Les difficiles chemins divergents de la passion aérophile
L’esprit what-if : ange ou démon ?
par Tophe, nuit du 26 au 27/08/2017
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  Une vision angéliste de la passion imagine que tout n’est que sourire et joie, partage gracieux, mais en pratique, il y a des rancœurs voire des haines, des oppositions en tout cas, financièrement intéressées parfois, et ça gâche en grande partie le sujet. Voyons ce qu’il en est en matière aérophile.

1/ Le rigorisme historiciste (qui m’intéresse peu)
  Au début des années 1980, j’ai acheté un livre sur les avions chasseurs américains de la guerre du pacifique, annonçant les dépeindre tous… Hélas, il était écrit par un passionné militaire refusant d’examiner tous les modèles non entrés en service : prototypes (non suivis de construction en série), projets (éliminés avant construction), fantaisie (imaginée à l’époque par journalistes ou enfants). Cela m’a attristé, et j’ai eu le sentiment d’avoir été volé, pour un achat par correspondance n’ayant pas accès au sommaire détaillé et à l’introduction précisant le mode d’examen.
  Avantage : cela peut plaire aux anciens combattants, fiers de leur engagement, de leurs meurtres célébrés.
  Inconvénient : cela intéresse peu les rêveurs, notamment les antimilitaristes comme moi.

2/ Le rêve absolu (que j’aime)
  Au début des années 2000, j’ai découvert Internet, et j’ai eu la surprise de me rendre compte que je n’étais pas le seul aérophile rêveur au monde. Dans chaque pays sont classés anormaux ou « mauvais » des passionnés imaginatifs, enrichissant les collections historiques par leurs délires souriants. C’est l’esprit « what-if » (« et si jamais » ou « uchronie » en Français : reconstruction fictive de l’Histoire telle qu’elle aurait pu se produire). Entre nous, nous partagions avec jubilation nos créations plaisantes. Quand on dessinait ou construisait un pseudo avion de 1939-45 (warbird), cela ne signifiait en rien « il a existé à cette époque » (Réalité), mais « je l’ai inventé à la façon de cette époque » (style).
  Avantage : cela peut plaire aux rêveurs, aux esprits libres.
  Inconvénient : cela rencontre l’hostilité des réalistes, ayant grand peine à départager le sérieux et l’idiot.

3/ Les voies médianes (difficiles)
A) Les Poissons d’Avril historiques
  Dans les magazines d’histoire aéronautique, traitant des avions en service, des prototypes, des projets, une tradition est (ou était) d’inclure dans le numéro du 1er Avril une farce, prétendue sérieuse, documentée, alors qu’il s’agissait d’un pur délire imaginaire. Exemple : le Klagenfurt Klf-255, ayant pu sauver l’Allemagne 1945, dans le magazine Le Fana de l’Aviation. Il s’agissait d’une soupape de sécurité, défoulant en rigolant l’envie d’enrichir l’Histoire par des inventions. Dans le numéro suivant, il était évidemment expliqué que c’était un canular non crédible, mais ceux n’ayant pas lu toute la collection pouvaient prendre cette pièce pour une vérité historique. A tort.
B) Les what-if super explicites
  Sur le site des what-ifers même, une crise est intervenue quand des avocats d’auteurs sont venus pourchasser les rêveurs pour exiger le paiement de copyright (aux historiens) concernant toutes les bases qu’ils avaient transformées, et les modérateurs ont donc exigé que chaque dessin soit signé-daté comme invention anachronique personnelle (non crédible), en citant la source crédible prise. Certains sont allés jusqu’à répondre à la demande des réalistes les plus durs, exigeant que soit ajouté en clair sur chaque image « ceci est un délire what-if, à ne pas croire vrai ». C’est effectivement possible, mais cela semble une situation de domination écrasante : les réalistes ne sont eux nullement astreints à marquer en clair « ceci est véridique, nullement rêveur », obliger les autres à se reconnaître fautifs n’est pas de l’équilibre mais de l’écrasement dominateur.

