié de folie.
• Ainsi, pour conclure, la folie semble n'être qu'une étiquette relevant d'un consensus verbal, établi au sein d'une société donnée (ou d'un comité d' « experts » pensant pour elle), et servant à désigner une certaine classe d'inconvenance.
  D'un point de vue égocentrique, je suis en droit de considérer que le terme de folie ne peut s'appliquer à moi, puisque je constitue ma propre norme en matière de raison et de comportement.
  Il serait certes possible de regretter le désordre brouillon de mes pensées, la confusion qui me laisse aux prises avec des craintes intangibles, et la folie serait opposée simplement à la sérénité. Mais dans ces conditions, je cesserais d'être fou en passant d'une schizoïdie inconfortable à une schizophrénie triomphante. De même, l'évasion vis-à-vis du réel serait le moyen privilégié de guérison, et les psychiatres voulant m'interdire cette voie chercheraient à me rendre malade. Il ne s'agit bien sûr là que d'un artifice de langage, mais il était utile de passer par ces détournements de sens pour percevoir que l'accusation de folie reçue au sein du monde subi peut être récusée en tant que convention verbale, alibi naïf pour une répression partisane.

B - L'absurdité des questions déstabilisantes

a) L'intelligence peut être maladive
• Ce qui a été dit précédemment en matière de penchants ou de comportements ne devrait pas masquer la place essentielle de la psychiatrie dans le débat rationnel. Déclarer certaines logiques morbides, porter le discrédit sur les implacables raisonnements paranoïaques, s'avère en effet un moyen commode d’écarter les remises en question gênantes.
  Si les philosophes et les scientifiques en venaient à se montrer humbles, à reconnaître leur incompétence à cerner le bien et le vrai, la psychiatrie resterait un recours « salvateur », en délimitant ce qu'il conviendrait d'appeler la pensée correcte. Cet aspect peut passer inaperçu dans la société qui m'entoure, où discours grandiloquents et prétentions à la connaissance sont innombrables, mais une réflexion personnelle déblayant ces faux savoirs conduit à percevoir la psychiatrie comme l'ultime bastion d'intolérance, le véritable point clé de l'édifice des valeurs.
• On peut d'ailleurs sourire en apprenant que les psychiatres occidentaux ont violemment dénoncé l'usage de leur discipline à des fins politiques par les régimes communistes, sous-entendant évidemment qu'ils ne se livrent de leur côté à rien de comparable. Or l'individualiste libertaire, considéré comme mentalement égaré en pays collectiviste et totalitaire, se trouve dans une position très comparable à l'égocentrique radical en pays démocratique. Dans les deux cas, ne pas comprendre le bien-fondé de l'enseignement se conférant la vertu altruiste est assimilé à une forme de débilité, et contester pertinemment le dogme est taxé de délire ou de confusion mentale...
  Toutefois il faut reconnaître, encore une fois, que l'égocentrisme présente un point délicat : il demande, pour être pris au sérieux, une délocalisation du concept de moi. Je peux considérer qu'un individu m'affirmant que je suis dénué de pensée se trouve dans l'erreur, et le condamner pour aberration mentale – mais si j'avais l'esprit suffisamment ouvert pour essayer de reprendre son raisonnement à mon compte (ne suis-je pas le seul humain pensant ?), je pourrais constater que l'individu en question ne pense pas plus mal que l'être normal croyant à la pensée d'autrui sans disposer de la moindre preuve. Pourquoi donc mettre particulièrement en doute sa raison, sa lucidité ? L'accusation ne serait pas honnête, et le verdict de « citoyens respectables » serait peut-être injuste.
• Dans ce contexte de condamnation expéditive, la fantaisie est heureusement tolérée, à la condition qu'elle se restreigne à un cadre ironique supposant l'auto-dénigrement. Avoir soulevé un paradoxe insoluble est considéré comme bénin s'il s'agit d'un prétexte à éclats de rire. Le dogme peut ainsi être chatouillé, aiguillonné, s'il n'y a pas d'ambiguïté au niveau des convictions profondes. L'humour noir amuse quand le voyeurisme sadique outrage, la parodie ridicule de racisme est applaudie quand le racisme sincère est combattu, etc. En ce qui concerne le problème de l'égocentrisme et l'hypothèse du rêve, on trouve dans la littérature fantastique quelques essais mettant le doigt sur le problème cosmologique fondamental, avant de saborder leur sérieux, qui pourrait être déstabilisant, par l'intrusion d'extra-terrestres ou de loups-garous (textes de Brown et Heinlein cités en bibliographie, etc.). Quoi qu'il en soit, cette once de fantaisie tolérée côtoie une condamnation sans appel, pour névrose obsessionnelle par exemple, à l'égard de qui s'attacherait outre mesure aux hypothèses considérées comme des plaisanteries passagères.
• Par une nouvelle pirouette verbale, la dénonciation de ce dogme insidieux est elle-même taxée de maladie mentale. Dans un monde se déclarant tolérant et débonnaire, se sentir oppressé, combattu, relève en effet du complexe de persécution. Le diagnostic de paranoïa aiguë serait conforté par des signes convergents : l'hypocrisie dont je fais preuve dans les relations sociales, ma recherche de blindage, mon égocentrisme développé implacablement à partir d'une hypothèse douteuse (l'idée que le monde présent est un rêve de ma part). Bref, sans être à proprement parler idiot, j'aurais simplement conduit mon intelligence sur la mauvaise voie, et sombré dans une forme de délire. Pourtant, je ne m'égare pas complètement : le contexte est bien une dictature oppressante, dont les dogmes devraient pouvoir être mis en évidence en titillant quelques sujets tabous.

b) Droits de l'homme et crimes historiques
• Pour remuer l'intelligentsia au pouvoir et la forcer à se découvrir sous un jour idéologiquement répressif, le plus simple est de contester la sacro-sainte « Déclaration universelle des droits de l'homme », texte de 1948 élevé au rang de morale et de sagesse absolues, dépassant les divergences culturelles. Le premier article, fondement des fondements, a l'inquiétante particularité de ne pas se présenter comme un droit, une liberté, mais comme un devoir, une croyance obligatoire. Il faut certes louer l'honnêteté de cette présentation clairement dogmatique, qu'aurait pu camoufler une formule telle que: « chacun a le droit d'exiger que tout le monde reconnaisse... » ou « chacun a le droit d'interdire que quiconque mette en doute... ».
  L'énoncé officiel est le suivant: « Article premier. Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».
  D'un point de vue égocentrique, cette évidence ne tient pas : autrui n'est pas mon égal puisque je suis dans la position apparemment unique de centre du monde vécu, et les êtres que je côtoie pourraient parfaitement être des marionnettes sans conscience.
  Ce franc refus, immédiat, sera évidemment écrasé par autrui, peu enclin à se reconnaître un statut de marionnette. A titre défensif, l'égocentrique peut donc formuler un énoncé relativiste de son opinion : les humains que l'on rêve ne sont pas, selon l'interprétation en vigueur, des êtres doués de conscience. Seuls les humains doués de conscience sont assurément doués de conscience, et jusqu'à preuve du contraire, rien ne permet de les reconnaître (en dehors du cas particulier que constitue le moi). Et si l'on définit « l'être humain » comme un personnage doué de conscience, rien ne change : il semblerait impossible de discerner s'il y a parmi les personnages qui m'entourent de tels « êtres humains ». La maxime imposée présente donc un rédhibitoire manque de clarté. Et le fait qu'elle soit imposée, sans avoir les moyens de convaincre, est un aveu de dictature.
• Ce jugement est à même de soulever une grande indignation. La déclaration des droits de l'homme est en effet, par le biais de cet article premier, le pilier de la condamnation touchant les aristocrates et les racistes, lesquels défendent l'idée d'un sang noble s'opposant au statut quasi animal de castes ou races inférieures.
  Si une attitude inquisitrice a été développée contre ces thèses dangereuses, les cris outragés masqueront ou interdiront une éventuelle plaidoirie de défense, et la mise en cause du dogme peut donc être évitée par ce biais. Certes l'article 10 de la déclaration en question demande que dans un procès, « toute cause soit entendue équitablement », et les articles 18-19 exigent la liberté d'opinion... mais l'article 30 interdit implicitement à ceux qui s'opposent au premier article le bénéfice des autres dispositions.
  Pourtant, il y a un formidable malentendu, une aberration, dans le fait de pourfendre, au nom de la lutte contre le racisme, un être ne montrant aucun mépris discriminatoire pour telle ou telle communauté parmi autrui. Quand, dans le même temps, la majorité de la population adhère au principe d'une priorité régionale ou communautaire ou nationale, un malaise peut s'installer. Il est difficile de couvrir d'opprobre un innocent plutôt moins coupable en ce domaine que le premier quidam venu. Inversement, il est difficile de tolérer le trouble que vient semer ce cas dans la croisade manichéiste contre le racisme ; que vient faire cet individu se satisfaisant d'une solitude absolue, au milieu du combat entre xénophobes tribaux et partisans de la fraternité universelle ? La psychiatrie apporte ici le salut, en déclarant doctement « ne faites pas attention à lui, il délire » et en promettant de soigner généreusement cette pensée aberrante.
• Un problème plus ponctuel, mais plus aigu, est constitué par le tabou apposé aux « crimes contre l'humanité » perpétrés au cours de l'histoire, en particulier l'abominable holocauste que représentent les camps d'extermination nazis.
  Pour ne pas tomber sous le coup de la loi, qui menace (en France) de poursuites judiciaires quiconque contesterait l'existence de ces massacres, prouvés par témoignages et archives, l'auteur doit d'ailleurs ici – tel Galilée sous l'inquisition – déclarer que l'univers présent ne saurait être totalement un rêve : les crimes contre l’Humanité sont une vérité, même si ce devait être la seule. Les bouddhistes doivent d'ailleurs de même renoncer à leur liberté de rite, la maxime « tout est illusion » étant maintenant devenue illégale, et cela sous les applaudissements frénétiques d'une intelligentsia se déclarant championne de la lutte contre l’intolérance...
• Il se trouve en effet que l'égocentrisme radical et les cosmologies exotiques sont très ponctuellement rejoints par une des affirmations propres aux néo-nazis. Des égocentriques gentils et paisibles subissent donc les coups adressés aux antisémites virulents, et constater le malentendu ne semble intéresser personne. Il est tout de même curieux que les législateurs aient préféré bannir une simple opinion sceptique plutôt que d'interdire les propos de haine ou la sympathie exubérante envers des personnages d'exterminateurs. L'indignation musclée et sans réserve, interdisant le doute dans ce cas très particulier, pourrait cependant trouver quelque justification : alors que contester l'existence du Général de Gaulle ou de l'Australie fait seulement sourire, ne pas croire aux crimes nazis est ressenti comme une insulte blessante par la communauté juive, qui accorde un statut sacré à l'épisode paroxystique de son long martyre.
  Pourtant, de la même manière, des religieux ressentent l’athéisme ostensible comme un sujet de grande douleur, une intolérable insulte à leur foi, au martyre de Jésus-Christ, à Dieu. Le mécanisme est sensiblement le même : il s'agit du blasphème... La liberté d'opinion est un outrage à ceux qui voudraient voir leurs certitudes admises par tous. La violente croisade contre le scepticisme, quand elle en vient à frapper des non-violents et des êtres dépourvus de haine, est un acte de fanatisme et non de justice.
  Avec un peu de lucidité, la situation apparaîtrait ainsi : un individu, se distinguant bizarrement au sein d'une société consensuelle, ne croit pas aux faits présentés comme réels, tout en accordant à autrui le droit d'y croire de son côté. Un régime prétendant à la tolérance peut difficilement le punir au nom d'une violence potentielle alors qu'il est infiniment moins agressif que les prédicateurs, ou que les caricaturistes, moqueurs et provocateurs. La psychiatrie apporte là encore la solution, pour débarrasser de ce cas étrange et restaurer la bonne conscience manichéiste.

c) La sagesse parentale
• Les dogmes populaires sont assez différents de ceux propres aux intellectuels clamant des intentions grandioses. Dans un milieu à la fois humble, peu prospère et xénophobe, la générosité est restreinte aux proches parents. La protection intuitive contre l'accusation d'égoïsme aboutit à faire de l'esprit de famille un idéal non seulement respectable mais indispensable. Dans ce cadre, la fuite égocentrique est choquante en ceci qu'elle consiste à abandonner des proches, dont l'on est moralement responsable, sous la tentation d'un bonheur strictement personnel.
  Cette perspective peut même révulser des parents, trouvant effroyable l'idée d'abandonner les enfants qu'ils ont mis au monde ou pris en charge. Ceci n'a certes rien à voir avec le repli d'un célibataire non prosélyte, mais l'expérience montre qu'en matière comportementale, le manque de recul transforme la plupart des jugements de type « personnellement, je n'aimerais pas » en « c'est mal, il faut l'empêcher ». La fidélité au réel est donc un dogme populaire puissant.
• Cette situation pourrait conduire à décréter que le repli sur soi-même est un acte d'immoralité éhonté, mais l'amour parental peut susciter une certaine tolérance, un effort de compréhension : la possibilité de voir son propre enfant se recroqueviller sur un monde imaginaire n'appelle pas tant l'indignation qu'une offre d'aide. Quand les chérubins laissent de plus transparaître une logique implacable justifiant leur attitude, la déstabilisation devient grave.
  L'autorité (prétendument intellectuelle, et en tout cas institutionnelle) du psychiatre constitue alors un secours précieux. Même si le diagnostic est assorti de perspectives pessimistes, tout rentre ans l’ordre, l’anormalité est expliquée, circonscrite.
• En filigrane, cette sagesse parentale laisse deviner une dictature à l'égard des enfants. Il n'est en effet nullement question de respecter les choix d’un jeune enfant ou de le laisser choisir ses valeurs. L’enseignement est jugé indispensable pour faire son bonheur : il faut interdire les tentations mauvaises ou dangereuses, mater les caprices et forger une future sociabilité (cf. annexe 3.A).
  L'intolérance psychiatrique ne paraît absolument pas choquante dans ce contexte : elle ne fait que prolonger le système d'endoctrinement qualifié d'éducation.
• Finalement, le label de folie s'avère un puissant moyen d'éviter les remises en cause. Un point de vue déstabilisant, résistant à l'attaque rationnelle et se prêtant mal aux accusations d'immoralité, peut donc être balayé de manière réconfortante.
  Du point de vue opposé, il y a évidemment une totale injustice dans ce mécanisme. Ceci ne serait rien si la psychiatrie se contentait de jeter le discrédit sur ses victimes, mais, en plus, elle se veut curative...

