Puisqu’on reparle du Service National…
Réflexion critique a posteriori d’un exempté
par Veunuha Yhéchapé, 23/11/2021

   En Mai 1981, j’avais dix-sept ans et demi, et je crois que tous mes camarades de classe garçons qui avaient déjà 18 ans (majorité électorale) ont voté pour Mitterrand promettant de réduire de 1 an à 6 mois le service militaire national obligatoire. Ils ont été cocufiés par ce grand menteur finalement président, trahissant cette promesse écrite pour laisser 1 an. Moi, pas du tout content de cette obligation imposée, j’y ai échappé : j’ai été exempté pour raisons médicales en 1984. Puis le président Chirac l’a supprimé totalement en 1997. Aujourd’hui, plein de voix politiciennes (et peut-être associatives) appellent à recréer ce service militaire (ou civil) obligatoire (quoique plu’ réservé aux garçons sexistement). Qu’est-ce que j’en pense ?

A/ Pourquoi j’étais contre à l’époque ?
A1/ Dictatorial
   Je ne comprenais pas qu’on m’imposait de sacrifier un an de ma vie à obéir au commandement d’effectuer ce service légalement obligatoire (pour les garçons, sexistement), en allant habiter ailleurs que chez moi, manger ce qui serait décidé par autrui, obéir à des ordres interdits de contestation. Et on ne me demandait en rien mon avis, dans une prétendue démocratie où c’est sensé être les gens qui décident eux-mêmes. Non, cela semblait un (petit ?) élément de dictature.
A2/ Inutilement va-t-en-guerre
   Il nous était raconté à l’école jusqu’au lycée qu’il s’agissait de « défendre la France » contre les attaques étrangères, mais plus de la moitié des armes sont offensives, d’attaque, clairement c’était de la propagande, cachant une obéissance imposée aux généraux, eux-mêmes obéissant aux politiciens et diplomates adorateurs/organiseurs de guerre. Plutôt que les sanglantes guerres France-Allemagne de 1914-18 et 1939-45, on aurait mieux fait à mon avis de créer un pays bilingue (façon belge) Françalemagne ou Deutschance vers 1900 ou 1870, pour la paix et la quiétude de tous. Les célébrations de victoire glorieuse ne me convainquaient en rien de rien.
A3/ Absurde en contenu
   Le fait de savoir se servir d’un fusil-baïonnette, de savoir ramper dans la boue avec un casque et un lourd sac à dos, cela paraissait totalement inutile puisque la guerre annoncée en 1975-85 était Occident-Communisme se réglant par missiles atomiques exterminant un côté et l’autre, sans corps à corps à l’ancienne.
A4/ Contestable en cible
   Le fait de haïr l’Union Soviétique était le résultat de la propagande mais pas une évidence. En faire le Camp du Mal était en théorie discutable (eux nous criminalisant pareillement avec des arguments sensés, différents). J’ai pris Russe en seconde langue étrangère et l’amitié franco-russe semblait très possible, même en famille non-communiste. Bien mieux que de s’entre-massacrer. Le système communiste semblait mal conçu, miséreux (dicton populaire là-bas « ils font semblant de nous payer alors on fait semblant de travailler »), mais ça ne semblait en rien un motif de guerre massacreuse, le système là-bas allant vraisemblablement capoter de lui-même un de ces jours.
A5/ Cassant la compétence
   Après le Bac, j’ai fait des études techniques, et prendre tout de suite un emploi m’aurait assuré d’avoir bien en-tête toutes les techniques apprises, pour bien faire mon travail, mériter mon salaire sans culpabiliser ou craindre renvoi. Au contraire, partir jouer au soldat pendant un an avant de revenir chercher un emploi dans mon domaine me ferait revenir incompétent, ayant un peu tout oublié. En termes d’efficacité et d’apport pour l’économie, en termes aussi d’estime de soi professionnelle, c’était une catastrophe, pourquoi y être condamné ? (et sexistement les garçons, nos camarades étudiantes n’y étant pas astreintes donc prenant toutes les places – au contraire des clameurs actuelles prétendant les femmes injustement défavorisées systématiquement depuis des siècles).