4/ Ordonnancement de tout ça
  Heureusement, les choses ont un peu évolué avec les années. Les livres sur les avions utilisés « pour de vrai » ont été complétés par des livres sur les prototypes abandonnés puis sur les projets non retenus, même pas construits. Un site Internet même s’est consacré au sujet, dit « projets secrets » même si ces machines possibles étaient parfois annoncées officiellement, avec distribution de dessins à la presse de l’époque. Mais, chaque fois qu’était découvert quelque part un avion inconnu, surgissait la question « true or fake ? » (vérité – correcte – ou bien canular –mauvais – ?). Et je ne suis pas d’accord avec ce traitement hostile. A mon sens, il y a une troisième saveur, qui constitue un monde entier, c’est « le rêve ». Il ne s’agit pas de prétendre à la vérité, il n’y a aucun vœu de tromper, c’est seulement un doux délire imaginatif – on pourrait dire « artistique » mais je n’aime pas ce mot (à mon avis « l’art » prétend à tort à l’objectivement beau, alors que tout n’est qu’affaire de goût personnel).
  Quant aux actions légales des auteurs jaloux, elles me paraissent injustes : ces auteurs eux-mêmes ont, pour leurs dessins, pillé les œuvres de confrères ou de professionnels, sans payer de copyright. Qu’ils s’arc-boutent sur leurs droits à la « propriété intellectuelle » tient davantage du vol légal que de la Justice.
  Il semble aussi y avoir une source « informatique » du problème (ressenti par les réalistes, et vécu comme persécution par les rêveurs) : quand une image aéronautique plait, chacun risque de la perdre, ne pas pouvoir la retrouver, et l’usage consiste à la « sauver » (sur son propre disque dur), or cette fonction d’enregistrement ne stocke que l’image brute, sans lui associer l’endroit dont elle provient. Depuis quelques années, je fais souvent autrement, mais c’est beaucoup plus lourd, long, malaisé : faire une copie d’écran (complet, adresse comprise), ouvrir un logiciel de traitement d’image, sélectionner la zone d’adresse source, en faire un objet et le déplacer à proximité du dessin, couper les zones d’écran parasites, enregistrer, ouf…

5/ Cas particulier de l'antiréalisme
  Il se trouve que je ne suis pas qu'un rêveur quelconque anonyme, je suis l'auteur du livre "Contre la Réalité", réactualisé en "Echapper à la dictature réaliste"... Or, en France, cette philosophie antiréaliste, prétendue négationniste, est passible de 2 ans de prison et amende ruineuse (oui au "Pays de la Liberté" clame la propagande, bla-bla)...
  Enfin, il se trouve que mon insoumission au réalisme, en matière aérophile, est relativement indépendante de cela.
A/ J'ai écrit ces livres car j'étais méchamment/médicalement classé "asocial anormal sans copine" alors que j'avais une amie imaginaire, platoniquement (image d’une amie perdue, en fait méchante). Et j'ai réfuté la pensée cartésienne par la logique pure, ne rencontrant qu'indifférence ou hostilité des prétendus "penseurs", en fait escrocs, très fiers mais très nuls.
B/ La loi française vise un autre but, sioniste, inavoué : au nom de la Shoah, rendre Israël aux prétendus Hébreux, avec racisme secret pour ne pas rendre aussi, équitablement, nos puissant alliés les USA aux Amérindiens.
  Bref, la réflexion sur le réalisme en aérophilie intervient dans un contexte global compliqué, teinté de condamnation psychiatrique (prétendant à tort à l’objectivité) et dictature politicienne (raciste en hurlant le contraire), royaume du mensonge.

Conclusion
  Au final, j’ai quitté le site des projets secrets, je me cantonne au site des what-ifers, mais sans écrire partout (sur mes dessins, photos de maquettes, images truquées) « ceci est un what-if non crédible », qui me semble obéir à un commandement injuste, dictatorial. Ça me fait penser à un équivalent musical : quand Mickey Newbury chante, très très tristement, « I don’t think much about her no more », c’est du vécu, immensément poignant, mais quand Don Williams en fait une reprise jolie, simplement tristounette gentille, ce n’est pas partout et systématiquement estampillé « sentiments faux, artificiels, détournés par un autre que l’auteur légitime », non c’est plaisant joli et ça suffit.
  Ainsi, je vis un équilibre relatif, précaire, à l’opposé des réalistes mais sans que je plaide 100% coupable…

