Oui, la Science officielle est malhonnête

(par Christophe Meunier)
– écrit le 23/11/2003, mis en ligne le 21/04/2004, clos le 30/04/2005 –
(ancien titre: "Le Scandale d'une Science officielle qui est secrètement illogique")

Page simplifiée
Annexe: Science & doute

    A l'école, on nous apprend que la Science incarne l'efficacité incontestable de la logique pure. Ce n'est pas vrai, du tout. Faut-il qu'il y ait des millions de morts au travers d'une erreur grave pour que l'enquête révèle le scandale qui couve en secret, étouffé par le verbiage et caché sous les honneurs ?
    Certes, j'ai démontré en 1993 que le choix de la Science n'était pas une exigence logique, je l'ai fait dans l'indifférence générale, et en rencontrant évidemment l'hostilité des analystes scientifiques ayant tout à perdre dans un peu de lucidité logique déboulonnant leur idole. Mais, bon, la Science paraissait quand même le choix de la logique si l'on se plaçait en aval d'un choix pratique (aucunement logique, en toute rigueur, car absolument rien ne prouve que le futur ressemblera au passé, et rien ne prouve que je ne rêve pas - Descartes et Bachelard et encéphalogrammes compris).
    C'était là faire encore trop confiance au principe, qui n'est pas du tout respecté en pratique. Des textes officiels signés des plus grands experts contiennent des bourdes énormes, dont un enfant pourrait rire, alors qu'ils s'arrogent le statut de rempart de la logique pure et de l'honnêteté intellectuelle contre les marchands de rêves et d'illusions. Ce n'est en fait qu'une chapelle, de très médiocres penseurs confisquant un pouvoir, au mépris de la logique et cela peut aussi être dangereux, via les produits de santé.


    Le révélateur capital fut pour moi un détail minuscule : comment valide-t-on qu'un médicament ou un vaccin peut être conservé 1 an à température ambiante, sans avoir besoin d'être gardé au réfrigérateur ? Des religieux pourraient dire que le prophète l'a dit, des homéopathes pourraient dire que des enquêtes de satisfaction le prouvent, mais l'approche scientifique est infiniment plus crédible en soumettant l'affirmation au test expérimental rigoureux : on conserve pendant 12 mois 3 lots différents du produit entre 18 et 25°C, et si après 12 mois (voire 13 selon certains protocoles, se voulant bétonnés contre le moindre doute), on les retrouve parfaitement efficaces et non-infectieux, la preuve est faite ! Toutefois, ma petite voix a demandé ceci : qu'a-t-on voulu dire en annonçant "entre 18 et 25°C"? La réponse est péremptoire : dans un local à température mesurée par un thermomètre validé, sans jamais être sorti de la fourchette 18 à 25°C tout au long de l'étude. C'est strict, c'est précis, c'est présenté comme incontestable. Et c'est pourtant une monstruosité en termes de logique : s'être situé "quelque part" entre 18 et 25°C (par exemple : à 20° constant) ne prouve absolument pas que cela marche après conservation à 25°, ou après des chocs thermiques répétés de 18 à 25°, l'affirmation est totalement fausse, illogique… Changeons les chiffres et la supercherie apparaît au grand jour : disons que pour valider la conservation au pôle Sud (-80°C) et dans les débris d'usine calcinée (à 1500°), il suffit de se situer quelque part entre -80° et 1500° : cela a marché au 20° qui n'est pas sorti de la fourchette fixée, donc cela "prouve" que cela marche sur toute la plage annoncée. Qui oserait dire ça ? Bardés de diplômes et de titres, des savants officiels incarnant le niveau supérieur de l'intelligence humaine l'ont fait, tant en Europe qu'aux Etats-Unis (en méprisant le reste du Monde, déclaré inculte), et les grands discours sur la logique Qualité, la vigilance pour la Santé publique, n'ont absolument rien changé : on fait taire les petits employés lucides, qui gênent les prétentions à la crédibilité des responsables chers payés pour cautionner ce qui se fait, le but n'est que de clamer très haut et très fort que l'on valide bien.

    L'illogisme des savants se prétendant scientifiques pouvait être soupçonné dès l'affaire "Mémoire de l'eau" du Dr Benveniste. Sur un plan de logique scientifique pure, le débat sur l'efficacité homéopathique peut être tranché de manière extrêmement simple : il faut que les savants cessent de refuser pour crime d'hérésie et illogisme l'hypothèse que zéro molécule ait une activité, il faut de l'autre côté que les homéopathes cessent de demander l'exemption des tests d'efficacité/toxicité imposés aux médicaments concentrés. Certes, les homéopathes refusent d'être testés sur un traitement automatique en aveugle ne prenant pas en compte la personnalisation paraît-il indispensable à leur art. C'est un mauvais combat. Pour savoir si les produits homéopathiques sont des placebos ou non, on peut suivre n'importe quel protocole personnalisé, sous réserve que ce soit en aveugle, tout le monde ignorant si l'on administre un placebo ou le produit en test, jusqu'au dépouillement des résultats mesurés. Si les pilules sans produit actif marchent, la théorie moléculaire serait à revoir, c'est logiquement imparable, et le principe scientifique exige théoriquement que les théories actuellement acceptées (temporairement par principe, dans l'attente de faits prouvant le contraire) soient invalidées, ou tout au moins revues pour s'adapter à la vérité expérimentale enrichie de nouveaux constats. Si les médicaments homéopathiques ne marchent pas, la preuve sera faite qu'il s'agit d'une escroquerie, et il ne faudra plus les rembourser, ni enseigner leur emploi en faculté. Cela pourrait être si simple, si logique, mais cela ne se pose pas du tout en ces termes, car la bataille n'est pas du tout sur le plan de la logique mais du rapport de force. Des experts veulent imposer leur autorité, des marchands veulent vendre leurs produits, des employés veulent conserver leur emploi…