C – Soigner, de force, le pauvre fou

a) Le mythe de la souffrance psychotique
• La psychiatrie moderne, entendue comme branche de la médecine, ne se considère pas comme un moyen de répression, d'endoctrinement ou même comme un outil d'équilibre social. Elle prétend soigner des malades, des êtres qui souffrent, et s'efforcer de leur apporter réconfort et, si possible, guérison.
  L’indépendance entre la médecine et le conformisme social est bien mise en évidence par l'aide humanitaire aux pays sous-développés. D'une part les pays pauvres acceptent avec joie l'aide reçue malgré le colossal déséquilibre démographique provoqué par une chute de la mortalité (sans baisse parallèle de la natalité), avec la misère et les risques de guerre civile qui en découlent, d'autre part les pays riches trouvent très positif cette aide ponctuelle, qui ne respecte pourtant pas l'égoïsme communautaire garant de leur prospérité (en vertu de la loi : surpopulation + ressources terrestres limitées + partage = misère pour tous) ; le fait de multiplier le nombre des pauvres et d'accentuer indirectement leur misère accroît de plus la menace d'une révolution mondiale redistributrice. Il y a donc bien, apparemment, dans la médecine un vœu de générosité (ou de bonne conscience) assumé au risque de déstabiliser la société.
  Plus spécifiquement, on peut noter une différence fondamentale entre morale pratique et médecine : les inquisiteurs s'attachent essentiellement à détruire les satisfactions jugées perverses pour leur substituer un effort contraignant, les médecins eux se cantonnent à l'apaisement des souffrances, sans s'attaquer aux responsables du malheur d'autrui (du moins quand ceux-ci sont humains – dictateurs, militaires belliqueux, criminels – les microbes ou parasites étant bien sûr exterminés sans pitié).
  Reste à savoir si cette générosité médicale n'est pas trahie dans certains cas. Le problème ne porte absolument pas sur le cas ponctuel de médecins cupides ou véreux, mais sur le fait qu'une générosité sincère puisse aboutir à faire souffrir au lieu de soulager. L'exorcisation par le bûcher, soulageant dans un grand geste d'amour les âmes éternelles dévorées par le Mal, ne paraissant plus d'actualité, le point le plus critique porte sur la thérapie forcée (refus d'euthanasie, internement psychiatrique). Imposer un cadeau qui a été refusé reste-t-il un acte de générosité ?
• La question essentielle, en matière psychiatrique, est de savoir si les individus présentant une anomalie mentale souffrent tous de cette anomalie. C'est en effet à cette question qu'est subordonnée la générosité de la thérapie forcée.
  Or, pour différencier la maladie mentale (psychose) de troubles plus bénins (névrose), il a été longtemps professé que le névrotique a conscience de son état alors que le psychotique ne se rend absolument pas compte qu'il est malade. Si cette idée a pu tenir lieu de vérité en psychiatrie jusqu'à ce que l'exemple de quelques cas remette l’idée en question, considérer maintenant que le psychotique est forcément un être qui souffre représente un virage à 180 degrés pour le moins suspect. Il est peu crédible que les études de cas passées aient été toutes erronées, et que les interprétations récentes soient toutes correctes – dans un contexte où l'inaccessibilité des pensées d’autrui laisse une place importante à l'interprétation subjective, voire à la fabulation.
• Certes, le psychotique pourrait souffrir du fait même d'être différent, sans se considérer anormal (ce seraient les autres qui se montrent anormaux, de son point de vue). Ceci concilierait les deux thèses adverses. Mais voir dans cette idée une justification à la générosité des soins psychiatriques est malsain : en privant un « malade » introverti de sa liberté d'isolement, en lui imposant une présence active et des stimulations, on accroît la fréquence et l'intensité de ses relations à autrui, qui étaient précisément déclarées constituer le facteur de souffrance.
  Bref, s'il souffrait un peu, on va beaucoup le faire souffrir, afin qu'à terme, il ne souffre plus. C'est là une logique médicale compréhensible, qui rappelle l'amputation sans anesthésiant pratiquée dans les tranchées de la Grande Guerre, mais quand le « malade » refuse les soins, un problème de conscience devrait tout de même se poser.
• Il y a un autre aspect douteux dans l'assimilation entre anomalie mentale et souffrance : le fait que certaines psychoses aient été expliquées par une perception du monde comme un chaos perpétuel, ordonné n'importe comment pour se rassurer. Or un être qui est parvenu à se rassurer peut difficilement (sauf verbiage justificateur) être considéré comme souffrant, avide de soins.
  Le plus atroce est que cette reconstruction « maladive » de l’univers, guidée par le sentiment de bien-être personnel est parfaitement légitime sur un plan rationnel ou philosophique (voir la première partie de ce livre). Certes, il s’agit d un mode de pensée peu courant, et non partageable avec autrui, mais cela ne le discrédite en rien.
  Celui qui résiste à une dictature intellectuelle peut certes souffrir, d'une part des coups reçus, d'autre part de voir frustré son éventuel désir de passer inaperçu. Faut-il pour autant dire qu'il est fou et nécessite des soins ? Ce serait là retomber dans une logique de répression totalitaire. Et la souffrance inhérente à la condition de dissident tiendrait lieu d'alibi commode.
  De manière plus générale, il semble que la souffrance (non physique) s'affiche tant chez des individus « normaux » (certains étant tristes, déçus, aigris, haineux...) que chez des individus anormaux. La souffrance n'est donc pas le critère de discernement en la matière. Le fait d'être déclaré fou, et pris en main comme tel, pourrait être en lui-même un facteur de souffrance – et donc tous les fous seraient effectivement malheureux – mais il serait abject de justifier les soins par l'apaisement d'une douleur précisément créée par ces soins. Et rien ne prouve le caractère spontané de la souffrance imputée à chaque psychotique.

b) Le bonheur introverti serait un faux bonheur
• L'idée d'une souffrance accompagnant inévitablement la maladie mentale serait peu crédible si le bonheur auquel aspire le schizoïde était reconnu, puisque cet idéal associe la félicité à un comportement radical de repli qui serait déclaré schizophrène ou autistique. Le fait que la morale ait dévalorisé, condamné, le bonheur recroquevillé ne suffit pas à en exclure la possibilité ; nier celle-ci incombe donc davantage à une théorie psychologique.
  De ce côté, le modèle d'interprétation qui semble implicitement en vigueur se base sur les idées suivantes :
– L'introversion ne serait pas naturelle, l'être humain étant un être fondamentalement social ; la propension au repli serait donc la conséquence soit d'une malformation cérébrale soit de relations difficiles, traumatiques, avec autrui. La schizoïdie ne serait qu'un pseudo-équilibre maladif, spécifique à des êtres bloqués, coincés, ou blessés ; le « paradis intérieur» serait une compensation, médiocre et infiniment moins plaisante que le bonheur partagé avec autrui.
– La volonté exprimée peut être fort distante des désirs inconscients ; ainsi, un individu déclarant préférer le repli à la vie sociale ne doit pas être automatiquement cru – il ne ferait là qu'exprimer naïvement un système de défense alors que celui-ci serait caduc si le sentiment d’oppression disparaissait. Qui se recroqueville « dans sa tête » ne fait que se cramponner à un refus amer, après s’être à tort résigné ; avec une aide efficace, il apprendra à croire de nouveau au vrai bonheur, à l'équilibre sain que représente la vie relationnelle. Selon l'expression consacrée, « il s’épanouira ».
  Cette interprétation est rigoureusement irréfutable, toute dénégation étant attribuable au refoulement des désirs inconscients, Il ne s'agit pourtant que d'un système facultatif blindé contre la critique. On peut lui opposer un système de statut comparable et contradictoire :
– Le seul bonheur « vrai et complet » se situe dans la rêverie idyllique – malheureusement certains indi-vidus (au cerveau un peu malformé) que l'inaction endort ou auxquels manque l'imagination, ne parviennent pas à s'investir dans ce monde.
– Ces (nombreux) individus déficients, refoulant leur incapacité frustrante dans le domaine inconscient, cherchent alors désespérément une consolation dans le monde extérieur et la relation conviviale. Il ne s'agit pourtant là que d'un ersatz pitoyable, et ceux qui s'y vautrent sont à plaindre – ou à combattre si, inconsciemment jaloux des introvertis équilibrés, ils cherchent à démolir le bonheur de ceux-ci.
  En effectuant une synthèse, on peut conclure que l'analyse qui se veut compréhensive et pertinente s'avère tenir du conte fabulatoire. Mais, socialement, une opinion peut s’imposer sans avoir prouvé sa véracité ou démenti celle des systèmes concurrents.
• Dans le doute, il serait sage de reconnaître qu'il y a peut-être des tempéraments aspirant naturellement au calme et à la solitude, d'autres plus enclins à la grégarité et avides de stimulations incessantes. Malheureusement, un biais vient fausser systématiquement l'avis des personnes se conférant les compétences pour statuer à ce sujet : psychologues et psychiatres sont des êtres ayant choisi de consacrer leur vie (professionnelle) à autrui, espérant soulager ; sauf exception, ils se recrutent donc parmi les non-schizoïdes. Leur jugement risque donc d'être orienté et les discussions entre pairs manqueront d'éléments contradictoires.
  Bien sûr, ces remarques n'ont aucune pertinence si les psychiatres sont des marionnettes dénuées de sensibilité, mais la situation vécue pousse simplement l'intuition – animiste et inductive – à craindre un mécanisme rigide promettant de broyer la légitimité du bonheur intérieur et solitaire.
• Les psychiatres semblent donc profiter de leur statut d'expert pour appliquer une logique proche de l'inquisition morale, tirant un altruisme intolérant d'une référence égocentrique inavouée : « le bonheur que j'apprécie est le seul bonheur digne de ce nom (ou le seul bonheur légitime) ».
  Ce n'est pas l'égocentrisme qui est ici en cause, puisque gentillesse et inaction éviteraient toute déviation répressive. Paradoxalement, ce sont ceux qui considèrent autrui comme leur semblable qui le respectent le moins, en vertu du principe naïf « le bonheur auquel j'aspire est celui auquel aspire chaque être humain, ne serait-ce que secrètement ou inconsciemment ». C'est dans ce contexte qu'une répression musclée peut se parer du label de générosité.
  Le phénomène est exacerbé par la confiance que procure une démarche intellectuelle parallèle : « ce dont je suis certain, autrui en est également convaincu, même si par mauvaise foi il se refuse à l'admettre, ou si ces certitudes naturelles ont été enfouies profondément par quelque endoctrinement aveuglant ou quelque poison neurochimique (drogue exogène ou toxine endogène, maladive) ». Ainsi, tout détracteur passe soit pour un plaisantin, un sophiste qu'il faut faire taire quand plus personne ne rigole, soit pour un zombie quasi hypnotisé et qu'il faut réveiller, médicalement, par une sorte de coup de fouet. Il faut signaler que les philosophes ont une part de responsabilité dans ce mécanisme effroyable : à force de discourir savamment sur l'être humain en général, ils ont mutilé la notion d'individu, de goût individuel. Les propos philosophiques sur « l'aliénation » (ne pas vivre pleinement sa condition d'être proprement humain) ont préparé en cela une illusion d'objectivité, que la psychiatrie ne fait qu’exploiter.
• La condition humaine n'est bien sûr pas exclusivement définie par la sociabilité, la liberté est aussi une notion importante. Ceci pourrait restaurer l’idée d’un droit au repli, mais un raisonnement pervers permet de maintenir la dictature psychiatrique : l’être recroquevillé ignore ce qu'est vraiment le bonheur dans la vie fraternelle, sans quoi il n'aurait pas fui ainsi, il faut donc le tirer de son cocon pour lui faire découvrir cette lumineuse tentation, pour lui donner les moyens de choisir sa voie en toute connaissance de cause. Bref, la psychiatrie aurait pour vocation de libérer des êtres qui s'étaient enfermés dans une voie désespérée avant d'avoir correctement jaugé la situation.
  Cette plaidoirie ne doit pas faire illusion : l'être réveillé à la réflexion ne sera considéré comme guéri que s'il change d'avis et de comportement, en choisissant la vie sociale. Si, tout bien considéré, il retourne d'où il vient, en choisissant librement le repli, les psychiatres (et les parents, s'il s'agit d'un enfant) parleront de rechute et considéreront qu'il n'a pas suffisamment émergé pour choisir véritablement. Pour être jugé libre, il faudrait donc se laisser embrigader dans le monde subi ; dans ce cas l'évolution sera qualifiée d'amélioration et applaudie avec enthousiasme.
  Cet enthousiasme est le nœud du problème, et tout repose sur l'expression « je suis content pour lui », prise comme gage de sentiments désintéressés (voir le livre de Barry Kaufman : « Un miracle de l'amour »). Il conviendrait, avec un peu de lucidité de considérer la situation sous un autre angle : tirer un individu dans un sens, quand celui-ci se cramponne à la situation qui était la sienne, s'apparente plus à une réquisition qu'à un cadeau. Les parents d'autiste, qui se plaignent que leur rejeton ne profite pas de leur amour, et ne s'y intéresse même pas, rappellent l'égoïsme de tout amoureux blessé, qui ne voulait au fond pas tant le bonheur de l'autre que leur bonheur commun, ensemble. Et si ce projet de bonheur commun pouvait effectivement prétendre au label de générosité, il n'en est plus de même quand, face un refus, on cherche à ramener à soi l'être aimé, quitte à l'empêcher d'atteindre le bonheur que lui-même désirait. Pour en revenir à la psychiatrie, on peut innocemment demander, quand la guérison est au bout d'une thérapie forcée : qui est parvenu à matérialiser son propre idéal, le médecin (et les parents, la société) ou bien le patient ?
  Quoi que puisse en dire un verbiage de circonstance, vouloir faire le bien d'autrui à mon idée, c'est mépriser son avis pour élire le mien. C'est même en un sens vouloir faire d'autrui mon esclave. Si le but semble être davantage la formation de compagnons que de serviteurs, il n'en reste pas moins que la situation consiste à asservir autrui à mon idéal de bonheur fraternel. Assumer ce point de vue ruinerait l'idée d'une psychiatrie combattant sous la vertueuse bannière de la générosité.

c) Au risque de faire souffrir
• Le fait de démolir des équilibres jugés pathologiques n'est pas assorti d'une garantie de bonheur plein et entier à la sortie de l'hôpital. Et c'est là que se situe la malhonnêteté suprême. Tandis que le thérapeute aura accompli sa tâche, et joui de son succès, le schizophrène « repenti » se débattra avec les tracas quotidiens, affrontera les médisances et moqueries, la haine ordinaire, etc.
  Citons l'atroce formule de Barry Kaufman, cherchant à tirer son enfant de l'autisme: « La lenteur des progrès était pénible. Il était encore satisfait d'être seul. »...
  Une petite histoire semble à même d'illustrer le problème de manière criante : un jeune homme rabroué par celle qu'il aimait sans retour se réfugie dans un monde intérieur, où il vit heureux avec le double de son amie ; cette attitude ressemblant à de la prostration, vue de l'extérieur, il est arraché à ses rêveries, chimiquement détruites par des substances débilitantes, et réinstaIlé dans le monde subi. Là, une rencontre fortuite avec son ancienne amie, devenue mère de famille, réveille ses passions tout en le torturant, lui déchirant le cœur. Après des moments de douleur affective effroyable, insupportable, il en vient à se trancher les veines et meurt dans de longues et atroces souffrances. La question est : fallait-il arracher ce personnage à son bonheur dans l'imaginaire ?
• Par ailleurs, les soins appliqués aux malades mentaux n'aboutissent pas forcement à une « guérison ». L’être dont l'équilibre maladif a été démoli peut demeurer dans un état précaire, ponctué de crises déchirantes. Ainsi le but qui avait servi de prétexte à sa prise en mains n'aura pas été atteint. Un état de souffrance manifeste aura remplacé un état de souffrance supposée, lequel cachait peut-être un bonheur non extériorisé.
  Il est évident que si l'équilibre initial était violent, expansif, il ne pouvait être socialement toléré, mais d'une part il ne faudrait plus prétendre aveuglément que les soins sont avant tout destinés au bien-être du patient, d'autre part la psychiatrie perdrait ses alibis psychologiques pour se ramener à un moyen de rééducation à l'égard des déviants.
• En ce qui concerne les individus recroquevillés et non violents, une justification pourrait être trouvée à la thérapie : ces malades ne sont pas autarciques, ils se font nourrir et loger, et cela sans aucune contrepartie. La société ou la famille, qui se prive pour les entretenir, en souffre injustement. Il faut donc que cesse cette exploitation malsaine, il faut que les êtres en perdition réapprennent à assumer leurs responsabilités. Une situation où tout l'effort, toute la souffrance, est réservée aux altruistes n'est pas juste ; ceux qu'ils aident doivent aussi faire un effort, au risque d'en souffrir un peu ; globalement, la souffrance aura diminué.
  Si cet argument semble judicieux vis-à-vis de malades exigeant un toit et de la nourriture, il est cependant contestable en ce qui concerne des êtres véritablement repliés, anorexiques et prêts à mourir de froid. En effet ceux-ci sont pris en charge sans avoir rien demandé, et si autrui s'échine à les maintenir en vie pour se donner bonne conscience, c'est là son problème. Si la motivation de cette assistance imposée est la charité, alors le sentiment d'être charitable (et la promesse d'un billet pour le paradis post mortem, éventuellement) est une récompense, il faut encore une fois le rappeler. Par ailleurs, vouloir rendre cette charité moins astreignante, en exi-geant un effort de la part des assistés, serait simplement vouloir se faire plaisir à moindre coût. L'appel à la gratitude relève du même mécanisme.
• Malgré tout, l'objection présentée n'est pas négligeable, car elle culpabilise l'alimentation et la recherche de chaleur. En ce sens, il paraît juste de devoir payer par un minimum de sociabilité, le confort matériel qui donne toute sa paisibilité aux rêveries. Inversement, il est légitime que la fuite radicale se paye par le froid (douleurs aux extrémités) et la faim (maux de tête), voire par la mort selon un point de vue matérialiste.
  La distance est donc notable entre les deux grandes voies de repli. Cette divergence fondamentale ne fait que changer de nature avec la menace de prise en charge psychiatrique. La perspective de douloureuses piqûres, l'impudeur des thérapies de groupe, le cloîtrement dans une salle commune sans refuge, constituent le prix de la fuite radicale. Et il faut être très fort, très sûr de pouvoir abandonner son corps, pour affronter sans peur l'idée d'être interné.
  Mais si cela suscite, dans un premier temps, un puissant élan vers le compromis restant simplement schizoïde, il demeure un sentiment de dégoût vis-à-vis de ce monde où l'inconfort semble une fatalité... Et cela peut provoquer une réaction radicale de rejet, de refus, de fuite.