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Ajout 07/09/2017
  J’ai reçu une réponse intéressante, m’aidant à relativiser les choses.
  Il se trouve que certains sont spécialement passionnés par les vrais avions, leurs numéros de série et ces choses-là, ce qui peut paraître terriblement ennuyeux à d’autres. Mais c’est respectable si ça se fait dans un cercle de tels passionnés. Les auteurs professionnels peuvent s’adresser à cette part du public comme à d’autres gens, il n’y a pas vol scandaleux mais simple restriction sur une portion du sujet au sens large. Inversement, les ouvrages entiers consacrés à la fausse Luftwaffe 1946 sont suspectés de flatter le jugement xénophobe ou raciste « l’Allemagne/les Aryens aurai(en)t normalement dû gagner cette guerre, tant ce peuple est supérieur » (ce qui est gênant, je trouve, c’est le « principe de précaution » qui fait condamner en cas de suspicion – pouvant être erronée).
  En ce qui concerne les sources, il y a effectivement détournement si une plaisanterie de quelqu’un est affirmée véridique découverte par quelqu’un d’autre. Je confirme que la source essentielle du problème me parait informatique, les ordinateurs ayant pour principal intérêt l’automatisation et ne répondant pourtant pas au besoin, là : ce besoin est de tracer la source avec l’image, automatiquement, sans requérir des tonnes de manipulations à chaque fois.
  Par contre, je ne suis pas pour l’amalgame sous le nom d’art mêlant à la fois les images de vrai et de rêvé. Si c’est joli, c’est joli et c’est tout, je ne suis pas d’avis d’appeler ça art (objectivement beau pour quiconque).
  Autre point majeur, le profond désintérêt pour un domaine n’est pas forcément de la haine, d’accord.

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Ajout 23/09/2017
  Un ami maquettiste what-if me fait remarquer un point intéressant : les gens condamnant l’esprit what-if (et histoires fictives inventées, "justifiant" les maquettes délirantes) condamneraient les romans, basés sur le même principe de narration créative. Cette condamnation est possible mais très contestable, ne faisant nullement l’unanimité.

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Ajout 04/11/2017
  Un autre ami what-ifer m’explique deux autres aspects :
– Il est frustrant de voir sa créativité bloquée par des questions de Copyright, avec obligation légale de citer ses sources, alors qu’il s’agissait d’images rendues publiques par mise sur Internet. J’ajouterais que le Copyright personnel du photographe ou auteur paraît injuste quand celui-ci n’a nullement rendu hommage ainsi aux vrais concepteurs de l’avion, en un sens piratés par ce générateur d’image, ensuite jaloux de « ses droits à lui » (et pas seulement en copie pirate financièrement intéressée mais aussi en création amateur dérivée).
– Souvent une image gentiment délirante se répand sur Internet en étant déclarée Vérité vraie, ou Vérité cachée, et mon ami était dégoûté par cet usage pervers de ces inventions souriantes. Il arrive même qu’un rêve plaisantin se retrouve sur un site gouvernemental hyper-sérieux, à titre d’illustration « trouvée sur le Web ». En un sens, créer est se faire là complice de désinformation, juge-t-il hélas.