    Quand on a un peu de culture technique, on perçoit quand même un risque de conclusion erronée. Les tests d'efficacité appliquent en effet généralement le critère statistique de décision dit "à risque < 5%", qui signifie qu'une efficacité sera dite "significative" si et seulement si le hasard avait moins de 5% de chances (= 1/20) de produire un résultat aussi peu nul que constaté sur l'échantillon analysé. Or si on teste 100 placebos contre celui de référence, il y a 97% de chances qu'au moins 1 apparaîtra significativement meilleur ainsi (loi binômiale de dénombrement, sans faire aucune hypothèse), et ce sera une illusion. Il faudrait confirmer ce résultat par une (ou deux) étude(s) indépendante(s), la probabilité d'avoir par hasard une illusion répétée chutant alors nettement. Mais si l'on se donnait très logiquement cette peine pour prouver que les pilules homéopathiques sont inefficaces, pourquoi en seraient exemptés les médicaments chimiques ou végétaux cherchant à prouver leur efficacité effective ? Ce qui tient lieu de preuve dans les protocoles officiels constitue-t-il vraiment une preuve logique, si ce n'est absolue en tout cas très solide ? Eh bien la réponse semble négative, totalement : les tests de validation statistiques préconisés officiellement comportent des bourdes aussi grosses que celles concernant les températures. Les mathématiciens professionnels dûment diplômés et expérimentés ne comprennent généralement pas la signification de ce qu'ils font. C'est en étant choqué par la prétention statistique dans mes études universitaires que j'ai compris la logique difficile de cette discipline, et en ayant inventé des tests statistiques qui se sont avérés déjà exister, je pense maîtriser infiniment plus la question que ceux qui ne font qu'appliquer des recettes sans vraiment comprendre le sens des conclusions et des chiffres invoqués (risque). Je ne prétends pas être Albert Einstein, et je pense avec optimisme ou naïveté que chaque individu sensé est à même de comprendre, d'ouvrir les yeux. J'explique :

    Quand on va valider un médicament, on ne va tester qu'un échantillon et non la totalité des fabrications futures et des patients qui seront traités, or on va prétendre que l'efficacité de ce produit est prouvée sans aucune réserve, ce qui n'est pas vraiment logique. En fait le détail affirme simplement que l'on a observé une efficacité incontestable de ce médicament, non imputable au hasard de mesure sur un petit échantillon au hasard : si on traite en parallèle deux groupes de patients avec des placebos différents, l'un donnera presque assurément un peu plus d'amélioration spontanée que l'autre et il est clair que cette différence non nulle n'est pas une preuve d'efficacité. Si les résultats du médicament en test ne sont explicables par le hasard (sous l'hypothèse qu'il s'agit d'un placebo) qu'avec une probabilité très faible, on conclura que, plus vraisemblablement, l'efficacité intrinsèque du médicament est une meilleure hypothèse. C'est cela une preuve statistique : plus la probabilité est faible, sous hypothèse de hasard, plus le risque est faible de conclure par erreur à une vraie différence. D'accord, c'est très compréhensible. Et l'usage fixe à 5% le seuil de décision : un risque < 5% est considéré négligeable, et on parle de confiance > 95%. Entendu.

    Maintenant, prenons un test de toxicité, de mortalité (à confirmer, mon analyse étant extrapolée des anomalies concernant les corrélations): là, les marchands ne veulent pas du tout montrer que leur médicament tue mieux que la mortalité spontanée, c'est le contraire : il s'agit de montrer qu'en matière de toxicité, le médicament se comporte comme un placebo et pas comme un poison, même léger. Bien, écoutons leur logique statistique, dans ce cas précis. Avec un placebo, ils modélisent la probabilité des résultats de mortalité spontanée sur un échantillon réduit de patients. Un résultat pour le médicament en test qui aurait moins de 5% de chances d'être observé par hasard sera considéré là aussi comme significatif : la preuve de toxicité serait faite et le produit refusé, interdit. C'est aussi compréhensible que le test d'efficacité, d'accord. Mais si ce n'est pas le cas, on nous parle de risque < 5% à propos de la non-toxicité, et de confiance > 95% et c'est clairement une monstruosité logique, si l'on réfléchit un peu ! En effet : plus l'on restreint la probabilité refusée sous hypothèse de hasard, plus on considérera imputable au hasard une mortalité élevée. S'il y avait 9% de chances que le hasard tue autant de monde que le médicament en test, on nous dit qu'il est "prouvé inoffensif avec un risque < 5%", alors que cette même logique le déclarerait "prouvé dangereux avec un risque < 10%". C'est surprenant, au premier abord, mais on pourrait dire que c'est la conclusion de moindre risque qui l'emporte… Faux ! Pour un médicament dangereux, produisant une mortalité qui n'avait que 4% de chances d'être mesurée par hasard, on pourrait oublier qu'il est "prouvé dangereux avec un risque < 5%" en clamant qu'il est "prouvé inoffensif avec un risque < 3%" et a fortiori < 0,01%… Avec un "risque égal à Zéro", on déclarerait "prouvé inoffensif" un poison par ailleurs "prouvé létal". C'est idiot, absurde, contradictoire. Mais c'est officiel. Et les signataires de ce genre de monstruosités se prétendent du côté de la logique contre les homéopathes, quelle malhonnêteté intellectuelle…