D – Alibi scientifique et contre-attaque

a) Consolider les prétentions objectives
• Le sentiment d'injustice face à la psychiatrie se référait à une situation où l'introverti quelque peu cohérent se trouve combattu par des extravertis prosélytes, voulant imposer leurs codes de conduite et leurs opinions, c'est-à-dire les valeurs qui leur sont propres. L'aspect manifestement culturel, relatif, de ces valeurs rend, pour les individus qui ont des goûts peu communs, le terme de « malades » tout à fait impropre. La psychiatrie a cependant la prétention de toucher à l'objectivité par le biais d’une démarche scientifique, et ceci mérite examen. La différence avec la morale pourrait être scellée, et le débat réorienté.
• Un malentendu apparaît cependant très vite : comme l’a dénoncé Paul Feyerabend, le choix en faveur de la science semble bien lui-même un choix culturel. Certes, la science ne fait pas la part belle aux « vérités » classiquement transmises par la tradition, y compris les lois que retiennent ses différentes disciplines, mais globalement la démarche scientifique relève d'un choix : accorder foi aux régularités observées, en excluant le caractère illusoire ou chaotique des événements.
  Quand bien même la psychiatrie aurait suivi rigoureusement une démarche scientifique, sans incorporer d'invérifiables fabulations sur la pensée des patients, elle serait donc restée tributaire de choix subjectifs.
• Il faut aussi signaler un malentendu qui semble courant : la scientificité, par le biais de l'objectivité, serait un gage de moralité. Cette opinion, admissible par un inculte ou un littéraire ne connaissant la science que par les doctes discours des savants, ne tient pas debout. La science expérimentale n'ayant pour critère de valeur que l'efficacité, elle aboutit simplement à la découverte de recettes prédictives (modèles mathématiques ou sommes de constats empiriques) et de techniques – que l'utilisation de celles-ci soit bénéfique ou néfaste.
  Le fait que la physique nucléaire ait permis le massacre d'Hiroshima (c'est-à-dire, pour relativiser les choses, l'assassinat d'autant de civils avec un bombardier en une minute qu'avec auparavant mille avions en une nuit, comme à Dresde ou Tokyo), ne rend pas plus cet épisode moral que la physique nucléaire immorale. Fabriquer des bombes ou expérimenter les manipulations génétiques, comme combattre la folie, est une décision politique dont la moralité peut être discutée, mais la science n'est pas sur la sellette, puisqu'elle ne constitue en ce domaine qu'un outil, facteur d'améliorations techniques. Ce n'est que par une déviation perverse que le label de science a été invoqué pour cautionner un prétendu devoir (d'admission inconditionnelle ou de recherche illimitée) ; ainsi mis en avant, le terme essuie évidemment tous les coups, mais il y a malentendu.
  Il ne s'agit donc pas ici de répondre aux psychiatres, réfugiés sous le parapluie scientifique, que la science est d'une moralité douteuse – mais que la science n'a pas à être invoquée dans un débat sur la moralité de leurs actes. Il n'y a aucun rapport entre efficacité et respectabilité. Au risque de rabâcher, il faut rappeler que modifier efficacement le comportement ou la pensée de quelqu'un ne prouve absolument pas que l'évolution aille dans le sens d'une amélioration. Dire que la guérison prouve a posteriori la maladie est inadmissible : il y a certes eu changement, mais la victoire peut s'apparenter à un endoctrinement politique ou religieux réussi. Le fait qu'un individu génial puisse être chimiquement rendu stupide ne prouverait pas que le génie est une maladie.
• Enfin, la science ne fait que tester des modèles, rien n'indique qu'elle découvre des vérités. « L'explication » neurologique ou psychologique de telle anomalie comportementale ou de tel discours n'est ainsi qu'une hypothèse, quand bien même elle aurait inspiré un traitement efficace. Il n'y a pas d'acquis, de connaissance scientifique proprement dite, même si des auteurs profitant du conventionnalisme verbal – tel Hans Reichenbach – trouvent normal de dire : je ne suppose pas, je sais, même si je peux me tromper. On peut certes dire n'importe quoi mais le problème est que des auditeurs risquent de mal interpréter les propos ainsi tenus. Le vocable de « preuves scientifiques », qui est employé pour les éléments de présomption favorable, entraîne ainsi de graves quiproquos.
.   Un enseignement reçu peut être élevé au rang de dogme, des thèses peuvent être prises pour des vérités, les consensus d'experts peuvent passer pour des validations définitives, des lois universelles peuvent être dangereusement inférées des régularités liant quelques cas. La psychiatrie sûre d'elle-même sous le parapluie scientifique semble être tombée dans chacun de ces pièges. La science n'est pas le pilier de béton dont la psychiatrie pouvait avoir besoin pour asseoir sa légitimité.

b) Les égarements mathématiques des médecins
• Les remarques qui précèdent seraient déjà pertinentes si la psychiatrie faisait preuve d'une efficacité quasi systématique, à l'image de la mécanique élémentaire. Le fait qu'échecs et résultats probants doivent être pondérés pour dégager une tendance positive prête à une contestation supplémentaire, concernant la notion de « démonstration statistique ». Psychologues, biologistes et médecins, qui allient généralement un vif intérêt pour la science expérimentale à une certaine aversion pour les mathématiques abstraites, ont tendance à sous-traiter l'exploitation de leurs observations à des spécialistes du calcul – ou à mettre en pratique eux-mêmes des recettes mal comprises.
  Dans tous les cas, un risque de malentendu apparaît, et cela d'autant plus que les résultats statistiques ne sont pas traités comme une conclusion proprement dite ; ils seront interprétés par des savants incompétents dans ce domaine, qui broderont des affirmations intéressantes à partir des arides chiffres bruts. Des erreurs colossales, des abus éhontés, sont commis à ce niveau, mais il est difficile de les dénoncer sans se lancer dans des discussions logico-mathématiques rébarbatives pour le profane. Les annexes 8 et 9 fournissent les éléments étayant les constats mentionnés dans ce qui suit.
• Le premier point conflictuel vient du fait que les statisticiens rendent leurs résultats assortis d'un paramètre chiffré qu'ils nomment risque d'erreur – mais qui n'a, sauf exception, rien à voir avec le risque que leur conclusion soit fausse. Pareille subtilité échappe presque systématiquement au demandeur de statistiques (ou au praticien occasionnel), celui-ci étant d'autant moins critique que ses hypothèses, validées en invoquant un risque d'erreur négligeable, peuvent prétendre rejoindre glorieusement l'édifice de la « connaissance scientifique ».
  Certes, les statisticiens devraient s'insurger contre l'utilisation perverse de leurs calculs et méthodes. Il se trouve que cette mise au point ne semble pas avoir été effectuée, peut-être parce qu'elle ferait perdre prestige et clientèle à la discipline.
  Il y aurait donc autour des statistiques une entente à bénéfice réciproque ; malheureusement, certaines des hypothèses « démontrables » par ce biais, comme la souffrance psychotique, ont pour conséquence une thérapie forcée et traumatisante. L'entente cordiale, fraternelle, entre savants aboutit à broyer des innocents.
• Un autre aspect du recours aux statistiques est contestable : c'est l'interprétation quasi littéraire des corrélations. Par exemple, s'il est montré statistiquement que le nombre de suicidaires est particulièrement élevé chez les schizophrènes, un auteur pourra prétendre avoir démontré que la schizophrénie cause une souffrance à l'individu qui en est atteint.
  Ceci est un abus, puisque rien ne vient appuyer les hypothèses spécifiques de relation de cause à effet entre schizophrénie et suicide, ou de liaison systématique entre suicide et situation de souffrance.
• Les corrélations mal comprises prêtent aussi à une dangereuse interprétation égalitariste niant les spécificités individuelles. Ainsi, le fait qu'il y ait beaucoup de suicidaires chez les schizophrènes « prouverait » l'existence d'un risque suicidaire commun à tous les schizophrènes. La dangerosité des fous peut être établie de manière similaire.
  La suspicion a priori et le mépris que cela représente ne semblent étrangement pas choquer, en matière psychiatrique, alors que l'équivalent dans un autre domaine entraîne de légitimes hurlements d'indignation de la part des intellectuels. Le racisme populaire se nourrit en effet de l'idée que chaque individu de telle race porte en germe les excès auxquels se sont livrés certains de ses « semblables ».
  Mais la psychiatrie n'est pas le seul point oublié dans ce qui serait une lutte contre la répression inductive, c'est le racisme (et surtout l’antisémitisme) qui est la seule cible retenue. Pour citer un exemple bénin qui a été accepté sans encombre, les jeunes conducteurs mâles et célibataires sont pécuniairement pénalisés par les compagnies d'assurances, pour la seule raison qu'ils ont (malgré eux) un état civil comparable à celui de quelques soûlards inconscients aimant jouer l'arrogance virile au volant. Donc la faute punissable du jeune homme sobre et prudent est d'avoir rnalgré lui quelque point commun, anodin, avec les individus dangereux, qui ont été déclarés ses semblables. Confondre ainsi une proportion d'individus et une tendance globale constitue le mécanisme du racisme moderne, haine et critère racial mis à part. Cette ségrégation injuste trouve pareillement de pseudo-arguments dans les statistiques mal comprises ; il convient donc de porter le discrédit sur l'utilisation simpliste des corrélations chiffrées. Se voir condamné pour une étiquette que l'on porte malgré soi n'est pas plus raisonnable qu'équitable. En quoi le fait d'être diagnostiqué « fou » justifie-t-i! une répression, une thérapie forcée ?
  Sous l'étendard de l'objectivité incarnée, de la clairvoyance mathématico-scientifique, la psychiatrie ne semble clamer que des postulats simplistes.

c) Maladie et singularité
• Si les statistiques sont considérées comme un outil efficace et garant de scientificité en psychiatrie, elles peuvent aussi fournir un justificatif à la notion d'anomalie mentale, par le biais de ce que l'on nomme la « détection des valeurs aberrantes ».
  Il faut en effet rappeler que les symptômes psychotiques sont souvent des comportements simplement excessifs. Un être colérique sera par exemple jugé normal, à moins que ses crises atteignent une fréquence ou une intensité rare. Sans ce paramètre quantitatif, les symptômes cités par les manuels de psychiatrie (tristesse, fatigue sans raison apparente, besoin de solitude, excitation, peur de sentir mauvais, ...) pousseraient à conclure que pratiquement tout le monde est fou, et cela discréditerait la discipline puisque celle-ci prétend ramener à une norme les cas isolés qui s'en écartent. La frontière quantitative entre le normal et l'anormal serait suspecte, et « non scientifique », si elle reposait sur une acceptabilité intuitive, pouvant être imputée à des habitudes et conventions culturelles. Pour définir l’anormalité, l'analyse mathématique semble donc nécessaire, si l'on veut éviter l'accusation de subjectivité.
  Bien sûr, définir la limite de la normalité est difficile : faut-il exclure les valeurs extrêmes à raison de cinq pour cent, un pour mille ? Et comment justifier ce choix ? C'est là qu'intervient le riche travail de taxonomie statistique, isolant d'un complexe ensemble de données quelques micro-populations (ou taxons) présentant spécifiquement certaines caractéristiques à un niveau donné. Des classes anormales peuvent ainsi être identifiées au sein d'un ensemble qui semblait à première vue un fatras dominé par une variabilité tous azimuts. Il n'est pas certain que la symptomatologie psychiatrique soit en pratique réalisée sur ces bases, mais un rattrapage pourrait être effectué a posteriori en ce sens, la technique mathématique étant rodée par son emploi quotidien dans le domaine de l'identification biochimique des bactéries.
  Il reste à savoir si l'anormalité ainsi objectivée fournit une légitimité au concept de folie.
• Tout d'abord, il faut noter que l'anormalité est relative. Une étude menée en Suède aboutirait à conclure que la pigmentation cutanée est une anomalie, alors qu'il s'agit au contraire de la norme au Zaïre. De même, si dans deux siècles, 99 % de la population présente les symptômes de la schizophrénie, ce sera le non-schizophrène qui sera anormal.
  Passer du concept de singularité statistique à l'idée de maladie n'a donc rien d'une évidence. Les individus affirmant qu'ils aiment la pluie et la pénombre sans trouver à cela de raison précise, ceux qui se montrent anormalement généreux, intelligents et créatifs, ne seraient pas déclarés malades même si leur cas avait été identifié comme à la fois rare et bien particulier. Et si les schizophrènes sont soignés, ce n'est absolument pas parce qu'ils constituent une minorité typée et relativement homogène. Là n'est pas le problème.
  Après les dénégations effectuées plus haut, il n'est pas non plus légitime de définir la maladie comme une conjonction entre anormalité et souffrance (à moins d'ôter le label de malade au schizophrène heureux) ou entre anormalité et possibilité de retour à la normale (à moins de nommer guérison l'abrutissement d'une personne surdouée).
• Une certaine conception matérialiste de la psychiatrie prétend résoudre la difficulté de définition : la maladie mentale désignerait une anormalité de fonctionnement psychique ou de constitution cérébrale. Le fou serait par exemple un individu auquel manque telle substance neurochimique, ou en possédant beaucoup plus que toutes les personnes dites normales (il a ainsi été déclaré que le schizophrène est un être présentant un excès de dopamine cérébrale).
  Cependant, cette argumentation est irrecevable, pour plusieurs raisons :
– Si une anomalie biochimique comparable avait caractérisé une minorité au sein de la population des gens dits normaux, on n'aurait pas conclu que cette anomalie était maladive, mais au contraire qu'elle était bénigne, apparemment sans conséquence. Ce n'est pas la neurophysiologie qui définit la maladie mentale, c'est la classification des comportements.
– Le fait que des stigmates physico-chimiques accompagnent le comportement déclaré maladif ne prouve pas que l'on a trouvé la cause matérielle de l'anomalie, ou même seulement une de ses causes, La trace trouvée pourrait au contraire constituer une conséquence du comportement en question, ou bien provenir d'une cause commune. Mais il ne s'agit là que d'un problème de détail, qui pourrait théoriquement être résolu par l'expérimentation (si elle s'affranchissait des réserves éthiques pour tester l'hypothèse qu'une injection de la substance incriminée rend fous des individus sains).
  Le point essentiel est que la découverte (éventuelle) d'un agent provoquant systématiquement tel comportement rarissime ne prouve pas que ce comportement soit maladif. Si l'éclair de génie, la béatitude ou le romantisme étaient ainsi imputables à une cause matérielle, cela n'aboutirait pas à envoyer à l'hôpital les individus qui présentent ces traits à titre chronique. L'explicationnisme est donc une protection simpliste contre la mise en cause du concept de maladie mentale.
• Ainsi, les justificatifs scientifiques de la psychiatrie ne valent rigoureusement rien, et il n'est même pas besoin pour l'affirmer de recourir à la négation philosophique de l'expérience en général.
  La discipline psychiatrique semble n'être que le garant naïf des certitudes d'une civilisation, quand elle transcrit en chiffres et en profils physiologiques la particularité de certains individus ayant subi la condamnation populaire. La psychiatrie semble subordonnée aux convenances, à la morale, dont elle constituerait un bras armé. Les psychiatres font penser à des bâtards de commères et d'inquisiteurs.
  Il paraît normal et juste qu'une société veuille se protéger des violences et des comportements inquiétants ou gênants (en clair : je ferais pareil à sa place), mais le verbiage justificatif visant à conférer générosité et objectivité à cette exclusion ou rééducation n'est qu'un écran de fumée. Pour résumer, l'accusation de folie semble se ramener simplement à une déclaration d'hostilité vis-à-vis de certaines différences avec le troupeau, différences touchant à la fois le comportement et les motivations (contrairement au cas des immoraux qui, normalement égoïstes, ne font que céder à la tentation). Le fait ou le risque d'être déclaré fou ne devrait donc pas susciter culpabilité ou repentir. Cependant, la menace que représente la thérapie forcée est un facteur d'inquiétude certain, et il faut le prendre en compte dans la stratégie d'accession durable au paradis des rêveries.