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Ajout 16/06/2018, « Fakes news »
  En France, une loi est en préparation actuellement, pour condamner les fausses nouvelles (« fake news », phénomène Internet grandissant), qui ne seraient plus tolérées, même en tant que plaisanteries ou rêves. Cela peut rendre illégal l’esprit “what-if”, la science fiction et les romans fantastiques/magiques, c’est effrayant. De même, les sketches humoristiques, comme ridiculement exagérés, peuvent être condamnés en tant qu’excès intolérables, en interdisant de voir en eux des sourires incitant à réfléchir. C’est comme une dictature féroce du sérieux, interdisant tout mot pouvant choquer quelqu’un en lecture au premier degré (croyant cela sérieux à tort). Ou bien serait obligatoire un mot d’explication explicite : « je plaisante : je dis : … » avec prison pour quiconque répéterait cette phrase sans le mot d’introduction obligatoire. Comme une condamnation de l’intelligence et la capacité individuelle à discerner le vrai et le faux.
  Cependant, il y a un peu de sens à cela, en ceci qu’il est effectivement difficile de reconnaitre ce qui est faux, mais c’est un principe très général, pas spécifique au nouveau monde Internet : chaque livre peut être une histoire véridique ou bien : un rêve pur produit de l’imagination, sans requérir que chaque phrase soit annotée « * : faux, cela n’est absolument pas vrai (attention ! citer cette phrase sans la déclarer fausse vous enverrait en prison !) ». En ce qui me concerne, je préférerais que le monde des livres/images soit une sorte de domaine artistique pour les inventions plaisantes, et quand quelqu’un veut dire que ce n’est pas imaginaire, ce serait à lui de préciser « ceci n’est pas une plaisanterie ». Comme dans le domaine des alertes publiques ou militaires « attention, ceci n’est pas un exercice ! » au lieu du contraire « chaque exercice d’alarme doit expliquer que ce n’est pas vrai ! ». Il y a là matière à débat, mais les législateurs prétendent que le peuple est trop stupide pour bâtir une opinion sensée, argumentée. C’est simplement affreux, oui c’est de la dictature, et faussement au nom de la démocratie (le peuple décide, théoriquement)… C’est un autre mensonge des politiciens. Et je requerrerais que chaque phrase politicienne inclue un « avertissement : ceci est un mensonge pour séduire faussement l’électeur ! » Non ? (Je souris tristement…).
  De même, l’expression « j’ai entendu dire que » serait bannie, la seule forme d’expression autorisée devenant « il est prouvé que ». Et qui garantit cette preuve ? Les autorités… ou des experts mandatés par ces autorités. Et puis, est-ce que ces experts sont des gens très intelligents ? Non, au contraire, en France qui condamne officiellement le scepticisme philosophique (qui n’obéirait pas au dogme officiel concernant la Shoah), il est interdit de douter davantage que les gens autorisés. Le silence et la soumission sont requis, avec domination de chanteurs célébrant les fleurs ou les oiseaux, rien de sérieux. Quel monde affreux…

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Ajout 12/08/2018, « Triomphe »
  Sur le site Internet principal des what-if modellers (maquettistes créateurs irréalistes), le 11 Août 2018 Comrade Harps a eu un mot amusant à propos d’une maquette étrange de Zenrat : « Another triumph of imagination over rationality, thumbs up ! » (Voici un nouveau triomphe de l’imagination sur la rationalité, bravo !). Cette boutade absurde me fait réfléchir, pas seulement sourire.
1/ Pas forcément triomphe écraseur mais à côté
  Ce concept « triomphe de l’imagination sur la réalité » n’exprime pas mon idéal what-if mais simplement une position possible (ou feinte, pour rire) de certains what-ifers. Au lieu d’être broyés par les dominants réalistes et/ou dirigés avec mépris vers hôpital psychiatrique, ce serait eux qui deviendraient les leaders applaudis, couverts d’honneurs. Bref, il s’agit de la variante what-if de la branche gagneuse-écraseuse de l’humanité (impérialiste ?). Mais à côté de cette branche il y a le monde des doux résignés, entendant simplement faire à leur façon sans se frotter à autrui potentiellement hostile (avec également deux sous-parties : les rêveurs créateurs, les réalistes sages). C’est un tableau simple à 4 cases, à considérer sans amalgame niant les colonnes :