    Le principe des tailles d'échantillon statistique fait aussi frémir, quand on entend dire que pour prouver l'efficacité très légère d'un médicament nouveau, non révolutionnaire, les protocoles d'études recourent à un très grand nombre de patients. Si on se donne cette peine pour prouver une efficacité, se donne-t-on la même peine pour débusquer une éventuelle toxicité ? La démonstration statistique concluant "pas de différence significative" ne signifie pas du tout que "l'absence de différence réelle est prouvée" (la différence observée serait due au hasard des variations) mais simplement "la taille d'échantillon est trop petite pour prouver qu'il y a différence".
Prenons un exemple : sur 5 échantillons de 1000 personnes traitées avec un placebo, il y a eu respectivement 2 morts spontanés, 1 mort, 1 mort, 1 mort, 1 mort ; le médicament en test administré à 1000 personnes donne 2 morts, il sera dit totalement prouvé, statistiquement, qu'il n'accroît pas la mortalité, or la preuve est fausse. La valeur la plus probable en mortalité spontanée est la moyenne mesurée 6/5000=0,12% qui n'exclut certes pas la possibilité d'observer une valeur 2/1000 (0,20%) par hasard, mais ce qui n'est pas dit, c'est que la valeur la plus probable pour la hausse de mortalité due au médicament n'est pas du tout 0,00% mais +0,08% (en absolu, et +67% en relatif !). Il y a autant de probabilité que ce soit 0,00% inoffensif que +0,16% (en absolu, et +133% en relatif!) inavouable [C'est ce que dit la logique intuitive, le calcul binômial chiffrant même à 0,309% donc +0,189% (+158% en relatif) le cas haut donnant la même probabilité (21,70%) d'avoir l'observation 2/1000]. La variabilité peut cacher des choses, elle ne prouve jamais qu'il n'y a rien. Il aurait fallu que le protocole vise à prouver que 0,00% est possible et +200% relatif très peu probable - cela est démontrable, mais il serait douloureux pour les ventes d'avouer que ce qui est garanti, c'est que le risque de décès est "moins que triplé" en prenant ce médicament, et il est donc presque systématiquement évité l'approche logique obligeant à énoncer l'hypothèse alternative qu'on entend rejeter... Si l'on avait voulu prouver que l'on n'atteignait assurément pas +10% de décès (ce qui est déjà plus délicat à avouer que d'affirmer un 0% prétendument garanti), peut-être qu'il aurait fallu 10 ou 100 échantillons de 1000 personnes en test avec le médicament, et ce serait beaucoup plus cher.
     La logique fait très très mal, et si les statisticiens ne disent pas la vérité, c'est - pour ceux qui sont lucides en tout cas - qu'ils ont fort à craindre de tout perdre en avouant que leur discipline n'est pas en mesure de rendre le confortable résultat à moindre coût que ses commanditaires souhaitent... Preuve : un protocole technique officiel incluait une loi aberrante, conduisant à surestimer de +20% les mesures dans 10% des cas, erreur nette et franche, or il avait pu être "prouvé statistiquement" que l'emploi de cette loi ne générait pas d'effet sur les mesures ; extrapolons : si la mortalité des consommateurs d'un médicament est accrue de 20% chez les 10% de la population qui sont myopes, est-ce négligeable? cette prétendue preuve est bonne pour les affaires des pharmaciens, certes, mais elle est malhonnête.

    Qu'est-ce qui va se passer maintenant ? Vais-je obtenir le Prix Nobel pour avoir corrigé des années d'aveuglement dangereux et stupide ? Vais-je être assassiné pour avoir mis en danger le confort non mérité de gens très chers payés et très puissants ? Si des milliers de familles américaines, dont l'enfant est mort d'accident médicamenteux à l'hôpital, peuvent exiger des milliards de $ de dommages et intérêt au gouvernement fédéral US pour une série de bourdes énormes de la FDA, les escadres de bombardiers atomiques pourraient venir étouffer l'affaire en extrême urgence, cette France hérétique étant une fois de plus gravement criminelle de ne pas respecter la "domination de l'intelligence et de la morale". On verra…
    En tout cas, même si vous n'avez pas compris le détail de mes arguments*, sachez que vous pourrez sourire quand vous entendrez parler de vigilance Qualité, d'innocuité prouvée et de Compétence imposant le respect… La vraie Science mérite un certain respect, la Science officielle ou commerciale est une imposture.

* : (Pour expliquer aussi simplement que possible, l'erreur essentielle dévoyant la logique statistique vient d'une confusion littéraire sur la notion de " contraire ", conduisant à déclamer : si ce n'est pas prouvé très mauvais, c'est prouvé très bon. Erreur logique. Ce qui n'est pas prouvé très mauvais peut en fait être soit très bon, soit assez bon, soit assez mauvais. Sinon, ce qui est prouvé très mauvais pourrait être déclaré très très très bon car ce n'était quand même pas très très très mauvais. C'est aberrant. Et c'est hélas l'usage, généralisé, officiel.)