2/ Mes compléments 2018

  J’ai le sentiment d’avoir réfuté la psychiatrie (ci-dessus) il y a longtemps, mais j’ai récemment été en séjour hospitalier (physique), en chambre double gériatrique car il n’y avait plu’ de place en chirurgie, et… le vieil homme à côté répétait dans le vide « madame, s’il vous plaît, ramenez-moi dans ma chambre, pour la dernière fois madame je vous le dis : ramenez-moi dans ma chambre ! », puis 6 secondes de silence environ, et la même phrase, et encore, encore, des heures et des heures, tout le temps sauf périodes de sommeil… Je comprends finalement, un peu, que certains docteurs disent qu’il s’agit d’un cerveau devenu « malade ». Toutefois, je ne suis pas pleinement convaincu. A mon avis, cet homme était un égoïste forcené, escomptant asservir le monde à ses souhaits, et s’il n’était pas ainsi avant (sans répétition infinie, âgé), c’est que le dressage éducatif bridait son fond naturel. Avec libération partielle des contraintes, le fond s’exprime, simplement. Ce ne serait donc pas une « maladie ». Et si tel médicament interrompt le monologue répétitif, ça ne signifie pas forcément que ça guérit, ça peut signifier que cela assomme, ou restaure la soumission antinaturelle aux souvenirs de dressage social.

  J’ai vu par ailleurs un reportage télévisé sur les troubles bipolaires, un des troubles psychiatriques (maladies mentales) prétendus, et je n’ai nullement été convaincu. Il était ainsi expliqué que certaines personnes souffraient depuis des années de cette maladie avant d’être enfin diagnostiquées malades (d’où requête de fonds immensément accrus pour le diagnostic, le dépistage). Mais ça me parait faux : avoir une humeur changeante est une façon d’être, un caractère comme un autre ; simplement, parfois les docteurs affirment que c’est pathologique, selon leur propre subjectivité (ou des critères retenus subjectivement par comité de prétendus experts). Je ne suis en rien persuadé qu’il y avait comme un microbe secrètement à l’œuvre, jusqu’à ce qu’on l’observe indiscutablement. Bref, c’est du bla-bla prétendant faussement à l’objectivité et au caractère maladif indiscutable.

  De même pour la dépression : être triste n’est en rien une maladie mais une façon d’être, fonction des évènements et parfois chronique quasi définitif (si on est « avec le cœur cassé »). Parfois c’est déclaré pathologique, par rapport à une discutable définition de la normalité, c’est abusif.

  Autre critère me touchant personnellement : je démens que le suicide soit une preuve de maladie mentale indiscutable. Il ne s’agit que d’une forme de geste logique, visant l’auto-euthanasie de manière radicale, courageuse. Affirmer que c’est impossible « normalement » constitue une définition contestable de la normalité. C’est comme l’héroïsme de soldat sacrifiant sa vie pour autrui : ça n’obéit pas au principe commun de préservation de sa propre vie à tout prix, c’est simplement un geste exceptionnel, tragique, pas maladif.

2'/ Ajout fin 2018 (20/11/2018)

  J’ai lu le magazine Science & Vie Hors-Série n°284 (d’octobre 2018) « Guérir l’esprit. Les nouvelles promesses de la psychiatrie. » que ma famille m’avait annoncé très intéressant. Et je reste non convaincu, absolument. Seul un article effleure le sujet qui m’intéresse (la psychiatrie est-elle une supercherie ?) : « Classification : des frontières de plus en plus poreuses », avec notamment les pavés « l’anorexie, maladie ou symptôme ? », « un curseur délicat à placer », « addiction aux jeux vidéo ou passion dévorante ? », « la dépression, un mal rarement isolé », « hyperactivité ou bipolarité ? », « CIM, DSM… des systèmes de classification de plus en plus critiqués ». Mais le fond de la question n’est pas abordé : ce que les psychiatres (et la société) appellent « maladie mentale » est-il une maladie ?
  Il y a toutefois un chapitre intéressant car inusuel, annoncé sur la couverture comme principale originalité de ce numéro : « autiste, bipolaire, schizophrène… ils témoignent », titré en page intérieure « troubles mentaux : ceux qui les vivent ». Je ne vais pas relire et repointer phrase par phrase ce qui me choque (indirectement), car c’est un énorme pavé (pages 6-24) mais je dirai ce qui m’a marqué :
- L’introduction dit que, avant l’avis des chercheurs, il convient de « faire témoigner ceux qui sont les mieux placés pour parler des troubles mentaux : les personnes qui en souffrent. » C’est un non-sens de base : le dogme précédent était que les psychotiques (à la différence des névrotiques) croient que le monde est fou tandis qu’eux-seuls sont sains d’esprit, et – même si ce n’est pas forcément une loi à 100% – c’est le contraire de dire maintenant que les malades mentaux « souffrent » de leur état. Ou le dissident interné en pays totalitaire « souffre » aussi en un sens, n’est-ce pas toute la question, avec persécution faussement médicale des individus déviants ?
- Je retiens de ces pages, ne me convaincant nullement d’une prétendue folie indéniable, qu’un homme a été déclaré schizophrène parce qu’il croyait parfois venir la fin du monde et se déshabillait car il voulait mourir nu comme il était venu au monde, un autre a été diagnostiqué bipolaire parce que par moments il se mettait à parler à tout le monde dans la rue, et une autiste se disait immensément soulagée d’avoir enfin été déclarée atteinte d’autisme sans plu’ être sanctionnée pour ses comportements. Cela me parait totalement interprété de travers, et je n’y vois en rien le signe de maladies. Point par point :
. Le roman de la fin du monde fait partie des textes sacrés, de multiples ouvrages de science-fiction, et ça pourrait parfaitement se produire demain ou tout à l’heure si était reconnu l’illogisme de l’induction scientifique (généralisation à tort prétendant connaître le futur avec certitude). Envisager la fin du monde sérieusement n’est donc en rien une aberration mentale à expliquer par dérèglement neurochimique.
. Le fait de se mettre nu n’est inadmissible (« pervers » ou « fou ») que selon les conventions sociales d’ici et maintenant, là encore ce n’est en rien une anomalie totalement indéniable justifiant totalement le label folie. Dans telle tribu africaine, chez les hommes de Cro-Magnon, dans tel camp naturiste, être nu ou se mettre nu n’a rien de choquant. Que des censeurs puritains aient pris le pouvoir en nos pays froids est une évidence, mais le sujet est politique, aucunement médical. Ne pas oublier que selon les psychiatres islamistes possibles, une femme sans voile intégral (burqa) ou un homme athée sont des fous furieux (et/ou des dépravés inadmissibles, nécessitant soit l’asile soit la prison, comme en Union Soviétique pour les individualistes et… en Occident pour diverses raisons pareillement).
. Vouloir mourir nu comme on est né nu n’est pas une maladie mentale certaine, mais un mélange de crédulité et de généralisation abusive façon scientiste. Je n’ai jamais entendu personne « se souvenir » être né de telle ou telle façon, ce n’est que croire ce qui a été raconté, ou généraliser abusivement à partir du cas d’autrui en ayant « oublié » la sagesse d’une philosophie égocentrique (rien à voir entre autrui et moi, il n’y a que ressemblance un peu). Bref, le sentiment de vouloir « être nu comme on est né soi-même » semble un résultat (certes inusuel) du lavage de cerveau éducatif/scolaire, au contraire d’un symptôme spontané inexplicable.
. Le fait de parler à tous les passants n’est anormal que dans nos cités anonymes, fondées sur une bienséance discrète. Dans le film Crocodile Dundee, ainsi, un solitaire australien agissait à New York comme dans ses villages déserts au pays, voulant serrer la main de tous les gens qu’il croisait, et on le classait en aberrant dément, car tel n’est pas l’usage du tout en mégalopole. Il s’agit bien de comportement distinct de la norme locale présente, ça n’a aucun rapport avec une maladie (genre microbe, vous cassant en deux, incapable de bouger).
. Il y a tromperie et alliance malsaine à bénéfices réciproques quand tel individu est heureux d’être diagnostiqué « malade mental ». On lui fait accepter comme salutaire qu’il ne sera plu’ sanctionné sévèrement mais plaint et soigné avec égards, si… il reconnait lui-même qu’il est malade, souffrant – quand bien même il peut trouver totalement normaux ses agissements et réactions à lui (autrui paraissant malsain en agissant très différemment ou condamnant la liberté dans la différence personnelle). Si on m’envoie à l’asile avec sortie possible plutôt qu’à la prison enfermé avec violeurs compulsifs, oui, c’est bien en un sens, mais ça n’efface pas la faute de raisonnement totale des prétendus « sains d’esprit », oubliant de réfléchir (s’ils en sont capables).
  Ceci dit, pour ce qui me parait le plus important, je ne donne pas du tout tort à ma mère d’avoir trouvé passionnant ce numéro du magazine, qui annonce notamment que les troubles (dits) mentaux (comme mon anorexie enfantine, ma schizophrénie paranoïde suicidaire à l’adolescence et âge adulte) sont vraisemblablement dus à la flore bactérienne intestinale, et pas aux fautes de la mère (dogme freudien idiot). Ce que j’en retiens n’est nullement que les microbes causent les maladies mentales, mais que le monde des psys est un royaume du blabla n’importe comment, simplement auto-satisfait, variable, et répondant à une demande sociale de certitude à la place du vague, inconnu, reconnu honnêtement.

2"/ Ajout début 2019 (23/01/2019)

  Pour ma critique de Science & Vie, j’ai reçu trois éléments d’approbation et une objection que je vais analyser : « MAIS il y a dans certains symptômes des aspects de "maladie" (altération de la santé) qui demandent des soins médicaux et un accompagnement psychologique ou autre. Dans certains cas, il existe vraiment une demande d’aide du malade, quand il souffre d’une douleur excessive, d’un malaise insupportable dans la dépression ou la maladie bipolaire. Dans d’autres cas, l’aide est imposée au malade quand il y a agressivité contre les autres ou contre soi-même avec mise en danger de la vie (anorexie, violence) ou quand il existe un risque pénal. Le problème est que ces aides et prises en charge ne sont pas vraiment appropriées. » Je suis en total désaccord, mais c’est intéressant à débattre, vers des éléments pas encore abordés, c’est vrai, merci.
A/ « Symptôme » est un terme médical présupposant que la personne est malade, ce qu’elle peut entièrement dénier, mais on ne lui demande pas son avis, et sans argument pour la convaincre. Dictature, pseudo-médicale.
B/ Le terme de « santé (psychologique) » me parait incorrect. Dans la vie, tout n’est pas que joie et bonne humeur, est-ce que tout ce qui s’en éloigne est « maladie » ? Les révoltés dissidents (en URSS), gilets jaunes (en France 2018), révolutionnaires (en France 1789 et Russie 1917), puisque « pas jouasses » étaient-ils donc automatiquement « malades mentaux » ??? C’est pour le moins contestable. Un veuf ayant perdu son épouse chérie (comme dans le film « love story ») est évidemment triste, est-ce synonyme de maladie ? On comprend presque les freudiens arguant que l’immense majorité de l’humanité est malade mentale, mais c’est un abus de langage, je pense. Pour ce qui est du veuf en question, la tristesse peut devenir chronique, irréparable, c’est la grandeur de la fidélité romantique, et se saouler de frivolité volage n’est pas incontestablement mieux. Ce n’est pas aux prétendus médecins d’imposer leur grille de lecture (subjective, absolument pas scientifique).
C/ On peut souffrir de douleur excessive, de malaise insoutenable, après avoir été cassé par celle qu’on aimait. La solution évidente est l’euthanasie, barbiturique douce (« ne plu’ jamais se réveiller »), mais affirmer que c’est interdit, pour ne pas culpabiliser l’aimée, tient de la torture active. Tenter d’aménager médicamenteusement cette torture n’enlève quasiment rien à ladite torture, éminemment contestable. Le refus d’accepter revoir l’être abandonné, jeté, me semble criminel, et ce n’est en rien que la victime a par hasard été en proie à un désordre maladif type microbe ou maladie endogène. L’interdiction formelle de suicide doux est même horrible socialement, conduisant à des massacres de rétorsion, comme le crash German Wings et certains attentats dits terroristes. Par faute d’avoir imposé un dogme pseudo-médical erroné, à ce qui n’avait rien à voir avec une maladie. Le plan sociétal était là de légitimer le largage d’indésirables pour s’adonner lubriquement à la frivolité échangiste. C’est affreux, cette victoire de l’esprit soixante-huitard, se disant libéré mais que je qualifierais de droit à tuer/mutiler auto-attribué (c’est cohérent avec le dogme du droit à tuer les futurs bébés, pensée unique sacralisant Simone Veil).
C’/ Autre exemple : l’employé handicapé physique témoin de fraude commise par son employeur, acheté par son salaire, et ne pouvant pas démissionner sans risque de ruine et divorce et suicide, est torturé, mais ça n’a rien à voir avec une maladie chimique dans son cerveau, c’est une situation horrible qui le broie malhonnêtement.
C"/ Autre exemple encore, il n’est nullement convaincant que l’anorexie est un trouble mental, pour ce que j’en ai connu c’était un dégoût physique, même si les psys racontent n’importe quoi, ce qui est bon pour leurs affaires, à la limite de l’escroquerie.
D/ Certes, quand on est tombé de vélo en se cassant la jambe, ce n’est pas une « maladie » mais un « accident », et l’on est pris en charge « médicalement ». Mais c’est totalement différent pour l’amoureux séduit et rejeté : la médecine ne fait pas « au mieux » pour guérir la victime : elle se situe en aval d’un dogme sociétal interdisant le harcèlement par les rejetés, ce qui vaut « souffre et tais-toi », assortir cela d’un médicamenteux « mange un bonbon, allez, tu souffriras moins » est à la limite de l’idiotie profonde, voleuse de label médical. Idem pour l’employé honnête déchiré de devoir se taire sans pouvoir corriger les fautes commises, pour le dissident broyé par la dictature régnante, pour le prétendu bébé anorexique qu’on prive de crêpes-au-sucre (le seul aliment qu’il aime) au nom du dogme diététique actuel.
E/ Je ne dénie pas qu’il y a quelques cas de problème neurochimique entrainant des troubles totalement inexplicables selon la personne les vivant, et dans ce cas les médicaments peuvent aider, d’accord, mais avoir généralisé cela à tous les cas de tristesse et malaise est une erreur ultralourde.
F/ Le risque pénal me parait hors-sujet, en contexte de dictature faussement prétendue libérale, avec la loi Gayssot notamment interdisant la liberté de pensée, et certains pans de la philosophie rationnelle (d’où l’invention psychiatrique du « délire rationnel » à abattre médicalement…). Ce n’est pas une justification objective mais un instrument d’oppression, qui est en partie source du malaise prétendument combattu. (La consolation par la rêverie irréelle est classée schizophrène).
F’/ C’était pareil pour le type se mettant tout nu et classé pour cela malade mental, puisqu’enfreignant la loi sur l’attentat à la pudeur sans aucune crainte des sanctions. Cela n’a rien à voir avec la médecine mais avec les méandres des convenances et exemptions plus ou moins permises (via le prétendu art notamment). Des menteurs persécutent des anormaux sortant de leurs conventions ampoulées, ce n’est pas joli. Le juge hésitant à envoyer l’homme nu en prison ou asile psychiatrique pouvait ainsi se délecter en public du tableau « l’origine du monde » de nu sexuel explicite « artistique », hum, « c’est vraiment trop injuste » (disait le petit poussin Caliméro).
G/ La psychologie et la psychiatrie ne sont pas « appropriées » pour une raison simple : elles relèvent du n’importe quoi défini par différentes chapelles sans la moindre valeur de vérité. En psychologie, tout n’est qu’affaire d’ « écoles », ayant chacune leur grille de lecture, s’appliquant à tout et son contraire. Cela a une valeur de prédiction nulle, c’est infalsifiable, non scientifique, à pouvoir de conviction nul (puisque ne risquant nullement l’invalidation expérimentale). C’est du bla-bla, très cher payé. Certes, il y a quelques cas de gens souffrant et qui sont un peu contents qu’on blablate sur eux et qu’on leur donne des bonbons insipides les classant eux comme « pauvres malades », mais c’est un cas particulier, sans validité générale.