2/ La question de la rationalité pathologique
  Un autre aspect consiste à contester qu’il n’y ait aucune rationalité dans le rêve irréaliste. Ce n’est pas automatiquement juste, non. Les psychiatres ont défini la « rationalité pathologique » (dite « forme de paranoïa ») comme des constructions argumentées et intellectuellement solides, mais à côté de la réalité vraie, différente. C’est ainsi qu’est classée par exemple l’hypothèse que l’humanité sauf moi a été remplacée par des extraterrestres envahisseurs, une multitude de mystères trouvant là explication d’apparence rationnelle, au sens « possible en théorie mais peut-être fausse ». Bref, les réalistes n’ont pas du tout le monopole de la rationalité. Au contraire, j’ai démontré que la rationalité pure conduisait au scepticisme, avec l’hypothèse imparable du rêve (malhonnêtement écartée par les cartésiens, illogiques prétentieux), et les réalistes qui ignorent cette objection (ou la punissent de prison en France, avec la loi Gayssot pour le dogme obligatoire historique et raciste – projuif antiamérindien antiocéanien) sont ceux en manque de rationalité, d’honnêteté intellectuelle. En tout cas, la prétention à être rationnel ne vaut pas automatiquement rationalité digne de ce nom. Le rêveur logique n’a pas forcément à culpabiliser.
3/ La fausse rationalité suiveuse
  Inversement du cas « rationalité pathologique », il y a le piège de fausse croyance en prétendus rationnels. Ainsi, de nombreux savants se disant scientifiques, au 19e siècle, ont farouchement condamné le remplacement du cheval par le train, arguant que les passagers allaient mourir asphyxiés dans les tunnels, etc. De même le vol humain était « démontré impossible, réalistement impossible », et tous les réalistes étaient appelés à confirmer ce jugement. Alors que c’était faux, il ne s’agissait que de suprématie sociale de certains leaders, prétendant à tort incarner la pensée juste. En les suivant, le public se disait à tort « réaliste », alors qu’il ne s’agissait que d’un manque d’imagination.
4/ Une question de timing
  La mise à l’épreuve, réaliste, des créations plus ou moins oniriques libres, n’est pas forcément porteuse de Vérité absolue. Il ne s’agit que de vérité relative, à un instant donné, dans un contexte donné. Souvent une idée est rejetée comme irréaliste ridicule avant qu’elle réémerge des années ou siècles plus tard, devenant envisageable sérieusement compte tenu des nouvelles technologies rendant très possible le jugé autrefois impossible. Le rêve légendaire d’Icare, l’homme volant (de l’Antiquité), est ainsi devenu possible avec la découverte de la portance aérodynamique et du moteur à explosion. Il était en fait visionnaire et non idiot. Loin de scinder le monde de manière manichéenne en Bien/Mal (Bon Réalisme/mauvais délires), il ne s’agirait que de jugements temporaires, précaires : actuellement possible/actuellement difficile ou impossible.
5/ Bilan
  En fait, en matière de création technique (d’avion ou autre), le suivisme est requis à tort au nom du réalisme, de la rationalité. Simplement, les délires de créateurs, potentiellement utiles, méritent d’être digérés par des réalistes (ingénieurs ou autres) pour en mesurer la faisabilité pratique, les inconvénients à prendre en compte et mettre en balance avec les avantages éventuels. Et cela de manière relative, ici et maintenant, non absolue pour l’éternité partout. Ainsi la question (what if ? = et quoi si...?) ne se pose pas en termes de triomphe mais de coopération utile (en pratique) et plaisante (en rêve).

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ENGLISH TRANSLATION (thanks to Google translate, before several corrections of mine)

Difficult Different Paths of Aerophile Passion
The what-if spirit: angel or demon?

by Tophe, night from 26 to 27 August 2017

An angelic vision of passion imagines that all is only smile and joy, gracious sharing, but in practice, there are resentments or even hatreds, oppositions in any case, financially interested sometimes, and this largely spoils the subject. Let us see what is happening in aerophilic matter.

1 / The historicist rigorism (which interests me not much)
In the early 1980s, I bought a book about the American airplanes of the Pacific War, announcing to depict them all... Alas, it was written by a military enthusiast refusing to examine all models not entered into service: prototypes (not built in series), projects (eliminated before construction), fantasy (imagined at that time by journalists or children). It saddened me, and I felt like I was stolen, for a mail order purchase that did not have access to the detailed summary and the introduction to the review.
Advantage: this can please veterans, proud of their commitment, their celebrated murders.
Disadvantage: this is of little interest for dreamers, especially anti-militarist ones like me.

2 / The absolute dream (which I love)
In the early 2000s, I discovered the Internet, and I was surprised to see that I was not the only dreamlike aerophile in the world. In each country are classified as abnormal or "bad" imaginative enthusiasts, enriching the historical collections by their smiling delusions. It is the "what-if" spirit (or "uchronie" in French: fictive reconstruction of history as it might have occurred). Together, we joyfully shared our pleasant creations. When designing or constructing a pseudo 1939-45 (warbird) plane, it did not mean "it existed at that time" (Reality), but "I invented it like things were at that time" (style).
Advantage: this can please dreamers, free spirits.
Disadvantage: this meets the hostility of realists, having great difficulty in separating the serious and the idiot.