PS. 09/10/2004 : Il n'y a pas qu'en statistique que la notion de risque semble discrètement dévoyée. Je suis malade chaque fois que j'entends brandir le sacro-saint "principe de précaution" : je pense qu'invoquer ce principe (l'impérieuse obligation morale de refuser le moindre risque) est un artifice pseudo-moral et pseudo-logique utilisé commodément pour éviter les débats, proscrire les analyses pesant le pour et le contre, bannir les tentatives de mesurer les probabilités avant de conclure. S'il fallait toujours interdire le risque évitable, automatiquement, pour une question indiscutable de principe, on aurait interdit non seulement les centrales nucléaires et le maïs transgénique mais la voiture, l'avion, le bateau, l'électricité, le ski, et bien plus encore que la civilisation moderne : le vin, l'habitation multi-étage ou simplement entourée de murs et plafond (écroulables en cas de tremblement de terre), la baignade, le cheval et le chien domestiques, l'aiguille à coudre, le feu volontaire (donc la cuisson des aliments et le chauffage des habitations, donc l'habitation hivernale en zone non tropicale...) C'est un retour à la préhistoire profonde, qui est certes un but naturiste envisageable dans un contexte de liberté d'opinion, mais qui n'est clairement pas du tout l'opinion des tribuns se servant de ce prétendu principe universel et indiscutable là uniquement où cela cloue le bec à leurs contradicteurs, et surtout pas ailleurs où cela embarrasserait leur propre confort. Ce n'est pas honnête.
    Au delà de cette critique, qui me semblait suffire, j'ajoute qu'on peut même pousser le principe à l'auto-destruction en terme de respectabilité morale : il est indéniable que la grossesse présente un risque-létal non nul pour la future mère, donc il faudrait interdire la grossesse au nom du principe de précaution. Il n'y aurait pas d'alternative en éprouvette, puisqu'aller extraire les ovules (avant de les féconder in vitro, incuber en étuve) ne serait plus possible, les bistouris étant interdits car pouvant être utilisés par des criminels pour égorger un enfant innocent. Et donc, sans plus de naissance et sauf invention improbable d'une potion d'immortalité, l'espèce humaine disparaîtrait dans un peu plus d'un siècle... où est le paradis annoncé pour l'Humanité grâce à une règle morale supérieure et incontestable qui s'appellerait le Principe de Précaution ? Ma réponse pour les chrétiens : au Ciel ; ma réponse pour les athées : seulement dans le discours des orateurs et journalistes malhonnêtes (ou handicapés intellectuellement, les pauvres, ne les condamnons pas méchamment). La vie est risquée, et interdire la vie serait un triomphe du Principe de Précaution. C'est ce que j'appelle une auto-invalidation...
    Sans aller jusque là, on pourrait tempérer la question en préférant simplement la "tendance à la précaution" comme une attitude assez sage choisissant un compromis à risque plutôt modéré quand cela n'est pas trop pénalisant pour le confort ou autres considérations entrant dans la balance du jugement. Mais il y a une conséquence "papale" quasi-automatique : sachant que les maladies sexuellement transmissibles occasionnent des morts innombrables et des agonies atroces, de plus en plus, les relations sexuelles croisées sont clairement et gravement risquées, peut-être à 1% sans préservatif et à 0,001% avec ; le pape, qui exige le mariage d'individus vierges et l'abstinence sexuelle hors mariage, est en position de supprimer cette calamité médicale, et il claironne que c'est un résultat providentiel à notre portée ; en contrepartie, quelle serait la perte de faire loi républicaine ces commandements papaux ? il n'y aurait plus la possibilité de partenaires sexuels multiples en abandonnant d'anciens amants pour une jouissance égoïste débridée ; question : moralement, comment le public et les législateurs résistent-ils au pape ? La réponse s'appelle la liberté, simplement, la liberté de choisir le risque inutile. Si quiconque nous assène le "principe de précaution" pour nous faire taire dans un débat mineur et ponctuel, la réponse est donc : commencez par vous battre pour faire interdire la sexualité extra-conjugale avant d'invoquer ici cette prétendue obligation morale de principe...
    Il faudrait examiner cette question très problèmatique en cours de philosophie, pour les esprits adolescents en cours de formation finale, c'est beaucoup plus instructif, sérieux, grave, éclairant, générateur d'intelligence, que l'adoration servile d'auteurs verbeux d'autrefois qualifiée de haute Cuture. Cela ne sera sans doute pas: le "principe de précaution" restera certainement une arme rituelle des orateurs refusant le débat et l'analyse logique. Avec la bénédiction de l'intelligentsia, lamentable.
    [Note additionnelle, 13/02/2005: certains Musulmans expliqueront qu'il faut voiler les femmes pour éviter le supplice de la tentation qui entraîne un risque de viol, les féministes hurleront en retour que cacher les femmes accroît encore les fantasmes maladifs des violeurs, et les femmes ne seront protégées qu'en prison. A moins de castrer/émasculer tous les mâles humains. C'est là que mène le "principe de précaution universel", il serait souhaitable de le comprendre, d'en tirer les leçons. Sans admettre la pollution cumulative par addition d'une infinité de petits risques, négligeables un à un. Rien n'est affaire de principe universel, incontestable. "Tu ne tueras point" s'applique-t-il quand on est attaqué par des hordes sanguinaires (, etc) ? Interdire les débats au nom de principes sacrés est grave.]