----- Ajout complémentaire : « Théorie de la bêtise » (01/09/2019)

  Je lis dans Science et Vie n°1223 (Août 2019) qu’une nouvelle théorie (faisant le gros titre du mois) pourrait révolutionner la psychologie et les sciences cognitives : l’intelligence n’est qu’une illusion, l’esprit est plat, l’inconscient n’existe pas.
  J’ai lu le très long article (pages 58-75), intéressant merci, et je n’y vois aucune aberration choquante, à mon avis c’est simplement une nouvelle forme de « blablater n’importe comment », qui faisait et fait encore la psychologie, voire l’ensemble des sciences humaines, inaptes à énoncer des lois prédictives vérifiables, ne faisant qu’expliquer a posteriori tout et son contraire, n’importe comment à mon avis, mais en suivant les dogmes d’écoles successivement dominantes. A mon avis, ce n’est pas tout l’esprit qui est bêtise, c’est plutôt la psychologie qui en est une, énorme (et la psychiatrie, sa dérivée prétendue « médicale »).
  Les objections à cette nouvelle théorie (signée Nick Chater, universitaire en Grande-Bretagne) que je pourrais émettre concernent surtout l’expression « l’intelligence n’existe pas ». Enfin, je ne prétends pas prétentieusement « si, moi au moins, je suis intelligent, autrui peut-être pas », non, ce n’est pas ça. Simplement, je constate des différences notables entre individus : je suis archinul en création musicale et j’admire plusieurs créations dans ce domaine, m’incitant à penser que nous ne sommes pas tous pareils et plats, certains ont un quelque chose en plus, bravo à eux. En ce qui me concerne, mon meilleur ami en école primaire m’a dit récemment qu’il me jalousait à l’époque car sans apprendre durement le soir je me souvenais automatiquement le lendemain de ce qu’avait dit l’enseignant (ce que certains appellent grande mémoire ou intelligence). Et j’ai constaté dans mon travail que là où je casse assez aisément plein de mensonges officiels par la force mathématique rigoureuse, presque tout le monde se dit incapable de comprendre, me classant « fou » ou « génie », les deux étant d’ailleurs rapprochés par un dicton populaire. Tout cela n’est pas plat, uniforme. De même, j’ai une immense activité intérieure en rêverie et en écriture, dessin, calcul, quand la plupart des autres gens préfèrent l’extériorité et la sociabilité, les apparences, c’est une différence, qu’on appelle ça personnalité ou pas. Ça ne légitime pas les discours psychologiques ayant prétendu autrefois énoncer de grandioses vérités, mais ça explique mon scepticisme partiel vis-à-vis de la nouvelle théorie aussi.
  Par ailleurs, la nouvelle théorie stipule que notre vitesse mentale (avec millions de milliards de synapses neurologiques) est prodigieuse, donnant l’illusion d’arrière-fond déjà là pour sous-tendre les conclusions en fait improvisées de manière extemporanée, et je ne suis pas convaincu par cela. Il s’agit là de vision scientiste matérialiste, or j’ai réfuté la science et le réalisme en général, qui est abusif si on cesse d’interdire/psychiatriser l’hypothèse logique du rêve (mien, présent). Oui, il se passe un peu n’importe quoi, d’accord, sans background psychologique certain, mais peut-être que les synapses n’existent pas (pas plus qu’autre chose rêvée, imaginaire).

----- Ajout encore : Erreur mortelle (22/12/2019)

   Elément d’explication à ma rancœur anti-psychiatrique.
   Quand j’avais 34 ans en 1998, et puisque celle que j’aimais refusait de me revoir (depuis 17 ans), j’allais me tuer (sans lui dire, lui envoyant simplement mes économies), et elle a alors appelé pour exiger que j’aille voir un psychiatre. Elle a fourni une liste de noms de grands psychiatres à la grande ville un peu loin. Et j’ai obtenu un rendez-vous avec une dame de cette liste, j’y suis allé. Elle m’a fait expliquer la situation, et elle a conclu que mon problème était que mes parents avaient connu les privations pendant la guerre (ce qui n’a aucune espèce de rapport avec mon problème, mais la psychologie/psychiatrie fonctionne comme ça : affirmer n’importe quoi, invérifiable, donc clamé indéniable). Et elle a exigé que je signe un papier jurant que je ne vais pas me tuer, et jurant que je ferai tout pour guérir. Je ne l’ai pas fait, j’ai dit que je devais y réfléchir. Je ne l’ai jamais revue, le surlendemain environ je sautais par la fenêtre de mon quatrième étage. En un sens, j’avais été tué par le couple à deux lames de la belle m’envoyant en psychiatrie et de la psychiatre dite experte. C’était ne rien de rien comprendre à la situation, et exiger de me changer totalement pour me transformer en standard de l’équilibré selon les psys : joyeux, fêtard, sportif, sociable, beau-parleur, danseur, dragueur, baiseur, abandonneur, etc. Oh non, je n’allais nullement obéir à ces commandements atroces, valant viols selon moi. Et la psychiatrie m’a tué. Ce n’est pas une médecine mais une horreur abominable persécutant les gens (certes : les fragiles).
   Enfin, en un sens, puisque j’écris ici je ne suis pas mort, mais à mon sens c’est une troisième vie, après deux morts, ou bien plus si la vie n’est qu’une suite de rêves/cauchemars du moi.

----- Autre approche : Les psys évolutionnistes pas mieux (29/12/2019)

   Dans le magazine Science et Vie n°1227 de Décembre 2019, on m’a indiqué un article majeur, expliquant que les cas de malades mentaux seraient utiles pour la bonne évolution de l’humanité. C’est l’article de 6 pages (100 à 105) : « Schizophrénie, dépression, anorexie… des bienfaits de l’évolution ? ». Je l’ai lu, en étant choqué presque à chaque ligne par les présupposés (crus incontestables) des psychiatres et psychologues, mais je ne vais pas citer mot à mot en reprenant tout, contestant pas à pas, puisque le sujet principal n’est pas là (il ne s’agit pas pour moi, ici, de discréditer le journaliste diplômé en psychologie ayant écrit cet article, mais d’examiner la nouveauté de la nouvelle thèse, partiellement antipsychiatrique, et qui est dans cet article l’objet de vulgarisation).
   Le principe de ces prétendus chercheurs, prétendus novateurs, est de s’être demandé quelque chose comme « chez nos lointains ancêtres en tribus de chasseurs-cueilleurs, est-ce que ces anomalies comportementales ont pu avoir un aspect positif ? lequel ? », et ils émettent des réponses positives, imaginatives. Simplement, ce n’est pas de la science : il ne s’agit en rien de prétendre découvrir une loi prédictive, testable en épreuve expérimentale (théorie rejetée ou corroborée), il s’agit de bla-bla littéraire pouvant dire tout et son contraire librement. Certes, il s’agit de théorie hypothétique, comme un modèle en sciences physiques, chimiques, biologiques, mais elle ne sera pas vérifiable, tout en matière humaine pouvant s’interpréter de mille façons différentes, contradictoires. La psychologie n’est pas une science, selon moi, Science et Vie ne l’a toujours pas compris (pas même envisagé semble-t-il).
   Ceci dit, je relis un peu en détail l’article quand même, car il me semble qu’il y avait autre chose à objecter.
   Ainsi, « il est un principe gravé dans le marbre par Darwin et qui fonde la génétique d’aujourd’hui : un gène ne se maintient durablement au sein d’une espèce que s’il permet à ceux qui le portent de se reproduire davantage que ceux qui ne l’ont pas ». Ceci est un abus total (une version fanatique du darwinisme) : l’évolution darwinienne n’est en rien La Vérité gravée dans le marbre mais une théorie, contestée partiellement, notamment par la théorie génétique des « mutations silencieuses » : la plupart des mutations nucléotidiques transmises aux descendants n’auraient aucun effet (aucune expression protéique), ne résultant peut-être que du hasard et de l’automatisme de transmission. De même, la description du mode de transmission du daltonisme n’implique en rien que celui-ci soit utile ou bénéfique pour l’espèce. On peut être d’avis différent, mais il s’agit d’opinion pas de Vérité gravée.
  Puisque j’ai été diagnostiqué dépressif puis schizophrène, je relis aussi les pavés à ces sujets précis.
– Dépression : il est affirmé que cela inciterait à « se désengager de stratégies qui n’aboutissent pas ». Mon expérience est totalement contraire : ma tristesse infinie (qualifiée de maladie dépression par les docteurs) était une forme de deuil éternel pour un amour particulier sans retour, tout au contraire d’un changement de stratégie. Bien sûr, le bla-bla pourra retourner ça n’importe comment pour prétendre avoir raison quand même, mais ce n’est convaincant en rien de rien.
– Schizophrénie : il est affirmé que cela confère une originalité donnant « un avantage important pour prendre le leadership » (d’une sous-tribu naissante). Mon expérience est totalement contraire : mon antiréalisme est venu d’une consolidation personnelle de la consolation rêveuse intérieure, en m’enterrant socialement avec tout le contraire d’une ambition sociale. Enfin, certes, le principe de cet article consiste peut-être à dire quelque chose comme « si 100 personnes ont ce gène bizarre mais un peu utile, cela donnera environ trois cas vainqueurs qui se multiplieront comme des lapins, façon Darwin ». Ou bien : pour qu’il y ait ces trois cas vainqueurs utiles, la population garde cette anomalie dans ses gènes, même si elle est néfaste dans 97% des cas (comme moi).
   C’est audible, mais pas convaincant.
   Enfin, je ne suis pas de l’avis opposé ici contesté, je ne dis pas du tout « la (prétendue) maladie mentale est une calamité à combattre coûte que coûte, sans aucun caractère positif », non : à mon avis, la « maladie » mentale est (souvent) une erreur de diagnostic ou de jugement, pour un comportement simplement différent, abominable ou bénin, selon les cas, voire positif en un sens :
– Pseudo-dépression : le triste fidèle me parait bien plus estimable que le frivole échangiste (en l’occurrence : « la » frivole échangiste).
– Pseudo-schizophrénie : le logique antiréaliste me parait bien plus estimable que le réaliste bestial ou infantile ou croyant.

----- Psychiatrie terroriste ? (08/01/2020)

  Actuellement émerge une polémique pour savoir si un islamiste antisémite assassin peut être déclaré « irresponsable car fou » (comme la plupart des terroristes islamistes isolés). Je trouve la question stupide et pas pertinente. A mon avis :
– Il n’y a pas de « maladie » mentale indéniable, un individu qui tue est condamnable de plein droit pour ce qu’il a fait. J’ai lu (l’année majeure de ma vie, 1979) l’ouvrage « Des souris et des hommes », et je ne suis pas d’avis que le grand nigaud tueur doive être lynché davantage que plaint, mais c’est immensément différent : il ne s’agissait en rien de meurtre ou couteau ou équivalent, il s’agissait pour lui de faire taire une femme hystérique hurlante et ça a été une « mort sans intention de la donner », pas un meurtre du tout. Mais en cas de meurtre, l’amalgame avec cela me semble inapproprié/injuste.
– Oui, la loi française protège tous les prétendus fous (dont moi-même ?) de la prison, si les prétendus psychiatres experts le décident, mais ces spécialistes sont des escrocs n’ayant aucune connaissance objective, seulement un avis abusif. En matière de libération, ils font ainsi libérer des monstres qui recommencent, cela montre leur incompétence totale, abus de pouvoir.
– En un sens, tuer plutôt que s’accommoder de la contrariété est une anormalité, oui. Décréter cette anormalité maladive dans certains cas n’est pas convaincant. Dans l’armée, surtout en guerre, c’est classé bénéfique voire « normalité exigée » (« devoir »). Bla-bla, à valeur médico-scientifique nullissime.
– Avoir interdit à grands cris d’envisager que le tueur de la préfecture de police à Paris soit un fou (plutôt qu’un terroriste) semble un abus ponctuel, politique anti-islamiste. A mon avis, un tueur a tué, a été tué, c’est tout, ça n’excuse rien mais ça ne condamne en rien les gens n’ayant pas tué et partageant certaines de ses idées comme l’antisionisme. Ici cela double l’erreur d’innocenter le prétendu fou par une autre erreur de condamner les opinions non-tueuses classées ennemies (par la propagande française et occidentale, sioniste).
– De même, je suis choqué que soit invoqué comme plus grave d’innocenter un tueur antisémite qu’un tueur juif (et notre gouvernement est allié puissamment avec les massacreurs conquérants d’Israël 1948, comme avec les conquérants massacreurs d’Amérique quelques siècles avant), s’offusquer est là extrêmement sélectif, pour ne pas dire « menteur outrancier ». C’est du racisme actif, se prétendant antiraciste à tort.

