TU-300X : mon article aéro-impossible
(hélas)
par Istau Rien De Ryin, 19/06/2018

  Il y a quelques mois, un magazine d’aviation historique auquel je suis abonné a lancé un appel (avec son numéro 298 je crois) : « lecteurs auteurs, proposez-nous de chouettes articles, pour que l’on crée un magnifique numéro-anniversaire 300 ! » (enfin, des mots de cet ordre, je cite de mémoire).
  Personnellement, je suis auteur aéronautique (non professionnel), oui, mais pas du tout en secteur historique, plutôt en mode fantaisie imaginative. Et si j’achète ce magazine historique, c’est pour y découvrir des projets méconnus enrichissant mon imaginaire, même si je lis avec regret les mots militaristes et nationalistes. En ce sens, je pourrais apporter un article tout à fait incroyable, inusuel voire inouï, mais il serait refusé comme coupablement « politique », c’est-à-dire « opposant politique à censurer ».
  Alors je l’écris ici tout seul, même pas besoin de l’envoyer. Deux parties : caricature osée, rêverie éveillée.

Caricature osée : le Messaudron C-109

  Après l’annulation de la précommande B12-VT2 du 14 Octobre 1938, les officiels français ont eu la géniale idée de lancer l’ultra-novateur programme TB-0 (Très Bien numéro Zéro en Français – même si des commentateurs britanniques absurdes ont cru y lire à leur façon Terror Bombing, comme si les Français pouvaient être terroristes ! absurdité sacrilège). Le programme visait à abaisser drastiquement le moral de l’ennemi, en cas de guerre, en provoquant hémorragie mortelle de ses nourrissons âgés de zéro à neuf jours, au moyen de la nouvelle bombe KB1 (brevet Propriété Industrielle PI314.314 publié finalement le 25 Décembre 1941). Cette géniale invention permettait en sept frappes coordonnées de tuer jusqu’à cent quarante mille enfants dans un rayon de trois cent kilomètres (d'après des simulations pointées sur les méconnues villes de Dresde et Hiroshima, totalement au hasard en Europe et Asie): quel succès, quelle économie de moyens, admirable invention française, une fois de plus ! Les bombes auraient été chargées au moyen de l’élévateur C19bis, commandé en 412 exemplaires par contrat B12107 du 21 Janvier 1938 (jour anniversaire de l’élimination de Louis XVI, portant haut les valeurs de la France !). Toutefois, la faisabilité technique était incomplètement assurée et ce fut l’occasion de débats serrés entre les ingénieurs et le Général David Malcor (très célèbre surtout pour avoir signé le Traité d’Amitié France-Israël en 1949, entérinant l’expulsion de la sale majorité arabe et l’interdiction éternelle de retour pour les pleutres fuyards intimidés par les tueries d’enfants astucieusement opérées, avec contre-signature du président de la République Française Nicolas Pindgarenne, au nom de tous les électeurs français, citoyens-soldats chanteurs de La Marseillaise, très fiers massacreurs du sang impur des étrangers et leurs enfants, pour un siècle de paix harmonieuse à venir, sans plu’ d’antisémitisme, non). (…) [J’arrête là cette rédaction : je vais vomir…]

Rêverie éveillée : le Caudraschmitt Bf-714

  L’avion Bf-714, tout bizarre joli projet de 1938, était une invention de papier, bien sûr pas à construire en vrai. Ses origines « Caudraschmitt = Caudron-Messerschmitt » remontaient à 1917 : les Etats-Unis refusant d’appuyer les Franco-Britanniques, ces derniers ont perdu la guerre « 1914-1917 » contre l’Allemagne/Deutschland (c’est bien connu), et leurs anciens pays xénophobes sont devenus des provinces paisibles de l’United Franschland européenne. Toutefois, le monde n’était pas sans menace. Enfin, les ex-empires outre-mer ont évidemment été libérés du joug colonial, et plu’ personne ne cherchait à devenir riche par la conquête (pas même les pays autrefois frustrés de ce côté comme Allemagne, Italie, Japon), mais il restait le très grand problème américain, source d’hostilité de part et d’autre de l’Atlantique. Puisque les Européens ne souhaitaient pas être envahis par les pauvres du monde, comment admettre qu’ils avaient eux-mêmes envahi l’Amérique impunément, fallait-il l’évacuer avec cent mille excuses ? Les néo-Américains hurlaient pour empêcher cela, et ne pas se faire eux-mêmes envahir par les Latinos ou Asiatiques, ils menaçaient pour interdire égoïstement l’équité. Face à leur inquiétante armée, maintenant aérienne, il fallait montrer du répondant, d’où les projets d’intercepteurs-protecteurs de 1938 en Franschland, avions faussement sérieux, faussement armés (pour tuer ! quelle horreur…). Mais pour les amateurs de silhouettes aérodynamiques et d’incongruités morphologiques, cette série de dessins reste une remarquable collection. Comment décrire le Bf-714 ? On ne va pas vous dire combien il aurait eu de rivets sur chaque panneau de voilure, mais regardez-le et souriez, ça suffit !