Réserve relativiste majeure, 10/10/2004 : Je repense au jugement de mon collègue et ami Philippe, découvrant mon livre "Contre la Réalité" qui expliquait que la logique pure invalide les philosophies, les Sciences, et aboutit à ce que les intellectuels, savants et docteurs s'accordent commodément pour classer en maladie mentale (confusion rêve-Réalité schizophrène, solipsisme paranoïaque): "pourquoi faut-il suivre la logique?". Peut-être qu'un logicien chrétien répondrait: "parce que c'est la pensée de Dieu, ce que le Créateur a mis en nous de Sa grandeur". Ce n'est pas ma position, je ne vois pas la Logique comme une suprême valeur clairement obligatoire. Ma position, venant peut-être d'un cerveau bancal et d'une éducation mal comprise, est la suivante: "Je n'aime pas l'illogisme, l'auto-contradiction, personnellement". Quand un député clame "il faut cotiser 40 ans pour aider nos personnes âgées, donc pour moi, il suffit de cotiser 5 ans", je sens un profond malaise en moi, je tends à dire "non, ce n'est pas logique, je crois qu'il faut raisonner autrement pour avoir le droit de dire DONC". On peut balayer ça sèchement: "on s'en fout de la logique pure hyper-pointilliste qui conduit à l'asile, ce qui compte c'est mon avis de grand homme détenant l'intelligence". Et j'ai le sentiment que ce n'est pas juste, moralement, que c'est malhonnête. C'est tout, ce n'est pas méchant, c'est un inconfort extrême, traité par les médicaments... Je ne comprends pas la fierté de ceux qui triomphent en faisant taire mes objections logiques. S'ils peuvent se regarder dans la glace sans le moindre soupçon de culpabilité, je ne comprends pas, je dois être idiot. Je n'ai pas digéré la logique, c'est tout. Ce n'est pas le prix Nobel qui pointe à l'horizon, c'est l'asile... Et ce n'est pas une punition, ce n'était pas un crime: la logique pure était une erreur, c'est officiel et reconnu (discrètement), ça se soigne, ça s'enterre.

PS'. 12/02/2005 : La question des effectifs d'échantillon m'amène à une leçon très simple et très majeure, et je regrette d'avoir eu à la découvrir par moi-même sans l'avoir reçue d'emblée dans ma formation universitaire, et en ayant même eu à m'opposer durement aux prétendus experts et mathématiciens professionnels :
QUESTION : Que signifie "la différence est statistiquement démontrée Non-significative" ?
RÉPONSE OFFICIELLE apparemment partout : Il est prouvé que qu'il n'y a pas de différence (en détail: il n'y a qu'une illusion de différence, par hasard statistique sur petit échantillon pris au sein de la population, et cette pseudo-différence apparente est totalement négligeable, c'est prouvé, à un infime risque près).
MA RÉPONSE maintenant : L'on a pris un échantillon trop petit pour pouvoir prouver une différence, on le verrait si l'on avait le courage d'énoncer l'hypothèse alternative que l'on est capable de rejeter statistiquement, avec le risque en question, les statistiques ne prouvant aucune égalité et les risques/confiances chiffrés n'ayant de sens que pour les rejets d'hypothèses précises. Au lieu de dire que l'absence d'effet néfaste est prouvée avec une confiance supérieure à 99%, il faudrait dire par exemple que l'intervalle de confiance à 99% contient l'absence d'effet néfaste et aussi (de l'autre côté) une mortalité triplée, que l'intervalle de confiance à 99,9% contient une mortalité décuplée.
  Ma seconde réponse, aujourd'hui : on a pu manquer de discernement dans la séparation des cas - les franches différences étant noyées discrètement dans les aléas globalisés. Si le cholestérol augmente et baisse chez les gens, sans médicament anti-migraine comme avec (pas d'effet-médicament significatif), on pourra conclure que le médicament n'accroît pas significativement le cholestérol, mais une autre approche pourrait prouver que chez telle et telle personnes de l'échantillon, la prise du médicament accroît toujours le cholestérol, très significativement, on ne le voit pas tant qu'on ne sépare pas : 1/ les aléas vus sur la globalité 2/ les phénomènes isolés éventuellement très répétables.
  Je pense que le succès des statistiques ne serait pas le même si la discipline était restée honnête, sans s'être vendue au monde commercial pratiquant le mensonge efficace pour mieux vendre. Je suis disposé à étudier toute preuve du contraire, mais je n'en trouve pas la moindre trace.

PS". 13/02/2005 : Je comprends que ma découverte de la semaine passée me condamne à mort, et peut tuer Internet dans la foulée. Des intérêts considérables sont en jeu, non seulement des bénéfices et cours d'actions pour des grandes sociétés, mais le salaire de milliers de mathématiciens et responsables "scientifiques". Avec une infime fraction de cet argent, il y a un de quoi mettre un milliard de contrats d'exécution sur ma tête. Et le Web va être interdit car il donne très dangereusement la parole aux pédophiles et néo-nazis, dira-t-on. Je serai classé nazi aussi, en extrayant hors contexte une phrase de mon site http://big.chez-alice.fr/cmeunier/Logique_antiraciste.htm , avec interdiction formelle de lire le reste - ou impossibilité, pour cause de destruction inexpliquée des archives... Comme je suis choqué par le groupisme aveugle (et profitable) des statistiques, je suis choqué par le communautarisme, et mon anti-racisme est classé anti-sémite. Les leaders (orthodoxes sionistes) de la communauté Juive ont autant de raisons que les leaders de la communauté scientifique de me faire taire et brûler mes éléments d'éveil à la lucidité, et ils contrôlent le journalisme, l'édition de livres et les publications cientifiques, verrouillant tout. Je comprends cette nuit pourquoi le Seigneur (éventuel) a pu refuser de m'accorder la mort que je recherchais : j'avais des choses capitales à dire, sur Terre, avant d'en disparaître. L'expérience de Jésus-Christ ayant été enregistrée, je ne serai certainement pas crucifié sous les sunlights mais discrètement éliminé. Je suis paranoïaque, je sais, et schizophrène, toutes les blouses blanches dûment diplômées seront d'accord. Et si un esprit anormalement honnête avait l'innocence de vouloir me faire attribuer, à titre posthume, les Prix Nobel de la Paix et de Médecine, il se mettrait en danger aussi, je lui demande d'éviter ça. Ainsi va le monde, il est simplement étrange que les croyants (dont je ne suis pas) soient certains qu'existe pour chacun une menace de Punition Divine, sans pour autant pratiquer la simple honnêteté...
  Un ami m'a dit que j'étais en danger de mort, pour ce que j'écrivais, et que je mettais en péril mon épouse adorée. C'est mal. Je demande pardon à ma femme, en ce jour de Saint-Valentin où elle m'a offert un cadeau, avec un petit mot m'émouvant aux larmes. Que les commanditeurs des tueurs sachent que je ne lui ai pas expliqué les problèmes, qu'elle n'est pas dangereuse, elle - si je disparais, elle sera seulement triste, sans comprendre. Et mes rares amis, ma famille, ne comprennent pas le détail de mes arguments, ne perçoivent pas leur caractère atrocement logique, il ne sont pas dangereux non plus. Le risque de scandale n'est pas infime s'ils survivent, il est nul. Votre clémence envers eux sera peut-être récompensée s'il y a un Jugement supérieur, à votre décès, comprenez qu'il faut les épargner, pour votre propre Salut. Et peut-être suffit-il de m'interner en asile psychiatrique, en fermant mes sites et préparant des expertises médicales ou éthiques enterrant tout cela.