----- Fausse psychiatrie politique : chez nous aussi (11+13/02/2020)

  Quand, après l’incendie de l’usine Lubrizol(plutôt qu'à propos du réchauffement climatique peut-être), le président de la république Macron a dit « Ne pas croire les scientifiques, c’est de la paranoïa » (sans être contesté par le public, les journalistes, les opposants), il exprimait en clair le contexte que je dénonce : la psychiatrie sert d’alibi pseudo-médical aux dogmes locaux, comme le scientisme. En URSS, c’était le communisme, de manière célèbre avec prétendument une fausse psychiatrie. En Egypte et peut-être autre pays musulman, c’est l’athéisme qui conduit à envoyer en psychiatrie (y être envoyé comme patient). Cette discipline serait donc effectivement un dépotoir à opposants politiques/philosophiques (la philosophie politique étant une moitié de la philosophie, l’autre étant la théorie de la connaissance), pour les éliminer en prétendant menteusement à la générosité curative, soulageante. Je ne suis pas d’accord et je le dénonce. (J'ai par ailleurs prouvé par A+B que les scientifiques officiels mentaient sur l'affaire Lubrizol, rassurant à tort, mais c'est un autre sujet).

----- Dépression carcérale et art médical (13+14/02/2020)

   Je découvre aujourd’hui une aberration psychiatrique valant autorité médicale. Confirmant ce que disait la télévision, je lis sur https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/la-remise-en-liberté-de-patrick-balkany-constitue-t-elle-une-faveur/ar-BBZXW9X?ocid=spartandhp que le célèbre politicien escroc a été libéré sur avis médical, car souffrant de dépression ce qui n’est pas compatible avec sa détention (est-il dit).
   Je trouve ça hallucinant : s’il y a maladie dépressive, ce n’est en rien la tristesse avec bonne raison mais un mystère biochimique cérébral pour quelqu’un n’ayant rigoureusement aucun motif de tristesse. Bien sûr qu’un emprisonné privé de sa liberté n’est pas guilleret joyeux mais soit abattu soit colérique. Il parait invraisemblable que la version triste soit déclarée maladie donc valant libération ! Mais avec le faux label scientifique, de faux médecins (diplômés mais escrocs intellectuellement, comme leurs professeurs sans doute) obtiennent n’importe quoi, auprès des fonctionnaires crédules et/ou stupides. C’est affligeant, ça confirme encore une fois que la psychiatrie est une arnaque organisée.
   J’ai par ailleurs entendu à la télévision l’autre jour un point de vue intéressant (mais je n’ai fait qu’entendre cet avis sans le point de vue opposé) : autrefois, la dépression n’était qu’un symptôme, puis les industriels pharmaceutiques marchands d’anti-dépresseurs ont fait du lobbying pour que la dépression devienne une maladie à part entière, et cela est entré dans les mœurs médicales et les universités enseignant la médecine psychiatrique. Je ne sais pas si cette histoire est vraie mais ça confirmerait que l’arnaque psychiatrique est financièrement intéressée.
   Enfin, il me revient à l’esprit une maxime entendue : « la médecine est un art » (n’a pas obligation de succès), mais cela est peut-être une formule moyenâgeuse, avant le développement de la médecine prétendue scientifique au 20e siècle, faisant nettement augmenter l’espérance de vie. Bref, 1/ la médecine se prétend scientifique efficace, pour faire condamner le refus de médecine (les familles Témoins de Jéhovah par exemple refusent les transfusions sanguines et sont régulièrement attaquées en justice pour non-assistance à personne en danger ce qui vaut crime tueur), les experts médicaux étant crus dire le vrai en contexte scientiste officiel (imaginant « scientifique = vrai indéniable ») ; 2/ Quand la médecine échoue et se montre non-efficace, elle n’est pas invalidée scientifiquement (suivant l’épistémologie faillibiliste de Karl Popper) mais se prétend un art, sans prétention à l’efficacité à 100,00% donc sans rigueur scientifique prétendue découvreuse de lois prouvées. C’est une arnaque (type "pile je gagne, face tu perds" ou "il n'y a que deux possibilités : soit j'ai raison, soit j'ai raison"). De plus, j’ai démoli les prétentions philosophiques à la grandeur artistique (objective) mais c’est un autre sujet. Bref, la psychiatrie est un mélange de psychologie (bla-bla a posteriori comme les autres « sciences humaines », que je ne considère pas comme des sciences, faute de valeur prédictive) et de médecine (qui prétend à tort être une science ou un art admirable), cela ne vaut rien de rien, mais s’impose sociétalement, politiquement. C’est une honte.

----- Cas de l’hyperactivité psychiatrisée (16/02/2020)

   J’ai le souvenir (dans un magazine Science et Vie il y a une quinzaine d’années ?) d’avoir lu un article critique sur la psychiatrie étasunienne, disant qu’aux USA tous les enfants hyperactifs sont sous médicaments à haute dose, ce qui choque les psychiatres français, considérant que l’hyperactivité est un caractère comportemental comme un autre, pas une maladie mentale à traiter de force. Cela me semble révélateur, généralisable à une casse de la psychiatrie entière.
   Un enfant hyperactif (comme l’était mon frère ainé), cas qui n’est pas majoritaire, peut être qualifié d’anormal pathologique ou un peu anormal bénin, selon où on place le curseur, subjectivement, cela n’a rien de scientifique. L'hyperactivité peut être gênante pour les autorités, par exemple professorales (on m’a dit que mon frère ne tenait pas assis en classe mais ne pouvait s’empêcher de se lever sans cesse, aller et venir, et il contestait systématiquement la maîtresse, qui a finalement supplié qu’il ne fasse pas un an de plus dans sa classe maternelle, lui faisant ainsi prendre « un an d’avance »). C’était aussi difficile pour l’autorité parentale, épuisant, angoissant (les refus de tous les interdits entraînant des gestes dangereux pour l’enfant, accidents plus ou moins graves), etc. Il est clair que si une molécule chimique a été plus tard mise sur le marché « pharmaceutique » en ayant la propriété d’assoupir ces enfants hyperactifs, c’est une sorte de marteau chimique endormisseur, ce qui peut plaire aux parents, aux enseignants, etc. Mais il parait immensément abusif d’affirmer que cet effet prouve qu’il y a guérison de maladie. Comme l’alcool à haute dose peut rendre idiot un génie et ça ne prouve en rien de rien que le génie est une maladie. L’effet écraseur socialement approuvé n’est en rien un effet guérisseur indéniable, objectif.
   A titre de raccourci, cela était évident avec les discordances d’avis (et de consensus multi-avis) entre les pays. Même sans parler de la caricaturale psychiatrie soviétique broyeuse de dissidents, il est clair que l’anormalité de comportement est différente en pays latin à tradition rebelle et en pays germain à tradition disciplinée. Cela me semble confirmer que la psychiatrie est une forme de contrainte sociale chimiquement armée (et avec réclusion par enfermement, même sans chimie), ce qui n’a rien de rien à voir avec une branche (prétendue) de la médecine (donc faisant objectivement le bien). Non, il y a abus, avec propagande (très affirmative mais très douteuse) en guise d’enseignement ou vulgarisation.
   C'est certes là un avis logico-philosophique, pas spécialiste, mais les professionnels du sujet ont été diplômés par des propagandistes dont ils ont gobé le discours, ce qui ne vaut rien.

----- Cassés par qui ? (07/03/2020)

  J’ai aperçu à la télévision une émission (« Snapped » = cassés) qu’adore mon épouse : récit des enquêtes criminelles avec reconstitution par acteurs. Hier ou avant-hier était un sous-épisode de la partie « les femmes tueuses », et il était raconté le drame homicide ayant impliqué une épouse de célébrité étasunienne. Après des années de mariage, elle était devenue alcoolique, droguée à la cocaïne, et médicaments psychotropes anti-dépresseurs, elle avait un jour abattu son mari au fusil, puis couru le dire à un ami, avant de revenir avec lui voir le corps (effectivement mort), et se suicider avec l’arme encore présente, la famille de cette tueuse portant plainte contre la firme pharmaceutique fabricante du médicament psy, accusée d’avoir minimisé/caché les effets secondaires de risques violents et suicidaires. Sur le moment, j’ai pensé que c’était idiot, avec quadruple responsabilité (non quantifiable) de la personne tueuse elle-même, de l’alcool, de la cocaïne, du « médicament », et les 3 derniers éléments étant son choix, pas imposé de force du tout, la responsabilité me semble aller entièrement à la tueuse, pas à un élément tiers, vendeur de ce qu’elle a voulu.
   A la réflexion, je mettrai plutôt en accusation la psychiatrie, de manière générale, et ça me fait penser à un détail « géographique » que j’avais lu autrefois dans un livre Time Life : à Hawaii où ont lieu des éruptions volcaniques à lave liquide meurtrière, la tradition était de se lamenter des pertes humaines subies, mais les Occidentaux ont crié qu’il suffisait de protéger les villages par des murs guidant les écoulements dangereux, à 90% au moins, or les autochtones ont refusé avec un argument énorme (à mon avis) : si on laisse faire, c’est le destin, sans coupable à blâmer, mais si on dirige les éléments, alors – s’il y a calamité quand même – les gens qui auront été tués l’auront été suivant la direction humainement donnée, criminelle donc (aux yeux des familles endeuillées). Même si on a sauvé 100 personnes en tuant 10 autres personnes, les familles de ces 10 personnes peuvent crier au quasi-assassinat (ou aux USA : porter plainte en obtenant des millions $ en réparation). Ainsi, pour la psychiatrie, si on laisse faire le prétendu fou à sa façon, on ne peut que regretter sans que des docteurs soient à blâmer, mais si des docteurs décident de diriger chimiquement son comportement, alors ils portent eux la responsabilité de ce qui a été commis. Ça me semble un argument énorme contre la psychiatrie, notamment son volet dit préventif assommant les « soignés » en changeant leur comportement – s’ils commettent des choses graves, les prétendus médecins deviennent accusables de plein droit. Complices actifs des horreurs commises, peut-être, la question se pose en tout cas (et ne devrait pas être tranchée au tribunal par un expert psychiatre, juge et partie dans cette affaire, donc à jugement biaisé, très suspect d’innocenter abusivement ses confrères et amis).
   Idem pour l’enfermement du fou dangereux (tueur prétendu « irresponsable »), l’expert psychiatre qui le relâche avant récidive (parfois) porte une lourde part de culpabilité à mon avis. Si ce faux expert ne connait pas du tout le futur (ce qui est vrai), qu’il ne prétende pas savoir et rembourse ses salaires « volés », déchire ses diplômes idiots (de récitation en faux savoir).

----- Aperçu partiel + critiques habituelles (03/08/2020)