3 / The median (difficult)
A) Historical April Fish
In aeronautical history magazines, dealing with aircraft in service, prototypes, projects, a tradition is (or was) to include in the April 1st issue a joke, allegedly serious, documented, while this was imaginary delirium. Example: the Klagenfurt Klf-255, able to save Germany 1945, in the magazine Le Fana de l'Aviation. It was a safety valve, unfurling, laughing at the desire to enrich History with inventions. In the next issue, it was obviously explained that it was a non-credible hoax, but those who had not read the whole collection could take this piece for a historical truth. Wrongly.
B) Super explicit what-if
On the site of what-ifers itself, a crisis occurred when authors' lawyers came to chase the dreamers to demand copyright payment (to historians) concerning all the bases they had transformed, and the moderators therefore required that each drawing is signed-dated as a personal anachronistic invention (not credible), citing the credible source. Some went so far as to meet the demands of the hardest realists, adding on the picture words like "this is a delirium what-if, not to believe true". It is indeed possible, but this seems to be a situation of overwhelming domination: the realists are not in any way bound to mark in clear "this is true, not dreamy". To force others to recognize themselves as faulty is not balance but domineering crushing.

4 / ordering all that
Fortunately, things have changed a bit over the years. Books about aircraft used "for real" were supplemented by books about abandoned prototypes and then not retained projects, even not built. A website even dedicated itself to the subject, known as "secret projects" even though these possible machines were sometimes officially announced, with distribution of drawings to the press of the time. But whenever an unknown plane was discovered somewhere, occured the question "true or fake?" (Truth - correct - or hoax - bad -?). And I do not agree with this hostile treatment. In my opinion, there is a third flavor, which constitutes a whole world, it is "the dream". It is not a matter of pretending to be true, there is no wish to deceive, it is only a gentle imaginative delirium - one might say "artistic" but I do not like this word (in my opinion " Art "wrongly claims to be objectively beautiful, while everything is only a matter of personal taste).
Concerning the legal actions of jealous authors, they seem to me to be unjust: these authors themselves, for their drawings, have plundered the works of confreres or professional engineers without paying copyright. It is more a matter of lawful robbery than of justice when they claim their rights to "intellectual property".
There also seems to be a "computer" source of the problem (felt by the realists, and lived as a persecution by dreamers): when an aeronautical image pleases, everyone risks losing it, not finding it anymore, and usage consists to save it (on one's own hard disk), but this recording function only stores the raw image without associating it with the place from which it originates. For a few years now, I have often done differently, but it is much heavier, longer, harder: make a screenshot (complete, address included), open an image processing software, select the source address area, make an object of it, move it close to the drawing, cut off the spurious screen areas, save. Wow, finished...

5 / Special case of antirealism
I am not just an anonymous dreamer, I am the author of the book "Against Reality", updated into "Escaping the Realistic Dictatorship" ... In France, this anti-realistic philosophy, pretended denialist, is liable to 2 years of imprisonment and ruinous penalty (yes, in the "Land of Liberty" says the propaganda, bla-bla)...
Finally, it turns out that my insubordination to realism, in aerophilic matters, is relatively independent of that.
A / I wrote these books because I was maliciously/medically classified as an "abnormal asocial without girlfriend" while I had an imaginary girlfriend, platonic (picture of a lost friend, actually bad). And I refuted the Cartesian thought with pure logic, meeting only the indifference or hostility of the so-called "thinkers", in fact crooks, very proud but very nil.
B / The French law aims at another goal, Zionist, unacknowledged: in the name of the Shoah, giving back Israel to the so-called Hebrews, with secret racism not to equally give back our powerful allies the USA to the Amerindians.
In short, reflection on realism in aerophilia comes in a complicated global context, tinged with psychiatric condemnation (wrongly claiming objectivity) and political dictatorship (racist screaming the contrary), the realm of lies.