PS'''. 15/02/2005 : Le drame des statistiques est que la société est dominée par les marchands et les littéraires, croyant que les jeux de mots sont libres et plaisants, sans comprendre qu'on ne peut pas être efficace en pratique par le verbiage. On peut vendre avec succès des tendances-astrales, on peut transformer les foules en armées par des promesses de Paradis post-mortem, mais ce n'est pas suffisant pour augmenter la durée de vie ou "aller dans l'espace sans que la fusée n'explose". Côté statistiques, les décideurs non-matheux veulent un test rendant (assurément ou avec risque très faible) un résultat clair, Bon ou Mauvais - et les Statisticiens auraient dû avouer que c'était impossible. Ce n'est pas une évidence intuitive (tout comme le principe statistique qui prétend connaître toute la population au vu d'un simple échantillon), mais c'est très facile à percevoir: si les inventeurs des tests statistiques pratiquaient classiquement le "risque <5%" et non <0,1%, c'est parce que le risque très réduit n'est probant qu'en rejet, et s'il n'y a pas rejet, il y a non-réponse. Il est totalement erroné de dire qu'on va prouver très solidement une absence de faute, une perfection.
  Pour les adeptes du verbe, ces précautions tatillonnes sont dénuées d'intérêt. "On N'a PAS PROUVÉ ici que c'était SIGNIFICATIF" se lirait comme "On a PROUVÉ ici que c'était NON-SIGNIFICATIF". C'est une erreur lourde, une aberration, et pour le comprendre, il suffit qu'éclate un scandale - exemple : un très efficace marchand de "cocktail pour les idées claires" Y voit son produit accusé de donner parfois une chiasse carabinée ; il en donne à ses 5 voisins sous contrôle médical, aucun n'attrape la diarrhée, et il en conclut qu'il est prouvé que Y ne donne pas la diarrhée ; non, il fallait dire que son test n'a pas prouvé que Y donne la diarrhée, mais qu'un test plus large aurait pu le prouver. Ce n'est pas rien, c'est une faute lourde qui peut tuer. "On a prouvé ici que ce n'était pas du tout significatif, que c'était négligeable" est un mensonge, il faut lire: "on a voulu ici prouvé que c'était très significatif, on a échoué, on n'a rien prouvé du tout". Le fait que le test de toxicité de Y a été trouvé non-significatif renvoie à plusieurs explications possibles, et les départager demanderait d'autres tests, adaptés :
- Y a une toxicité nulle
- Y a été testé sur un échantillon trop petit
- L'échantillon ne contenait pas de représentant de la sous-population rendue malade par Y
- Les individus de cette sous-population étaient noyés dans une étude globale masquant le problème systématique apparaissant chez eux avec Y
  La solution n'est pas simple, mais rien ne semble traduire une préoccupation des professionnels pour la question. Ce serait mauvais pour l'emploi des statisticiens, ce serait mauvais pour l'emploi dans l'industrie... Vivons en paix, mourrons tranquilles.