   Pour des raisons personnelles, légales en un sens, j’ai été mené à lire un livre écrit par un neurologue psychothérapeuthe, l’inventeur de la logothérapie (soin par le sens de la vie), Viktor Frankl : « Nos raisons de vivre. A l’école des sens de la vie. » Cela faisait des années que je n’avais pas lu de livre se réclamant de la science psychologie (à laquelle je ne crois pas, ou du moins je dénie que ce soit une science plutôt qu’un simple bla-bla). Je noterai ci-après mes observations :
   La plupart du livre vise à glorifier la logothérapie inventée par Viktor Frankl, prétendant guérir les névroses voire psychoses en redonnant du « sens » à la vie de chaque malade. Ce n’est pas convaincant du tout mais ressemble à du verbiage autosatisfait. Pour tacher de comprendre, je retourne voir la définition du mot sens du moins dans cette direction (pas « sens unique » ni « les 5 sens » ni « ville de Sens » où j’ai habité dans l’Yonne) : « Raison d'être, valeur, finalité de quelque chose, ce qui le justifie et l'explique » me dit www.larousee.fr . Rien que cela me parait mal pensé : que quelqu’un estime que sa vie a un sens, pourquoi pas, d’accord (comme forme de prétention usurpée pour la plupart des gens concernés, grandioses en rien, remplaçables par quiconque), mais il me parait faux d’affirmer doctement que la vie de chacun a un sens, qu’il convient de faire auto-découvrir en cas de maladie psy, pour guérir. Cela ressemble à de la flatterie presque sans borne (« vous avez une grande valeur ! »), ce qui peut valoriser le prétendu malade sévèrement traité d’habitude, et bien sûr cela va dans le sens de le faire aller mieux, souvent, mais un placebo équivalent ferait pareil – accorder la même importance et attention au patient le ferait aller un peu mieux, aucun rapport avec le « sens de sa vie ».
   Au passage, j’ai noté plusieurs points, méritant discussion à mon avis :
• Page 5 « La psychothérapie est davantage qu’une simple technique dans la mesure où elle est d’abord un art, et sa sagesse consiste à statuer au-delà de la science. Mais même la sagesse n’a pas le mot de la fin. » On retombe sur l’arnaque prétendant que la médecine est un art plutôt qu’une science, donc n’ayant nullement à se sentir invalidée (faillibilistement) si ses prédictions sont démenties. A mon avis, ce n’est pas un art, car beau en rien de rien, et la psychologie est un bla-bla nullissime, sans intérêt, sauf peut-être pour les nombrilistes ayant besoin pressant d’être écoutés des heures, choyés (contre versement financier, forme de prostitution ?).
• Page 41 « Imaginons que quelqu’un pleure la disparition d’un être cher, et que pour apaiser sa douleur on lui prescrit quelques tranquillisants pour le mettre à l’abri de la dépression. Sauf dans un cas de fuite névrotique, on peut être certain que cette personne refusera de prendre ce traitement pour oublier sa peine. Elle fera valoir, à juste titre, que cela ne changera rien, puisque ces comprimés ne lui rendront pas l’être aimé. En d’autres termes, la raison d’un état dépressif restera entière. /Sauf à supposer que la personne endeuillée souffre de névrose, elle préférera s’affronter à ce motif de dépression plutôt que de l’éviter. Cette personne sera assez réaliste pour savoir qu’il ne suffit pas de fermer les yeux devant un état de fait pour l’annuler. Le scientifique, je pense, devrait faire preuve d’un plus grand réalisme que l’homme ordinaire, lorsqu’il se propose d’explorer le comportement humain dans le contexte de son objet intentionnel. » Je ne suis pas d’accord qu’une grande tristesse pour raison précise constitue une maladie (appelée « dépression mentale »), à traiter par comprimés. Une tristesse est une tristesse, et ce qui la guérirait serait la réparation (si possible) de l’évènement ayant causé cette tristesse, sans aucun rapport avec les molécules dans le cerveau. Certes, beaucoup de tristes se saoulent la gueule pour oublier, et le traitement psy de la dépression pourrait suivre ce principe, mais ça me parait une honte. A mon avis, c’est à l’individu triste de guérir tout seul, ou de se tuer éventuellement si c’est incurable, la vie n’étant plu’ que souffrance. Aucun rapport avec le réalisme (dogme légal en France sous peine de prison !) ni avec la névrose prétendue (Freud ayant dit parait-il que la condition humaine est intrinsèquement névrosée).
• Page 59-60 « Toutefois, la seule chose qui ait une valeur subjective est en réalité la perspective à partir de laquelle nous percevons la réalité, et cette subjectivité ne contredit en rien l’objectivité irrécusable de la réalité. (…) est-ce que la différence de perspective qui existe pourtant entre chacun d’entre vous met en cause l’objectivité de la réalité de la chapelle ? Certainement pas. » C’est là de la philosophie plutôt que de la médecine, MAIS pas de la philosophie osant réfléchir et discuter, non, c’est du dogme parachuté au nom de l’autorité (prétendue), d’imbécile déficient en intelligence critique. Ce prétendu grand homme est évidemment multi-publié quand les éditeurs ont refusé mon manuscrit invalidant le réalisme, prouvant que l’objectivité est récusable, par l’hypothèse du rêve, faussement éliminée par le penseur-escroc René Descartes (cassable point par point avec la logique). Que ce mode zéro-réflexion constitue le socle de la psychiatrie est davantage une confirmation pour moi qu’un stupéfiant sujet d’étonnement, mais c’est immensément lamentable, invalidant la psychiatrie, la psychologie, sauf à tout repenser, tout reformuler.
• Pages 63-64 « Il peut arriver que la conscience d’un individu lui indique de faire quelque chose qui est en opposition avec ce qu’enseigne et ce que préconise la société à laquelle appartient cet individu, disons, sa tribu. Supposons un instant qu’il appartienne à une tribu de cannibales ; en l’occurrence, la conscience d’un individu créatif peut lui suggérer que, dans une situation donnée, il pourrait être plus sensé d’épargner un ennemi au lieu de le tuer. Cette façon d’agir pourrait bien amorcer une véritable révolution, en ce sens que, ce qui est d’abord un acte isolé, peut par la suite devenir le point de référence d’une valeur universelle : – ʺTu ne tueras pas.(1)ʺ » Note 1 : « Exode 20, v.13 ». Là encore, c’est une forme de philosophie générale, pas de psychologie en particulier, mais l’Israélite Frankl fait une lecture partiale, presque idiote, de la Torah : le commandement (prétendu divin) « Tu ne tueras point » (grandiose !) n’est nullement universel mais a été aussitôt enfreint, au nom même de Dieu/Yahvé, pour exterminer les Cananéens possesseurs d’Israël, ce qui a recommencé des millénaires plus tard avec la recréation d’Israël 1948 chassant les Palestiniens et massacrant les récalcitrants ou les civils et enfants dans un but de terreur, couronné de succès et nullement poursuivi devant les Nations Unies, les leaders d’Occident étant complices actifs (d’où l’actuelle guerre Occident-Islam, surtout depuis les Twin-Towers 2001). « ʺTu ne tueras pointʺ commandement universel » ? C’est idiot ou voulu-comique ou menteur. Mais ça c’est publié, pas mon manuscrit expliquant la Guerre du Mal contre le Mal, bien sûr, la lucidité gênerait les dominations en place, donc serait classée antisémite ! La pensée honnête est ailleurs, peut-être pas sur Terre.
• Page 65 « A une époque où les Dix Commandements semblent avoir perdu leur validité inconditionnelle, l’être humain doit, plus que jamais, apprendre à écouter les dix mille commandements que lui soufflent les dix mille situations, chaque fois uniques, qui font désormais sa vie. » C’est le même sujet, confirmé : au 20e siècle serait sombrée la validité inconditionnelle de « Tu ne tueras point », selon l’auteur Frankl. Quand les Hébreux exterminaient les Cananéens, ou quand les Croisés exterminaient les Musulmans, par contre, ils respectaient l’inconditionnel commandement ?! Mais c’est publié, ça, plus c’est idiot plus ça a de chances d’être publié, apparemment. Non, j’oubliais : le statut de survivant juif des camps nazis est le sésame ouvrant automatiquement les portes de l’édition (comme Stéphane Hessel etc.), avec tapis rouge… Favoritisme officieux, donnant paradoxalement raison au monstre Hitler, décriant les Juifs comme pistonnés dominants. En fait, l’erreur de Hitler serait principalement sa confusion grave entre Juifas (d’origine innocente, sauf selon les racistes) et Juifos (communautaristes dominateurs, position politique immensément condamnable).
• Page 66 « La conscience est le propre de la condition humaine, en ce sens qu’elle porte l’empreinte de la finitude. Mais elle n’est pas toujours un guide pour l’être humain en quête de sens, puisqu’elle peut aussi l’induire en erreur. A moins d’être perfectionniste, il doit donc accepter que sa conscience soit faillible. /Il est vrai que l’être humain est libre et responsable. Mais sa liberté est finie. » Là encore, c’est de la philosophie plutôt que de la psychologie, mais le très mauvais côté de la philosophie, le bla-bla agitant des grands mots au lieu de réfléchir en débat contradictoire. Tant que le solipsisme n’est pas invalidé (et il semble logiquement impossible de l’invalider), la prétendue finitude du « moi » n’est en rien une certitude, le « moi rêvé » pouvant certes faire un peu n’importe quoi sans comprendre mais le « moi rêveur » (éventuel, dans ma version sceptique) est peut-être infini tout-puissant, correspondant peut-être au mot usuel Dieu. C’est une autre approche, et il n’y a pas à balancer des vérités contraires comme de bon sens tant qu’on n’a pas réfléchi au point de vue opposé. Enfin, l’auteur se pose là en professeur énonçant le vrai, mais j’appelle ça un très mauvais professeur, commettant abus d’autorité explicitement.
• Page 67 « Si je suis en quête de sens, je dois être certain qu’il y a du sens. Si, à l’inverse, je ne suis pas certain que je trouverai le sens que je cherche, je dois alors me montrer tolérant. Cela n’implique en aucun cas l’indifférence. Être tolérant ne veut pas dire que je partage la croyance de quelqu’un d’autre, mais que je reconnaisse à autrui le droit de croire, et d’obéir, à sa propre conscience. » On revient là au sujet logothérapeuthe mais de manière peu claire, non convainquante. La certitude peut être erronée, l’auteur semble l’avoir oublié (« je dois être certain » change de sens totalement si on se trompe par certitude abusive). Le reste du propos semble jongler n’importe comment avec les idées reçues classées bonnes dans notre civilisation, bof. Est-ce que l’auteur parle de lui-même pas sûr que sa logothérapie ait un sens ? Est-ce que l’auteur parle de son patient qui doit tolérer le sens du logothérapeuthe ? C’est tout embrouillé confus, mais en se disant tolérant donc bon, hop, il se déclare bien-fondé. C’est nul.
• Page 67 « En face d’un risque de suicide, il est parfaitement justifié d’intervenir, parce que seule une conscience dans l’erreur pourrait pousser quelqu’un à se suicider. Cette affirmation a pour corollaire que seule une conscience dans l’erreur pourrait aussi pousser quelqu’un à assassiner, ou – pour faire encoure référence à Hitler – à commettre un génocide. » Là encore, il y a un mélange de mauvaise philosophie et de psychologie prétendue, pour que l’auteur balance ses prétendues vérités, sans les établir en rien. Moi tout au contraire de lui, je reconnais que le suicide peut être une très juste forme d’auto-euthanasie, hélas illégale avec des conséquences immensément douloureuses (voire massacreuses si le souffrant se rebelle contre le monde extérieur lui interdisant l’endormissement sans retour). De même, certains des plus réputés états de la planète, dont les USA, pratiquent officiellement la peine de mort, assassinat prémédité et concerté de gens jugés « à punir ». Que l’auteur affirme USA = 3e Reich l’interdirait de séjour aux USA, où il a donné plein de conférences (payantes), mais non, personne ne réfléchit, ce n’est que du bla-bla. Lamentable. (Et au passage, si "tuer est toujours une erreur", tuer pour motif religieux serait une erreur de religion, et donc le massacre des Cananéens conduirait à dire Israël = 3e Reich, propos puni de prison en France et aux USA, pas seulement en Israël, pour prétendu terrorisme antisémite...).
• Page 74 « Aucun être humain ne peut prétendre qu’il n’a jamais connu l’échec, qu’il n’a jamais souffert, ou bien qu’il ne mourra pas. » C’est faux : on peut prétendre n’importe quoi, ne serait-ce que parce qu’on peut se tromper. Par ailleurs, certains Chrétiens pensent que l’humain Jésus-Christ n’est pas mort mais vivant éternellement. De même, le Bouddha est considéré (par certains bouddhistes au moins) comme ayant atteint le nirvana en échappant à jamais au cycle des morts/réincarnations. Enfin, un égocentrique sceptique refuse l’induction faisant passer de « autrui » à « tous, moi compris », et d’un point de vue sceptique, la « mort du moi » peut être vue comme constituant un non-sens. Cela aussi, sous ma plume, a été refusé de publication, seuls ayant accès au monde des livres les idiots déclinant les lieux communs au lieu de réfléchir.
• Page 97 « A mes yeux, le dilemme altruisme/égoïsme est une alternative complètement obsolète. Comme je l’ai déjà dit, la conception morale des valeurs doit donner lieu à une compréhension ontologique au regard de laquelle la question du bien et du mal serait définie en fonction de ce qui favorise ou fait obstacle à l’accomplissement d’un sens, indépendamment du fait de savoir si cet accomplissement profite à mon propre intérêt ou à celui de quelqu’un d’autre. » Là, l’auteur est pris en flagrant délit de mensonge ! Si Adolf Hitler estimait que le sens de sa vie était de débarrasser la planète des « poux » judaïques, n’aurait-il pas fallu faire obstacle à l’accomplissement de ce sens ? Apparemment, faute d’intelligence critique, l’auteur n’a pas compris la portée de ses propres mots. Il agite seulement des grands principes pour s’autoriser lui à accomplir le sens de sa vie (et dire à ses patients de faire pareil), sans comprendre en rien que ça ne peut pas du tout être universel, que la morale élémentaire (la notion de mal) interdit certaines voies de prétendu-sens.
• Page 98 « Tout bien considéré, le vide existentiel est un paradoxe. Si nous consentions à élargir notre horizon, nous nous apercevrions que nous aimons vraiment la liberté, seulement nous ne sommes pas encore pleinement conscients de notre responsabilité. Si nous l’étions, nous nous apercevrions très vite qu’une foule de significations attendent en nous d’être accomplies, soit vis-à-vis des plus démunis, soit vis-à-vis des pays en voie de développement. /(…) Il y a plusieurs milliers d’années, l’humanité a développé le monothéisme. Aujourd’hui, il faudrait franchir une étape supplémentaire. J’appellerai cette autre étape le monanthropisme. Ceci ne reposerait pas sur la croyance en un seul Dieu, mais plutôt sur la croyance en une seule humanité, la conscience de l’unité humaine ; une unité à la lumière de laquelle les différences de couleurs de peau n’auraient plus lieu d’être. (1) ». Note 1 : « Je n’ai rien contre la discrimination, mais il va sans dire que je suis hostile à toute forme de discrimination raciale. En revanche, je suis partisan de juger chacun en fonction de ses propres qualités. » Il y a dans ces mots quelques bons sentiments à mon avis, tiers-mondiste, mais c’est enrobé dans du n’importe quoi, non crédible. Comment concilier le sens de la vie entre Sioniste ayant rêvé de reconquérir Israël et Palestinien ayant rêve de conserver la terre de ses ancêtres ? Et convient-il de condamner le sens judéo-préférentiel de la Torah, faisant massacrer les goys occupant Israël ? L’humanité unie commencerait par la dissolution des frontières d’Israël, pour laisser revenir les expulsés et les fuyards ayant évité les massacres terroristes, mais il n’en dit évidemment pas un mot, pour avoir le beurre et l’argent du beurre : prétendre aux grands sentiments généreux et en pratique s’allier discrètement aux forts écraseurs (il est allé donner des conférences aux sionistes USA sans aucunement les boycotter, sans exiger que les USA soient rendus aux Amérindiens si Israël est rendu aux Juifs, etc.).
• Page 109 « Cet homme était tout simplement trop faible d’esprit pour comprendre la signification de l’intention paradoxale. » Je trouve honteux ce jugement. Des gens simples d’esprit peuvent être mille fois plus charmants que les prétentieux donneurs de leçons à tort. Par ailleurs, l’auteur me parait lui-même déficient en intelligence critique et mériterait d’être rangé aussi bas (ou plus bas) que ceux qu’il méprise.
• Pages 118-120 « ce vieux médecin généraliste qui un jour vint me consulter parce qu’il était tombé en dépression après la mort de sa femme. (...) /Elle souffrait d’un cancer qu’on ne pouvait espérer traiter efficacement. Elle le savait et, de fait, elle était tombée en dépression. » Toujours la même confusion : une tristesse motivée n’est en rien une maladie, erreur de diagnostic (ou erreur de traduction de l’allemand autrichien au français, au mieux).
• Page 124 « Je me demande aussi quel aurait été le résultat si un freudien orthodoxe avait confiné l’interprétation de ce cas aux dynamiques inconscientes. Cela aurait sans doute conforté le patient dans sa tendance à fuir hors de la réalité. » Cela présuppose que « fuir hors de la réalité » est une maladie, or ça peut s’avérer salvateur, l’auteur récite ses dogmes stupidissimes au lieu d’envisager un autre avis – certes refusé de publication, tant le système est pourri.
• Page 126-129 « une jeune fille schizophrène, étudiante à l’académie des beaux-arts (…) elle montrait des symptômes aigus de début de schizophrénie, comme des hallucinations auditives. Elle manifestait des mouvements incontrôlés des paupières, que j’ai décrit en 1935. Ces derniers se caractérisent par des fasciculations, ce qui est un signe imminent de schizophrénie. (…) Ne voyez-vous donc pas qu’une foule de choses attendent en vous – des réalisations artistiques en train de prendre forme, des tableaux en souffrance de création, comme s’ils attendaient d’être peints par vous ? Pensez à tout cela. (…) la patiente fut libérée de tout symptôme schizophrénique ». Là encore, on a affaire à un scientiste fanatisé, ne comprenant rien au recul de la philosophie égocentrique. Entre « imaginer des paroles » et « entendre des paroles », la différence est peu nette, et le principal critère est le témoignage d’autrui, si on n’est pas seul, et qu’on oublie de douter qu’autrui est une marionnette disant n’importe quoi si on est dans un rêve mien. Quant aux corrélations physique/mental, je n’y crois pas, car la schizophrénie me semble un diagnostic erroné. Enfin, je suis consterné de lire que l’auteur estime que le « sens de la vie » puisse être de peindre des tableaux (ou écrire des livres pour un étudiant en lettres ?) sans comprendre que cette rêverie innocente se heurte au mur des refus, hors de son milieu hyper-privilégié à lui, où chaque auteur est publié, chaque peintre est exposé – j’ai entendu dire que c’était la raison de la haine propre à Hitler, peintre voyant toutes les expositions consacrées à des artistes juifs. A mon avis, peindre ou écrire est un loisir ou un petit plaisir, pas un sens de la vie du tout, et je désapprouve le professionnalisme des prétendus artistes, dispensés de travailler normalement pour autrui, par piston phénoménal allié à la finance.
• Pages 131-132 « Une sœur Carmélite souffrait d’une dépression d’origine somatique [physique]. (…) Un prêtre catholique lui dit que si elle avait été une véritable carmélite elle aurait surmonté sa dépression toute seule et depuis longtemps. Bien entendu, c’était absurde et sa dépression somatique s’est, à ce moment-là, compliqué d’une dépression psychogène ». Non, je ne considère pas qu’être contrarié constitue une maladie. La seule dépression me semblant mériter ce nom est l’abattement sans aucune raison, que peuvent contrecarrer les médicaments pharmaceutiques, même si ça met au chômage les psychologues, inutiles voire parasites détestables.
• Pages 162-163 « L’évolution de la logothérapie ne concerne pas seulement ses applications dans de nombreux domaines, elle concerne aussi ses fondements. Beaucoup de travail a été fait, par une foule d’auteurs, afin de consolider, corroborer et valider ces découvertes (…) Aujourd’hui, la logothérapie est établie de manière scientifique sur la base de recherches solides appuyées sur (1) des tests, (2) des statistiques, (3) des expériences. / (…) aspect statistique (…) Leurs travaux apportent l’évidence empirique que les gens peuvent, de fait, trouver et accomplir un sens dans leurs vies, indépendamment des critères de sexe, d’âge (…) Les auteurs de ces recherches ont informatisé des centaines de milliers de données, obtenues à partir de milliers de cas, de manière à conférer un fondement empirique à l’idée selon laquelle toute vie comporte, de façon inconditionnelle, un potentiel de sens. De même, en ce qui concerne la situation contraire, c’est-à-dire le sentiment de non-sens ou, pour être plus exact, les situations de souffrances noogènes [spirituelles] qui en résultent, beaucoup a été fait grâce à l’outil statistique. Je veux parler des projets de recherche, menés indépendamment les uns des autres, qui ont abouti à la conclusion logique d’après laquelle environ 20% des névroses sont de nature et d’origine noogène. » Je suis en désaccord total avec ces prétentions : statistiquement, on démontrerait tout autant que s’occuper des « malades » sans logothérapie les soulage un peu, et ça ne prouve absolument rien de plus qu’un effet placebo éventuel. Alors évidemment, les voies de Freud, Adler, Jung, Frankl, peuvent toutes clamer qu’elles « marchent » et détiennent donc la vérité. C’est simplement faux, mal pensé, noyé sous les chiffres impressionnant les incompétents. Je suis matheux, et les mensonges statistiques sont la pire calamité pseudo-scientifique qu’il m’ait été donné de voir, au point qu’on m’a exclu du monde du travail, comme invalide psychiatriquement (je suis inapte à rester complice des mensonges faussement chiffrés)… Mais Frankl, tellement loin au-dessus de ça (beau parleur sans bosse des maths), se félicite avec autosatisfaction absolue… Je ne suis pas dupe et je condamne.