B/ Pourquoi je suis contre maintenant ?
B1/ Conséquence du mensonge de république
   Je suis parvenu à la conclusion que la république est une dictature en pointillé déguisée en démocratie (sauf en Suisse, avec référendum d’initiative populaire, obligeant les dirigeants à obéir au peuple sous peine d’être virés immédiatement). Il est donc peu étonnant que nos politiciens soient tous pourris et décident d’asservir la population, de la faire massacrer au nom du prétendu « devoir », c’est un système horrible, vendu comme admirable par la propagande « instruction civique », la lucidité consiste à le condamner. Sans vouloir une 6e république mais une 1e démocratie. Sans obligations imposées contre l’avis des gens.
B2/ Endoctrinement à l’obéissance servile
   Au nom du « rétablissement de l’autorité », thème maintenant clamé très majeur indispensable, je vois un mécanisme de lavage de cerveau pour casser le libre-arbitre individuel en générant des moutons obéissants. La crise Covid-19 l’a montré de manière criante : sont condamnés les libres penseurs, criminalisés, et au contraire applaudis/favorisés les suivistes se pliant aux injonctions des autorités, avec diabolisation des débats, tous déclarés complotistes s’ils osent prouver en tort les gouvernants et alliés de fausse opposition politique.
B3/ Erreur de public
   Si plein de beurs de banlieue, classés nuls par l’éducation nationale (idiote elle-même, toute à repenser) et attirés par l’argent facile du trafic de drogue, ont un problème à appliquer les règles locales de la vie en société, ce serait à eux spécifiquement d’adresser les solutions, sans embrigader de force tous les jeunes même sans problème. Le principe de la justice consiste à punir les coupables, non punir tout le monde car ce tout le monde contient des coupables. Enfin, ce point de vue sera peut-être décrié comme trop individualiste, mais je décrie pareillement l’attitude groupiste en face, méprisant la respectabilité individuelle des innocents.
B4/ Symbole de l’abus de pouvoir
   En un sens, la prise en main des jeunes en cassant leur quotidien pour imposer un cadre déterminé, avec obéissance hiérarchique comme principe de base, c’est casser la liberté (de penser et faire) pour imposer l’obéissance décérébrée aux ordres. Bien sûr que les tyrans au pouvoir (faussement prétendu démocratique) s’accordent à s’en féliciter, mais ça me parait très horrible, pire encore que la situation actuelle, déjà très moche. Que les jeunes se voient formattés ainsi est à mon avis comme leur « casser » le cerveau et le cœur, c’est affreux. Et les commandeurs sont parachutés, pas parvenus au mérite (je ne dis pas « meilleurs menteurs » mais « pire menteurs »). Obéir à l’armée française, c’est devenir complice de monstres illégaux trahissant le Traité de Non-Prolifération Nucléaire chapitre Désarmement (sans lequel il n’aurait jamais été signé par le monde entier). Devenir petit soldat au service de monstres menteurs autoritaristes, quelle horreur ! Cela peut être subi comme victime, hélas, mais je refuse si on me demande mon avis.
B5/ Raciste fanatique
   La guerre qui se prépare n’est plu’ contre le communisme mais contre l’islamisme, et cela a-t-il soumis à référendum ? Absolument pas, il s’agit de décision du président de la République en 2014, confirmée par son successeur en 2017-2021 (ou depuis 2002 9/11 ?). Or les Islamistes solidaires du Hamas palestinien peuvent être jugés géopolitiquement davantage honnêtes que leurs opposants complices de la raciste colonisation israélienne 1948 (des Sépharades Berbères et Ashkénazes Khasars chassant peut-être des Hébreux locaux convertis à l’Islam : les Palestiniens), sans qu’ait lieu de réparation historique (puisque quand Israël est prétendu rendu aux Juifs, les USA ne sont nullement rendus aux Amérindiens, mensonge total, énorme). Le contexte est donc une favorisation projuive fanatique, soumettant l'Occident à une religion non-prosélyte raciste, pratiquée en hurlant menteusement au racisme antisémite à la moindre velléité de résistance. Malhonnêteté totale. Et je le dis en étant juif (d’origine, pas de religion ni communauté).

Bilan : j’étais contre le Service National obligatoire quand il existait, je suis maintenant contre son rétablissement modifié, même si c’est pour des raisons un peu différentes.

Annexe : Pourquoi j'y ai échappé
   C'était 5 ans après ma première tentative de suicide, 14 ans avant la seconde ("pour" la même Sylvie Goldstain M.). Ils ont préféré ne pas me mettre de fusil mitrailleur entre les mains, c'était sage. Enfin même si les psychiatres me classaient lourdement dépressif, je n'y crois pas, j'étais très triste seulement. Je leur ai dit que si on m'enfermait en dehors de ma tête (de mes rêveries me sauvant la vie) j'allais me révolter contre la Réalité. Ils n'ont rien répondu, mais j'ai été dirigé vers un bureau me disant à la fin que j'étais exempté compte tenu de (ce qu'ils appellent) "vos difficultés psychiatriques". Oui, dans le bruit et la promiscuité obligatoires, j'aurais pu casser cet environnement hostile en tirant sur un petit officier aboyeur (comme dans le film "Full metal jacket" sorti des années après) ou sur des collègues soldats secouant en rigolant les silencieux repliés. Je n'ai pas menti en me déclarant ce que je n'étais pas, je désapprouve la psychiatrie, mais je désapprouve surtout la prise en main sévère des rêveurs introvertis avec injonction de s'extravertir sur ordre.