Fin - 16/02/2005 :
  Hier, au travail, le supérieur hiérarchique de mon supérieur hiérarchique m'a reproché d'avoir l'inimaginable présomption de mettre en doute la compétence de tous nos experts statisticiens et des experts officiels publics, comme si j'étais seul au Monde à avoir raison. Il désapprouvait aussi totalement mes courriers alarmistes, illisibles, faits d'argumentations serrées, longues et rébarbatives, au lieu de dire en un mot ce qu'il y avait à dire, à supposer qu'il y ait eu quelque chose à dire. J'ai répondu que 1/ les experts bio-mathématiciens et Qualité m'avaient informé qu'ils ne liraient plus mes mails 2/ ce n'est qu'en présentant la logique implacable d'une argumentation que je peux convaincre, ou faire voir l'erreur qui permet de me corriger et me convaincre. Il a conclu "Nous ne vivons pas dans le même monde !" Et je suis seul, je le comprends, à raisonner ainsi. A l'hôpital, mon père avait supplié les docteurs de ne pas m'enfermer en établissement psychiatrique, de me laisser une chance. Et j'étais en train de rater cette chance, hier, clairement.
  Je ne suis pas doué pour le tac-au-tac verbal et la réflexion/tactique à grande vitesse qu'il requiert. Mais en cette nuit d'insomnie de plus, j'ai vu je crois le lien qui pourrait tout expliquer, et m'apaiser. Je ne suis pas entouré d'illogisme mais d'une autre logique qui n'est ni la logique pure, ni la logique morale. Je m'explique en 3 points, remerciant grandement Sophie A. dont le souvenir inconfortable m'a éclairé:
- Il y a quelques mois, une stagiaire de l'enseignement très supérieur m'avait choqué par ses contestations péremptoires du type "il ne faut pas faire comme vous faites, techniciens, il faut faire comme ça, notre professeur nous l'a dit et redit." Catholique pratiquante, elle m'a aussi afirmé que j'avais pêché en acceptant une hostie sans avoir été baptisé. Mais cette femme intelligente et honnête, chrétienne tolérante, m'a écouté quand j'ai expliqué la pure logique de nos pipetages de dilution, elle a reconnu s'être trompée, dans ses souvenirs vraisemblablement. Elle m'a aussi présenté, avec le sourire, un puzzle incroyable mettant en question la logique probabiliste qui servait de base à mes calculs de modélisation, et il m'a fallu un mois de réflexions et calcul noctures pour identifier le malentendu, très instructif. J'ai aussi découvert que cette biologiste visant un diplôme et cherchant un travail avait le courage de refuser les vaccins obligatoires pour préférer la prévention homéopathique, forme d'hérésie inadmissible selon ses professeurs et employeurs potentiels. Hérésie... c'est le point capital, un hérétique a tort d'avoir peut-être raison.
- La logique et la mathématique sans démonstration attentive, pas à pas, sont je crois comme la biologie ou la médecine sans démarche expérimentale : on peut affirmer n'importe quoi mais avec une force convainquante nulle. En logique ou en science matérialiste, les libres intuitions à explorer nécessitent d'être consolidées honnêtement, par déduction pas à pas d'un côté, et de l'autre : par expérience étendue (et sans évacuer discrètement les "valeurs aberrantes"). Je croyais que c'était une évidence pour les esprits se disant supérieurs comme ça l'est pour ma petite personne. Je me trompais.
- Il y a une autre approche en haut de l'échelle: la soumission aux experts autorisés, à parole incontestable, fut-ce par la logique ou la preuve expérimentale. Jésus-Christ, Juif antiraciste, a été crucifié par les autorités ; Galilée, Chrétien matérialiste, a dû se rétracter pour ne pas être brûlé vif par les autorités ; moi-même, logicien non-réaliste, devrai refermer les yeux pour éviter le goulag psychiatrique. Ainsi va le Monde. Oui, j'avais tort : je vivais effectivement dans un autre monde, imaginant que l'honnêteté primait sur l'autorité. Et l'autorité se gagne par soumission aux autorités en place, diplôme prouvant que l'on a "compris" ce qui est la "bonne direction".
  Le magazine Science et Vie avait totalement raison, donc, en rejetant il y a 12 ans mon premier livre, sans y déceler la moindre erreur : "ces pensées sont dangereuses". Je ne comprenais pas, avant d'imaginer cette nuit qu'il y avait une lecture logique : "ces pensées sont dangereuses pour les autorités, donc pour l'Ordre qu'elles garantissent à tous". Je n'avais pas compris, je suis un peu innocent. Aux deux sens du terme, oui : naïf et non coupable.
  Bonne nuit... Je referme les yeux, c'est fini, ça va mieux, j'ai compris.

25/02/2005: (Résumé en 2 mots pour la partie statistique)
Approche juste : Différence non-significative = Pas de conclusion (au risque alpha)
Approche industrielle, fausse : Différence non-significative = prouvée négligeable (au risque alpha)
Approche honnête : énoncer l'hypothèse mauvaise à rejeter, obtenir une différence significative avec elle (au risque bêta)
  Les biologistes/médecins sont heureux d'être dispensés d'avoir à énoncer la situation très mauvaise qui serait seule prouvable fausse ; les commerciaux sont heureux de pouvoir prétendre que ce qui est prouvé est une innocuité ou corrélation ; les professionnels de "l'Assurance-Qualité" (Qualité administrative) se réfèrent aux textes officiels, aux diplômes, années d'expérience et habilitations des signataires, le but étant exclusivement la perfection apparente pour auditeurs focalisés sur la gestion-papier ; les gestionnaires de "Contrôle Qualité" (Qualité de fabrication) se battent contre les "recontrôles pour rien", et font donc élargir les normes en baissant au maximum le risque d'erreur alpha, risque d'erreur industrielle (rejet à tort d'un lot bon), tous les "responsables" choisissant d'oublier (ou oubliant involontairement, ou ignorant innocemment) que cela accroît automatiquement le risque bêta, risque d'erreur majeure (acceptation à tort d'un lot mauvais) - risque qui n'apparaît pas puisque l'hypothèse alternative n'est même pas énoncée...
  Tant pis pour la Qualité-client ou Qualité-Santé, l'important est l'efficacité commerciale... Et ça marche - avec hauts diplômes pour ces "intelligences supérieures", hauts salaires, hauts bénéfices, hautes actions en Bourse - mais... l'industrie peut maintenant partir en Chine intégralement, n'ayant plus besoin de compréhension scientifique, technique ou mathématique des opérateurs (il est même très néfaste que ceux-ci détectent les fraudes et les erreurs lourdes, des soldats ou esclaves seraient plus efficaces pour le but visé)... L'ensemble des électeurs, et même la classe protégée des fonctionnaires, le comprendront peut-être un jour, en sombrant dans la misère, la richesse étant partie ailleurs. Et ce n'est pas qu'une affaire de confort: les médicaments "prouvés sans danger" peuvent tuer.
  Mon problème personnel vis à vis de cette situation n'est certes pas la mort d'innocents - les guerres et la violence routière tuent peut-être davantage - je suis simplement consterné en constatant que la lucidité et l'honnêteté, la conscience professionnelle, conduisent à l'échec universitaire, au chômage, à l'asile d'aliénés.