----- Antilogique revendiquée (10/08/2020)

  A la réflexion, deux passages marquants du livre de Viktor Frankl auraient aussi pu être mentionnés : un où il se moque des élucubrations des freudiens quant à l’interprétation de la Shoah, un où il prétend démontrer que la logique humaine est une illusion. Mon avis est que ces deux éléments sont gravement contradictoires, quoique pas dénués de sens chacun.
  Je commencerai par la « logique » apparente, me rappelant un ami qui me disait que Dieu tellement supérieur n’a pas à être jugé avec le regard minuscule de l’esprit humain, tellement limité. Frankl explique, dessins à l’appui (pages 56-57), que deux cercles paraissant non disjoints en 2 dimensions peuvent être les ombres de 2 sphères totalement disjointes en trois dimensions, seul Celui ayant accès à la dimension supérieure pouvant avoir un avis pertinent en matière de disjonction. Je le comprends, mais… si ce principe est utilisé pour faire accepter toutes les contradictions apparentes des textes sacrés, c’est la porte ouverte au N’importe Quoi, et une religion différente dira toutes les aberrations qu’elle désire en prétendant que seule la divinité peut comprendre (et accessoirement les religieux la représentant et commandant en Son nom, hum…). Je me rappelle avoir entendu que le gourou de la secte Mandarom (couchant avec toutes les jolies adeptes, étant tellement vénérable) clamait avoir tué des milliers de monstres extraterrestres chaque nuit, son héroïsme à lui sauvant la Terre chaque jour – si « c’est permis car de dimension supérieure (prétendue) », tout est permis au nom de la religion (ou fausse religion), et je ne suis pas d’accord.
  Cela me parait totalement illustré par les délires freudiens prétendant au Vrai incontestable (perçu par les seuls initiés) là où l’évidence est totalement contraire. Et Frankl lui-même, quand il ne s’agit pas de défendre sa propre chapelle, la logothérapie, tire ainsi à boulets rouges contre la concurrence. Page 79 : « Deux écrivains américains ont étudié la psychologie des prisonniers des camps de concentration. Savez-vous comment ils ont interprété la souffrance de ces hommes ? Savez-vous ce qu’ils ont trouvé à dire du sens de leur souffrance, en adoptant le point de vue psychodynamique de la psychanalyse ? "Les prisonniers, écrit l’un des deux auteurs, ont régressé au stade narcissique. Les tortures qu’ils ont subies (quel sens pensez-vous que ces auteurs ont attribué aux tortures subies par ces prisonniers ?). Lisez plutôt : "Les tortures qu’ils ont subies ont pour eux le sens d’une castration. Les prisonniers s’en défendent par des réactions de masochisme ou de sadisme, et par un comportement infantile." Mieux que cela : "Les rescapés de la persécution nazie répriment un sentiment de rage contre – (encore une fois, à qui croyez-vous que ces hommes destinaient leur colère refoulée ?...) – leurs parents morts.". Et encore ceci : "Les survivants essayent de lutter contre – (contre qui ?...) – leurs enfants qui, eux, sont bien vivants." »
   Bref, l’antilogique anti-intuitive super-affirmative est dite choquante quand elle vient d’autrui, mais permise pour sa propre chapelle, prétendant avoir un accès supérieur à la Vérité (déniée aux autres chapelles). Je trouve ça affligeant, le contraire de « grandiose, à enseigner dans toutes les universités de psychologie/psychiatrie ».

----- Grave erreur d’interprétation, habituelle hélas (30/08/2020)

   J’ai entendu aux informations qu’à Nantes cette semaine, un violeur multirécidiviste venait de violer et tuer une seizième victime (une jeune fille de quinze ans), alors qu’il venait de sortir de prison avec suivi tous les deux mois par psychothérapeute, les journalistes concluant que c’est un échec de la société de n’avoir pas su empêcher cela.
   Cela me semble une erreur de conclusion. Le problème à mon avis est que le prétendu suivi par psychologue ne garantit rien de rien en absence de récidive. Faire parler quelqu’un ne l’empêche en rien de mentir ou passer sous silence des éléments clé. La faute colossale appartient à la prétendue élite, votant les lois, faisant la prétendue justice, la prétendue médecine, en se trompant totalement : la psychologie n’est pas du tout une science super-efficace valant vérité certaine, c’est un bla-bla d’intérêt nul en pratique, ne garantissant absolument rien de rien. Très mauvais et même « coupables » (de viol et meurtre, indirectement) sont les très fiers « sachants » (en fait stupides crédules) ayant organisé ces emprisonnements allégés « grâce au » suivi psy.

----- Malentendu utile (26/10/2020)

  Au sujet de ce que j'écrivais le 30/08/2020 (sur les violeurs tueurs abusivement relâchés par psychiatres), un ami contradicteur répond une objection intéressante : « Je ne sais pas si on peut exiger d’une science humaine d’être infaillible. »
  J’ai répondu un exemple imaginaire, explicatif :
  Une population de 3000 violeurs meurtriers passe un examen pour savoir s’ils sont libérables en avance.
- Les 1000 premiers sont soumis à l’analyse par psychiatre, qui en libère 520, dont 52 récidivent (10%, pas 0% mais difficile d’être infaillible…)
- Les 1000 suivants sont soumis à une décision au hasard par pile ou face, qui en libère 500, dont 100 récidivent (20%, bien pire que le score psychiatrique, qui se clame donc validé)
- Les 1000 derniers sont soumis aussi à pile ou face, qui en libère 540 dont 27 récidivent (5%, bien meilleur que le score psychiatrique, tendant à penser que celui-ci n’était qu’un hasard sans efficacité aucune, non pas « presque totale quoique pas absolument totale » mais « n’importe quoi » abusivement prétendu crédible).
  Bref, l’excuse de non-infaillibilité n’est pas valable en soi pour prouver une efficacité partielle. Mais en termes de libération de meurtriers, les réserves éthiques interdisent la validation en double-aveugle, on laisse donc (apparemment) les faux savants (faussement prétendus scientifiques) clamer des erreurs de principe, au lieu d’oser envisager l’escroquerie psychiatrique.

----- Surdoué = fou ? (01/11/2020)

   J’ai aperçu dans un récent Science et Vie la mention d’un article dans un ancien numéro (#1234) que j’ai acheté en version électronique : « peut-on être trop intelligent ? » (domaine : psychiatrie). Je l’ai lu mais il est immensément décevant. Ce que cela dit, c’est qu’un QI supérieur à 130% favorise grandement les études, normalement, mais rarement cela entraîne échec scolaire et syndrome d’anxiété. Ce n’est pas du tout l’analyse que je ferais : un esprit fortement logique permet de vaincre la plupart des difficultés scolaires, d’où bonnes notes, mais cela conduit aussi à déceler les fautes des enseignants (et plus tard des journalistes et politiciens, supérieurs hiérarchiques), ce qui crée un malaise presque automatiquement, et que ne comprennent pas les moins-logiques, classant alors cela en anormalité mentale.
   J’en déduis que la psychiatrie est une discipline d’illogiques brimant ceux qui sont davantage logiques qu’eux (du moins : ceux parmi les « très capables d’intelligence critique » qui ne se lancent pas sans scrupule dans l’alliance aux pourris pour faire du fric).

----- Psychiatrisation à outrance (17/03/2021)

  Je lis ce jour une nouvelle effarante (à https://www.msn.com/fr-fr/divertissement/celebrites/dalida-victime-de-col%C3%A8res-terribles-un-ancien-collaborateur-raconte-une-sc%C3%A8ne-choquante/ar-BB1eEdD0?ocid=msedgdhp ) : les gens colériques seraient « victimes » de la maladie « colère » ! Cela me semble une erreur lourde, consécutive au fait d’avoir classé la tristesse en maladie « dépression ». C’est infini : l’assassin ne serait pas coupable mais serait un innocent victime de pulsion meurtrière, etc. Ça me parait mal pensé, issu des privilèges obtenus par la communauté juive clamant son statut victimaire éternel (que jalousent les noirs, les arabes, les musulmans, les homosexuels, etc.). Enfin, cela semble un peu plus complexe car les minorités militantes hyperactives pointent le coupable : le mâle blanc hétérosexuel ni-juif ni-musulman, qui serait un monstre atroce. Pourtant, le mouvement n’a aucune raison de s’arrêter ainsi : le bourreau lui-même serait victime d’accès de cruauté lui tombant dessus, le pauvre… Hitler serait-il un total innocent victime de haine antisémite (l'ayant contaminé d'où action involontaire) ?? Et s'il y a torture, y a-t-il deux vicimes : le torturé qui a mal et le tortureur pauvre victime de la pulsion de torturer ? C’est du bla-bla, infini, ça n’a rigoureusement aucun rapport avec la science (expérimentale prédictive, soumettant ses théories à l’épreuve). La psychiatrisation se confirme à mes yeux une catastrophe antilogique et antimorale.

----- Côté virus (08/04/2021)

  Je lis ce jour une nouvelle frappante (https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/34-des-anciens-malades-du-covid-pr%C3%A9sentent-des-troubles-neurologiques-ou-psychiatriques/ar-BB1foWru?ocid=msedgntp ) : « 34 % des anciens malades du Covid présentent des troubles neurologiques ou psychiatriques (…) Selon une étude britannique, le coronavirus aurait d’importants impacts sur la santé mentale des patients, allant de l’anxiété à des AVC ou de la démence pour certains. (…) Une personne sur trois qui a surmonté le Covid-19 a eu un diagnostic de troubles neurologiques ou psychiatriques dans les six mois suivant l’infection (…) L’anxiété (17 %) et les troubles de l’humeur (14 %) étaient les diagnostics les plus fréquents, selon les travaux parus ce mercredi 7 avril dans le journal spécialisé ʺThe Lancet Psychiatryʺ. »
  Je trouve ça navrant, d’une bêtise profonde, d’une fausse scientificité, fausse médicalité. En effet, toutes les télévisions répètent que cette maladie est tueuse, avec des formes longues à séquelles, et beaucoup de gens touchés sont inquiets ? Evidemment, oui, ça n’a aucun rapport avec une « maladie » mentale, aucune. Simplement, des psychiatres imbéciles prychiatrisent n’importent quoi : « être triste c’est la maladie mentale dépression, être inquiet c’est la maladie mentale anxiété, être un peu chamboulé par une expérience difficile c’est la maladie mentale troubles de l’humeur, etc. Donc il faut faire appel à nos (couteux) services spécialisés, évidemment »… j’appelle ça de l’arnaque en bande organisée, du mensonge stupide se prétendant à tort "supérieur et hautement crédible". Cette psychiatrie-là mérite la poubelle (et je ne sais pas s’il y a une autre psychiatrie, toute très suspecte à mon avis).

----- Souvenirs de film antipsychiatrique ? (09/09/2021)

   Il y a plusieurs décennies, j’avais vu un film marquant : « vol au-dessus d’un nid de coucous », avec le célèbre acteur étasunien Jack Nicholson, dont c’était réputé l’un des meilleurs rôles. Je l’ai vu à l’époque en spectateur innocent, comme touriste, ne sachant pas quel serait le sujet, et n’étant finalement pas bouleversé par ce traitement du sujet de l’internement psychiatrique, sans rapport avec les pilules antipsychotiques qu’on me faisait prendre. Mais aujourd’hui, des décennies après, j’y reviens, puisque je me penche sur la légitimité de la psychiatrie.
   Le film raconte l’expérience d’un délinquant violeur, ravi d’échapper à la prison « grâce à » un internement psychiatrique d’office. Mais il est surpris que ce n’est pas du tout un lieu tranquille, il y a d’abord les électrochocs cérébraux qui secouent terriblement (à l’époque, abandonnés depuis je crois), et puis les inconfortables groupes de parole, où chacun doit exposer en public ses problèmes (prétendus), et il s’avère en cours de film que la majorité des internés sont volontaires, se complaisant dans un jeu de rôle de légère anormalité. Mais un point, marquant, tragique, me déplait a posteriori : le cas du jeune qui va assassiner la psychiatre méchante. Bègue coincé, il a été guéri par le héros faisant venir une copine à lui pour coucher avec ce jeune homme, dès lors guéri de son bégaiement, épanoui, mais la psychiatre casse ça avec des mots comme : « parlez-moi de votre mère, vous avez été infidèle à votre mère avec cette fille ? », et le jeune recommence à bégayer, se replier, ratatiné. Plus tard, il va casser un carreau de vitre pour égorger cette « soignante » et se suicider, c’est quasiment la fin du film. Ce qui me gêne est la leçon implicite, que je désapprouve : « en fait, tous les garçons sont amoureux de leur mère et veulent la baiser, toutes les filles sont amoureuses de leur père et veulent être baisées par lui, c’est le Complexe d’Œdipe, géniale découverte de Sigmund Freud, incontestable, faisant les sachants très supérieurs aux ignorants ne comprenant rien. » Or non, ce n’est en rien un savoir : ce n’est pas que ce film est une preuve de plus de l’universel complexe d’Œdipe, il s’agit d’un personnage imaginaire, choisi pour illustrer ce principe théorique artificiellement, sans constat objectif mais pur jeu de rôle. Quand bien même ce film se référerait à un livre basé sur une histoire vraie, le cas de ce jeune homme torturé par son amour envers sa mère pourrait correspondre à 0,1% des humains, en avoir inféré avec Freud un 100,0% serait absurde, affirmatif à tort. Certes, Freud a énoncé la parade : pour l’immense majorité des cas en désaccord avec son affirmation, il déclare que c’est un refus d’aveu, par refoulement maladif, prouvant encore davantage qu’il a raison. C’est l’infalsifiabilité que l’épistémologue Karl Popper a dénoncé comme absolument pas scientifique : pouvant expliquer tout et son contraire, sans que la théorie en question soit testable, et sans qu’elle soit prédictive. En tout cas, la psychanalyse freudienne a été enseignée pendant des décennies à l’université française de psychologie (1950-1990 ?) comme étant la vérité, à bien réciter pour être diplômé, et cela me semble un scandale, invalidant cette discipline psychologie en crédibilité, et donc la psychiatrie qui est sa mise en application sur les cas prétendus pathologiques. Cette conclusion à laquelle je parviens me parait majeure, pour conforter l’antipsychiatrie, même si c’est différemment du film en question (de 1975 me dit Wikipédia, d’après un livre de 1962, avant ma naissance).