Conclusion
In the end, I left the site of secret projects, I confined myself to the site of what-ifers, but without writing everywhere (on my drawings, pictures of models, fake images) "this is a not credible what-if", which seems to me to obey an unjust, dictatorial command. It makes me think of a musical equivalent: when Mickey Newbury sings, very sadly, "I don't think much about her no more", it's lived, tear-jerking, but when Don Williams makes it a pretty song, this is not everywhere and systematically stamped "false, artificial sentiments, diverted by another than the legitimate author", no it is simply pleasant, this is enough.
Thus, my aerophilia is a relative equilibrium, precarious, opposite to the realists but without pleading 100% guilty ...

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Addition 09/07th/2017
I got an interesting answer, helping me to put things into perspective.
It turns out that some people are especially passionate about the real planes, their serial numbers and those things, which may seem terribly annoying to others. But it is respectable if it is done in a circle of such enthusiasts. Professional writers can address this part of the public, there is no scandalous robbery but simple restriction on a portion of the subject in the broad sense. Conversely, the whole works devoted to the false Luftwaffe 1946 are suspected of flattering the xenophobic or racist judgment "Germany / the Aryans would normally have won this war, so great is this people" (what is embarrassing, I think, is the "precautionary principle" which makes condemn in case of suspicion - that may be wrong).
As far as sources are concerned, there is actually embezzlement if a joke of someone is claimed as a truthful discovery by someone else. I confirm that the main source of the problem seems to me computer, the computers having automation as main interest and not responding to the need, there: this need is to trace the source with the image, automatically, without requiring tons of manipulations each time.
On the other hand, I am not for the amalgamation under the name of art, mixing at the same time the images of truth and dream. If it's pretty, it's pretty and that's all, I do not call it art (objectively beautiful for anyone).
Another major point, the deep disinterest for a domain is not necessarily hate, okay.

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Addition 09/23rd/2017
A what-if modelist friend points out an interesting point: people condemning the what-if state of mind (and fictitious stories, "justifying" unreal models) would condemn novels, based on the same principle of narrative creativity. This condemnation is possible but very questionable, not in any way unanimous.

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Addition 11/04th/2017
Another what-if friend explains two other issues:
- It is frustrating to see one's creativity locked by copyright laws, with a legal obligation to cite the sources, while this was pictures made public by placing on the Internet. I would add that the personal copyright of the photographer or author seems unfair when he has not paid homage himself to the real designers of the aircraft, in a sense pirated by this image generator, then jealous of "his own rights" (and not only in pirate copy financially interested but also in further amateur creation).
- Often a gently delirious image spreads on the Internet being declared Very Truth, or Hidden Truth, and my friend was disgusted by this perverse use of his smiling inventions. It even happens that a pleasant dream is found on a hyper-serious government site, as an illustration "found on the Web". In a sense, creating is becoming an accomplice of disinformation, he judges alas.

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Addition 06/16th/2018, « Fakes news »
In France, a law is being now considered, to condemn the fake news, no more tolerated, even as jokes or dreams. This may make illegal the “what-if” spirit, science fiction and fantastic/magic novels, this is very frightening. As well, humoristic words, like ridiculously exaggerated, may be condemned as intolerable excess, not smile-makers to suggest thinking. This is like an acute dictature of seriousness, without any word anymore that could shock someone (misreading into seriousness everywhere). Or will be mandatory a word of explicit explanation: “I am joking here, I say: …” with jail for anyone repeating it without the obligatory introduction word. Like a condemnation of intelligence and self-ability to depart right and false.
However, it makes a little sense, as it is actually difficult to recognize what is false, but this is a general principle, not specific to Internet new world: each book may be a true-life-story or else: a dream produced by imagination, without requirement that each sentence being noted “* : false, this is not true at all! (beware! quoting this sentence without unreal warning directs to jail!)”. As far as I am concerned, I would prefer that the world of books/pictures is considered as an art for pleasant invention, and when one wants to mean this is not untrue, there would be the domain for explicit explanation “this is not a joke”. Like for public/military alarm “warning!!! this is not an exercice!!!” instead of the opposite: “any exercise must explain this is not true!”. There is a matter of debate there, but the lawyers pretend the people is too much stupid to build an opinion, arguments. This is simply awful, yes this is dictatorship, and falsely in the name of democracy (the people decides, theoretically)… One more lie of politicians. And I would require that each political sentence should include a “warning: this is a lie to seduce falsely the elector!”. No? (sad smile…)
As well, the word “I have heard that” may be banished, the only authorized word being “it is proven that”. And who guarantees this proof? Authorities… or experts mandated by authorities. And are those experts: intelligent people? No, on the contrary, in France which is officially condemning philosophical skepticism (that would not obey the official dogma about the Shoah), it is forbid to doubt more than authorized ones. Silence and submission are mandatory, and domination of singers about flowers or birds, nothing serious. What an awful world…