26/03/2005: Dernière couche
  Voyant les erreurs lourdes qui sont commises au quotidien, je dois ajouter que j'étais trop clément en disant que la moitié des statistiques (les "non-significativités") était employée de manière malhonnête pour de fausses validations. L'autre moitié révèle le même problème...
  En détail, les biologistes/pharmaciens/médecins s'en remettent aussi aux statisticiens pour établir ce qui est significatif, et ceux-ci se gardent bien d'expliquer ce qu'ils entendent par ce terme. Les fausses preuves sont là-encore bonnes pour le business, et tout le monde y trouve son compte - sauf les malades qui croyaient qu'un médicament "scientifiquement prouvé efficace" serait efficace, tellement naïfs...
  Creusons un peu plus: comme pour les non-significativités prises pour preuve sans hypothèse alternative énoncée, les efficacités sont le plus souvent prises pour preuve par simple rejet de l'hypothèses nulle. OR une différence peut être prouvée non nulle tout en étant totalement négligeable - un médicament réduisant votre poids de 1 gramme par décennie (et pas zéro, c'est prouvé!) a une efficacité négligeable, et le fait que des mathématiciens aient prouvé que ce n'était pas nul n'a aucune importance - mais le percevoir serait un drame pour le business, l'industrie, pour l'emploi des statisticiens.
   Je le répète: des statistiques honnêtes seraient possibles, la discipline resterait utile en renonçant au mensonge et aux honneurs indus. Quand un commanditaire demande "est-ce prouvé bon ou est-ce prouvé mauvais?", la réponse serait que cette demande est irrecevable - il faut énoncer ce qu'est l'hypothèse "bon" et ce qu'est l'hypothèse "mauvais", précisément. Ensuite, les calculs peuvent effectivement déterminer sur un petit échantillon si est rejetable une des deux hypothèses (ou les deux, ou aucune) - et le risque d'erreur sera alors chiffré pour le cas possible d'échantillon improbable.
  Bilan : 1/ Une différence significative, "prouvée non-nulle", dans une étude statistique peut avoir un impact biologique nul. 2/ (je le répète) une différence non-significative (non "prouvée non-nulle") n'est en rien prouvée nulle, ni "quasi-nulle", et une approche différemment ciblée pourait souvent prouver statistiquement qu'elle est "non-nulle, conséquente et quasi-systématique sur une portion de la population".
  Il y a quelques années, j'avais postulé à un poste de cadre bio-statisticien. Ma candidature n'a pas été retenue, les responsables préférant prendre un professionnel. Je les en remercie sincèrement, j'aurais je crois implosé en voyant ce qu'il est requis de faire dans ce métier. J'aurais été renvoyé pour faute, ayant commis l'acte d'insubordination absolu: prouver leurs erreurs lourdes aux formateurs. J'ai échappé à cela, ouf. Je ne suis qu'un pion minuscule exécutant des ordres dans une machine malhonnête, unanimement approuvée, même par les donneurs de leçon (définissant le Bon et le Vrai). Je ne fais ici que cracher un peu dans la soupe qui me nourrit, par devoir de conscience. Entre deux voies suicidaires, la marge est étroite, et je slalome maladroitement...

12/04/2005: Un rêve
  Cette nuit, j'ai imaginé une situation inconfortable, qui m'a réveillé. J'étais allé à la pharmacie, acheter le médicament que m'avait demandé mon épouse. L'employée de pharmacie, poliment, me demandait : "J'ai remplacé le nom que vous citiez par un générique, c'est la même chose et c'est moins cher, vous voulez bien ?". J'ai souri et secoué la tête : "non, ma femme trouve que le générique n'était pas efficace, la dernière fois, elle m'a bien dit de prendre le vrai - je ne crois pas personnellement que ce soit différent mais je respecte son avis." Entendant cela, le pharmacien-chef intervint sèchement : "La pharmacie n'est pas affaire de croyance mais de science pure : la différence est prouvée non significative, laissez juges les experts que nous sommes ! Il ne s'agit pas d'acheter des boucles d'oreille !". Là, je n'ai pas apprécié. "Monsieur (ou Professeur, Maître, Seigneur), si vous étiez scientifiquement lucide, vous auriez compris qu'une différence ne peut pas être prouvée non-significative, elle ne peut qu'être trouvée non-significative, sur une expérience donnée, et la signification théorique de cela est rien n'a été prouvé. Peut-être que l'efficacité médicale de ce générique a été prouvée, c'est autre chose, et ça coûterait vraisemblablement beaucoup plus cher à établir. Mon problème n'est pas de savoir si ce médicament est bien, mais de séparer les avis libres d'une part, les savoirs incontestables d'autre part (s'il y en a). Je respecte l'innocence de mon épouse, je n'aime pas votre écrasante grandeur imméritée." Là, le type s'est fâché tout rouge : "Ecoute, petit con ! Soit tu es professeur de mathématiques à l'université, fonctionnaire planqué, et tu encules les mouches pour des broutilles à enjeu nullissime, soit tu es incompétent et il faut te taire et laisser parler les autorités compétentes !" Effectivement, hélas. J'allais sortir, m'en aller sans me battre, mais nous venons de déménager et je ne connais qu'une pharmacie dans notre nouvelle ville, ma femme resterait malade... L'inconfort m'a réveillé.