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Addition 08/12th/2018, « Triumph »
On the main website of what-if-modellers, August 11th 2018, Comrade Harps had a funny word about a weird model of Zenrat: "Another triumph of imagination over rationality, thumbs up!” (that I translated in French with words saying “Here is a new triumph of the imagination over the rationality, bravo!”). This absurd joke makes me think over, not just smile.
1 / Not necessarily crushing triumph but being elsewhere
This concept "triumphs of imagination over reality" does not express my ideal what-if spirit but simply a possible position (or feint joke, to laugh) of certain what-ifers. Instead of being crushed by the realistic dominants and / or scornfully directed towards a psychiatric hospital, it would be them who would become the applauded leaders, covered with honors. In short, this is the what-if variant of the winning-crushing branch of humanity (imperialist?). But besides this branch there is the world of the soft-hearted, simply hoping to do it in their own way without rubbing against potentially hostile others (also with two sub-parts: creative dreamers, wise realists). It is a simple table with 4 boxes, to consider without amalgam denying the columns:

2 / Pathological rationality
Another aspect is to challenge the claim that there is no rationality in the unrealistic dream. It's not automatically right, no. Psychiatrists have defined the "pathological rationality" (so-called "form of paranoia") as well-argued and intellectually sound constructs, but beside the real, different. Thus, for example, is the hypothesis that humanity except me has been replaced by extraterrestrial invaders, a multitude of mysteries finding there an explanation of rational appearance, in the sense "possible in theory but perhaps false ". In short, the realists have no monopoly of rationality at all. On the contrary, I have shown that pure rationality leads to skepticism, with the unstoppable hypothesis of the dream now here (dishonestly dismissed by Cartesians, pretentious illogical people), and the realists who ignore this objection (or punish it with prison in France, with the Gayssot law for the obligatory historic dogma, racist – for Jews against Amerindians and Oceanians) are those in lack of rationality, of intellectual honesty. In any case, the claim to be rational does not automatically prove true rationalitys. The logical dreamer does not necessarily have to feel guilty.
3 / The false follower rationality
Conversely, there is the trap of false belief in rational claims. Thus, many speakers in the 19th century, claiming to be scientists, fiercely condemned the replacement of the horse by the train, arguing that passengers would die asphyxiated in tunnels, etc. In the same way, human flight was "proved impossible, realistically impossible", and all the realists were called to confirm this judgment. While it was false, it was only social supremacy of some leaders, wrongly claiming to embody the right thought. In following them, the public was mistakenly "realistic", whereas it was only a lack of imagination.
4 / A matter of timing
The realistic testing of free dream creations does not necessarily carry absolute truth. It is only relative truth, at a given moment, in a given context. Often an idea is rejected as unrealistic ridiculous before it reemerged years or centuries later, becoming seriously considerable given the new technologies making it very possible. The legendary dream of Icarus, the flying man (of Antiquity), became possible with the discovery of aerodynamic lift and the piston engine. He was actually a visionary and not an idiot. Far from splitting the world in a Manichean manner into Good / Bad (Good Realism / bad delusions), it would only be temporary judgments, precarious: currently possible / currently difficult or impossible.
5 / Balance
In fact, in terms of technical creation (airplane or other), tracking credibility is wrongly required in the name of realism, rationality. Simply, the delusions of creators, potentially useful, deserve to be digested by realists (engineers or others) to measure the practical feasibility, the drawbacks to take into account and balance with the potential benefits. And that is relative, here and now, not absolute for eternity everywhere. So the question (what if?) does not arise in terms of triumph but cooperation, useful (in practice) and pleasant (in dreams).